Sports et violences sexuelles : des rapports intimes (2e partie)

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Témoins à charge : des victimes et des prédateurs cohabitent sans que le milieu sportif ni les ministres successifs n’engagent une vraie bataille contre cette insoutenable dérive.

Sports et violences sexuelles : des rapports intimes

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Le patinage français est en ébullition à la suite de la sortie en librairie de l’histoire vécue par Sarah Abitbol où, dans Un si  long silence, elle raconte les viols perpétrés par son entraîneur alors qu’elle était mineure.

Tout le monde semble tomber des nues, notamment la ministre des Sports, alors que cette dérive sexuelle déjà médiatisée il y a trente ans, a des précédents emblématiques dans de nombreuses spécialités athlétiques

Point de vue : les dérives chroniques du sport de haut niveau

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agressions sexuelles, dopage, pression psychologique, triche, violence…

Alors que le mot « sport » véhicule à la fois des notions de développement humain harmonieux et de respect des règlements et des concurrents – les fameuses « valeurs » – toutes les activités de compétition où la finalité est de battre l’adversaire peuvent être touchées par des actions contraires à l’éthique : vélo, athlétisme, boxe, patinage, etc.

Dopage – Laurence Vincent Lapointe blanchie par ses cheveux…

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Une analyse moléculaire à la fois de ses cheveux et de ceux de son conjoint de l’époque a démontré qu’elle avait été  »contaminée » par ce dernier à l’occasion d’une « transmission de fluides corporels »

Cyclisme – Dopage : Rudy Pevenage, l'ancien mentor de Jan Ullrich

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Passe à table avec des plats réchauffés

Décryptage d’un pseudo-scoop du maillot vert 1980 confirmant ce que l’on sait depuis 20 ans : le programme de dopage d’Ullrich était aussi sophistiqué que celui de Lance Armstrong

En fichier joint (PDF) : LA – Pourquoi était-il le meilleur ? – La preuve par 13

Dopage – Les dessous de la cocaïne décryptés

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Un stimulant cérébral bien connu des sportifs et des intellectuels mais dont la réglementation est totalement ignorée par la majorité des médias

Cette substance seulement prohibée en compétition peut, consommée uniquement à l’entraînement, booster les charges soulevées ainsi que le volume des contraintes et donc améliorer les résultats sportifs.

Merci l’AMA, l’instigateur de cette règle absurde.

L’Equipe, 01 janvier 2020

Dopage technologique – L'imposture des records sur le marathon

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Des perfs factices encensées par certains médias complices de la mascarade

2019 : l’année de tous les trucages

Le 13 octobre, avec 1 h 59′ 40 », la meilleure performance jamais réalisée la veille par un bipède sur 42,195 km est en UNE des quotidiens

Trois contributions ont permise de franchir la barrière mythique :

  • l’équipementier Nike : chaussures ‘’bondissantes et propulsives’’ + 4%
  • le concours financier d’Ineos pour payer des lièvres, un parcours rectiligne, une vouture ouvreuse avec un rayon laser vert projeté au sol, donnant le tempo pour battre les 2 heures mais pas trop afin que, prochainement, un athlète puisse franchir cette barrière dans des conditions réglementaires.
  • une fenêtre météo idéale avec télévision disponibles et complice.

Depuis des années, je collabore au mensuel Running Attitude, un magazine sur la course à pied. A plusieurs reprises, j’ai abordé les performances et records factices ou artificiels ainsi que leurs arcanes.

