Pourtant absorber des médicaments pour performer est la définition même du dopage
d’autant plus qu’ils ont de nombreux effets collatéraux et répondent ainsi à deux occurrences sur trois pour figurer ipso facto dans la liste des illicites :
Effets sur la performance.
Dangereux pour la santé du consommateur.
Les AINS sont autorisés par le Code mondial chez l’Homme alors que les autorités hippiques et les fédérations de courses les interdisent depuis des décennies chez le cheval de compétition.
La crédibilité de l’Agence mondiale antidopage (AMA) est de plus en plus remise en question.
Compétition mondiale par excellence, les Jeux olympiques exercent une pression considérable sur les athlètes. À ce niveau, la quête de performance absolue devient un puissant moteur… y compris pour recourir à des amplificateurs artificiels, souvent interdits.
1er paradoxe : les Jeux olympiques alimentent le dopage
Les Jeux olympiques encouragent indirectement le dopage. Et pourtant, ce sont leurs propres organisateurs qui pilotent la lutte antidopage.
La situation frôle l’absurde : c’est un peu comme si le patron d’une entreprise était aussi son délégué syndical.
Être sélectionné aux Jeux représente déjà une réussite exceptionnelle. Mais pour y parvenir, puis pour y briller, les athlètes cherchent les fameux gains marginaux capables de faire la différence. Or ces gains figurent bien souvent sur la liste des produits interdits.
Première ambition : se qualifier. Deuxième objectif : entrer dans les huit finalistes, ceux dont le nom restera gravé dans les livres de résultats.
Mais quand il s’agit de monter sur le podium, la pression atteint son paroxysme. À ce niveau, le dopage devient une pratique largement répandue — à une condition essentielle : ne pas se faire prendre.
Les organisateurs des Jeux olympiques et des grandes compétitions internationales se défendent naturellement de favoriser ce phénomène. C’est humain.
2e paradoxe : les JO contrôlent aussi la lutte antidopage
Mais ce sont pourtant ces mêmes institutions qui, avec l’AMA et l’ITA, dirigent la lutte antidopage.
Le résultat ? Des statistiques dérisoires : chaque année, moins de 1 % des athlètes contrôlés sont déclarés positifs.
Faut-il en conclure que les sportifs sont devenus miraculeusement vertueux ? Ou bien que les laboratoires antidopage ne recherchent pas — ou ne détectent pas — les substances réellement utilisées ?
Ces chiffres arrangent évidemment les instances sportives. Car si le taux réel de tricheurs atteignait des niveaux comparables à ceux observés dans d’autres domaines de la société — fraude aux examens, travail dissimulé, vente de tabac aux mineurs — les Jeux olympiques et leurs valeurs proclamées pourraient vaciller.
À cela s’ajoute un angle mort : certaines substances ne sont pas considérées comme dopantes alors qu’elles sont massivement consommées dans le sport de haut niveau.
C’est notamment le cas des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
Dans de nombreuses disciplines — football, handball, rugby, tennis — leur usage est quasi banal.
Les rares enquêtes disponibles sont éloquentes :
91 % des footballeurs en consomment,
environ 50 % des trailers et des handballeurs,
jusqu’à 100 % des joueurs de football américain.
3e paradoxe : la dénonciation des Enhanced Games
Une question simple se pose alors : pourquoi les AINS sont-ils interdits dans les courses hippiques et les sports équestres… mais autorisés chez les sportifs humains ?
On attend toujours une réponse claire.
En revanche, les mêmes institutions dénoncent avec vigueur le projet des Enhanced Games, où le dopage serait assumé et réglementé. Leur principal argument : le risque d’une catastrophe sanitaire pour les athlètes.
Pourtant, aucune démonstration solide n’a établi que le dopage réduisait la longévité des sportifs.
Pour aller plus loin
Pour comprendre l’ampleur de la consommation d’anti-inflammatoires dans le sport de compétition et leur rôle possible dans la performance, nous vous proposons de consulter la fiche actualisée et enrichie du Dictionnaire du dopage.
Lors de la 6e conférence mondiale sur la triche biologique dans le sport organisée par l’AMA à Busan (Corée), destinée à la révision du Code mondial antidopage 2027, ses dirigeants, sans formation spécifique – donc incompétents – sont toujours omniprésents à la direction de l’instance.
