Cyclisme – Notes de lecture : des livres à la pelle truffés d’erreurs et bâclés ! Lecteurs révoltez-vous !

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1943 

Depuis des décennies, je lis des ouvrages consacrés au sport en général et plus particulièrement au cyclisme car j’aime le vélo pour le pratiquer régulièrement depuis de très nombreuses années, à raison au minimum d’un millier de kilomètres mensuels.

Or, je suis toujours surpris par l’ignorance criarde des auteurs qui abordent la saga des géants de la route ! Aujourd’hui, j’analyse un album « Le livre de ma jeunesse » pour ceux qui sont nés en 1943.

Plusieurs spécialités sportives sont abordées dont l’automobilisme, le football, la boxe, le judo, le catch, et, bien sûr, le cyclisme, sport oh combien populaire au décours des années 1950. La page 37 s’intéresse aux champions de la petite reine. Plusieurs photos montrent les stars emblématiques de l’époque que sont Jacques Anquetil, Louison Bobet et Fausto Coppi. En bas de page figure la légende des clichés : « Ci-dessus : Louison Bobert félicité par Fausto Coppi (Tour de Lombardie 1951. A gauche, Jacques Anquetil au Parc des Princes à la fin du Paris-Roubaix (22 septembre 1957) »

page-37

Cette simple phrase comporte trois erreurs. On est bien au Parc des Princes le 22 septembre 1957 où Jacquot fait son tour d’honneur après sa victoire au GP des Nations, mais rappelons aux  auteurs qui doivent l’ignorer que la course Paris-Roubaix, comme son nom l’indique, se termine à ROUBAIX, dans le nord, et non au Parc des Princes à Paris ! Par ailleurs, en 1957, elle avait lieu le dimanche 07 avril et Anquetil avait terminé à la… 18e place.

Difficile de faire mieux en nombre de bourdes en deux petites lignes.

Pour moi, les auteurs – Armelle Leroy et Laurent Chollet – sont bien sûr responsables de ce mastic mais également l’éditeur Hors Collection. De plus, il n’y a aucune raison que le reste de l’album soit épargné par les fautes, confusions et autres boulettes.

Le plus accablant c’est que la première édition date de janvier 2013 et tout comme la seconde qui vient de sortir en librairie le 08 septembre 2016, on retrouve exactement les mêmes erreurs.

Est-ce à dire que personne n’a lu la première édition de 2013 pour informer les auteurs et l’éditeur de leurs carences ?  De toute façon, on a la démonstration aveuglante que les maisons d’édition ‘’s’en foute’’ complètement de proposer un produit de qualité ne méprisant pas le lecteur en le désinformant. Pour ceux qui ont acheté ce travail bâclé, nous leur conseillons de demander le remboursement à « Hors Collection ».

A METTRE ILLICO À LA POUBELLE !!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Corticoïdes (suite) – Historique de la détection des corticoïdes dans le cadre d’un contrôle antidopage

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1999

Tour de France : détections à titre préventif

2000

Tour de France : le Français Emmanuel Magnien est le premier positif sanctionné par l’UCI

 

magnien

Cycliste professionnel de 1993 à 2003

 

 Depuis le 7 août, la Fédération française de cyclisme (FFC) alertée par l’Union cycliste internationale (UCI), a ouvert une procédure disciplinaire à l’encontre du coureur de la FDJ, Emmanuel Magnien, contrôlé lors du Tour de France le 18 juillet à Morzine à l’issue de la 16e étape. L’analyse a révélé qu’une injection intramusculaire de cortisone (Kenacort® 80 : triamcinolone acétonide) lui avait été faite avant le départ du Tour pour traiter une allergie au pollen.

kenacort Afin de stimuler la consommation, les publicités des médicaments font souvent appel au vélo ou à la bicyclette

Or, ce genre d’injection de corticoïdes est formellement interdit par la loi française et l’UCI, même accompagnée – ce qui était le cas pour Magnien – d’une justification thérapeutique. Gérard Guillaume, le médecin de la Française des Jeux, rapporte les faits dans Le Figaro du 18 août 2000 : « Trois jours avant le début du Tour, il a eu besoin d’un soin tout à fait classique, une injection intramusculaire de corticoïde, dans ce genre de pathologie (a priori une allergie au pollen). Je l’ai averti, il a pris ses responsabilités et a dit  ‘’ Je n’ai pas le choix, je veux faire le Tour’’. Je ne pouvais pas l’empêcher de partir. »

Dans un premier temps, la FFC condamne le coureur à six mois avec sursis. L’UCI, face à cette sanction trop légère, fait appel devant le Tribunal arbitral du sport qui, le 18 septembre 2000, inflige à Magnien une suspension de six mois (dont trois mois ferme) et interdiction de participer aux Jeux de Sydney.