LA PREUVE PAR 9

1. Les lièvres et les motos de presse faussent les performances maximales

Depuis le 1er janvier 2012, à propos des performances féminines sur le marathon, la réglementation de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) stipule que les meilleurs temps accomplis dans le cadre de courses mixtes ne seront plus considérés comme des records mais comme « meilleure performance mondiale» (mpm). La Britannique Paula Radcliffe, l’actuelle recordwoman du monde, va le rester mais avec un temps majoré de deux minutes (2h17 mn42 sec.) résultat acquis à Londres en 2005 dans une épreuve exclusivement féminine. En revanche, ses 2h15mn 25 sec. du marathon mixte de Londres 2003 vont être seulement estampillés « mpm ». Cette nouvelle donne de l’IAAF n’a pas laissé indifférente la principale concernée « qui n’est pas persuadée que la présence des hommes soit un stimulant efficace: « Cela sera difficile à appliquer. Regardez le nombre de records nationaux ou continentaux établis dans les courses mixtes ! Je regrette surtout l’aspect rétroactif de cette décision. Ils auraient dû la mettre en application dès le départ. Dans ma carrière, j’ai pris part à deux marathons mixtes et c’était à chaque fois la décision des organisateurs, pas la mienne. Et j’ai bien pris soin de courir aux côtés de lièvres, pas derrière eux [NDLA: contrairement à ce que pense Radcliffe, courir à côté d’un lièvre pousse à se surpasser. Cela porte le nom d’émulation]. De toute manière, je crois que j’aurais réalisé à peu près le même temps rien qu’avec l’aide de la foule et des motos suiveuses. Maintenant, les règles sont les règles et je ne vais pas me ‘tracasser ‘avec des choses sur lesquelles je n’ai pas de prise. »

On constate ainsi que Radcliffe tout comme Poulidor (notamment dans les contre-la-montre) estiment que la présence des véhicules à moteur (motos, autos des journalistes et des officiels) influencent favorablement les performances des … premiers.

Peut-on imaginer un jour prochain que la présence des engins à moteur mais aussi des vélos sur 42, 195km soient sérieusement réglementée ? Les conditions de course au fil du temps étant en perpétuelle évolution (médiatisation oblige: public, TV, … ), on devrait bannir à jamais le mot record et le remplacer par meilleure performance mondiale (du moment).

[Running Attitude, 2013, n° 133, mai, p 60]

2.  Le chiffre : 90

 «Les victoires de Peter Some et de Boru Feyese Tadese au Marathon de Paris le 7 avril 2013, s’ajoutent aux succès kényans et éthiopiens accumulés depuis plus d’une décennie sur les macadams du monde entier. En 2011, les coureurs éthiopiens ou kényans ont remporté 90% des cent-vingt marathons internationaux organisés dans le monde. En 2012, les quarante-neuf meilleures performances mondiales ont été réalisées par des Kényans ou des Ethiopiens, la cinquantième étant détenue par le Français d’origine kényane Patrick Tambwé.

[Running Attitude, 2013, n° 135, juillet, p 60]  (NDLA : voir échos nos 6 et 7)

 3. Thé chai et ugali

Pour tenter d’expliquer la domination en course de fond des coureurs des hauts plateaux des pays d’Afrique de l’Est, on avance une piste basée sur leur alimentation riche en apports énergétiques (77% de glucides, 13% de lipides et 10% de protéines)

Selon un article du Monde, on trouve dans les assiettes, fruits et ugali, une bouillie de farine de maïs. Et après, les entraînements épuisants, le thé chai – à indice glycémique élevé – permet d’accélérer la restauration des réserves glycogéniques.

[Running Attitude, 2013, n° 135, juillet, p 60] (NDLA : voir échos nos 6 et 7)

4.  L’écart se creuse ā nouveau

Le 28 septembre 2014 à Berlin, le Kenyan Dennis Kimetto a fait descendre de 26 secondes le record du marathon (2 h 02’ 57’’).