Le dopage, c’est un problème de substances médicamenteuses et pourtant en tête de gondole ce sont des juristes qui dirigent la manœuvre. En leur octroyant une large tribune, la presse, notamment française, crédibilise ces pseudo-spécialistes qui, eux-mêmes, forts de leurs titres dans la hiérarchie de l’Agence, vont critiquer les Enhanced Games. Pathétique ! C’est le carnaval des imposteurs.
Tous ces dirigeants ont été floués pendant des décennies par l’état russe après la RDA et la Chine mais ils viennent s’ériger en défenseurs du sport propre et de la santé des sportifs. Pitoyable !
Lors des affaires de dopage hypermédiatisées, on n’entend jamais – je dis bien jamais – un représentant-médecin à l’AMA venir décrypter l’affaire. Ce sont toujours des avocats, et qui plus est d’un ton docte, qui viennent nous donner des explications sur les effets de la substance illicite en cause !
Le médecin clinicien, le seul véritable expert
Le praticien est le seul spécialiste légitime : il prescrit les médicaments, connaît leurs molécules, leurs interactions, leurs effets secondaires, notamment lorsqu’ils sont combinés – ce qui est justement le cas dans le dopage. La lutte antidopage porte exclusivement sur des médicaments : des substances prévues pour soigner, détournées pour améliorer la performance physique. Finalement, les dirigeants de l’AMA ne sont que des cuistres, pseudo-spécialistes des pratiques dopantes, gérant l’instance en arborant leur… impuissance.
Une histoire oubliée
Le premier Colloque européen sur le dopage dans le sport date des 26-27 janvier 1963 à Uriage-les-Bains. Qui, à l’AMA, connaît ces précurseurs de la lutte antidopage, qui leur rend hommage ?
Il y a plus de 60 ans, cette lutte initiée par des médecins – les Français Pierre Dumas et Lucien Maigre – inquiets des pratiques dangereuses des sportifs dont ils étaient les témoins, a été au fil des ans et surtout depuis la création de l’AMA en 1999, totalement phagocytée par des administratifs, des avocats, des représentants de l’industrie pharmaceutique. Eventuellement des techniciens mais certainement pas des praticiens. En 1960, face au monde du sport totalement imperméable à toute réglementation et aux accidents mortels provoqués par l’association amphétamines / chaleur extrême, quelques médecins pionniers ont pris à bras le corps le problème du cancer n° 1 du sport en faisant face aux multiples obstacles et sarcasmes rencontrés.
Dopants et médicaments : même logique, mêmes dangers
Dopants ou médicaments, ce sont les mêmes molécules, avec les mêmes effets secondaires, souvent dose-dépendants. Les uns soignent, les autres dopent, mais tous (médocs et dopants) peuvent mettre en danger lorsqu’ils sont mal utilisés ou surdosés.
Les États-Unis s’impatientent
Face aux insuffisances et aux scandales répétés (Chine, Russie, Kenya, Maroc…), les États-Unis menacent de couper les financements. Rien d’étonnant.
Les dirigeants de l’AMA, avant leur nomination, ne connaissaient rien aux produits amplificateurs de performance. Du jour au lendemain, grâce à leurs réseaux et à un bon piston, ils deviennent « experts du dopage », adoubés par une presse tout aussi ignorante. Résultat : moins de 1 % de cas positifs. Un fiasco.
La triche, constante humaine
Dans toutes les activités humaines, la triche concerne 50 à 60 % des individus. En 2002, une enquête de la FIFA révélait que 92 % des joueurs se déclaraient prêts à commettre une faute intentionnelle si l’enjeu le justifiait (Le Monde, 02.06.2002). Pourquoi en serait-il autrement avec le dopage ?
Enhanced Games : le symptôme ultime
C’est en réaction à l’accumulation de scandales et casseroles de l’AMA qu’ont émergé aux États-Unis les Enhanced Games, des Jeux où le dopage serait « encadré ». Ironie : l’un des principaux sponsors n’est autre que le fils de Donald Trump.
Le plus grotesque ? Le CIO et l’AMA s’érigent en opposants farouches, alors qu’ils devraient se faire discrets tant leur incapacité à maîtriser le fléau est flagrante.
