Tennis/Dopage – Serena Williams s’invite dans le débat sur la faible suspension de Jannik Sinner

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Elle ose affirmer : « Si j’avais fait ça, j’en aurais pris pour 20 ans ! » – et pourquoi pas à vie ?

9 dérogations médicales (AUT) accordées à la joueuse Serena Williams. Merci l’AMA !

C’est dans un entretien accordé au Time Magazine que la cadette des sœurs Williams s’est insurgée sur la faible sanction de Sinner en précisant : « Si j’avais fait ça, j’en aurais pris pour 20 ans » en ajoutant pour noircir le trait : « On m’aurait enlevé des tournois du Grand Chelem » [elle en a remporté 23]. Elle oublie un peu vite la sortie médiatique et accusatrice à son sujet de l’ancien joueur roumain Ion Tiriac, spécialiste du double puis entraîneur de Guillermo Vilas et Boris Becker.

Ce dernier, ex-membre du Comité olympique roumain, affirme : « Durant sa carrière, Serena Williams avait droit à 9 AUT (autorisation d’usage à des fins thérapeutiques) pour soigner ses maladies avec des produits dopants ».

C’est le journaliste Laurent Trupiano qui pour le site We love Tennis du 15.08.2024, rappelle ce témoignage du triple finaliste en double de Roland-Garros : « Lors de notre entretien à Bucarest avec Ion Tiriac il était impossible de ne pas parler de l’affaire Simona Halep. Quand on évoque le sujet, Ion a rappelé certains cas dont celui de la joueuse américaine. « Que l’on ne se méprenne pas concernant mes propos, il s’agit d’un fait. Durant sa carrière, Serena Williams avait le droit à neuf dérogations sur la liste des produits dopants pour soigner ses maladies, c’est un de plus que le dernier champion olympique du 100 mètres à Paris 2024, l’Américain Noah Lyles. Je connais aussi un joueur qui a une dérogation, et qui se fait une injection par jour mais je ne donnerai pas son nom car je l’aime beaucoup. La question que je me pose c’est comment tu peux décider d’entrainer un enfant à fond pour en faire un champion si tu sais qu’il a déjà neuf maladies. »

Passe-droit : pour moi, oui ! mais pour les autres, c’est injuste !

On peut rappeler aussi un comportement à la marge de Serena lors de la Hopman Cup 2015 à Perth (Australie). En plein match, elle boit une tasse de café bien serrée pour éliminer le jetlag. C’est RTL sport du 05 janvier 2015 qui s’en fait l’écho : « L’Américaine Serena Williams a perdu le premier set 6-0 en seulement 19 minutes face à l’Italienne Flavia Pennetta et a demandé à l’arbitre si on pouvait lui apporter un café. « J’ai demandé si c’était réglementaire d’avoir un expresso en plein match car je ne l’avais jamais fait auparavant mais j’avais besoin de me réveiller à cause du décalage horaire » a expliqué la n° 1 mondiale. Quelques minutes plus tard, son café arrivait et il lui a fait du bien puisqu’elle a remporté facilement les deux sets suivants, 6-3, 6-0. Les Etats-Unis ont finalement dominé l’Italie 3-0 dans ce tournoi par équipes mixtes. [RTLsport, 05.01.2015]

Alors n° 1 mondiale, le 31 janvier elle remporte l’Open d’Australie face à Maria Sharapova. Ce service café sur le court peut être taxé de hors norme et seulement réservé aux numéros Un.

Un peu d’histoire

Sur ce thème, on peut rappeler qu’en 1919, lors de la finale de Wimbledon, la Française Suzanne Lenglen, surnommée plus tard La Divine en raison de ses performances à répétition, en difficulté après le 1er set gagné difficilement 10/8, avait reçu sur le court central un flacon de cognac bu à la vue de tous les spectateurs. Et lors du 3e set, elle avait également absorbé ce breuvage. Finalement, Suzanne avait gagné 10/8, 4/6, 9/7. A l’époque, il n’y avait pas de lutte antidopage même si la consommation de cognac dans le tennis était une pratique courant dans les vestiaires et même sur les courts et ce jusqu’aux années 1970.

