entraînant agressivité, violence physique et même meurtre / assassinat
Plusieurs sportifs de renom ont été impactés par les dégâts de cette pratique dopante, notamment des culturistes, des footballeurs américains, des boxeurs. Parmi eux, le running back américain O.J. Simpson, l’athlète paralympique sud-africain Oscar Pistorius.
Un protocole d’ascension aménagé, escamotant les difficultés, et suroxygéné grâce au Xénon
En amont, passer ses nuits sous tentes hypoxiques pendant des semaines et respirer du Xénon dans une clinique allemande, un gaz stimulant la production endogène d’EPO et de GR augmentant le transport d’O2 aux tissus.
Sur place, monter dans un hélico pour éviter la marche d’approche et atterrir au camp de base (5 364 m) préinstallé avec un confort VIP.
Pendant la grimpe : utiliser les cordes fixes, les sherpas ayant déjà équipés les camps d’altitude ; inhaler de l’oxygène artificielle pendant l’ascension.
Une ‘’grimpette’’ de seulement 3 500 m !
Où est l’exploit des ex-soldats de l’armée britannique ? Ils sont adaptés à l’altitude à domicile et, au final, ils ne grimpent réellement qu’une montagne de… 3 500 mètres !
Pour tous ceux qui prônent « des valeurs de la montagne antinomiques avec le dopage », rappelons que depuis les véritables premières ascensions au XIXe siècle, les viatiques ergogéniques accompagnent les grimpeurs jusqu’aux cimes (voit tableau joint de 1883 à 2025).
Les vraies valeurs dans tous les sports ne concernent que de rares individus. L’ensemble du peloton des adeptes de l’effort physique en compétition n’a qu’un objectif : être reconnu et performer ce qui impose d’atteindre le top 10, voire le podium. De préférence s’il y a des règles, ne pas se faire épingler.
En 2025, la médicalisation de la performance est une constante malgré la profession de mauvaise foi de l’AMA
Aujourd’hui, malgré le CIO, l’AMA, l’ITA, le TAS et les nombreuses agences antidopage nationales, la médicalisation du sport de compétition est voisine de 100% : caféine, anti-inflammatoires, antalgiques, aspirine… font partie de la pharmacie quotidienne des adeptes de l’effort. Et qui plus, ce sont des surdoses qu’ingurgitent les sportifs.
A titre d’exemple, voici le protocole de ‘’dopage légal’’ – expression utilisée par Henriette Albon, une traileuse norvégienne de top niveau qui a partagé un visuel sur la médicalisation du trail Transgrancanaria du 25 févier 2025, qu’elle a remporté en 15 heures 02’ 50’’. Pendant l’épreuve de 126 km et 7 000 m de dénivelé positif, Albon a absorbé 1 720 mg de caféine et 3 000 mg de paracétamol (antalgique).
Ces doses ne sont pas sans danger, notamment lorsqu’elles sont associées à un effort de course en moyenne montagne avec hyperthermie corporelle et déshydratation. Ces quantités de caféine en moins de 24 heures sont-elles sans danger alors qu’à partir de 500 mg/jour, on tutoie la surdose et que Melle Albon dépasse trois fois la dose ? De même, l’impact du paracétamol sur le foie n’est pas bon pour la santé, notamment lors d’un effort prolongé de 15 heures non-stop avec déshydratation et hyperthermie voisine de 39-40°, habituels dans une telle activité énergivore.
Protocole de dopage légal d’une spécialiste du trail
Protocole « Legal Doping » d’Henriette Albon : une publication choc et assumée
Sur son compte Instagram, Henriette Albon, traileuse norvégienne et récente vainqueure de la Transgrancanaria 2025, a partagé un visuel qui n’a laissé personne indifférent : un tableau minutieux intitulé « Legal Doping », accompagné d’un smiley ironique et d’un commentaire en bas de page : Ultra running ain’t good for you. Une provocation ? Une blague entre initiés ? Ou un vrai plan d’action partagé publiquement avec légèreté ? C’est cette ambiguïté qui alimente aujourd’hui la polémique.
Screenshot
Ce que révèle le tableau :
Le document détaille un protocole de course planifié à l’heure près, intégrant des doses précises de caféine et de paracétamol, ainsi que d’autres compléments alimentaires identifiés comme potentiellement de la créatine ou des marques type Solgar.
Les quantités indiquées sont significatives :
– Jusqu’à 200 mg de caféine toutes les deux heures,
– Et jusqu’à 500 mg de paracétamol à plusieurs reprises.
Même si rien n’est interdit sur le plan réglementaire, ce type de protocole s’apparente clairement à une conduite dopante, c’est-à-dire une utilisation de substances non interdites, dans le but d’augmenter artificiellement la performance.
En 2025, le dopage et la médicalisation de la performance sont omniprésents dans les enceintes sportives bien que l’Agence mondiale antidopage (AMA) dans ses communiqués, régulièrement, se targue style méthode Coué que : « La santé et le bien-être des sportifs sont la priorité de l’AMA ». Il n’y a que les journalistes complices qui peuvent croire un tel engagement de l’instance mondiale.
Quoi qu’il en soit, le dopage est omniprésent dans notre société et rien n’est entrepris d’efficace pour le combattre, surtout avec l’AMA en tête de gondole.
En fichiers joints 1/ Alpinisme : les médocs de la performance depuis 1883 (tableau); 2/ Document – Everest et dopage : les étapes des premières expéditions 1921-1922 à la victoire des Britanniques le 29 mai 1953 à 11h30
Peu probable si l’on en croit les différents ouvrages des pionniers des 14‘’huit mille mètres’’ où l’on découvre que les différents produits qui vont intégrer la liste des substances illicites lors des premières réglementations antidopage au milieu des années 1960, sont déjà présentes en 1950 en nombre dans les pharmacies itinérantes des expéditions pour la marche d’approche, les camps d’altitude et l’assaut final.
Idée reçue véhiculée par le milieu de l’alpinisme : ‘’aucune substance ne booste l’aptitude des grimpeurs !’’
Comme pour toutes les spécialités sportives, le milieu de la montagne (officiels, médecins, grimpeurs) va nier la présence du dopage dans leurs rangs avec de pseudo-arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidons.