Depuis les années 1970, les experts nous prédisent que les femmes vont rattraper les hommes sur 42,195 km. Des physiologistes américains ont même annoncé dans la presse scientifique que les hommes seraient rejoints en 1998. Or, en 1992 – au moment de leur pronostic – les scores obtenus par les meilleures performers féminins en course de fond étaient supérieurs en temps de 14’ 16’’ (11,25%) sur ceux des champions masculins. Avec la phénoménale Paula Radcliffe si à l’époque de son record du monde de 2003 en 2 h 15’ 25’’ l’écart s’est resserré, le récent temps de Kimetto a repoussé les femmes à 12’32’’ (10,1%)

[Running Attitude, 2014, n° 150, décembre, p 58]

5. Record du monde – des oracles imprudents

Un débat vieux comme le monde avait rebondi en 1992 avec la parution, dans la très cotée revue britannique Nature (datée du 2 janvier 1992), de l’étude de Brian Whipp et Susan Ward, deux physiologistes américains. S’appuyant sur les vitesses d’évolution des records du monde féminins et masculins de 1955 à 1992, les deux scientifiques de l’université de Californie (UCLA) avaient établi que si la tendance d’alors se poursuivait de la même façon, femmes et hommes courraient le marathon en 2 h 2′ en 1998, record du monde égal pour les deux sexes. Temps qui aujourd’hui en 2014 par rapport aux prévisions de 1998 est toujours inférieur d’environ 57 secondes au record masculin et de 13 minutes 25 secondes pour les femmes ! En sport comme ailleurs il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche.

Par ailleurs, une équipe de l’INSERM pilotée par le professeur Jean-François Toussaint, s’appuyant sur le modèle statistique, affirmait en 2007 que 99% des limites athlétiques estimées étaient déjà atteintes. D’ici à 2027, ce devait être près de la moitié de ces records qui auraient atteints 99,5% de leurs limites. Cela signifiait, par exemple, que le 100 mètres plat masculin de 9,74 secondes en 2007, atteindrait 9,67 secondes en 2027 et ne pourrait plus progresser que de quelques millièmes de seconde ensuite.

Sauf qu’Usain Bolt, en 2009 à Berlin, est descendu à 9,58 ! Comme quoi les scientifiques, même de l’INSERM, peuvent se planter un max.

[Running Attitude, 2015, n° 152, février, p 61]

6.  Les hauts plateaux ne suffisent plus

Depuis des décennies, les experts en physiologie nous expliquent que les Kenyans dominent, du 3 000 m steeple au marathon, grâce à leur entraînement en altitude (2 000 à 3 000 m) sur les Hauts plateaux de l’Afrique de l’Est.

Les effets positifs de la diminution de la pression partielle en oxygène due à l’altitude boostant la production d’EPO endogène (naturelle) expliquerait en grand partie la suprématie des Kenyans et des Ethiopiens dans les courses de fond. Sauf que, depuis 2012, quarante-trois de ces bipèdes ailés, ont été épinglés par la patrouille antidopage dont certains à l’EPO exogène (artificielle). Pour contourner l’obstacle de la répression, certains n’hésitent pas à manipuler la distance. C’est ce que le quotidien L’Equipe nous apprend dans son édition du 28 octobre 2015.

Nous résumons : Julius Njogu, un Kenyan de 28 ans, au dernier marathon de Nairobi, s’octroie la deuxième place frais comme un gardon et récupère ainsi les 6 340 euros attenants à cette performance. Sauf que notre homme n’a effectué qu’un kilomètre du parcours ! Disqualifié pour ce manquement à l’éthique, dans la foulée il a été arrêté par la police pour fraude. Comme quoi les Hauts plateaux ne sont pas un vaccin efficace contre la triche.

[Running Attitude, 2016, n° 163, février, p 63]

7. La suspicion du dopage omniprésente depuis des décennies

Dans Sport et Vie n° 29 d’octobre 1958, un écho signale que : « Le Russe Sergey Popov, l’extraordinaire vainqueur du marathon des derniers Championnats d’Europe d’athlétisme, vient d’être mis en accusation par le Yougoslave Franjo Mihalic. Celui-ci lui reproche de s’être dopé à Stockholm. »

Ces quelques lignes apportent plusieurs informations :

  • les accusés de dopage sont très souvent les vainqueurs
  • la nationalité du lauréat est russe. Comme quoi ce n’est pas récent !
  • le qualificatif ‘’d’extraordinaire vainqueur’’ correspond au fait que Popov a atomisé le précédent record du britannique James Peters de plus de 2 mn 20 s en 2 h 15’ 17’’. Deux ans plus tard, il ne sera dépassé que d’une petite seconde par le célèbre éthiopien Abebe Bikila.