Hackers russes : dévoilent les autorisations de complaisance pour se doper légalement au prétexte de se soigner

D’ailleurs, des Hackers russes dans les suites rapprochées des Jeux olympiques de Rio (05-21 août 2016) avaient révélé ces pratiques (AUT) d’aides à la performance alors que l’athlète est momentanément ‘’malade’’. L’Agence France-Presse du 20 septembre 2016 avait donné quelques noms dont ceux de Serena et Venus Williams. – « Le piratage des dossiers médicaux de sportifs de haut niveau par des hackers russes met en lumière l’un des piliers de la lutte antidopage : les autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), qui permettent aux athlètes de se soigner en utilisant des substances figurant sur la liste des produits interdits. Entre le 13 et le 19 septembre, un collectif de pirates informatiques appelé Fancy Bears a mis en ligne en quatre salves des données médicales confidentielles concernant 66 athlètes. Parmi eux, les Américaines Serena et Venus Williams (tennis), Simone Biles (gymnastique), le cycliste britannique Chris Froome, son compatriote coureur Mo Farah ou le joueur de tennis espagnol Rafael Nadal.

Ces données piratées émanent du système de gestion en ligne de l’Agence mondiale antidopage (AMA), le système Adams, qui lui permet d’assurer le suivi des contrôles antidopage des sportifs. Toutes concernent des AUT. Elles ne prouvent donc aucune infraction ni aucun contrôle antidopage positif puisque les sportifs cités par les hackers ont une autorisation médicale pour utiliser des médicaments interdits. Les Fancy Bears estiment que les AUT équivalent à des « permis de se doper’’. Une affirmation que l’AMA réfute avec force et juge biaisée : selon elle, les Fancy Bears sont russes et leurs accusations sont en fait des « représailles’’ pour lui faire payer sa lutte contre le « dopage d’Etat’ en Russie.[RTBF.be/Agence France-Presse, 20.09.2016]

Serena prend la défense de son ex-rivale, la Russe Maria Sharapova

Dans le même entretien accordé à Time Magazine faisant partie d’un ensemble consacré aux « 100 personnes les plus influentes du monde », la cadette des Williams a défendu son ancienne rivale Maria Sharapova épinglée pour un contrôle positif au meldonium, un modulateur métabolique prohibé depuis le 1er janvier 2016. Elle en fait par ignorance un cas similaire à celui de Jannik Sinner.

En première instance, la Russe est suspendue deux ans mais en appel devant le TAS, la peine est ramenée à 15 mois au prétexte ‘’qu’elle était de bonne foi et n’avait fait aucune faute significative’’. Le TAS, lui aussi comme l’AMA, ne sont pas très pertinents dans leur justification. En réalité, Masha (surnom de Sharapova) aurait dû savoir que le meldonium était apparu dans la réglementation antidopage de l’AMA depuis le 1er janvier 2015 à la rubrique Programme de surveillance. Comme son titre l’indique, les produits présents dans cette liste ne sont pas interdits mais surveillés sans entraîner de sanction.

Un an plus tard, devant la présence répétée de meldonium chez les athlètes, notamment de l’Est, l’AMA inclue le meldonium dans la liste des substances illicites entraînant une sanction. Pendant ce temps-là, Sharapova a reçu des informations l’avertissant de ce changement de statut qu’elle n’a pas lu. Là aussi, comme pour Sinner, les sportifs et leurs staffs sont totalement responsables.

Donc, dans les deux cas, il y a bien eu faute professionnelle. Pour Sharapova, elle a pris volontairement le meldonium pour ses effets supposés sur une arythmie cardiaque, un déficit en magnésium et la prévention du diabète alors que Sinner aurait été contaminé par voie cutanée lors de massages de récupération effectués par avec son kiné.

Dopage ton histoire – Liste mal ficelée des médocs illicites de l’AMA

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Présence de substances indécelables,

– Absence d’autres, elles, vraiment dopantes,

– Et, cerise sur le gâteau, de produits totalement inefficaces tels que le meldonium et la trimétazidine dont la preuve scientifique d’aide à la performance n’a jamais été validée par des études d’experts indépendants.

Dopage – Meldonium et trimétazidine, deux molécules prétendument dopantes, exposent pourtant les contrevenants à de très lourdes sanctions.

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Ça dope pas mais tu prends quand même un max.

Merci l’AMA !

Alors que depuis le début de l’année 2016, ce produit est interdit par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et étant une molécule synthétique (non endogène) – donc parfaitement détectable – on trouve encore des adeptes de ce produit  »miracle » se faire prendre au contrôle.