Par exemple, le médecin français Jean-Pierre Herry, un temps médecin fédéral FFME ose affirmer en 1989 : « A l’heure actuelle, aucune substance dopante connue ne peut améliorer le comportement du grimpeur en période d’entraînement ou de compétition. » [Tonus, 12.12.1988, p 8]
Visiblement, ce médecin qui se dit aussi spécialiste du trail et des raids d’altitude, a zappé les cours sur le dopage ! Rappelons que le fléau numéro un du sport de compétition améliore le rendement physique du corps et, par-là même, permet d’être plus efficace dans la pente, la durée de l’effort et la gestuelle. C’est bien connu, plus le corps est fort, plus il obéit, plus il est faible, plus il commande. Et le dopage est efficace pour construire un corps plus énergique se pratique sous forme de cure préalable aux courses en montagne, notamment à base de stéroïdes anabolisants – triple action bénéfique à la fois sur le rendement musculaire, le transport d’O2 par les globules rouges et le mental – pendant plusieurs semaines en amont de la compétition ou du sommet convoité.
Idée reçue : par d’argent, pas de dopage !
Autre argument spécieux : « Les enjeux financiers restent modestes », sous-entendu la victoire pour la seule gloire n’est pas attractive, le dopage ayant un coût plus ou moins élevé cela freine les tentatives d’avoir recours au coup de pouce artificiel.
C’est Sylvain Jouty, écrivain et ancien rédacteur en chef d’Alpinisme et Randonnée qui nous propose la tirade suivante : « Aujourd’hui, ce sont les formes les plus sportives et les plus intenses (escalade ou ski- alpinisme de compétition) qui sont les plus sujettes au dopage. Heureusement, elles demeurent marginales et les enjeux, notamment financiers, restent modestes. » [in« Montagne. Les grandes premières». – Paris, éd. Sélection Reader’s Digest, 2000. – 207 p (p 149)]
Or, on trouve des cas positifs dans les épreuves de masse (marathon, cyclotourisme…) où il n’y a pas un fifrelin à gagner. Autre cas en haltérophilie où pratiquement tous les concurrents sont dopés et leur seule récompense c’est une poignée de main de félicitation d’un dirigeant également ancien haltérophile.
L’étude de Georg Röggla et de son équipe confirme en 1993 la présence des amphets chez les alpinistes amateurs
A titre d’exemple, signalons que dans l’alpinisme d’été où il n’y a pas d’argent, pas de spectateurs et où la compétition se fait surtout par rapport à soi-même, on a pu comptabiliser 7,1% de dopés aux amphétamines parmi les grimpeurs « anonymes » (non-sponsorisés) dépassant 3 300 m d’altitude. Ce chiffre est tiré de l’étude dirigée par le scientifique autrichien Georg Röggla et son équipe qui a analysé la fréquence de la consommation d’amphétamines chez l’alpiniste de loisir en moyenne altitude (1). Au sein des substances facilitant les ascensions, seules les amphétamines ont été testées. En 1993, au moment de l’étude, on ne détectait pas encore les corticoïdes (1999) et l’érythropoïétine (2000), autres substances prisées des grimpeurs. D’autre part, depuis les années 1950, les amphétamines jouissent dans le milieu de l’alpinisme d’une bonne réputation de produit performant pour lutter contre la fatigue et le froid. Selon Karl Herrligkoffer, le médecin allemand patron de l’expédition victorieuse au Nanga Parbat (8 125 m) en juillet 1953, l’amphétamine qu’il a étudié en haute altitude, stimule le cœur et la circulation sanguine, augmente la ventilation des poumons et pallie le manque d’oxygène. Rappelons que les quatorze plus hauts sommets de la planète, les seuls à dépasser la barre mythique des 8 000 mètres, ont tous été conquis grâce à l’apport des amphétamines.
En ce qui concerne le travail de Röggla et de son équipe, 253 prélèvements d’urine ont été effectués sur des alpinistes masculins présents sur les pentes d’une montagne autrichienne culminant à 3 797 m (le pic Grossglockner). 7,1% des sujets grimpant au-dessus de 3 300 mètres et ayant réussi l’ascension étaient positifs. Parmi ceux qui s’arrêtaient entre 2 500 et 3 300 m, 2,7% avaient des traces urinaires d’amphétamines. Chez les alpinistes qui n’allaient pas plus haut que 2 500 m, aucun échantillon positif n’a été détecté. Précisons qu’au sommet, il n’y avait pas les caméras de TF1 pour réaliser un direct dans un journal d’information tel que le 13 h ou le 20 h, de même pas de spectateurs pour applaudir, pas d’argent, pas de podium, pas de journalistes ni photographes, pas de légion d’honneur remise par le président de la République… En réalité, les alpinistes ayant foulé le sommet pouvaient, le lendemain devant leurs collègues de travail ou leurs amis, se valoriser en commentant fièrement qu’ils avaient explosé leur meilleur temps de l’ascension ou qu’ils avaient battu d’autres grimpeurs.
Les auteurs de l’enquête concluent que pour réaliser une ascension plus rapide, les consommateurs de produits pharmaceutiques ne sont pas rares dans l’alpinisme de loisir. Au total, s’il est certain que l’ensemble des sportifs, quel que soit leur niveau, sont exposés au dopage, on peut affirmer aujourd’hui que plusieurs facteurs vont potentialiser la tentation d’y avoir recours : la médiatisation – de la simple citation de son nom ou de la publication de sa photo imprimés dans la « feuille de chou » locale jusqu’au passage sur les écrans des chaînes de télévisions régionales ou nationales -, les retombées financières peu attractives au début, les reconnaissances officielles (légion d’honneur etc.). Plus on grimpe dans la hiérarchie du haut niveau, plus on est confronté à ces boosters de la dope.
(1) Georg Röggla et al., Dopage aux amphétamines chez les alpinistes de loisir en altitude moyenne (en allemand), Schweiz Sportmed, 1993, 3, pp 103-105
Compétition : la cause n° 1 du dopage
Autre argument tout aussi bidon prononcé par le Dr Jean-Paul Richalet, physiologiste et médecin du sport spécialité dans les activités de montagne expliquant benoîtement : « Je crois que le dopage existe là où il y a compétition, ce qui n’est pas le cas de l’alpinisme. » [Libération, 23.01.1997]
Ajoutons que de tout temps, l’esprit de compétition a fait partie intégrante des courses en haute montagne. Le journaliste Paul Herr, du mensuel Sport Sélection, en témoigne dès les années 1950 : « Si l’alpinisme ne permet pas l’homologation de records ni la désignation de champions, l’esprit de compétition existe néanmoins dans ce sport si particulier » [Sport Sélection, 1954, n° 27, juillet, p 135].