Aucune preuve certifiée par des travaux scientifiques n’a démontré que le dopage était nocif sur la santé
À ce jour, aucune étude d’envergure n’a établi un lien net entre dopage et longévité. Le discours dominant se fonde surtout sur des cas isolés, médiatisés car ils touchent des athlètes connus. Mais quid par rapport à l’ensemble de la population sportive versus tout venant ?
Voilà pourtant un beau sujet que l’AMA, grâce à sa base de données mondiales, pourrait initier réellement par des études scientifiques sérieuses.
Groupe consultatif d’experts sélectionnés par l’AMA : 10 membres, 0 médecin
L’absurdité atteint son sommet : au sein du groupe consultatif d’experts sur les contrôles stratégiques de l’AMA, aucun médecin ! Comment s’étonner ensuite de l’inefficacité de l’agence ?
Qui peut encore y croire ?
Aujourd’hui, qui peut croire que la lutte antidopage est entre de bonnes mains ? Personne, sinon une armée de naïfs et d’ignorants, alors que le phénomène dopage accompagne les compétitions sportives depuis les premières compétitions organisées avec réglementation dès la seconde moitié du XIXᵉ siècle.
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD – Facebook : Jean Pierre Demondenard
Objectif vérité de l’entrepreneur Aron D’Souza contre l’hypocrisie généralisée du CIO et de l’AMA
A la suite de la décision de Fred Kerley de rejoindre en 2026 les Enhanced Games dits ‘’jeux des dopés’’, de nombreuses voix dans les instances fédérales et olympiques, se sont élevées pour dénoncer cet avis au nom de la moralité et l’intégrité du sport.
La tartuferie de ces discours bien-pensants m’ont permis de faire quelques posts (sur X) dénonçant l’hypocrisie de la lutte antidopage et de ses dirigeants qui tolèrent la médicalisation à outrance des sportifs.
Posts JPDM publiés sur X le 19.09.2025
Lors d’une interview à une radio concernant les Jeux à dopage ‘’encadré’’ prévus en 2026, je souligne que ce modèle ne maquille pas la triche alors que les JO classiques sont une farce cynique : dopage généralisé, indignation feinte. Le mensonge en étendard, l’hypocrisie en discipline olympique et contrôles passoires.
Pourquoi passoires ? Parce que sous l’égide de l’Agence mondiale antidopage (AMA) des substances dopantes font l’objet d’un suivi sans entraîner de sanctions. Ce programme, inscrit dans le Code mondial antidopage, inclut 20 produits dont la caféine alors que celle-ci est massivement consommée par les sportifs, sous diverses formes, en toute légalité, au vu de tous.
Les Autorisations d’Usage à des fins Thérapeutiques (AUT) permettent aux athlètes d’utiliser des substances normalement interdites. Serena Williams, par exemple, a bénéficié de 9 dérogations successives. Elle promeut aujourd’hui un produit inscrit sur la liste de surveillance de l’AMA.
Certains stimulants, tels que les amphétamines, le Captagon ou même la cocaïne, sont autorisés hors compétition. Ils sont utilisés à l’entraînement pour augmenter les charges de travail, ce qui a un effet direct sur les performances lors des compétitions.
L’ignorance abyssale de la journaliste qui m’a objecté : « Si on stoppe avant la compétition, l’effet s’arrête ! » Preuve que son niveau de connaissance sur le dopage est pathétique. Souvent la presse, censée informer, ignore tout du fléau n°1 du sport.
Autre stratégie à l’instar du sprinteur Fred Kerley : 3 « no-shows » (NS) en 12 mois, ce n’est pas une négligence. Il peut suivre un protocole de dope sans risque en s’arrêtant à 2 NS et au pire, pour 3, prendre 2 ans de suspension au lieu de 4 en cas de contrôle classique à un produit lourd.
Dopage – Les tricheurs connaissent les règles : jamais plus de 2 « no-shows » par an, car le compteur se remet à zéro tous les 12 mois. Avant 2021, un test positif à la cocaïne = 4 ans. Aujourd’hui 3 mois… voire 1 avec une excuse « festive » et le suivi d’un programme de réhabilitation.
Des Jeux encadrés plutôt qu’hypocrites ? L’idée de Jeux à dopage encadré, comme ceux envisagés pour 2026, pourrait apparaître plus honnête que les Jeux du CIO, où l’on dénonce officiellement le dopage tout en tolérant une médicalisation systématique de la performance.
