Tour de France – Statistiques : nombre de Tours, durée de carrière, âge de la retraite des 61 vainqueurs (1903-2018)

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Comparé aux 39 coureurs du peloton ayant pris leur retraite en 2024 et aux 48 en 2025

Après une analyse récente portant sur les 39 puis 48 cyclistes retraités en 2024 et 2025, tous ayant disputé au moins une édition de la Grande Boucle, plusieurs enseignements émergent lorsqu’on compare leurs parcours à ceux des 61 vainqueurs du Tour de France retirés entre 1903 et 2018.

Cette comparaison repose sur trois indicateurs principaux :

  • le nombre moyen de saisons professionnelles,
  • l’âge moyen au moment de la retraite,
  • le nombre moyen de participations au Tour de France.

La période 2006-2018 se distingue par une durée de carrière particulièrement élevée, supérieure à celle des quatre périodes précédentes.

Les coureurs retraités en 2024-2025 totalisent en moyenne 14,25 saisons professionnelles, contre 15,3 pour les vainqueurs de la période 1919-1939, un chiffre légèrement supérieur à celui observé entre 2006 et 2018 (15,1).

La première période (1903-1914) fait exception, avec seulement 8,5 saisons en moyenne. Cette singularité s’explique par le déclenchement de la Première Guerre mondiale le 3 août 1914. En effet, la carrière de 6 vainqueurs sur 10 a été interrompue par le conflit : trois y ont perdu la vie, un autre s’est suicidé et deux ont vu leur carrière fortement perturbée par la désorganisation des compétitions cyclistes durant la guerre.

Les vainqueurs des périodes 2006-2018 (36,1 ans) et 1919-1939 (36,2 ans) mettent fin à leur carrière plus tardivement que les coureurs retraités en 2024-2025, qui arrêtent en moyenne plus jeunes.

Par ailleurs, les périodes 1947-1977 et 1978-1998, avec 13,7 et 13,2 saisons au compteur, sensiblement inférieures aux périodes antérieure 1919-1939 (15,3) et 2006-2018 (15,1) et postérieure, témoignent que les affaires de dopage ont réduit le nombre de saisons mais aussi l’âge de la retraite (cf graph 2).

Ainsi, successivement, les affaires de dopage sont venues impacter l’activité des cyclistes du Tour de France : premiers contrôles antidopage sur la route du Tour et grève des coureurs (1966), décès du Britannique Tom Simpson sur les pentes du Mt Ventoux (1967), exclusion d’Eddy Merckx du Giro pour test positif (1969), triche par substitution d’urine du maillot jaune Michel Pollentier à l’Alpe d’Huez (1978), affaire Festina où l’ensemble de l’équipe est exclu du Tour à la suite des aveux du directeur sportif et du soigneur (1998).

À l’inverse, les lauréats de la période 1903-1914 se retirent nettement plus tôt, avec un âge moyen de 31,5 ans, conséquence directe du contexte historique lié à la guerre.

Depuis 1978, les vainqueurs du Tour participent plus fréquemment à l’épreuve :

  • 9,7 participations en moyenne entre 1978 et 1998,
  • 8,9 entre 2006 et 2018.

En comparaison, les coureurs retraités en 2024-2025 affichent une moyenne nettement plus faible, avec seulement 4,8 participations.

Ce contraste s’explique notamment par les bénéfices sportifs, médiatiques et financiers liés à une victoire sur le Tour, qui incitent les lauréats à revenir pour viser d’autres succès (étapes, classements annexes, primes).

À l’inverse, de nombreux coureurs du peloton 2024-2025 n’ont participé qu’à peu d’éditions, voire une seule car cantonné au rôle d’équipier, souvent moins valorisé, au service d’un leader.

La plus grande diversité de vainqueurs s’observe entre 1903 et 1914.