Parallèlement, le médecin de la FDJ, le 17 septembre 2001 est suspendu trois mois pour avoir pratiqué une injection de corticoïdes par voie intramusculaire sur le coureur Emmanuel Magnien.

 

guillaume

Docteur Gérard Guillaume, médecin de la FDJ

 

 2002

France  – Tous les sports sont concernés par la détection des ‘’corticos’’

Alors qu’ils n’étaient recherchés que sur les cyclistes, les corticostéroïdes sont dorénavant dépistés dans tous les sports depuis le 1er janvier 2002

Corticoïdes (suite) – Ces derniers temps, malgré l’hypermédiatisation des trois joueurs de rugby du Racing 92 testés positifs aux corticoïdes, la presse dite spécialisée est restée muette par ignorance sur les débuts du dépistage urinaire de ces substances dans le cadre d’un contrôle antidopage

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En septembre 1999, le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) publiait un communiqué relatif à la nouvelle détection des corticoïdes de synthèse. Ce texte nous apprend qu’en réalité pour les années 1999 et 2000, la recherche n’était effectuée que dans un cadre préventif…

lndd-2

 Informations émanant du LNDD relatives à l’identification de certaines substances illicites

 Corticoïdes de synthèse (bétaméthasone, cortivazol, prednisolone, triamcinolone)

La détection et l’identification en routine des différents représentants de cette classe thérapeutique ne peut être acquise par les techniques de chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse utilisées classiquement par les Laboratoires antidopage. La seule méthode pour identifier ce type de composés est la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse.

Des instruments de ce type présentant une fiabilité suffisante et adaptés à un fonctionnement de routine n’ont été commercialisés que depuis 3 ans. Ce n’est donc que récemment que le LNDD a pu opérer une diversification analytique pour aborder la problématique des corticoïdes de synthèse et développer des méthodes de détection et d’identification de ces substances dans l’urine. Cette technique a été appliquée, dans un cadre préventif, pour le Tour de France 1999 avec l’accord de l’UCI et la déclaration des cas «positifs» figurait en annexe des rapports d’analyses antidopage classiques.

Les possibilités actuelles du Laboratoire se limitent à l’analyse de 2000 à 3000 échantillons par an. Il est donc impossible de généraliser dans l’immédiat la détection des corticoïdes de synthèse dans un cadre répressif sur 9000 échantillons, nombre correspondant au total des analyses effectuées chaque année. Le LNDD peut donc cibler dans l’immédiat son action dans un cadre préventif et sur une population à risque (à hauteur de 2000 à 3000 échantillons par an). Dans un délai d’un an, la totalité des analyses concernant ces substances pourra être effectuée dans le cadre répressif des contrôles antidopage.

corticoides

 Corticoïdes naturels (cortisol, cortisone)

 A l’instar de ce qui a été mis en œuvre récemment pour la testostérone, l’usage illicite des corticoïdes naturels pourrait être révélé par l’analyse isotopique du carbone. La faisabilité de cette approche isotopique a été confirmée en 1998/1999 dans le cadre de travaux entrepris par le LNDD en collaboration avec le Service central d’analyse du CNRS de Vernaison. La technique a été implantée au LNDD et la validation sera entreprise au LNDD entre le 1er novembre 1999 et le 1er mai 2000. Il est donc prévu d’appliquer cette technique à cette date tout d’abord dans un cadre préventif comme pour les corticoïdes de synthèse et en 2001 de la généraliser dans le cadre répressif.