Malgré des discours volontaristes, le CIO et l’AMA tolèrent une certaine forme de dopage maîtrisé. Moins il y a de sanctions, plus l’image d’un sport « propre » est préservée. Une stratégie de communication davantage axée sur la réputation que sur une éthique assumée.
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Retour sur un cas de dopage ayant tenu en haleine les médias italiens de 2012 à 2021. D’un côté, le marcheur Alex Schwazer – champion olympique du 50 km à Pékin en 2008 – avec comme soutien principal l’entraîneur d’athlétisme Sandro Donati, pourfendeur pugnace du dopage dans son pays depuis le début des années 1980. Face à eux, les institutions du sport international : l’AMA et l’IAAF (devenue en 2019 World Athletics). Retour sur un cas de dopage
Champion olympique en 2008 à Pékin sans dopage
Une vérité en marche va détailler les différents épisodes de cette saga du dopage.
Champion olympique sans prise d’artifice illicite en 2008, testé positif à l’EPO 4 ans plus tard à la veille des Jeux olympiques de Londres en 2012, Alex Schwazer (A.S) passe rapidement aux aveux en précisant qu’il est le seul responsable. Aucun médecin, entraîneur ou soigneur n’a collaboré avec lui pour l’accompagner dans l’achat des produits ni dans le protocole de cet apport médicamenteux prohibé.
En 2015, A.S décide de reprendre l’entraînement de marche athlétique en vue des JO de Rio 2016. Il argumente son retour pour démontrer que sans dopage, il peut retrouver le très haut niveau.
Dans ce but, il contacte Sandro Donati, entraîneur réputé mais surtout référence antidopage mondiale qui accepte alors, en raison de son mea culpa (de dopage individuel) de l’accompagner dans sa démarche.
Un couple étonnant associant un ex-dopé avec une référence de l’antidopage
L’association étonne mais surtout indispose l’ensemble des instances sportives.
Alors qu’A.S subit régulièrement des tests antidopage orchestrés par Donati, tous négatifs, il est contrôlé positif à la testostérone au début de l’année 2016 à la suite d’un prélèvement effectué par un organisme privé indépendant mandaté par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF). Contrairement à l’expertise du 30 juillet 2012, Schwazer avec conviction et sincérité nie fermement s’être dopé volontairement.
A la suite de cette violation des règles antidopage, le marcheur et Donati vont mener un combat pour démontrer que :
soit A.S a été contaminé par une main malveillante,
soit c’est un complot du laboratoire de Cologne ayant effectué les analyses positives à la testo avec le concours de l’IAAF.
Donati est la véritable cible du test positif début 2016 du marcheur Alex Schwazer
En réalité (et je suis d’accord avec sa thèse), Gerhardt Brandstätter – avocat de A.S. – résume le dossier : « A travers Alex Schwazer, c’est Sandro Donati qu’on a voulu atteindre. »
En effet, l’incessant pourfendeur des tricheurs a un long palmarès de dénonciation, avec preuves à l’appui, des acteurs du dopage en Italie et même au-delà de la Péninsule : Primo Nebiolo (président de la Fidal de 1969 à 1988), Francesco Conconi, Michele Ferrari (deux médecins prescripteurs d’EPO à de nombreux sportifs dans différentes spécialités), les Prs Giorgio Santilli et Emilio Gasbarrone en charge du laboratoire antidopage de Rome suspectés d’effectuer des analyses incomplètes ou de classer sans suite des résultats positifs, etc. ont été contraints à démissionner de leurs fonctions ou à répondre de leurs actes devant un tribunal.
Révélations de Sandro Donati sur la triche dans le sport italien
Championnat du monde d’athlétisme à Rome en septembre 1987
Le saut truqué de 50 cm de Giovanni Evangelisti, à son insu, par les juges italiens dont Luciano Barra. Aux championnats du monde d’athlétisme, l’Italien Giovanni Evangelisti est le premier surpris, le 5 septembre 1987, lorsque les juges le créditent d’un saut en longueur de 8,38 mètres. La performance semble suspecte, mais il reçoit la médaille de bronze. Deux mois plus tard, l’entraîneur national italien craque et avoue que la longueur du saut avait été préparée à l’avance. Saisie de l’affaire, la Fédération internationale d’athlétisme – dirigée par un Italien – déclare le saut régulier. Les rapports d’expertise sont formels : le saut a été surestimé de 50 centimètres. Finalement, Evangelisti a rendu sa médaille et une dizaine de responsables de la Fédération italienne ont dû démissionner.