La raison du plus grand nombre de vainqueurs différents est due principalement à l’absence de la notion d’équipe avec un leader unique mais au recrutement par les constructeurs de cycles des meilleures pédales de l’époque au sein d’un même groupe. Par exemple, en 1909, l’équipe Alcyon est dirigée par Alphonse Baugé ne comporte que des cadors. Sur les 6 ‘’coéquipiers’’, on dénombre un ancien lauréat Louis Trousselier (1er en 1905), deux futurs vainqueurs : François Faber (1er en 1909), Gustave Garrigou (1er en 1911) et deux futurs seconds : Paul Duboc en 1911 et Jean Alavoine en 1919 et 1922.

Difficile pour le directeur sportif de faire régner l’esprit d’équipe. Dans les comptes-rendus de ces années, il est signalé que l’entraide entre coureurs n’est pas la priorité. Lors d’un incident ou accident de machine, la victime doit réparer toute seule.

De même, en 1910, sur 10 coureurs composant le team Alcyon, on dénombre quatre anciens ou futurs gagnants de la Grande Boucle.

Aujourd’hui, les formations susceptibles de conquérir le maillot jaune n’ont qu’un seul leader au départ. Si défaillance de ce n° 1, le reste du groupe se met au service du lieutenant.

Ce n’est qu’à partir de 1930 et la création des équipes nationales sous le contrôle d’un directeur technique que la cohésion va s’installer au service d’un leader désigné au départ. Pendant cette période de l’entre-deux guerres, on va comptabiliser six vainqueurs récidivistes (Lambot, Bottecchia, Frantz, Leducq, Magne, S. Maes).

A la bascule des années 2000, l’avènement de Lance Armstrong avec à sa solde l’équipe US Postal, va booster l’organisation des équipes dont la création suivra le professionnalisme de l’Américain et de ses boys : Sky-Ineos, Visma, UAE Emirates.

Pour en revenir au commentaire du graphique 4

Au cours des périodes suivantes, les victoires répétées deviennent plus fréquentes, certains coureurs remportant plusieurs éditions.

La période 2006-2018 semble marquer un retour à une plus grande diversité de vainqueurs. Toutefois, cette impression est biaisée par l’absence de Lance Armstrong, vainqueur de sept Tours entre 1999 et 2005, dont les titres ont été annulés. Sans cette disqualification, la concentration des victoires aurait été plus marquée.

Sur ce graphique, on constate que le nombre de vainqueurs différents diminue régulièrement depuis la 1re période 1903-1914 à 1978-1998. En revanche, la période 2006-2018 remonte en raison de la disqualification pour dopage de Lance Armstrong, lauréat de 7 Tours consécutifs. Si on maintient l’Américain (colonne orange), le résultat est concordant avec l’ensemble des périodes.

Remarque : avoir disqualifié Armstrong est une imposture car de nombreux lauréats du Tour ont avoué carburer aux amplificateurs artificiels de performances ou, durant leur carrière ont été contrôlés positifs.

L’étude globale met en évidence plusieurs caractéristiques des vainqueurs du Tour de France :

  • une participation plus fréquente à l’épreuve,
  • une grande polyvalence, combinant qualités de grimpeur et de rouleur,
  • un encadrement collectif structuré, avec une équipe dédiée à leur protection,
  • et, depuis le milieu des années 1990, des progrès décisifs dans la préparation scientifique et la médicalisation de la performance.

Tour de France – Durée de vie et statistiques : le doute peut se comprendre, pas l’interprétation erronée et malveillante

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Réponse à un ultracrépidarien

Le doute est légitime. En revanche, le commentaire fielleux sur mes travaux actuels l’est beaucoup moins, d’autant plus lorsqu’il s’exprime sous pseudonyme – un procédé qui n’est pas sans rappeler les corbeaux des affaires judiciaires.

En novembre 1998, dans le contexte de l’affaire Festina, Le Nouvel Observateur publiait une enquête portant sur l’ensemble des cyclistes français ayant participé au Tour de France depuis 1947, soit 677 coureurs sur 52 éditions.

