Dopage – L’heptaminol, un stimulant cardiaque pionnier de la liste des substances illicites, fait toujours parler de lui

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Plusieurs cas ces dernières années mettent en évidence le manque d’informations des sportifs de compétition sur ce produit surtout utilisé pour traiter l’hypotension et les jambes lourdes.

Aujourd’hui, de se faire encore piéger par ce produit relève d’un manque de vigilance coupable. Les arguments de défense sont peu pertinents :

Panneau d'affichage avec le texte 'DOPAGE STOP HEPTAMINOL (Ginkor Fort®)' sur fond jaune.
  1. ‘’Il est en vente libre’’,
  2. ‘’Je n’ai pas lu la notice’’ où pourtant figure la mise en garde aux sportifs,
  3. ‘’Un produit naturel à base de plantes’’, et ne pouvait imaginer qu’il pouvait être dopant,
  4. ’J’ai été piégé par un complément alimentaire’’ alors que depuis des années, les organismes antidopage ou fédéraux martèlent qu’il faut faire vérifier la composition de ces derniers par un organisme indépendant et certifié (lire le cas de Mouhamadou Fall (2023-2024) dans la rubrique : Les étapes

Afin d’éclairer ma démarche, je vous propose deux commentaires de cas référencés dans la fiche du Dictionnaire du dopage actualisée, enrichie et consacrée à l’heptaminol et au Ginkor Fort®

1er cas : ‘’il est en vente libre’’

Ce n’est pas parce que le Ginkor® Fort est vendu sans ordonnance qu’il ne figure pas sur la liste des substances illicites en compétition. On peut aller sur internet, toujours sans ordonnance, et acquérir de nombreux produits dopants et, cerise sur le gâteau, avec un protocole. La sportive avoue qu’elle n’a pas lu la notice signalant la mise en garde aux athlètes. Et ensuite, pour valoriser son engagement contre le dopage, se targue de vouloir « se battre pour que ce médicament ne soit plus en vente libre ». Cela ne changera rien dans la prévention du dopage puisqu’elle ne lit pas la notice ! Par ailleurs, ce médicament est déremboursé depuis 2008 pour la bonne raison que son efficacité sur l’effet veinotonique n’est pas démontrée. Dixit l’Agence du médicament.

2e cas : ‘’un produit naturel à base de plantes’’

Mêmes observations que pour le 1er cas avec, en plus, ‘’l’excuse’’ suivante : « Un produit naturel à base de plantes et n’a pas imaginé que celui-ci pouvait contenir une substance dopante. »

Déjà le Ginkor Fort® ne contient pas que des plantes puisqu’il renferme de l’heptaminol, une molécule synthétique, cette dernière lui a fait intégrer la liste rouge des substances prohibées en compétition dès sa commercialisation en 1989.

Et surtout, ce n’est pas parce que Ginkor Fort® contient des plantes qu’il est inoffensif. L’éphédrine, l’opium, la cocaïne… sont issues de plantes et, sur le plan de l’information et de la prévention, on doit se demander à quoi servent les clubs et les médecins fédéraux puisque l’athlète épinglée au Ginkor Fort® (heptaminol) participait à des compétitions internationales ?

Quand les sportifs nous prennent pour des gogos

Pour tous les sportifs susceptibles de passer un contrôle antidopage, feignant l’ignorance et, en plus, jouant les vertueux, le site de l’AFLD est à leur disposition. Il est très facilement accessible et compréhensible, indiquant clairement en toutes lettres le statut du produit recherché.

Capture d'écran d'une recherche sur le site de l'AFLD indiquant que le médicament 'Heptaminol' contient une substance interdite en compétition.

Index des sigles utilisés : AFLD pour Agence française de lutte contre le dopage, AUT pour Autorisation d'usage à des fins thérapeutiques. Article et illustrations copyright blog : dopagedemondenard.com. Annonce d'un fichier joint sur le Dictionnaire du dopage concernant l'heptaminol.