De même, deux ans plus tôt, Jean-François Tourtet, journaliste et grimpeur amateur, avait fait un constat identique : « Aujourd’hui, la montagne est morte. Du monde de nos rêves, on a fait un ‘’alpinodrome’’, un gymnase de glace et de rocher, aux agrès catalogués et munis de pitons. La compétition s’est installée en maîtresse. » [in « Les alpinistes de demain grimperont au chronomètre. – Sport-Digest, 1952, n° 41, avril, p 62]
Afin de tempérer la suspicion du dopage en alpinisme, le Dr Jean-Paul Richalet, après avoir écarté sans argument pertinent, l’absence de dopage parce qu’il n’y aurait pas ‘’compétition’’ chez les grimpeurs de sommets, ajoute : « Pour les alpinistes, des médicaments, pas des dopants » en distinguant trois ‘’remèdes’’ efficaces contre les effets de l’altitude : le Diamox® – un diurétique -, l’aspirine et les glucocorticoïdes. Signalons à ce pseudo-spécialiste du dopage que le Diamox® et les glucocorticoïdes sont listés comme produits dopants dans le Code mondial antidopage depuis les années 1980.
Le Dr Richalet ajoute à propos de ces trois produits : « Ce n’est pas du dopage et cela n’a pas d’effet direct sur la performance musculaire. » C’est bien sûr faux et cela a bien été prouvé en milieu hippique dans les années 1980. Il a été démontré sur les chevaux que parmi les trois seules substances améliorant la performance chronométrique des quadrupèdes figuraient les glucocorticoïdes.
Autre expérience en 1997 sur les coureurs du Tour de France. En 3e semaine de course, 70% du peloton carburait aux glucocorticoïdes. D’ailleurs, quand Jean-Paul Richalet nous dit : « Pour les alpinistes, des médicaments, pas des dopants », les cyclistes face à la suspicion du dopage répondent : « On ne se dope pas, on se soigne ! »
De 1950 à 1964, les 14 ‘’8 000’’ étaient en compétition entre la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Autriche, la Suisse, les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne…
En réalité, en montagne, l’esprit de compétition est omniprésent pour atteindre le sommet, établir une première, vaincre une voie réputée hors limite, battre d’autres équipes de grimpeurs, faire tomber le record d’une ascension emblématique.
À cette époque, la lutte faisait d’ailleurs rage entre la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, les Etats-Unis, le Japon et la Suisse pour être la première nation à inscrire un 8 000 m à son palmarès. La France avait créé un Comité de l’Himalaya, qui avait sélectionné en 1950 une équipe avec pour capitaine Maurice Herzog et pour mission celle de vaincre un 8 000 m. De même, la Grande-Bretagne, en vue de de la conquête du Toit du monde, avait créé dès 1921 le Comité de l’Everest britannique. Il faut rappeler que les amphétamines, le dopant n° 1 des sportifs des années 1950-1970, étaient omniprésentes dans les expéditions des 14 ‘’huit mille’’ plus hauts sommets de la planète. Avant d’aborder la bataille de ces sommets, il faut revenir aux années 1940 et la découverte des amphets.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les amphétamines ont été utilisées massivement par tous les belligérants pour améliorer la performance des soldats, principalement pour compenser la privation de sommeil et améliorer la vigilance : le Pervitin® par l’Allemagne ; la Dexédrine® par les États-Unis ; la Benzédrine® et la Méthédrine® par la Grande-Bretagne ; la Simpamina® par l’Italie ; le Philopon® par le Japon. Lors de la bataille d’Angleterre,
72 000 comprimés ont été distribués aux pilotes britanniques pour repousser les attaques de l’aviation allemande, au point que les journaux anglais ont pu titrer : « La Méthédrine® a gagné la bataille de Londres». À partir des années 1950, ces produits arrivent dans le sport et dans les expéditions en haute montagne. Pendant quinze ans, de 1950 à 1964, les quatorze plus hauts sommets de la planète, dépassant tous la barrière mythique des 8 000 m, ont été vaincus par des grimpeurs sublimés aux amphétamines. Les Français Maurice Herzog et Louis Lachenal sont les premiers à gravir une telle altitude, en parvenant à la cime de l’Annapurna (8 091 m) le 3 juin 1950 en absorbant du Maxiton®.
L’Everest (8 849 m) est conquis par Edmund Hillary (Nouvelle-Zélande) et Norgay Tenzing (Népal) le 29 mai 1953 avec l’aide de la Benzédrine®. Les Allemands parviennent au sommet du Nanga Parbat (8 125 m) grâce à l’exploit de l’Autrichien Hermann Buhl qui atteint seul la cime le 3 juillet 1953 en ayant recours au Pervitin®.
Les Italiens Achille Compagnoni et Lino Lacedelli s’adjugent le K2 (8 611 m) le 31 juillet 1954 en prenant de la Simpamina®. À l’époque, ces différents types d’amphétamines sont considérées comme des produits de soutien en vue de la marche d’approche et de l’assaut final. Dès 1987, dans Le Point mais surtout dans un ouvrage intitulé Drogues et dopages, j’avais consacré un chapitre entier à la consommation des stimulants dans l’alpinisme de haut niveau.
CHRONOLOGIE des amines de l’éveil dans les sports de compétition : alpinisme, 24 Heures du Mans, Tour de France
Pendant le deuxième conflit mondial, elles seront omniprésentes chez les combattants américains (Benzédrine®), britanniques (Méthédrine®), allemands (Pervitin®), italiens (Simpamina®), japonais (Philopon®).
Dès la signature de l’armistice, le 08 mai 1945, elles pénétreront à grande échelle les universités et les stades français mais pas que.
De 1950 à 1964, elles vaincront dans la chaîne de l’Himalaya les quatorze 8 000 m plus hauts sommets de la planète (témoignages des comptes rendus d’expéditions) [recherches Dr JPDM]
Au 24 Heures du Mans 1955, accident tragique le 11 juin : 83 morts et 120 blessés. L’implication des amphets dans le comportement des trois pilotes impliqués est fortement probable. A l’époque, les amphets sont omniprésentes dans les courses d’endurance et rallyes. [recherches Dr JPDM]
Dans le Tour de France, elles accompagneront les vainqueurs de l’épreuve de 1947 à 1965.