  ANNÉE 2000 ANNÉE 2001
Corticoïdes de synthèse A partir de janvier à titre préventif

2000 à 3000 échantillons urinaires

9000 à titre répressif
Corticoïdes naturels A partir de mai à titre préventif

2000 à 3000 échantillons urinaires

9000 à titre répressif

 

Punchline Dr de Mondenard

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N° 56

 

infiltration

Des infiltrations à répétition

 

A l’attention de toutes les fédérations où l’on autorise les infiltrations pour permettre à un compétiteur de participer à une épreuve alors qu’il est blessé (basketball, football, gymnastique, rugby, tennis, etc.), nous vous signalons le cas autant éclairant qu’exemplaire du joueur argentin Gabriel Batistuta – une star du foot des années 1991-2003 (78 sélections, 54 buts), surnommé Batigoldétruit par les infiltrations. C’est sa fiche Wikipédia qui dresse son bulletin de (mauvaise) santé suite aux fameuses piqûres pratiquées par des médecins de la performance, adeptes du ‘’serment d’hypocrite’’

 

batistuta

Le footballeur argentin Gabriel Batistuta

 

« L’Argentin Gabriel Batistuta, celui qui a été élu joueur du siècle de la Fiorentina avait régulièrement joué dans les années 1990 sous infiltration. Aujourd’hui, ses tendons seraient littéralement en compote, selon le témoignage de son ami journaliste Luca Calamia recueilli par le quotidien italien Il Corriere della Sera. « Il ne peut pas rester debout pendant plus d’une demi-heure. Toutes les infiltrations qu’il a subies (durant sa carrière, ndlr) ont complètement déchiré ses tendons ». Opéré du genou il y a un an et demi, Gabriel Batistuta, dont une statue a été érigée en son honneur devant le stade de la Fiorentina, ne peut plus pratiquer de sport en contact avec le sol. »

Corticoïdes (suite) – Infiltration en course : l’éthique médicale bafouée au profit du culte de la performance

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Jouer malgré une blessure grâce à une infiltration, est-ce de la thérapeutique ou la médicalisation de la performance ?

Pour moi – basé sur une expérience de médecin du sport exerçant depuis quatre décennies – C’EST LE MEPRIS DU CORPS !

 En 2012, j’avais écrit un texte après la nouvelle réglementation de l’Union cycliste internationale (UCI) prohibant à partir du 17 juin 2011, les infiltrations de corticoïdes en imposant une période d’arrêt de course obligatoire de 48 heures.

Le 11 février 2013, l’instance fédérale se rendant compte que la règle des 48 heures représente une mesure insuffisante pour être efficace, allonge à huit jours la durée de l’arrêt de course après une infiltration de corticoïdes à des fins thérapeutiques.

L’article rédigé par mes soins en 2012 faisait le point sur la question des infiltrations en compétition et leur incompatibilité avec l’éthique médicale.

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Punchline Dr de Mondenard

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N° 55

Mon expérience de quarante-cinq ans de suivi des affaires de dopage m’a appris que quand les sportifs suspectés par leur comportement, leurs discours et leurs performances nient mordicus la consommation de drogues de la performance, on peut être sûr à 99% qu’ils mentent comme un arracheur de dents alors qu’à l’inverse lorsqu’ils déballent, on peut les croire à 99%. De nombreux exemples récents en apportent la preuve, notamment les cyclistes qui sont restés dans le déni pendant de nombreuses années avant qu’ils ne ‘’passent à table’’ : Bernard Thévenet, Richard Virenque, Lance Armstrong, Tyler Hamilton, Philippe Gaumont, Michael Rasmussen, Erwann Menthéour, Laurent Brochard, Laurent Dufaux, Alex Zulle, Raymond Poulidor, etc. 

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Le Français Laurent Brochard                                               Le Suisse Laurent Dufaux

 

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Le Français Erwann Menthéour

 Les deux coupures de presse jointes à cette punchline confirment que l’ex-URSS et la Russie ont toujours été dans le camp des fraudeurs qui, dans 99% des cas, nient l’évidence sans état d’âme.

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Le Danois Michael Rasmussen

 

 

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Raymond Poulidor lors de l’émission Cash Investigation du  27 juin 2016

 

 

Punchline Dr de Mondenard

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N° 54

Avec l’existence d’un certain nombre de substances prohibées indétectables dès le début, la lutte antidopage était forcément vouée à l’échec. Cela fait cinquante ans que ça dure et cette situation a donc participé à la progression inexorable du dopage. La responsabilité du pouvoir politique est fortement engagée en laissant depuis un demi-siècle la lutte aux mains des instances sportives plus enclines à féliciter qu’à sanctionner. C’est ce qu’on appelle un conflit d’intérêt omniprésent depuis le 1er juin 1965, date de la première loi française sur les drogues de la performance (à l’époque, seuls les stimulants sont considérés dopants).

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