Ma contribution s’est strictement limitée à la fourniture de mes archives d’état civil des coureurs, ainsi que, lorsque je les connaissais, des causes de décès. Je n’ai jamais été sollicité pour commenter les résultats ni pour leur donner une interprétation. L’analyse statistique avait été réalisée par deux biostatisticiens reconnus.

Malgré la forte médiatisation de cette enquête — qui fit la couverture de l’hebdomadaire — et la multiplication des interventions médiatiques du journaliste, je n’ai, pour ma part, jamais été invité à m’exprimer. Le dossier intitulé « Quand le sport tue » était en outre associé à une émission de France 2, « Faut-il sacrifier la santé à la performance ? », à laquelle je n’ai pas davantage été convié, alors même que j’intervenais régulièrement sur les questions de dopage. En réalité, je n’étais qu’un maillon périphérique de cette enquête.

Lorsque, quelques années plus tard, plusieurs études — dont une de l’INSERM — sont venues contredire les conclusions du Nouvel Observateur en montrant une longévité supérieure des coureurs du Tour, je n’ai jamais contesté ces résultats favorables.

Parallèlement, je n’ai cessé d’enrichir la base de données d’état civil des coureurs ayant participé au Tour depuis 1903. À partir de 2019, alors qu’il ne restait plus que deux survivants du Tour 1947, j’ai entrepris une étude exhaustive portant non plus sur une espérance de vie extrapolée, mais sur la durée de vie réelle de l’ensemble du peloton.

Il ne s’agissait donc plus de projections de pathologies cardiovasculaires à partir de quelques cas isolés, mais d’une analyse complète fondée sur des données définitives. Contrairement à ce qu’affirme ce compte anonyme, la méthode employée n’a donc rien de commun avec celle de 1998.

Depuis la première publication en 2019 sur la durée de vie des coureurs du Tour 1947, onze autres études ont suivi, toutes basées sur les actes d’état civil officiels. Ces dates et lieux sont systématiquement publiés dans ce blog, permettant à chacun de vérifier l’exactitude des calculs et des pourcentages.

Les résultats les plus récents, portant sur la période 2022-2025, montrent que :

  • la durée de vie moyenne des coureurs du Tour est supérieure de 7 ans et 2 mois à celle de la population masculine générale ;
  • le nombre de nonagénaires y est quatre fois plus élevé.

Pendant sept années, aucun élément critiquable n’a été soulevé à propos de ces travaux. Aujourd’hui, alors que toutes les données sont accessibles et vérifiables, ce compte anonyme choisit l’attaque gratuite. Qu’un twitto anonyme refuse de croire à mes statistiques peu me chaut ! Les chiffres, eux, sont réels, publics et contrôlables.

Je revendique le droit à la remise en question et j’actualise régulièrement mon travail lorsque des informations deviennent obsolètes. Je pratique moi-même la critique — de livres, de personnes ou d’institutions — mais toujours sur la base d’arguments étayés, jamais sur des impressions subjectives répétées à l’envi.

À mon niveau, je mène un travail d’enquête que des institutions comme le Tour de France ou l’Union cycliste internationale (UCI) auraient dû initier depuis longtemps. Les études médicales sérieuses sur ces sportifs de très haut niveau sont inexistantes, alors qu’ils constituent un terrain d’observation exceptionnel : hommes jeunes, activité physique extrême, alimentation spécifique, suivi médical particulier.

Des études scientifiques validées, anonymisées, pourraient apporter une contribution majeure à la connaissance de la physiologie du sportif. Qui s’en préoccupe réellement ?

Depuis que je publie ces données sur la durée de vie des coureurs du Tour de France, personne n’en a sérieusement contesté les résultats, sauf… un pseudo !

Tour de France ton histoire – Et si le Monument n° 1 du cyclisme était un élixir de longévité ?

