Cyclisme – L’Equipe en flagrant délit d’ignorance : non Nicolas Portal n’est pas le plus jeune DS vainqueur du Tour !

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Dans son édition du 12 avril 2016, le quotidien sportif nous raconte par erreur que Nicolas Portal – directeur sportif de la Sky et par ricocher de Chris Froome – est le plus jeune (34 ans), par coureur interposé à avoir gagné le Tour dans cette fonction de responsable technique.

LEQUIPE

C’est bien sûr faux ! Cyrille Guimard en 1978, lors de la première victoire de Bernard Hinault dans le Tour, avait 31 ans. Comme les jours suivants, je n’ai pas vu de correctif, on peut imaginer que Guimard n’est pas un fidèle lecteur de L’Équipe.

GUIMARD-HINAULT

Cyrille Guimard était le directeur sportif de Bernard Hinault lors de sa première victoire dans le Tour de France 1978. Il avait… 31 ans

 

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Escaliers – Le théorème de Poulidor

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Récemment, le quotidien L’Equipe a fêté les 80 ans de Raymond Poulidor en lui consacrant deux pages signées par le journaliste Philippe Bouvet, le fils d’Albert, l’ancien lauréat de Paris-Tours 1956.

Toujours aussi Poupou et bonhomme vis-à-vis du public qui le lui rend bien, l’Eternel Second continue à suivre les courses et, notamment le Tour de France comme ambassadeur de LCL parrain du Maillot Jaune qu’il n’a jamais porté.

Très récemment, Jacques Marchand (95 ans), un dinosaure de la presse sportive, ancien responsable de la rubrique cyclisme à L’Equipe notamment pendant la carrière d’Anquetil et Poulidor, rappelait une anecdote concernant Poulidor et le dopage : « Il m’a confié un soir que nous dégustions une omelette aux champignons dans une auberge de son Limousin natal «J’ai joué le jeu parfois de me priver des soutiens pharmaceutiques dans des étapes de montagne du Tour. C’est un vrai supplice. Le soir à l’hôtel je ne parvenais même pas à monter l’escalier, quand il n’y avait pas d’ascenseur – ce qui était courant dans les auberges de campagne, après guerre»

Ce témoignage inédit de Poupou révèle que ‘’parfois’’ il n’était pas à la marge des pratiques du peloton durant les dix-huit ans de sa longue carrière professionnelle.

POULIDOR

Les fleurs et l’escalier après sa victoire lors de la 19e étape Briançon-Aix-les-Bains via La Chartreuse, dans le Tour 1962

Idée reçue : « Le programme le plus sophistiqué… »

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Dans Cyclosport Magazine n° 98 de juillet 2014, j’avais réagi à la suite de la publication du rapport à charge contre Lance Armstrong rédigé par l’USADA (Agence antidopage américaine). A mon point de vue, dans ce document, l’institution américaine s’arrangeait avec les faits pour glorifier la réussite de son action antidopage et notamment celle de son chef Travis Tygart. Le 10 octobre 2012, le fameux rapport sur les activités biologiques occultes de Lance Armstrong et de sa bande est mis en ligne. Dans son pavé de 1 000 pages annexes comprises, l’USADA qualifiait le dopage au sein de l’US Postal de ‘’programme le plus perfectionné, le plus professionnel et le plus efficace que le sport ait jamais vu’’.

TRAVIS TYGART

Travis Tygart, directeur de l’USADA depuis septembre 2007

Dès le 18 janvier 2013, dans la foulée des aveux télévisés d’Armstrong, présent sur le plateau d’une chaîne d’informations, j’avais le premier expliqué qu’en réalité le dopage du Texan bien que haut de gamme  n’était pas plus avantgardiste que celui de ses adversaires directs ou des Allemands de l’Est des années 1980. Lui-même l’a confirmé lors de ses aveux effectués dans le cadre d’une interview avec l’animatrice Oprah Winfrey. Tout récemment, mon analyse initiale d’il y a trois ans a été confirmée par Jeff Novitsky. L’agent fédéral américain qui a fait tomber des stars de son pays comme le joueur de baseball Barry Bonds et les athlètes Tim Montgomery et Marion Jones, s’exprimait ainsi dans L’Express : « Les médias ont dit que le dopage d’Armstrong était plus sophistiqué que celui des autres. Mais j’ai constaté ce même type de dopage au sien de plusieurs équipes de cyclistes pros. »