Ajoutons que la consommation des drogues de la performance concerne tous les sports de l’haltérophilie aux fléchettes car elle est boostée par la compétition elle-même stimulée par la médiatisation.

[Running Attitude, 2017, n° 178, juin, p 70]

8. Un record bidonné

Le Kényan Eliud Kipchoge en 2 h 00’ 25’’est devenu le 6 mai 2017 l’homme le plus rapide sur 42.195 km.

Mais sa course orchestrée par Nike n’a pas été réalisée dans des conditions acceptables. Son chrono ‘’record’’ lui a été facilité par différents gains marginaux :

  • Parcours sur un circuit automobile plat (2,4 km) qui accueille chaque année le Grand Prix de Monza
  • Présence de plusieurs équipes de lièvres se relayant à chaque tour, dont certains de très haut niveau : l’Ethiopien Lelisa Desisa, vice-champion du monde 2013, et l’Erythréen Zernesay Tadese, 3e du 10 000 m des JO 2004 et 2e des Mondiaux 2009 sur la même distance.
  • Ajouts d’éléments aérodynamiques de vortex insérés au niveau des shorts, des manchons de bras et de mollets, tous ces apports étant bien sûr illicites.

L’équipementier Nike étant l’inspirateur et le maître d’œuvre de cette grosse opération marketing. Une fois de plus, c’est le record à tout prix et non l’amélioration de la performance humaine qui est recherchée.

Rappelons que dans le marathon en 2017, la limite n’est pas physiologique (le moteur cardiovasculaire) mais mécanique (la résistance aux impacts des structures ostéo-musculo-tendineuses des membres inférieurs).

[Running Attitude, 2017, n° 183, novembre, p 68]

9.  Record sportif – une expression qui n’a plus aucun sens

Y-a-t-il des limites aux records ? La question revient régulièrement au moment des championnats du monde d’athlétisme : comment est-il possible de battre encore et toujours des records jugés extraordinaires ? Car en près de 120 ans – le temps d’un soupir dans la durée de l’évolution – s’est produit un boum fantastique des performances. Pourquoi ? Sept éléments de réponse. Plusieurs facteurs qui varient, bien sûr, en fonction des caractéristiques de chaque spécialité sportive, peuvent intervenir : améliorations techniques, méthodes d’entraînement et de préparation, modifications biomorphologiques, matériel high tech, sélection à partir d’une population plus nombreuse et en meilleure santé, aspects psychologiques et drogues des podiums en constants progrès.

On l’a vu avec le pseudo-record de mai 2017 du Kényan Eliud Kipchoge qui a bouclé la distance du marathon en 2 h 00’ 25’’ mais avec des conditions de course optimisées bien au-delà de celles de ses devanciers. Aujourd’hui, quel que soit la spécialité athlétique, on ne peut parler que de meilleure performance mondiale (MPM) et non de record. Il est clair qu’on ne va pas imposer les chaussures bain de mer des athlètes des années 1950 à ceux d’aujourd’hui ; comme on ne peut pas évaluer l’influence des drogues de la performance sur les records anciens ou récents, avec des MPM on s’évite l’éternel débat : faut-il ou non remettre à zéro les records ?

[Running Attitude, 2018, n° 186, mars, p 66]

Dictionnaire du Dopage – Le ginseng

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La racine protée aux vertus sportives aussi vastes qu’anciennes

Selon le rugbyman Christian Labit, le Stade Toulousain des années 2000 – avant les grands matchs – carburait au… ginseng. Il en témoigne dans L’Equipe du 28 décembre :

Cyclisme – Le grand bêtisier des forçats de l'observation sportive

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4e volet

Les ratages des experts, journalistes, médecins, entraîneurs

Face à tous ces mastics, amis cyclistes vous n’êtes pas en cause, ce sont les ‘’forçats de l’observation sportive’’ qui, par manque de formation mais aussi de professionnalisme, débitent des inexactitudes sans aucun respect pour le lecteur. Ils engagent leur responsabilité en ne faisant pas relire leurs textes.