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Les anciens cyclistes du Tour de France décédés ces quatre dernières années (2022-2025) ont bénéficié d’un avantage de longévité d’environ 7 ans 2 mois par rapport à la population générale de cette période. Depuis 2022, ma contribution annuelle d’hommages aux disparus montre qu’en 2025, 30 Géants de la Route nous ont quittés. Ils étaient 37 en 2022, 28 en 2023, 33 en 2024. Les 30 Tour de France décédés en 2025 avaient atteint une longévité moyenne de 82 ans 11 mois (voir tableau)

SYNOPSIS –  Et si le Tour de France était un élixir de longévité ?

Les anciens cyclistes du Tour de France bénéficient d’un avantage de longévité d’environ 7 ans et 2 mois par rapport à la population générale. Depuis 1970, en recensant de manière exhaustive les données d’état civil des 5393 Géants de la Route ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France, je constate un allongement constant de la durée de vie, ainsi qu’une proportion très élevée de nonagénaires parmi les anciens coureurs. Entre 2022 et 2025, près de 29 % des cyclistes décédés avaient plus de 90 ans, contre 7,8 % dans la population française (Insee), soit près de quatre fois plus. Ces résultats s’observent également chez les générations anciennes, notamment celle du Tour 1951.

Si le dopage a existé — comme dans d’autres sports — les données suggèrent qu’il n’a pas eu d’impact négatif mesurable sur la longévité des coureurs. Les éventuels effets secondaires seraient largement compensés par les bénéfices sanitaires de la pratique intensive du cyclisme. Ainsi, le dopage apparaît avant tout comme un problème éthique lié à la performance, et non comme un enjeu de santé publique, remettant en cause le discours traditionnel des instances antidopage fondé sur des arguments sanitaires non démontrés.

L’analyse des cyclistes du Tour de France décédés entre 2022 et 2025 met en évidence un avantage de longévité de 7 ans et 2 mois par rapport à la population générale.
L’âge moyen au décès est en effet de 82 ans et 10 mois chez les anciens coureurs, contre 75 ans et 8 mois pour l’ensemble de la population. Ce différentiel concerne notamment des générations ²souvent qualifiées, à tort ou à raison, de « dopées ». Depuis 1970, je recense de manière exhaustive les données d’état civil et de longévité des 5 393 “Géants de la Route” ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France, de 1903 à 2025, soit 112 éditions.

Toutes les périodes étudiées (1903, 1926, 1951, puis 2022-2025) montrent un allongement significatif de la durée de vie des coureurs de cette épreuve mythique.
Deuxième indice objectif en faveur des bienfaits du cyclisme, même pratiqué à très haut niveau : la proportion croissante d’anciens coureurs franchissant 90 ans. Dès mes premières études sur la longévité des Géants de la Route, cette singularité apparaissait nettement par rapport aux sports les plus populaires en France, comme le football ou le rugby.
Ainsi, sur la période 2022-2025, 28,9 % des anciens cyclistes du Tour décédés avaient 90 ans ou plus. De manière comparable, parmi les 121 partants du Tour 1951, aujourd’hui tous décédé (sauf un), 27,6 % ont franchi le cap des 90 ans. À titre de comparaison, dans la population française en 2024, la part des décès concernant des personnes de plus de 90 ans n’atteint pour les hommes que 7,8 %. Autrement dit, le pourcentage observé chez les anciens cyclistes du Tour est près de quatre fois supérieur.

Bien sûr que non ! Le cyclisme n’est ni plus ni moins concerné que d’autres disciplines comme le football, le rugby ou le tennis. En revanche, affirmer que le dopage réduirait la durée de vie des pratiquants de la « petite reine » relève du mythe, voire du bobard, parmi tant d’autres adressés à ce sport et à son fleuron, le Tour de France.