En 1967, le 13 juillet, leur responsabilité sera bien établie dans le décès du cycliste britannique Tom Simpson sur les pentes du Mont Ventoux (Vaucluse) en direct à la télé.
L’oxygène fait débat – Une substance artificielle utile aux grandes altitudes supérieures à 7 000 m mais créant une controverse entre les vrais puristes et la masse des pseudos
Pour le Suisse Erhard Loretan, lauréat des 14 ‘’8 000’’ entre 1982 et 1995, 90% des personnes qui grimpent sur le Toit du monde ont utilisé l’oxygène en bouteilles démontrant par là-même que ce gaz améliore les performances des grimpeurs et qu’aujourd’hui il fait toujours débat entre « triche et éthique ».
Quelques grimpeurs de renom donnent leur avis :
Erice Escoffier (Français), himalayiste (5 sommets à plus de 8 000 m entre 1985 et 1997) : « Grimper avec de l’oxygène aujourd’hui, c’est tricher ; je ne vois pas de différence avec Ben Johnson. » [L’Équipe Magazine, 29.10.1988]
Erhard Loretan (Suisse), himalayiste (14 ‘’8 000’’ entre 1982 et 1995) : « Quatre-vingt-dix pour cent des 600 personnes qui, à ce jour [Ndlr : mai 1997], ont atteint le sommet de l’Everest ont utilisé l’oxygène. Il faut jouer le jeu de la haute altitude. Seuls ceux qui sont capables de monter sans bouteilles doivent pouvoir effectuer cette ascension. Les autres se dirigeront vers des sommets moins élevés. » [Le Monde, 16.05.1997]
Francis Younghusband (Anglais), président du Comité de l’Everest britannique en 1921, coordonna les expéditions britanniques à l’Everest en 1921, 1922 et 1924 : « Celui qui monterait à l’Everest sans oxygène serait considéré comme ayant accompli une action plus belle que celui qui y monterait en utilisant l’oxygène. Il semblait impossible à plusieurs hommes de science que le sommet ne pût jamais être atteint sans aide artificielle. » [L’épopée de l’Everest .- Paris, éd. Arthaud, 1947 .- 340 p (pp109-110)]
Aujourd’hui, en 2025, une expédition commerciale innove en proposant dans le prix d’inscription, le dopage au gaz xénon en amont de l’ascension favorisant la production d’érythropoïétine (EPO), une hormone facilitant le transport d’oxygène par les globules rouges via le sang jusqu’aux tissus périphériques, cerveau compris et permettant une marche d’approche et une adaptation écourtée.
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD
EN FICHIER JOINT – ALPINISME : ‘’positive attitude’’ – Arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidon
La fenêtre la plus favorable pour conquérir l’un des quatorze sommets de 8 000 m se situe au mois de mai. 7 des ascensions victorieuses lors des ‘’premières’’ l’ont été pendant le 5e mois de l’année.
C’est l’occasion de fêter et honorer tous ces grimpeurs victorieux entre mai 1953 et mai 1964.
Cela fait très longtemps, des dizaines d’années, que j’ai établi ce tableau où figurent les noms des 14 sommets mythiques avec les dates et heures locales des premiers pas sur les cimes, les noms des grimpeurs et l’utilisation ou non d’oxygène.
Sur les 14 pics, seuls 6 ont été réalisés en l’absence d’oxygène artificielle. Sur les 7 sommets vaincus en mai, seul le Dhaulagiri (7e plus haut des 14 avec 8 167 m) l’a été sans oxygène. Il faut préciser que l’équipe suisse avait été aidée d’un avion qui déposa 6 tonnes de matos à 5 200 m et 5 700 m.
Autre particularité, le Kangchenjunga (3e sommet / 8 586 m) atteint les 25 et 26 mai 1955 par les Britanniques, ces derniers sont restés à 2 mètres du sommet pour ne pas déplaire aux traditions religieuses locales, respectueuses des Dieux.
A titre personnel, l’énumération régulière de ces quatorze 8 000 m, au même titre que les 64 lauréats du Tour de France depuis 1903 et les 50 Etats américains me permettent d’entretenir et de vérifier si le lobe temporal de mon cerveau est toujours en forme !
La Roumaine Irina Fetecău a été suspendue pour une période de 10 mois après avoir consommé un supplément contaminé de pré-entraînement « Gorillalpha Yeti Juice ». Pour sa défense, elle invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.
Dans toutes ces affaires de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs, on constate l’absence d’infos sur la composition précise : aucune mention du produit dopant en cause sur l’emballage, la notice, la pub d’internet.
C’est le rôle de l’instance antidopage de poursuivre les fabricants coupables de ces manquements. Ces structures de régulation du dopage ont beaucoup plus de moyens : financiers, juridiques (avocats), scientifiques que le sportif démuni face à ce commerce illicite.
Que ce soit l’AMA, l’ITA, l’ITIA, l’AFLD qui se targuent d’être des acteurs de la prévention du dopage, on attend toujours qu’ils le démontrent en poursuivant avec pugnacité ces fabricants de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs avec un seul objectif, celui de les rendre efficaces avec l’ajout d’une substance illicite,
Deux options pour tenter d’éradiquer ces histoires de compléments alimentaires contaminés :
Soit on considère que le sportif est pleinement responsable pour ne pas avoir fait certifier son complément alimentaire et alors la sanction doit être entière, sans aucune restriction.
Soit on considère qu’involontairement, il s’est fait piéger et les instances aident réellement le sportif en poursuivant juridiquement le fabricant du complément alimentaire en cause.
Le fameux additif nutritionnel de la Roumaine contenait un stimulant, le 4-méthylpentan-2-amine ou 1,3-diméthylbutylamine (DMBA), des noms barbares, apparentés à la fameuse méthylhéxanamine omniprésente dans les urines des sprinters, notamment jamaïcains des années 2010.
Selon l’encyclopédie en ligne Wikipedia : « Le sels de chlorhydrate et de citrate de DMBA ont été détectés comme des ingrédients non approuvés présents dans certains compléments alimentaires en vente libre dans lesquels ce stimulant est utilisé dans une tentative apparente de contourner les interdictions sur la méthylhéxanamine.