En novembre 1987, Donati déclarait dans l’Expresso, l’un des plus importants magazines italiens, qu’il savait avant le concours de Rome qu’Evangelisti, quoi qu’il arrive, serait crédité d’un bond de l’ordre de 8.35 m. Il tenait l’information d’un juge et en fit part à d’autres cadres de l’équipe d’Italie. A la suite de ce scandale, le CONI ordonna une commission d’enquête. Son rapport en 83 pages, même s’il y persiste quelques incertitudes, est clair. Première victime : Enzo Rossi, le DTN italien dont on dit qu’il aurait convoqué des juges pour leur demander de donner un coup de pouce à son sauteur. Autre victime de cette affaire, Luciano Barra, le bras droit de Primo Nebiolo, le président à la fois de l’IAAF (depuis 1981 et de la Fidal depuis 1969), sur lequel plane de grosses suspicions. Dans la foulée du rapport de la commission d’enquête, Luciano Barra a démissionné de son poste de secrétaire général de la Fidal. Ce même Barra vouera encore aujourd’hui une haine sans faille associant fausses rumeurs et accusations non fondées à l’encontre de Donati et de son poulain Schwazer.
Publication d’un ouvrage en 1989
Titré ‘’Champions sans valeur’’ où il raconte ses neuf années depuis 1980 où il a côtoyé le dopage dans le sport italien. Donati raconte l’étonnant parcours de son livre dont les 2 000 exemplaires seront achetés par Primo Nebiolo et son camp : « Le livre fut présenté à la presse dans l’une des principales librairies de Rome. De nombreux journalistes y assistaient et la semaine qui suivit, les ventes furent un succès. Puis, tout d’un coup, l’éditeur arrêta d’approvisionner les librairies et je fus submergé d’appels téléphoniques et de lettres provenant de toute l’Italie : personne ne pouvait trouver mon livre. L’éditeur me dit qu’il avait des problèmes avec la distribution mais que tout allait rapidement rentrer dans l’ordre. Rien ne se passa; mon livre disparut pour toujours.
Quelques années plus tard, j’appris qu’une fondation internationale, au nom de Nebiolo et d’autres officiels du sport de haut niveau avait donné une forte somme d’argent à l’éditeur pour qu’il arrête la circulation de ce livre. Quand j’y repense, je ne suis pas particulièrement déçu ni vexé ; en fait, c’est presque une satisfaction de savoir que mes révélations ont été considérées si dangereuses qu’elles ont été réduites au silence. »
La double casquette du Dr Francesco Conconi à la fois dopeur et en même temps expert antidopage du CIO et de l’UCI
« Le rapport sur le dopage dans le cyclisme italien rédigé en 1995 par Sandro Donati, entraîneur national d’athlétisme et rattaché au Comité olympique italien (CONI) depuis 1985, adressé aux responsables du CONI (président et secrétaire général) a démontré – témoignages à l’appui – que le Pr Francesco Conconi – celui qui avait été chargé en 1992 par le CIO de mettre au point une méthode fiable pour déceler l’érythropoïétine (ÉPO), l’hormone « suroxygénant » les muscles – était également l’un des experts en dopage de l’ÉPO le plus recherché par les sportifs de haut niveau. En quelque sorte, un gendarme ripou ! A la suite de ces révélations, on comprend mieux pourquoi Conconi à chaque interview répond que la mise au point du test de détection de l’ÉPO est pour bientôt mais qu’il faut encore attendre un peu.