Le gain de 7 ans et 2 mois observé chez les générations ayant couru dans les années 1950-1960 montre que les éventuels effets secondaires du dopage ont été massivement compensés par les bénéfices sanitaires d’une pratique cycliste intensive.
Rappelons qu’à cette époque, dans l’immédiat après-guerre, les amphétamines — aujourd’hui classées comme dangereuses — étaient omniprésentes, non seulement dans le peloton, mais aussi en alpinisme, en football, en voile et dans bien d’autres disciplines. Au regard de ces données vérifiables, il serait temps que les instances antidopage, les dirigeants fédéraux et les responsables politiques cessent d’agiter l’argument sanitaire. Aucun d’entre eux ne dispose d’un véritable cursus universitaire centré sur la santé, et encore moins d’études rétrospectives solides sur la longévité des sportifs de haut niveau.

Prétendre justifier leur statut de dirigeants en affirmant qu’ils protègent la santé des athlètes constitue une imposture, tant dans le discours que dans les faits.

La seule raison valable de lutter contre le dopage réside dans son efficacité sur la performance. En clair, le dopage est avant tout un problème d’éthique sportive, et non un problème de santé publique.

Tour de France – Des longévités exceptionnelles supérieures à 97 ans

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Avec en exergue 7 grognards de la Grande Boucle qui ont dépassé 100 ans

Parmi tous les coureurs ayant pris le départ de la Grande Boucle depuis la première édition en 1903, qui sont nés en 1927 et avant, on comptabilise sept coureurs ayant dépassé le cap des 100 ans. Parmi ces 7 géants de la pédale, deux sont encore en vie.

Par ailleurs, en dehors des 7 centenaires :

  • deux sont décédés dans leur 100e année
  • huit ont atteint 98 ans dont quatre sont toujours en vie
  • dix ont fêté leur 97e anniversaire

[document exclusif JPDM]

Il n’y a pas que le Tour de France dans la vie d’un cycliste.

D’autres coureurs professionnels n’ayant jamais participé à la Grande Boucle ont, eux aussi, dépassé les 100 ans.

Ils sont 12 à faire partie du club des centenaires.

Texte informatif sur les longévités exceptionnelles des cyclistes, mentionnant le Tour de France et les centenaires.

Tour de France – L’Espagnol Bernardo Ruiz Navarette, 3e du Tour 1952, ce jour 8 janvier fête ses 100 ans

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En moins d’un an, c’est le troisième Géant de la Route à passer ce cap

Le premier Tour de France à franchir la ligne des 100 ans a été l’Italien Pietro Righetti en 2001, le 2e le Belge Emile Brichard en 2004, le 3e le Français Marcel Renaud en 2010, le 4e son compatriote Emile Idée en 2020.

Depuis le premier Tour de France en 1903, seuls quatre coureurs avaient passé la barre mythique des 100 ans.

Aujourd’hui, en moins de 365 jours, trois nouveaux centenaires ont rejoint le ‘‘club‘‘ : les Français Charles Coste et Antonin Rolland ainsi que l’Espagnol Bernardo Ruiz Navarette. Cette tendance ne fait que s’intensifier puisqu’à ce jour nous recensons six Tour de France encore en vie à moins de trois ans des 100 ans. Cette évolution de la longévité touche toute la société. En 1901, ils étaient 100 centenaires pour 39 millions d’habitants; en 2009, 20 000 pour 64,7 M; en 2024, 31 000 pour 68 M.

Pour rendre hommage à Bernardo Ruiz, nous avons regroupé quelques data, repères  et faits marquants enregistrés tout au long de sa carrière.

Les statistiques certifiées par les états civils confirment que la longévité des cyclistes du Tour de France n’est pas obviée par le dopage

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Exemple des participants à l’édition 1947 où les amphétamines font partie des soins courants du peloton

Récemment, un lecteur de ce blog nous a adressé un commentaire mettant en doute l’affirmation de ma part que le dopage n’influençait ni la durée d’une carrière, ni la durée de vie d’un cycliste du Tour de France.