Cette dernière, depuis 2004, en tant qu’apparentée, est interdite en compétition par l’Agence mondiale antidopage (AMA) sans que sa dénomination apparaisse en toutes lettres.
En réalité, il faudra attendre 2010 pour que la méthylhéxanamine figure précisément en liste rouge. En revanche, le 1,3-diméthylbutilamine (DMBA) fait son apparition sur la nomenclature de l’AMA le 01 janvier 2018 entant que stimulant spécifié seulement en compétition.
Wikipedia ajoute : « La Food and Drug Administration (FDA, Etats-Unis) considère tout complément alimentaire contenant du DMBA comme frelaté ».
Malgré l’opposition de la FDA, le DMBA continue d’être vendu aux Etats-Unis. En mai 2015, la FDA mettait en garde 14 fabricants de compléments alimentaires pour sportifs contre la présence illégale de DMBA (citrate d’AMP).
Dans ce contexte d’illégalité des compléments alimentaires, selon une récente étude, 30% contiennent des dopants non-listés sur l’emballage ou sur internet. Irina Fetecău, pour sa défense, invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.
L’Agence internationale pour l’Intégrité du tennis (ITIA) justifie dans un communiqué mis en ligne le 12 mai 2025, les 10 mois de suspension à l’encontre de la joueuse roumaine mais sans vraiment convaincre sur l’absence de faute ou de négligence de cette dernière
Plusieurs cas ces dernières années mettent en évidence le manque d’informations des sportifs de compétition sur ce produit surtout utilisé pour traiter l’hypotension et les jambes lourdes.
Aujourd’hui, de se faire encore piéger par ce produit relève d’un manque de vigilance coupable. Les arguments de défense sont peu pertinents :
‘’Il est en vente libre’’,
‘’Je n’ai pas lu la notice’’ où pourtant figure la mise en garde aux sportifs,
‘’Un produit naturel à base de plantes’’, et ne pouvait imaginer qu’il pouvait être dopant,
‘’J’ai été piégé par un complément alimentaire’’ alors que depuis des années, les organismes antidopage ou fédéraux martèlent qu’il faut faire vérifier la composition de ces derniers par un organisme indépendant et certifié (lire le cas de Mouhamadou Fall (2023-2024) dans la rubrique : Les étapes
Afin d’éclairer ma démarche, je vous propose deux commentaires de cas référencés dans la fiche du Dictionnaire du dopage actualisée, enrichie et consacrée à l’heptaminol et au Ginkor Fort®
1er cas : ‘’il est en vente libre’’
Ce n’est pas parce que le Ginkor® Fort est vendu sans ordonnance qu’il ne figure pas sur la liste des substances illicites en compétition. On peut aller sur internet, toujours sans ordonnance, et acquérir de nombreux produits dopants et, cerise sur le gâteau, avec un protocole. La sportive avoue qu’elle n’a pas lu la notice signalant la mise en garde aux athlètes. Et ensuite, pour valoriser son engagement contre le dopage, se targue de vouloir « se battre pour que ce médicament ne soit plus en vente libre ». Cela ne changera rien dans la prévention du dopage puisqu’elle ne lit pas la notice ! Par ailleurs, ce médicament est déremboursé depuis 2008 pour la bonne raison que son efficacité sur l’effet veinotonique n’est pas démontrée. Dixit l’Agence du médicament.
2e cas : ‘’un produit naturel à base de plantes’’
Mêmes observations que pour le 1er cas avec, en plus, ‘’l’excuse’’ suivante : « Un produit naturel à base de plantes et n’a pas imaginé que celui-ci pouvait contenir une substance dopante. »
Déjà le Ginkor Fort® ne contient pas que des plantes puisqu’il renferme de l’heptaminol, une molécule synthétique, cette dernière lui a fait intégrer la liste rouge des substances prohibées en compétition dès sa commercialisation en 1989.
Et surtout, ce n’est pas parce que Ginkor Fort® contient des plantes qu’il est inoffensif. L’éphédrine, l’opium, la cocaïne… sont issues de plantes et, sur le plan de l’information et de la prévention, on doit se demander à quoi servent les clubs et les médecins fédéraux puisque l’athlète épinglée au Ginkor Fort® (heptaminol) participait à des compétitions internationales ?
Quand les sportifs nous prennent pour des gogos
Pour tous les sportifs susceptibles de passer un contrôle antidopage, feignant l’ignorance et, en plus, jouant les vertueux, le site de l’AFLD est à leur disposition. Il est très facilement accessible et compréhensible, indiquant clairement en toutes lettres le statut du produit recherché.
Professionnel depuis 2015, M.A. Lopez avait remporté l’année précédente le Tour de l’Avenir démontrant ses aptitudes dans les épreuves par étapes de longue durée.
Il a participé à 12 Grands Tours et obtenu deux podiums : 3e au Giro et à la Vuelta la même année en 2018. Autre fait remarquable, dans le Tour de France 2020 où il prendra la 6e place, il se fait remarquer des spécialistes pour son arrivée en tête au col de la Loze (2 304 m) avec des passages à plus de 20%, terme de la 17e étape.
En 2002, Lopez se fait rattraper par la patrouille pour » usage et possession d’une substance interdite », la ménotropine (Menopur®) qui est une gonadotrophine ménopausique et ce dans les semaines précédant le Giro 2022.
Dans le cas de Lopez/Superman, le médecin prescripteur, l’Espagnol Marcos Maynar, a déjà eu maille à partie avec le dopage.
D’ailleurs, ce praticien figurait dans la liste noire de l’AMA publiée le 14 septembre 2015 où il est explicitement mentionné qu’un sportif qui consulte un médecin présent sur cette liste noire, risque d’être sanctionné à son tour.
Dans cette liste de ‘’préparateurs’’ à éviter, on trouve au 72e rang le Dr Marino Maynar Marcos (Espagne) qui est interdit jusqu’au 18 octobre 2019.
Liste noire ? Mais qui s’en préoccupe dans les instances antidopage ?
Curiosité : alors qu’il n’a pas arrêté ses activités illicites – l’affaire M.A. Lopez de 2022 en témoigne – il n’apparaît plus dans la liste noire publiée par l’AMA le 12 octobre 2021 ni dans celle du 07 octobre 2024 pas plus que durant cette période de 2015 à 2024 dans les listes noires de l’Union cycliste internationale (UCI). Visiblement, la lutte antidopage n’est pas dirigée par des gens concernés ni professionnels.