NOVITSKY

Jeff Novitsky

Cyclisme – Dopage technologique

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L’UCI se refait une vertu sur le dos d’une jeune cycliste tout en ignorant les pros de la triche motorisée

Brian Cookson, le président de l’Union cycliste internationale (UCI), en place depuis septembre 2013, se réjouit de la sanction infligée – six ans de suspension – à la jeune cycliste belge Femke Van den Driessche à la suite de la découverte dans son vélo d’un moteur Vivax avec batterie cachée dans le tube  de selle et actionnée par une commande Bluetooth située sous la guidoline.

Le big boss de l’institution se délecte d’avoir épinglé la jeune Belge : « Nous avons renforcé les sanctions applicables contre toute personne convaincue de cette forme de tricherie. Ce cas constitue une victoire majeure pour l’UCI et tous les fans, coureurs et équipes qui veulent être assurés que cette forme de tricherie sera tenue à l’écart de notre sport. »

Rappelons à Brian Cookson que c’est depuis 2004 que le bruit court dans le peloton de cette nouvelle technologie, que de grands noms du cyclisme masculin ont été soupçonnés à plusieurs reprises sans que l’UCI ne s’en émeuve spécialement jusqu’à la « prise » d’une jeune femme de 19 ans, connue seulement de quelques spécialistes.

Cela ne gêne donc pas ce courageux président de « laisser au repos » les cadors masculins de la petite reine mais d’enfoncer encore un peu plus par des déclarations outrancières une jeune femme paumée probablement victime de la cupidité de son entourage familial.

Cookson serait mieux inspiré de traquer tous les pros de la dope biologique qui courent toujours.BRIAN COOKSON

Brian Cookson

Tennis – C’est avec un grand oui que l’on peut affirmer que le dopage est efficace sur les courts. Pourquoi ?

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Aujourd’hui, c’est sur le physique que la hiérarchie et la sélection des sportifs s’opèrent. Dans le tennis, les musculairement denses, les bien taillés, les gabarits prennent le pouvoir. Or, le dopage agit en priorité sur la force, la puissance, la vitesse, la détente verticale,  la célérité de la mise en action, les démarrages et les accélérations à répétition, l’endurance et la résistance. Au final, il n’y a aucune raison physiologique, morphologique, technique, tactique ou mentale qui ferait que le dopage serait inopérant chez les tennismen. Ce constat est également valable pour tous les sports, notamment ceux dont les acteurs clament haut et fort que le dopage est inefficace dans leur spécialité.

La perfusion au service de la performance : c’est interdit… depuis 2005

La lutte antidopage ne peut être exercée que par des organismes indépendants. La preuve lors des Internationaux d’Australie en janvier 2013, Gilles Simon – en vue de son huitième de finale face à Andy Murray – bénéficie d’une perfusion de récupération. Or, ce genre de coup de pouce est prohibé par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2005. Elle figure dans le groupe des méthodes interdites M2. Manipulation physique et chimique au paragraphe 2. « Les perfusions intraveineuses et/ou injections de plus de 50 ml par période de 6 heures, sauf celles reçues légitimement dans le cadre d’admissions hospitalières, les procédures chirurgicales ou lors d’examens cliniques. »

Dans le cas du français, c’est le médecin du tournoi qui l’a mis sous perfusion à la sortie des courts après son match fleuve face à Gaël Monfils. Si, médicalement, la perfusion était justifiée, en aucun cas elle ne devait autoriser Gilles Simon à poursuivre l’Open d’Australie.

Pour moi, c’est une dérive de la réglementation à mettre sur le compte de la Fédération internationale de tennis qui a été incapable de la faire respecter. Comme pour la liste rouge de l’AMA concernant la perfusion, c’est exactement le même principe de précaution qui anime le monde du rugby lors des commotions cérébrales où, systématiquement à la suite d’un traumatisme crânien avec altération de la conscience, un protocole établissant le degré de perturbation cognitif du sujet traumatisé, est empêché de reprendre la partie, voire de rester au repos plusieurs semaines.