Courrier du lecteur : « Les statistiques restent des chiffres, et comme vous le savez on peut faire dire aux chiffres, ou leur donner une orientation ou un biais selon les résultats auxquels on veut arriver ! Ainsi dans les études concernant les décès elles sont forcément fausses du fait que lors de décès il n’y a quasiment jamais d’autopsie, encore moins dans le milieu amateur. Si je me réfère à mon environnement proche, il ne reste pas beaucoup de coureurs avec qui j’ai pu courir durant de nombreuses années, dans mon ancien club (200 licenciés) je suis le seul à avoir dépassé 75 ans…….! Dans les générations plus jeunes, nombreux sont ceux qui ont des problèmes cardiaques (la même année 4 décès en compétition et aucune autopsie dont mon ancien président de club …! Vous comprendrez mon scepticisme. » – Y.G

REPONSES Dr JPDM – Faisant suite à votre commentaire sur l’effet du dopage non négatif sur la longévité et votre scepticisme que je ne partage pas, je propose plusieurs réflexions et une étude statistique objective. Je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises : je ne crois pas aux statistiques sauf celles que j’établis moi-même grâce à de nombreux documents d’état civils incontournables.

Les autopsies

Toutes celles pratiquées dans l’environnement immédiat du décès d’un cycliste mort jeune, la plupart du temps, ne sont pas pertinentes. Ainsi, plusieurs substances disparaissent rapidement des liquides biologiques : hormone de croissance, EPO….

En revanche, un certain nombre de molécules sont détectables dans les cheveux (voir tableau) mais encore faut-il que la demande en soit faite au médecin-légiste par le procureur ou un membre très proche de la famille.

Rappelons que seuls les décès sur la voie publique ainsi que les soupçons de crimes sont justiciables d’une autopsie.

L’exemple non pertinent d’un club de 200 licenciés

D’écrire « Si je me réfère à mon environnement proche, il ne reste pas beaucoup de coureurs avec qui j’ai pu courir durant de nombreuses années, dans mon ancien club (200 licenciés) je suis le seul à avoir dépassé 75 ans », visiblement ce club a été victime d’une épidémie mortelle.

A ma connaissance, en France, aucune étude statistique ne montre que seulement 0,5% d’une population de 200 sujets n’a atteint 75 ans. Par ailleurs ‘’pas beaucoup’’ et un seul vivant à l’âge de 75 ans démontre que ce genre d’argument ne peut être pris en compte.  On attend sans trop y croire la vérification par les états civils. Y avait-il dans cette population des cyclistes de haut niveau avec plusieurs milliers de kilomètres annuels ? Quelle fut leur hygiène de vie durant les années précédant leur décès (prise de poids importante, alcool, tabagisme, sédentarité ?).

Certains, pour expliquer que la longévité des cyclistes est amputée par le dopage, se base sur trois cas isolés qui ont ces dernières années défrayé la chronique, c’est ce qu’on appelle dans le jargon scientifique une statistique au pifomètre, donc anecdotique.

Une étude sérieuse doit d’abord sélectionner une cohorte bien identifiée

TOUR DE FRANCE 1947 – A titre d’exemple la longévité statistique (à partir de documents officiels d’état civil) des 100 coureurs

La durée moyenne de leur vie est de 81 ans 6 mois. A la même époque – années 1950 – en comparant avec les footballeurs et les rugbymen internationaux, on constate que les cyclistes au plan de la longévité sont plus performants :

Dans Santémagazine.fr du 29 juillet 2024, Olivier Rabin (OR) – un représentant de l’industrie pharmaceutique basé au siège de l’Agence mondiale antidopage (AMA) à Montréal – qui n’a jamais soigné un seul sportif – donne son avis non autorisé sur les dangers du dopage :

Q : Pourquoi le dopage est-il dangereux pour la santé ?

