Dopage et tennis : quel est « l’élixir de jouvence » de Rafael Nadal ?

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Question posée par l’un de nos lecteurs  :

« Comment se fait-il que personne ne veuille « voir » que les performances de Rafael Nadal sont hors normes ? Qu’il semble qu’on ait trouvé avec les autotransfusions et les cellules souches, un élixir de jouvence qui font que les trentenaires restent frais comme des gardons ? Comment prouver cela et rendre au sport ses vertus ? Faut-il généraliser les démarches volontaires comme celles de Kevin Mayer ? Sans réactions, pour moi le sport pro est mort… »B…

Pour expliquer la longévité au plus haut niveau de Rafael Nadal (12 fois lauréat de Roland-Garros en simple entre 2005 et 2019), on ne peut affirmer qu’il se dope puisqu’aucun contrôle positif n’est venu interrompre sa carrière professionnelle débutée en 2001.

Ni un test antidopage négatif ni la longévité d’une carrière ne sont des indices fiables pour suspecter la triche ou, au contraire, l’écarter

Mais vous savez – si vous lisez régulièrement mon blog – qu’un test négatif et a fortiori plusieurs dizaines – ne sont pas la preuve d’un non-dopage puisqu’il existe de tout temps des substances indécelables.

Rafael Nadal, vainqueur de son 12e tournoi de Roland Garros à l’âge de 33 ans

D’autre part, la longévité d’un sportif n’est pas non plus un argument pour ou contre l’implication du dopage. En fait, on n’en sait rien puisque l’usage de substances facilitant les performances existe depuis les années vingt (voir le lien sur Suzanne Lenglen La Divine, dominatrice absolue sur les courts de la belle époque qui carburait régulièrement au cognac pendant les matches. C’était le stimulant classique à la sortie du premier conflit mondial).

Quel est le ‘’secret’’ pour être, à plus de trente ans, frais comme un gardon ?

En éclairage à votre question sur l’ « élixir de jouvence qui ferait que les trentenaires restent frais comme des gardons », j’ai listé un certain nombre de joueurs et joueuses proches de la quarantaine ou l’ayant dépassé qui ne connaissaient ni l’autotransfusion ni les cellules souches et qui figuraient encore sur les podiums une décennie après avoir franchi le cap de la trentaine.

En ce qui concerne les cellules souches, je vous conseille de consulter le lien Tennis-cellules souches et PRP, la confusion impossible – publié dans le blog JPDM le 06 février 2017.

Tennis – Suspicion légitime

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L’Anglais Andy Murray, 2e mondial à l’ATP, a été repris de volée par Boris Becker pour avoir suspecté certains adversaires curieusement jamais fatigués (voir l’Equipe du 19 avril). Pour Boris Becker, actuel entraîneur de Novak Djokovic : « Tant qu’il n’y a pas de preuve, les joueurs sont 100% innocents ».

EXPRESSO

Avec un tel discours, le dopage a de beaux jours devant lui. Depuis cinquante ans, le monde du sport lutte contre le fléau sans grande efficacité pour la simple raison qu’il existe en pagaille des substances indécelables en liste rouge. Devant des performances étonnantes, c’est bien la suspicion légitime qui prédomine face à la présomption d’innocence.

Lors de la finale du Tournoi de Monte Carlo entre Rafael Nadal et Gaël Monfils, on a bien vu que ce dernier – pour le troisième set – était groggy dans les cordes ; il n’arrivait plus à retourner les boulets de canon de son adversaire surpuissant. Il n’en pouvait plus physiquement. Les deux premiers sets l’avaient laminé.

Régulièrement, on nous vante les qualités athlétiques du Français qui, selon les entraîneurs, serait capable de réussir dans de nombreux sports. Eh bien, là, face à l’Espagnol, Monfils a bâché le dernier set, vaincu par les coups de boutoir à répétition de Nadal. Depuis quelques années, cette domination musculaire du Taureau de Monacor interpelle de nombreux observateurs de la planète tennis. On trouve parmi eux Yannick Noah en novembre 2011, les Guignols de l’Info en février 2012, Daniel Koellerer – un ancien joueur pro – en septembre 2013, l’ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot en mars 2016.

NADAL 2

Dans le même temps, le nonuple champion de Roland-Garros (2005-2014) nous assène : « Aucun sportif de haut niveau n’est dopé. » Pour le moins, cela relève de la méthode Coué sans pour autant écarter d’un iota la suspicion légitime du dopage. D’autant qu’en dehors d’avoir carbonisé Monfils en deux sets, Nadal – après chaque manche – a disparu du court central en direction du vestiaire. Pourquoi ? A 29 ans, difficile de croire qu’il a des problèmes de prostate. Avec ce genre de comportement non justifié, le doute ne peut que croître !