Au final, en paraphrasant Mark Twain, le romancier américain : « Ce n’est pas tant ce que les journalistes ignorent qui pose problème. C’est tout ce qu’ils savent et qui n’est pas vrai. »

Les 8 preuves détaillées dans le PDF joint ci-dessous

Le grand bêtisier taille 3XL des "forçats de l'observation sportive"

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Les ratages des experts, journalistes, médecins, entraîneurs…

3e volet

C’est la période de l’année où toutes les chaînes de télévision nous présentent les différents couacs du direct, notamment les évènements impromptus pendant la grand- messe du 20 heures, les incidents de plateau déclenchés par les invités, les rires inarrétables ou, à l’inverse, les engueulades, les dérapages verbaux, les lapsus, les fautes de langage, etc.

Dans ce blog consacré aux sciences du sport, en tant que publication spécialisée, nous nous intéresserons au grand bêtisier des « experts » des rubriques sportives : journalistes, entraîneurs et médecins.

A partir de la petite phrase très pertinente de Mark Twain, journaliste et romancier américain, auteur de ‘’Tom Sawyer’’ : « Faites attention quand vous lirez des livres sur la santé, vous pourriez mourir d’une faute d’impression », on peut facilement transposer cette maxime aux publications sportives. Ainsi, elle deviendrait : « Faites attention quand vous lirez un magazine ou un ouvrage consacré au sport de ne pas – en raison d’une  coquille – vous planter dans votre préparation. »

Afin de ne pas être désapprouvé dans le temps par les faits comme la plupart des textes référencés dans le grand bêtisier des ‘’experts’’, il faut faire sien le double adage que l’on doit ajouter à toute affirmation plus ou moins technico-médico-scientifique : « en l’état actuel de nos connaissances » et « jusqu’à preuve du contraire ».

Amis lecteurs soyez indulgents car certains personnages épinglés exerçaient à une époque où les connaissances scientifiques n’étaient pas aussi avancées qu’aujourd’hui.

Par ailleurs, l’éclairage de ces bévues ne peut que faire progresser l’information des pratiquants.

Tous ces  »ratages » sont développés dans le PDF joint ci-dessous

Punchlines pour les Nuls – Idées reçues

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N’étant pas référencée dans la liste du Code mondial antidopage, l’ammoniaque n’est pas considérée par la règlementation sportive comme un dopant.

En revanche, prendre un produit qui agit comme stimulant sur le système nerveux central par excitation de la muqueuse nasale et consommé à l’entraînement ou en compétition dans un seul but : booster ses perfs, répond à la définition de la conduite dopante.

L’inhalation d’ammoniaque avant un effort physique concerne de nombreuses spécialités athlétiques
La pression atmosphérique diminue au fur et à mesure que l’on s’élève.
  • Elle chute de moitié à 5 000 m et de soixante-cinq pour cent à 8 000 m.
  • La baisse de la pression atmosphérique entraîne une diminution de la pression en oxygène dans l’air ambiant.
  • Plus la pression en oxygène de l’air diminue, moins les poumons sont capables de capter l’oxygène et d’en livrer au sang, ce qui réduit la performance physique.

Cyclisme – VO2 max et performances – Quelles relations ?

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Une image, des infos

La Culture Physique, 1930, n° 482, juin, p 175

Dès 1930, les sportifs sont évalués par un test d’effort, la consommation maximale d’oxygène ou VO2 max. A cette époque, il y a 90 ans, le journaliste du mensuel La Culture Physique met en doute la pertinence des tests physiologiques pour faire progresser les athlètes français afin qu’ils battent les Américains aux Jeux olympiques.