Arrêté le21 juillet 2022 à Madrid, Lopez va tout d’abord nier comme 99% des sportifs épinglés par la patrouille – ici la Guardia Civil – parlant « d’accusation fausse ». Sur la base d’une investigation menée par l’International Testing Agency (ITA) incluant les preuves obtenues auprès des autorités policières espagnoles (Guardia Civil) et de l’Organisation nationale antidopage espagnole (CELAD) dans le cadre de l’enquête menée sur le Dr Marcos Maynar, l’UCI a notifié à Miguel Angel Lopez qu’il devait répondre d’une potentielle violation des règles antidopage (VRAD).
N’ayant jamais avoué sa pratique dopante, Lopez va subir un processus réglementaire de 2022 à 2025 pour, finalement, être suspendu quatre ans par le Tribunal arbitral du sport (TAS) le 07 mai 2025. Si Superman avait avoué sa consommation d’amplificateur artificiel de performance mais aussi le réseau qui l’avait aidé à se doper la sanction pouvait être réduite d’une année. Le prescripteur de ménotropine, le Dr Marino Maynar Marcos, probablement ayant constaté en épluchant la liste des substances illicites de l’AMA, que seules les gonadotrophines chorioniques étaient mentionnées, en revanche la gonadotrophine ménopausique n’y figurant pas depuis la première nomenclature de l’AMA de 2004 et ce jusqu’à 2022, il estimait que la substance n’était pas prohibée. Mauvaise pioche ! Pour chaque classe de dopants est précisé ‘’et analogues agonistes’’ (soit même composition ou mêmes effets).
Afin d’éclairer les lecteurs sur le long parcours de Miguel Angel Lopez face au processus antidopage qui va s’étaler sur quatre ans jusqu’à sa conclusion le 07 mai 2025, nous proposons quelques étapes du processus impliquant Superman et commentées dans la presse.
Miguel Angel Lopez (Colombie) : quatre ans de processus antidopage pour enfin conclure que Superman s’est dopé à la ménotropine (gonadotrophine ménopausique) dans les semaines précédant le Tour d’Italie 2022.
Ce médicament qualifié aussi d’antiestrogène par son action d’inhibition du rétrocontrôle des estrogènes au niveau de l’hypothalamus (zone du cerveau de commande hormonale) entraînant une élévation des gonadotrophines hypophysaires (glande du cerveau) notamment de la LH, laquelle a pour mission d’augmenter la production hormonale des glandes génitales (ovaire et testicule), notamment de la testostérone dans les deux sexes.
Le CIO a prohibé le clomifène par assimilation aux gonadotrophines dès 1989.
En 2000, le clomifène apparaît en toutes lettres et ce pour la première fois sur la liste française du ministère des Sports. Ensuite, quand l’AMA prend, au plan mondial, la liste en mains, le clomid est prohibé uniquement chez les hommes.
Prohibé dans les deux sexes depuis 2005
L’année suivante, en 2005, il le sera également chez les femmes car effectivement la LH signalée plus haut booste la sécrétion ovarienne de testostérone endogène.
De même, son interdiction est permanente, que ce soit à l’entraînement ou en compétition.
Au plan détection, le clomfène ne modifiant pas le rapport testostérone/épitestostérone, la seule façon d’épingler les tricheurs c’est d’identifier le clomifène dans les urines d’ailleurs facilement car il ne disparaît pas rapidement de ces dernières.
Bien qu’il soit interdit aux femmes depuis 2005, c’est surtout la gent masculine qui tombe dans les mailles du filet. Depuis les témoignages des années 1980 et les tests positifs après 2000, on liste les spécialités suivantes : athlétisme, aviron, boxe, culturisme (+++), haltérophilie, MMA et l’ensemble des sports adeptes des effets ergogéniques d’un surplus de testostérone.
En 2022, Jimy Soudril, un athlète spécialiste du 400 m, est épinglé par l’AFLD pour un médicament réservé aux femmes
En France, un athlète spécialiste du 400 m, Jimy Soudril, s’est fait prendre au clomifène le 27 février 2022. Il est rapporté dans L’Equipe du 09 mars 2025 :
« Le 27 février 2022, à Miramas (Bouches-du-Rhône), lors de la finale du 400 m des Championnats de France, Soudril se classe 6e(…) Cependant, le 18 mars, son échantillon prélevé au soir de la finale indique la présence de clomifène, un modulateur hormonal et métabolique favorisant le développement de la testostérone. Dans un premier temps, l’athlète se défend auprès de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), indiquant qu’il ne comprend pas ce contrôle positif, avant de ‘’se rappeler’’, selon le rapport, que son frère Carl – vice-champion de France Élite du 800m en 2017- lui a conseillé deux produits, dont du Clomid® (clomifène) quelques mois plus tôt et qu’après avoir consommé cette substance une dizaine de jours il s’est rendu compte en regardant l’emballage que c’était dopant et a tout arrêté, ajoutant qu’il n’a jamais eu l’intention de se doper, pensant que le médicament aurait disparu de son corps avec le temps. »
COMMENTAIRES JPDM – D’écrire que le clomifène favorise le développement de la testostérone n’est pas le terme approprié. L’hormone mâle n’est pas un muscle qui se développe mais une substance dont le taux augmente lors de la stimulation du testicule ou de l’ovaire par le clomifène.
Quoi qu’il en soit, se faire épingler avec un médicament destiné aux femmes stériles n’est pas cohérent dans une défense où l’on apprend que c’est le frère athlète d’élite qui lui a conseillé le produit. Pour cette automédication sans justification thérapeutique, Jimy Soudril a pris 2 ans de suspension.
Par ailleurs, Jimy Soudril dans sa défense précise que lorsqu’il a vu sur l’emballage que le produit était dopant, il a tout arrêté. Sauf que le Clomid® commercialisé en France ne présente sur la boîte aucun pictogramme mettant en garde sur le risque d’un contrôle positif. De même, la notice du médicament présent dans la boîte ne comporte aucune mise en garde aux sportifs alors que, depuis 1989, c’est une obligation imposée par le ministère de la Santé aux fabricants de spécialités pharmaceutiques.
