Rage des stéroïdes – Canal+ présente une série consacrée à O.J. Simpson accusé d’un double meurtre perpétré en juin 1994. En toile de fond, l’hyperviolence induite par les stéroïdes anabolisants

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Depuis le 10 novembre, le jeudi en prime time, Canal+ dans une série en dix épisodes, The People VS OJ SIMPSON revient sur le procès de la star du football américain des années 1970-1980, accusée d’un double meurtre : celui de son ex-femme Nicole Brown découverte égorgée à son domicile de Los Angeles ; près d’elle git le corps lardé de coups de couteaux de son ami Ronald Goldman.

 

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O.J. Simpson, champion de football américain

 

Après un procès au pénal qui va durer une année et malgré des preuves accablantes à son encontre, OJ Simpson sera acquitté. En revanche, reconnu coupable au civil quelques mois plus tard, il est condamné à verser 3,5 millions de dollars de dommages et intérêts à la famille des victimes.

 

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O.J. Simpson lors de son procès

 

Ces deux jugements opposés montrent l’ambigüité de la justice américaine.

Dans l’histoire d’OJ Simpson, ce n’est pas l’affrontement des juges et des avocats des deux parties qui nous intéresse mais le lien entre la prise de stéroïdes anabolisants très répandue dans le football américain et l’excès de violence chez ceux qui les utilisent.

Plusieurs sportifs, notamment dans les sports professionnels de l’Oncle Sam (NFL, NHL, NBA, MLB) où les produits sont largement consommés, ont dramatiquement fait les frais d’une surdose de ces engrais musculaires. Lyle Alzado, l’un des footballeurs américains les plus performants et les plus violents, mort en mai 1992 d’une tumeur au cerveau à 43 ans, après avoir confessé un usage massif de stéroïdes et d’hormones de croissance, disait que 90% des joueurs qu’il côtoyait ‘’touchaient au truc’’. Jusqu’au milieu des années 1980, la communauté scientifique ignorait que l’un des principaux effets pervers des anabolisants concernait le mental des consommateurs. Pourtant dès cette époque, les revues consacrées à la psychiatrie vont publier des études décrivant la ‘’rage des stéroïdes’’ associant des périodes d’irritabilité incontrôlable, voire à des accès de violence extrême pouvant aller jusqu’au meurtre. En 1999, le livre « Pros et cons : criminals who play in the NFL » rapporte qu’environ un tiers des joueurs de football américain qui jouent en NFL (509 sur 1590) sont impliqués dans des affaires de violence, majoritairement à cause d’une surconsommation de pilules à muscles.

 

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Tribunal aux Etats Unis

 

Depuis plus de vingt ans, nous avons régulièrement informé le public médico-sportif sur la relation étroite entre anabolisants, amphétamines, etc. et violence des acteurs des enceintes athlétiques. Ajoutons que de nombreux crimes sont commis par des footballeurs américains et des bodybuilders, deux activités où les engrais musculaires font partie de la pharmacopée haute performance.

Afin d’illustrer cet effets secondaire qu’est la rage des stéroïdes, nous avons rassemblé plusieurs affaires judiciaires de ces dernières années (publiées dans un deuxième temps dans ce blog). Cette lecture doit permettre à tous les intervenants : médecins sportifs, entraîneurs, athlètes, juges, avocats de ne plus se retrancher derrière « Je ne savais pas ». Rappelons que la responsabilité de chacun commence avec le refus de savoir.

 POST-IT

Dès leur commercialisation en 1960, ce sont les médecins qui ont prescrits larga manu les stéroïdes anabolisants aux sportifs. Au début des sixties, dans la revue Médecine, éducation physique et sport, l’organe officiel de la médecine du sport en France, on trouvait dès la deuxième page, une publicité qui incitait les médecins à prescrire à leurs patients sportifs du Durabolin® – un stéroïde anabolisant.

durabolin

 Pendant quarante ans, ce dérivé de l’hormone mâle fut l’un des deux ou trois dopants les plus consommés par la gent athlétique. A cette époque, les experts de la chose médicale pensaient tout simplement que les hormones en général et les anabolisants en particulier, s’apparentaient à de simples vitamines. Sauf que sur la publicité du Durabolin®, produit commercialisé par les laboratoires Endopancrine, parmi les quatre arguments de prescription, figure en rouge : « Action psychotonique puissante » ; donc l’action sur le système nerveux central était dès le début de sa mise sur le marché bien connue du corps médical. Mais, apparemment, jusqu’au milieu des années 1980, cet effet stimulant sera occulté par les articles médicaux qui lui sont consacrés. Or, aujourd’hui, on doit admettre que l’Action psychotonique puissante préfigurait La Rage des stéroïdes avec son cortège de violences sportives mais aussi domestiques.

les-gladiateursDès 1977, les dérives du sport professionnel américain – foot, basket, baseball, hockey, boxe – avec hyperconsommation d’engrais musculaires (stéroïdes) et hyperviolence des acteurs, sont bien décrites et documentées. – Editions Stanké, 1977. – 254 p

 La justice française ignore l’existence de La Rage des stéroïdes

Ces dernières années, à plusieurs reprises, dans les procès d’assises défrayant la chronique, on constate que l’assassin ou le meurtrier est un homme bien bâti pratiquant la musculation à haute dose plusieurs fois par semaine pendant deux à trois heures à chaque séance. La plupart d’entre eux sont atteints de  bigorexie et consomment régulièrement des stéroïdes anabolisants (engrais musculaires) qui  exposent les adeptes de ces drogues à la rage des stéroïde. Cette dernière se manifeste par un comportement  hyperviolent pouvant pousser au meurtre, à une hypersexualité (échangisme) et à une paranoïa excessive. Alors que pendant les procès aux assises, la personnalité de l’accusé, en particulier sur sa consommation éventuelle de cannabis ou d’alcool, est l’une des cibles de l’accusation ou de la défense, jamais, à propos de ces crimes impliquant des adeptes de l’hypertrophie musculaire, je n’entends quasiment jamais les juges, les avocats, les journalistes s’intéresser à cette catégorie de substances agissant sur le système nerveux central. Quand les garants de la justice et les chroniqueurs des affaires criminelles seront-ils vraiment formés et spécialisés pour rendre justice et informer correctement ? D’autant que ces pratiquesdéviantes explosent dans les salles de sport et ne sont plus le fait que de quelques « fous furieux »de la musculation à outrance.

Sans vouloir excuser ces accusés, il faut cependant admettre que la consommation de substances dopantes peut entraîner cette folie meurtrière. Différentes études bien documentées l’ont démontré.

 

 

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