OR : Si la prise de stimulants, d’EPO ou d’anabolisants augmente les performances des athlètes, elle réduit aussi souvent leur espérance de vie. Le 13 juillet 1967, en pleine étape du Tour de France, le cycliste britannique Tom Simpson s’écroule sur les pentes du mont Ventoux, terrassé par l’abus d’amphétamines et la forte chaleur. Il avait 36 ans. La quête de la performance se transforme parfois en piège mortel pour les athlètes… 

Pour valider un concept erroné, on continue à se référer à Tom Simpson, décédé du dopage sur le Tour il y a… 57 ans. Mais depuis, jusqu’au Tour 2024, aucun Géant de la Route n’est mort du dopage pendant l’épreuve

Tom Simpson, 29 ans et non 36 comme indiqué par M. Rabbin, avait consommé des amphétamines pour escalader le Ventoux (1 897 m) au cours de la 13e étape Marseille-Carpentras du Tour 1967.

Au départ de la cité phocéenne, ils sont 104 coureurs. Cinq, en plus du Britannique décédé, vont abandonner. Ce qui est un chiffre courant dans une étape de montagne d’autant plus que la température est élevée, la pente longue et raide. La plupart des coursiers de l’époque carburent aux amphétamines et pas qu’un peu !

Une semaine après le décès de Simpson en Avignon, un contrôle antidopage effectué au terme de la 20e étape au Puy de Dôme détecte deux positifs aux amphets : l’Espagnol Julio Jimenez et le Français Désiré Letort. Visiblement, le décès de leur camarade ne les avait pas ‘’refroidi’’.

Finalement, la vraie question qu’un expert indépendant et objectif doit se poser : pourquoi Simpson fait-il une défaillance mortelle en raison de la prise de stimulants alors que l’ensemble du peloton carbure au même produit sans que cela pose un problème particulier ?

La véritable raison du décès de Simpson

Ce qu’ignore Rabin c’est qu’au pied du Géant de Provence, l’Anglais a absorbé une ½ bouteille de Cognac Bisquit. C’est donc la conjonction de l’hyperthermie liée à la chaleur, à l’effort, à la prise de Tonédron® (amphet.) ainsi qu’à l’alcool qui a provoqué le collapsus cardiovasculaire mortel.

Combien de coureurs sont-ils morts sur le Tour de France, en course, à cause du dopage ? UN seul sur 5 305 qui ont pris le départ depuis 1903, soit 0,019%.

C’est un chiffre beaucoup plus bas que les résultats pathétiques des statistiques annuelles de l’AMA qui, bon an mal an, tourne autour de 1% de positifs. On peut montrer l’absurdité des commentaires de Rabin en comparant le cas Simpson, le bouc émissaire du dopage, avec les 6 cyclistes du Tour de France, toujours sur les 5 305, qui sont devenus centenaires, dont l’un le 19 juillet dernier a fêté ses 104 ans. On se rapproche beaucoup de la réalité en concluant que même sous amphets, le cyclisme de compétition est favorable à la longévité.

CONSTAT : la lutte antidopage se justifie uniquement sur la composante éthique / tricherie.

Une étude scientifique confirme que les cyclistes vivent en moyenne plus longtemps que la population générale. Ce travail a été publié sous l’autorité de la Société européenne de cardiologie, le 03 septembre 2013. Le journaliste scientifique du Nouvel Obs en témoigne :

TOUR de FRANCE – Idées reçues de l’impact du dopage sur la santé

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La première justification de la loi française antistimulants du 1er juin 1965 concernait les conséquences au plan santé de la consommation de médocs de la performance. Ce motif de promulgation de loi afin de préserver la santé est contredite par les faits.

L’affirmation selon laquelle le dopage, forcément, écourte une carrière n’a jamais été prouvée.

Il suffit de corréler cette dérive de la médicalisation de la performance avec le tabagisme. Avant que cette dernière détruise un organisme, il faut beaucoup plus de temps que la durée d’une carrière sportive. De nombreux exemples démontrent sans ambigüité que l’on peut avoir une activité de routier professionnel prolongée tout en étant dopé.