Une fois de plus, une mesure préventive pertinente est bafouée sans que le laboratoire soit sanctionné. Soudril, lors de ses déplacements en tant qu’athlète, a peut être acheté le Clomid® en Italie ? Dans ce pays où se doper est un acte pénalement répréhensible, la loi impose que les fabricants de médicaments signalent le risque de contrôle positif par un pictogramme (un cercle rouge barré) présent à la fois sur le conditionnement et sur le tube, le spray, etc.
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EN FICHIER JOINT – DICTIONNAIRE DU DOPAGE – La mise à jour complète actualisée sur le clomifène, un antiestrogène boosteur de testostérone
A la suite d’une chute, d’une collision (véhicule), d’un malaise (cardiaque, dopage), en compétition, à l’entraînement ou après la fin de la carrière professionnelle lors d’une sortie cycliste.
Causes :
accident vasculaire cérébral (AVC),
chute en compétition ou à l’entraînement,
collision contre un véhicule à moteur,
crise cardiaque à vélo.
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EN FICHIER JOINT – Document JPDM – 90 ‘’Tour de France’’ décédés sur leur vélo
Retour sur un cas de dopage ayant tenu en haleine les médias italiens de 2012 à 2021. D’un côté, le marcheur Alex Schwazer – champion olympique du 50 km à Pékin en 2008 – avec comme soutien principal l’entraîneur d’athlétisme Sandro Donati, pourfendeur pugnace du dopage dans son pays depuis le début des années 1980. Face à eux, les institutions du sport international : l’AMA et l’IAAF (devenue en 2019 World Athletics). Retour sur un cas de dopage
Champion olympique en 2008 à Pékin sans dopage
Une vérité en marche va détailler les différents épisodes de cette saga du dopage.
Champion olympique sans prise d’artifice illicite en 2008, testé positif à l’EPO 4 ans plus tard à la veille des Jeux olympiques de Londres en 2012, Alex Schwazer (A.S) passe rapidement aux aveux en précisant qu’il est le seul responsable. Aucun médecin, entraîneur ou soigneur n’a collaboré avec lui pour l’accompagner dans l’achat des produits ni dans le protocole de cet apport médicamenteux prohibé.
En 2015, A.S décide de reprendre l’entraînement de marche athlétique en vue des JO de Rio 2016. Il argumente son retour pour démontrer que sans dopage, il peut retrouver le très haut niveau.
Dans ce but, il contacte Sandro Donati, entraîneur réputé mais surtout référence antidopage mondiale qui accepte alors, en raison de son mea culpa (de dopage individuel) de l’accompagner dans sa démarche.
Un couple étonnant associant un ex-dopé avec une référence de l’antidopage
L’association étonne mais surtout indispose l’ensemble des instances sportives.
Alors qu’A.S subit régulièrement des tests antidopage orchestrés par Donati, tous négatifs, il est contrôlé positif à la testostérone au début de l’année 2016 à la suite d’un prélèvement effectué par un organisme privé indépendant mandaté par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF). Contrairement à l’expertise du 30 juillet 2012, Schwazer avec conviction et sincérité nie fermement s’être dopé volontairement.
A la suite de cette violation des règles antidopage, le marcheur et Donati vont mener un combat pour démontrer que :
soit A.S a été contaminé par une main malveillante,
soit c’est un complot du laboratoire de Cologne ayant effectué les analyses positives à la testo avec le concours de l’IAAF.
Donati est la véritable cible du test positif début 2016 du marcheur Alex Schwazer
En réalité (et je suis d’accord avec sa thèse), Gerhardt Brandstätter – avocat de A.S. – résume le dossier : « A travers Alex Schwazer, c’est Sandro Donati qu’on a voulu atteindre. »
En effet, l’incessant pourfendeur des tricheurs a un long palmarès de dénonciation, avec preuves à l’appui, des acteurs du dopage en Italie et même au-delà de la Péninsule : Primo Nebiolo (président de la Fidal de 1969 à 1988), Francesco Conconi, Michele Ferrari (deux médecins prescripteurs d’EPO à de nombreux sportifs dans différentes spécialités), les Prs Giorgio Santilli et Emilio Gasbarrone en charge du laboratoire antidopage de Rome suspectés d’effectuer des analyses incomplètes ou de classer sans suite des résultats positifs, etc. ont été contraints à démissionner de leurs fonctions ou à répondre de leurs actes devant un tribunal.
Révélations de Sandro Donati sur la triche dans le sport italien
Championnat du monde d’athlétisme à Rome en septembre 1987
Le saut truqué de 50 cm de Giovanni Evangelisti, à son insu, par les juges italiens dont Luciano Barra. Aux championnats du monde d’athlétisme, l’Italien Giovanni Evangelisti est le premier surpris, le 5 septembre 1987, lorsque les juges le créditent d’un saut en longueur de 8,38 mètres. La performance semble suspecte, mais il reçoit la médaille de bronze. Deux mois plus tard, l’entraîneur national italien craque et avoue que la longueur du saut avait été préparée à l’avance. Saisie de l’affaire, la Fédération internationale d’athlétisme – dirigée par un Italien – déclare le saut régulier. Les rapports d’expertise sont formels : le saut a été surestimé de 50 centimètres. Finalement, Evangelisti a rendu sa médaille et une dizaine de responsables de la Fédération italienne ont dû démissionner.
En novembre 1987, Donati déclarait dans l’Expresso, l’un des plus importants magazines italiens, qu’il savait avant le concours de Rome qu’Evangelisti, quoi qu’il arrive, serait crédité d’un bond de l’ordre de 8.35 m. Il tenait l’information d’un juge et en fit part à d’autres cadres de l’équipe d’Italie. A la suite de ce scandale, le CONI ordonna une commission d’enquête. Son rapport en 83 pages, même s’il y persiste quelques incertitudes, est clair. Première victime : Enzo Rossi, le DTN italien dont on dit qu’il aurait convoqué des juges pour leur demander de donner un coup de pouce à son sauteur. Autre victime de cette affaire, Luciano Barra, le bras droit de Primo Nebiolo, le président à la fois de l’IAAF (depuis 1981 et de la Fidal depuis 1969), sur lequel plane de grosses suspicions. Dans la foulée du rapport de la commission d’enquête, Luciano Barra a démissionné de son poste de secrétaire général de la Fidal. Ce même Barra vouera encore aujourd’hui une haine sans faille associant fausses rumeurs et accusations non fondées à l’encontre de Donati et de son poulain Schwazer.