Selon la Gazzetta dello sport d’octobre 1996 « Le Pr Conconi a fait rire tout le monde en affirmant qu’on allait détecter l’EPO mais qu’il faudrait pour cela un litre d’urine. Le contrôle ne fait couler que de l’encre ! »
Pour Sandro Donati, le double jeu du préparateur sanguin de Francesco Moser lors de ses deux records du monde de l’heure, ne laisse planer aucun doute : « Cela fait trois ans que Conconi tient le même discours et que, sous des prétextes divers, il repousse toujours la mise au point définitive. Il faut savoir que pour poursuivre ses travaux, son centre de recherches biomédicales à Ferrare perçoit une subvention de 140 millions de lires tous les ans. Il a intérêt à ce que ça dure. »
Un rapport occulté qui réapparaît deux ans plus tard en 1997
Témoignage de Donati : « Mario Pescante, responsable du Comité olympique national italien de 1993 à septembre 1998 (secrétaire général de 1980 à 1993), mis en examen en 1999 par le juge Pierguido Soprani pour avoir couvert les fausses analyses du laboratoire antidopage de Rome, a tout fait pour étouffer mon rapport sur le dopage dans le cyclisme italien, rédigé en 1995 et rendu public deux ans plus tard, dans lequel je pointais les ravages de l’EPO et le rôle du professeur Francesco Conconi et de ses adeptes. »
Sollicité par deux journalistes de la Gazzetta dello sport concernant le fameux rapport resté aux oubliettes pendant plus de deux ans, Donati leur dit : « Demandez au président du CONI, je le lui ai donné il y a plus de deux ans. » L’ancien entraîneur poursuit son réquisitoire : « Le président a d’abord essayé de nier l’existence d’un tel rapport et a ensuite admis l’avoir reçu, mais il n’a pu expliquer pourquoi il l’avait tenu secret sans rien en faire. Ça été à nouveau une pagaille monstre. J’étais en Russie pour un congrès scientifique mais mes collaborateurs m’ont informé du scandale qu’avait entraîné la publication de ces faits d’abord dans la Gazzetta et ensuite dans d’autres journaux. On demandait au CONI de répondre aux questions :
1) pourquoi avoir ignoré les graves accusations contenues dans le dossier;
2) pourquoi ne pas avoir rapporté ces accusations devant la Cour de justice;
3) pourquoi ne pas avoir arrêté ou même discuté de la collaboration du CONI avec les centres du Pr Conconi ?
De nombreux journaux italiens et internationaux m’ont contacté ; j’étais prêt pour la campagne de presse qui devait suivre et après tant d’année de lutte, je savais comment m’y prendre. Le dossier a été repris par la presse et la télévision en Italie et à l’étranger; en particulier L’Equipe, leprincipal journal de sport français consacrait tous les jours la première page au problème. »
Afin de démontrer que les enquêtes et prises de position de Donati sur le fléau du dopage répandu dans le sport italien, sous la houlette de certains dirigeants hauts placés, lui ont valu des inimitiés tenaces, il a même été accusé par une certaine Maria Zamora qui, s’appuyant sur les travaux d’un universitaire allemand ( ?) d’être responsable du dopage des Russes en 2014-2015 et payé par eux avec comme intermédiaire un certain agent Dimitry.
La série sur Netflix d’une longue marche sur l’affaire Schwazer/Donati, se regarde comme un thriller des plus captivants. A ce jour, on ne sait pas si A.S a été victime d’une contamination par une main criminelle ou par un complot de la lutte antidopage officielle. Car son ambition de démontrer qu’il pouvait être aussi performant, sinon meilleur, sans amplificateur artificiel de performance que dopé mettait en péril la lutte antidopage dans son ensemble (laboratoires, agences, sociétés de contrôle, AMA, etc.)
En effet la question se pose : à quoi serviraient toutes ces personnes impliquées dans l’antidopage si on pouvait faire aussi bien sans eux ?
Que le milieu sportif en général et le rugby en particulier – à chaque contrôle positif de l’un d’eux – n’ait comme défense que les mots festif, récréatif ou social à la bouche, montre bien que les soins illicites ne sont pas prêts de disparaître des vestiaires.
La triméthylxanthine est un stimulant du système nerveux central aux multiples effets favorables sur la performance. Plus de 100 études scientifiques en ont apporté la preuve.
– Et, cerise sur le gâteau, de produits totalement inefficaces tels que le meldonium et la trimétazidine dont la preuve scientifique d’aide à la performance n’a jamais été validée par des études d’experts indépendants.
La jeune patineuse Kamila Valieva est épinglée en décembre 2021 alors qu’elle est âgée de 15 ans. Mais ce résultat analytique anormal n’ayant été révélé qu’après l’épreuve par équipes des Jeux de Pékin remportée par le team russe, Valieva avait été autorisée à participer à l’épreuve individuelle où elle s’était octroyée la 4e place.