COMMUNIQUE TENNIS

Dans le cas du tennis, ce n’est pas la tête qui a pris un coup mais le corps. Si médicalement la perfusion s’impose, en aucun cas elle n’est destinée à permettre au joueur de continuer le tournoi ce qu’a fait Simon et probablement que ce dernier croit dur comme fer qu’il n’a pas transgressé le code mondial antidopage !

PERFUSION   Perfusion de récupération (vestiaire) = dopage

PERFUSION 2 Perfusion thérapeutique = mise au repos

 

 

Tennis – Match Murray-Becker arbitré par… Ivan Lendl

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L’Ecossais Andy Murray suspecte la présence de dopage sur les courts siglés ATP.

Récemment, il s’en fait l’écho dans la presse. L’Allemand Boris Becker, l’actuel entraîneur de Novak Djokovic, dans la foulée, lui rétorque : « Sans preuve, il faut se taire ». Etonnamment dans des écrits antérieurs de Boum-Boum on retrouve les mêmes soupçons sur la présence de drogues de la performance dans son sport de prédilection ; c’était en décembre 1993, il y a donc 32 ans !

BECKER-LENDL

Boris Becker-Ivan Lendl

 A l’époque, c’est Ivan Lendl encore en activité mais sur le déclin qui avait joué le pompier de service en dénonçant le comportement inadéquat de Becker : « L’ATP doit réagir et fortement. Il y a plusieurs possibilités : a) Becker a des preuves de ce qu’il avance, dans ce cas il doit les donner ; b) il n’a pas de preuve, et dans ce cas, il doit s’excuser ; c) il n’a pas de preuve et il ne s’excuse pas, alors l’ATP doit le sanctionner, sinon les gens vont croire qu’il a raison. En ce qui me concerne, si jamais un jour j’avais eu des doutes et pas de preuve, je me serais tu ; mais de toute façon ça n’a jamais été le cas. » Afin d’illustrer cette passe d’armes entre Murray et Becker, nous avons colligé les citations du joueur allemand – triple vainqueur de Wimbledon – évoquant le dopage dans le tennis. C’est tout et son contraire…

TENNIS – NEGATIVE ATTITUDE

Citations BORIS BECKER

 

Tennis – Les forçats de la langue de bois

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Dans ce blog nous avons abordé à plusieurs reprises les relations entre dopage et petite balle jaune : Fabio Fognini et l’absence de fraude dans le peloton du Top 100 ; Maria Sharapova et la consommation généralisée du meldonium par les sportifs russes ; le match par média interposé entre Andy Murray et Boris Becker, le premier s’interrogeant sur les capacités physiques exceptionnelles de certains joueurs, l’autre le reprenant de volée pour dire « tant qu’on n’a pas de preuve, on se la ferme. » Pour finir, lors de la finale du Tournoi de Monte-Carlo, l’image de Gaël Monfils saoulé des balles de Rafael Nadal, s’appuyant sur sa raquette verticale posée au sol comme une canne pour se reposer entre les points.

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       Gaël Monfils n’en peut plus des balles de plomb de Rafael Nadal

Aujourd’hui, nous vous proposons la litanie des explications bidons du ‘’milieu des courts’’ dont la plus nulle est de vouloir faire croire au bon peuple des supporteurs qu’aucune pilule absorbée dans l’environnement immédiat d’un match ne peut améliorer « la coordination, la faculté de sentir la balle, la réceptivité ou le timing. » C’est possible sauf que la majorité des drogues de la performance, déjà depuis plusieurs décennies, ne sont pas consommées juste avant la partie mais en amont des compétitions. Ainsi utilisées, elles améliorent efficacement les qualités athlétiques et ce dans toutes les spécialités sportives (tennis, foot, rugby, course à pied, cyclisme, etc.). Résultats des courts : on se déplace et on démarre plus vite, on saute plus haut (smash), on frappe plus fort avec plus de précision, on tient plus longtemps l’échange et on est toujours vaillant au tie-break du cinquième set.

Voici l’abécédaire de A à V des joueurs, officiels, médecins, journalistes tous convaincus que le dopage « n’est pas efficace pour aider les joueurs » !

Lecteurs, vous n’êtres pas obligés de les croire…

TENNIS – Abécédaire de A à V