Aujourd’hui, rappelons ce qu’annonce avec justesse Edmund Burke, le spécialiste américain de la physiologie de l’effort des cyclistes : « L’entraînement c’est 90% de physique et 10% de mental. La compétition c’est au contraire 90% de mental et 10% de physique »

Peut-on se fier aux chiffres du VO2 max pour classer les meilleurs cyclistes ? 

La consommation maximale d’oxygène dit le VO2 max quantifie la puissance du moteur mais ne dit pas quel est le pourcentage maximal du VO2 max que le coureur peut utiliser et maintenir sans coup de mou pendant 30 minutes, une heure et plus. D’où, de vouloir classer les champions de la route à l’aune de leur VO2 max n’a aucun intérêt. Le chiffre varie en fonction des conditions d’ambiance du test (horaire, température de l’air, digestion…) mais aussi de l’appareillage du laboratoire, du médecin à la manette, sans oublier la période de la saison. Il peut y avoir 30% d’écart entre décembre et juillet.

Régulièrement, dans la presse, on indique des chiffres pour mettre en avant les aptitudes précoces du Colombien Egan Bernal, vainqueur du Tour de France 2019 à l’âge de 22 ans : « La surprise de Michele Bartoli, l’ancien lauréat de cinq classiques-monuments – A l’image du jeune belge Remco Evenepoel aujourd’hui, Bernal saute les catégories d’âge. En 2016, à l’âge de 19 ans, il est professionnel chez Antonio Giocattoli. Le Colombien y a Michele Bartoli, l’ancien coureur, comme coach. L’Italien soumet Bernal à un test physique deux fois en une semaine, ne pouvant croire des chiffres aussi phénoménaux. Bernal possède une résistance très élevée, un démarrage terrible en côte et un VO2 max exceptionnelle de 88,8 ml/kg/min. A titre de comparaison, à 22 ans, Chris Froome atteignait une absorption maximale d’oxygène de 84,6, Miguel Indurain avait un VO2 max de 85 et Greg LeMond sortait du lot avec 92,5. »

le Colombien Egan Bernal, vainqueur du Tour de France 2019 posséderait un VO2 max de 88,8 ml/kg/mn

Ces résultats mirobolants pour certains sont critiquables. Par exemple, pour Miguel Indurain, on trouve selon les écrits, des résultats variant entre 82 et 88 ! Si le VO2 max était vraiment discriminant, on devrait organiser des compétitions sur ergocycle (vélo stationnaire pour tests d’effort). Sauf qu’au plan physiologique, les cadors sont tous très proches et que c’est le mental qui fait souvent la différence.

VO2 MAX – Surtout utile pour le suivi individuel de l’entraînement

Les multiples paramètres qui interviennent dans les conditions d’ambiance du test (horaire, température de la pièce, etc.) de même que l’appareillage et la période de la saison, font qu’il est totalement illusoire de faire de cet examen un critère de niveau entre les sportifs. En revanche, son utilité est certaine dans le cadre du suivi personnel de la préparation d’un athlète permettant ainsi  – les conditions étant les mêmes à chaque fois – d’évaluer les fluctuations de la forme et donc d’en tirer des enseignements précis afin de peaufiner l’efficacité de l’entraînement.

Consommation maximale d’oxygène (abréviation VO2 max)

Quantité maximale d’oxygène qu’un sujet est capable de prélever dans l’air ambiant lors d’un travail aérobie d’intensité croissante. La consommation maximale d’oxygène est une caractéristique fondamentale de la capacité de travail physique de l’individu. Elle peut être améliorée par l’entraînement mais dans une mesure relativement faible et seulement jusqu’à l’âge de 20 ou 25 ans. Passé cet âge, le VO2 max décroît plus ou moins vite selon que le sujet se maintient ou non en condition physique. La consommation maximale d’oxygène peut s’évaluer :

  • Soit directement à l’aide d’épreuves dites maximales,
  • Soit indirectement à l’aide d’épreuves dites submaximales.

La notion de consommation maximale d’oxygène, que nous devons au physiologiste suédois Per Olof Astrand, constitue un des éléments les plus importants de la recherche appliquée aux effets de l’entraînement.