Publication d’un ouvrage en 1989
Titré ‘’Champions sans valeur’’ où il raconte ses neuf années depuis 1980 où il a côtoyé le dopage dans le sport italien. Donati raconte l’étonnant parcours de son livre dont les 2 000 exemplaires seront achetés par Primo Nebiolo et son camp : « Le livre fut présenté à la presse dans l’une des principales librairies de Rome. De nombreux journalistes y assistaient et la semaine qui suivit, les ventes furent un succès. Puis, tout d’un coup, l’éditeur arrêta d’approvisionner les librairies et je fus submergé d’appels téléphoniques et de lettres provenant de toute l’Italie : personne ne pouvait trouver mon livre. L’éditeur me dit qu’il avait des problèmes avec la distribution mais que tout allait rapidement rentrer dans l’ordre. Rien ne se passa; mon livre disparut pour toujours.
Quelques années plus tard, j’appris qu’une fondation internationale, au nom de Nebiolo et d’autres officiels du sport de haut niveau avait donné une forte somme d’argent à l’éditeur pour qu’il arrête la circulation de ce livre. Quand j’y repense, je ne suis pas particulièrement déçu ni vexé ; en fait, c’est presque une satisfaction de savoir que mes révélations ont été considérées si dangereuses qu’elles ont été réduites au silence. »
La double casquette du Dr Francesco Conconi à la fois dopeur et en même temps expert antidopage du CIO et de l’UCI
« Le rapport sur le dopage dans le cyclisme italien rédigé en 1995 par Sandro Donati, entraîneur national d’athlétisme et rattaché au Comité olympique italien (CONI) depuis 1985, adressé aux responsables du CONI (président et secrétaire général) a démontré – témoignages à l’appui – que le Pr Francesco Conconi – celui qui avait été chargé en 1992 par le CIO de mettre au point une méthode fiable pour déceler l’érythropoïétine (ÉPO), l’hormone « suroxygénant » les muscles – était également l’un des experts en dopage de l’ÉPO le plus recherché par les sportifs de haut niveau. En quelque sorte, un gendarme ripou ! A la suite de ces révélations, on comprend mieux pourquoi Conconi à chaque interview répond que la mise au point du test de détection de l’ÉPO est pour bientôt mais qu’il faut encore attendre un peu.
Selon la Gazzetta dello sport d’octobre 1996 « Le Pr Conconi a fait rire tout le monde en affirmant qu’on allait détecter l’EPO mais qu’il faudrait pour cela un litre d’urine. Le contrôle ne fait couler que de l’encre ! »
Pour Sandro Donati, le double jeu du préparateur sanguin de Francesco Moser lors de ses deux records du monde de l’heure, ne laisse planer aucun doute : « Cela fait trois ans que Conconi tient le même discours et que, sous des prétextes divers, il repousse toujours la mise au point définitive. Il faut savoir que pour poursuivre ses travaux, son centre de recherches biomédicales à Ferrare perçoit une subvention de 140 millions de lires tous les ans. Il a intérêt à ce que ça dure. »
Un rapport occulté qui réapparaît deux ans plus tard en 1997
Témoignage de Donati : « Mario Pescante, responsable du Comité olympique national italien de 1993 à septembre 1998 (secrétaire général de 1980 à 1993), mis en examen en 1999 par le juge Pierguido Soprani pour avoir couvert les fausses analyses du laboratoire antidopage de Rome, a tout fait pour étouffer mon rapport sur le dopage dans le cyclisme italien, rédigé en 1995 et rendu public deux ans plus tard, dans lequel je pointais les ravages de l’EPO et le rôle du professeur Francesco Conconi et de ses adeptes. »
Sollicité par deux journalistes de la Gazzetta dello sport concernant le fameux rapport resté aux oubliettes pendant plus de deux ans, Donati leur dit : « Demandez au président du CONI, je le lui ai donné il y a plus de deux ans. » L’ancien entraîneur poursuit son réquisitoire : « Le président a d’abord essayé de nier l’existence d’un tel rapport et a ensuite admis l’avoir reçu, mais il n’a pu expliquer pourquoi il l’avait tenu secret sans rien en faire. Ça été à nouveau une pagaille monstre. J’étais en Russie pour un congrès scientifique mais mes collaborateurs m’ont informé du scandale qu’avait entraîné la publication de ces faits d’abord dans la Gazzetta et ensuite dans d’autres journaux. On demandait au CONI de répondre aux questions :
1) pourquoi avoir ignoré les graves accusations contenues dans le dossier;
2) pourquoi ne pas avoir rapporté ces accusations devant la Cour de justice;
3) pourquoi ne pas avoir arrêté ou même discuté de la collaboration du CONI avec les centres du Pr Conconi ?
De nombreux journaux italiens et internationaux m’ont contacté ; j’étais prêt pour la campagne de presse qui devait suivre et après tant d’année de lutte, je savais comment m’y prendre. Le dossier a été repris par la presse et la télévision en Italie et à l’étranger; en particulier L’Equipe, leprincipal journal de sport français consacrait tous les jours la première page au problème. »
Afin de démontrer que les enquêtes et prises de position de Donati sur le fléau du dopage répandu dans le sport italien, sous la houlette de certains dirigeants hauts placés, lui ont valu des inimitiés tenaces, il a même été accusé par une certaine Maria Zamora qui, s’appuyant sur les travaux d’un universitaire allemand ( ?) d’être responsable du dopage des Russes en 2014-2015 et payé par eux avec comme intermédiaire un certain agent Dimitry.
La série sur Netflix d’une longue marche sur l’affaire Schwazer/Donati, se regarde comme un thriller des plus captivants. A ce jour, on ne sait pas si A.S a été victime d’une contamination par une main criminelle ou par un complot de la lutte antidopage officielle. Car son ambition de démontrer qu’il pouvait être aussi performant, sinon meilleur, sans amplificateur artificiel de performance que dopé mettait en péril la lutte antidopage dans son ensemble (laboratoires, agences, sociétés de contrôle, AMA, etc.)
En effet la question se pose : à quoi serviraient toutes ces personnes impliquées dans l’antidopage si on pouvait faire aussi bien sans eux ?