Ainsi, le grand Américain George Hincapie (1,91 m sous la toise) – deuxième de ce classement du plus grand nombre de participations consécutives (17) et Tours terminés (16) – a fait son mea culpa devant les enquêteurs de l’Agence américaine antidopage en précisant que les « médicaments » consommés pendant sa carrière faisaient partie  du job de son activité de cycliste professionnel.

En troisième position figure le Néerlandais Joop Zoetemelk (16 Boucles complètes) qui a été contrôlé positif à trois reprises mais aussi a subi trois transfusions sanguines pendant le Tour 1976 qu’il a terminé à la 2e place. Sur la quatrième marche, on liste l’Australien Stuart O’Grady (17 participations mais seulement 15 jusqu’aux Champs Elysées) lui aussi ayant avoué son penchant pour les drogues de la performance.

Depuis 1947 jusqu’à 2024, ils sont 79 Géants de l’épreuve à  avoir terminé au moins 10 Grands Boucles, voire plus. Parmi eux, de nombreux dopés (témoignages, aveux, contrôles positifs). Et ces 79 géants ont accompli leurs performances après la reprise en 1947. De 1903 à 1939, aucun concurrent n’a atteint le cap des 10 Tours bouclés.

Sur la durée de vie, là aussi, rien ne prouve que le dopage soit délétère pour la santé

Selon des études scientifiques (*) publiées il y a 10 ans, le Tour de France augmente la durée de vie. Ce constat impose de stopper net la répression du dopage …

Deux études ont démontré que la durée de vie d’un cycliste français ayant participé à la Grande Boucle serait prolongée de six années par rapport à l’individu lambda.

Visiblement, les ministères impliqués aux plans, santé et sport ainsi que les instances concernées, n’ont cru à ces résultats surprenants qui devraient pourtant entraîner l’arrêt immédiat de la lutte antidopage puisque démontrant que les pilules d’énergie accroissent la longévité !

En 2013, ni le ministère de la Santé, ni celui des Sports, ni l’AMA, ni le CIO, ni l’UCI n’ont réagi à ce résultat infirmant l’impact du dopage sur la durée de vie. Pourquoi ?

Parce que la justification de contrôler le dopage pour préserver la santé ne tient plus et que les instances doivent diminuer la voilure de leurs subventions, entraînant au la mise au chômage d’un maximum de travailleurs fictifs.

En conclusion, on peut écrire que les bienfaits de l’activité cycliste professionnelle sur la santé poursuivie même de nombreuses années sont supérieurs aux effets collatéraux négatifs des produits dopants.

Par ailleurs, de justifier l’action antidopage au service des sportifs propres face à leurs concurrents dopés, c’est du vent ! En effet, bon an, mal an, le nombre de cas positifs détectés et sanctionnés est inférieur à 1% et ce depuis des décennies. Pour preuve, en 1998, lors du Tour de France de l’emblématique affaire Festina, l’ensemble du peloton carbure aux drogues de la performance (EPO, hGH, testostérone, transfusions sanguines…) alors que le bilan des tests antidopage à la fin de cette édition ne révèle aucun cas positif.

(*) Mortality of French participants in the Tour de France (1947-2012). European Hast Journal Advance Access published september 3, 2013

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Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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Dopage-Document – Jacques Anquetil confronté aux accusations de dopage, s’exprime :

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sur sa santé  »insolente »; sa longévité cycliste surprenante et son suivi médical permanent. (3e volet sur la saga J.A)

De nombreux experts auto-proclamés, afin de minimiser l’impact de sa consommation de médocs de la performance sur sa santé, vantent la longévité exceptionnelle de son parcours cycliste. Aussi, nous avons – du quintuple lauréat du Tour – repris et commenté les écrits centrés sur les items suivants : santé, longévité, suivi médical face au dopage avéré.

Cyclisme – La pratique du vélo de haut niveau des années 1920 allongeait considérablement la durée de vie

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Malgré les médocs de la performance de l’époque

Science et Vie révèle qu’en 1955, seulement 16,2% de la population française dépassait l’âge de 60 ans !