Vladimir Poutine, un président  »expert en dopage » qui, d’un côté, est pour la médicalisation de la performance et dans le même temps fustige les AUT

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Le chef d’état russe estime que pour être un sportif performant il faut être un grand malade, sous traitement, de préférence avec des substances appartenant à la liste des molécules prohibées en et hors compétition. Depuis plusieurs mois, le président russe a eu l’occasion à plusieurs reprises de s’inviter dans les affaires de dopage.

 

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Vladimir Poutine, ceinture noire de judo

 

La médicalisation de la performance est un concept vieux comme le sport

 En avril 2016, en pleine médiatisation du fameux meldonium – produit interdit depuis le 1er janvier 2016 et consommé par le gratin des sportifs russes – Poutine avait doctement expliqué : « Le produit n’a jamais été un produit dopant, il n’influence pas les performances. Le meldonium maintient simplement le muscle cardiaque en bon état quand il est soumis à des efforts soutenus. »

A l’époque où le président – ceinture noire de judo – s’exprimait (mi avril 2016), trente-neuf sportifs russes, dont la joueuse de tennis Maria Sharapova, avaient été contrôlés positifs au meldonium depuis le début de son interdiction. Souvent, certains experts sans avoir fait d’essais de la substance sur des athlètes en pleine activité de compétition, affirment que le médicament est curatif sur un malade mais inopérant sur un sportif.

Rappelons à ces « sachants » que, régulièrement, des études effectuées en laboratoire ou dans le cadre de compétitions donnent des résultats très différents, voire diamétralement opposés.

 POST-IT Tonicorine-Fructose : un médicament français destiné à la fois aux cardiaques et aux sportifs. Le meldonium des années 1960 !

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                  Publicité parue dans l’hebdomadaire médical La Presse médicale en 1960

Cette spécialité des laboratoires Lematte et Boinot a pénétré les rayons des pharmacies hexagonales en 1960 et les a quittés en 1977. Dans le Résumé des caractéristiques du produit (RCP), on note que Tonicorine-Fructose® est une association de camphre, d’une amine cardiotonique (élevant le tonus cardiaque tout en excitant les centres respiratoires) et de fructose (un glucide assurant la nutrition de la fibre cardiaque). Curieusement, cette spécialité comporte dans ses indications, en dehors des pathologies cardiaques et pulmonaires, un problème de santé inattendu : ‘’l’effort sportif’’.

Donc, dès cette époque, on médicalise la performance.

En réalité, en 1914, dans le premier dictionnaire Vidal, il y avait bien ‘’Kolayo’’ (association de Kola-caféine et de coca), une spécialité des laboratoires Sauter ayant pour indications : anémie, débilité générale, neurasthénie et stimulant pour cyclistes.

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                                                               Dictionnaire Vidal 1966

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                                   Résumé des caractéristiques du produit (RCP) Vidal 1966

 Au final, on constate que la médecine depuis plus d’un siècle soigne la performance comme si c’était une maladie. Donc avec le meldonium, un médicament destiné aux cardiaques et aux sportifs en phase de suractivité, les Russes n’ont fait que suivre le mouvement.

Pour en revenir à Poutine, le président omniscient ‘’en tout et n’importe quoi’’ en remet une couche, le 11 octobre 2016, en affirmant « que si l’on ne réglait pas le problème des autorisations de produits à des fins thérapeutiques, à l’avenir seuls les asthmatiques pourront gagner les grandes compétitions ».

 La lutte antidopage en mode AMA autorise un sport à plusieurs vitesses

 L’Agence télégraphique suisse (ATS) revient sur cette saillie médiatique de Vladimir : « Le président russe a critiqué le système des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), mis en lumière par le piratage de l’Agence mondiale antidopage (AMA) par le groupe de hackers russes Fancy Bears. Le groupe russe d’espionnage informatique Tsar Team (APT28), également connu sous le nom de Fancy Bears, est à l’origine du piratage de la base de données Adams, le système de gestion et de localisation des sportifs susceptibles d’être contrôlés de façon inopinée par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et de la divulgation, en plusieurs vagues en septembre, d’informations médicales confidentielles concernant plus d’une centaine d’athlètes. Parmi eux figurent notamment les joueuses de tennis américaines Serena et Venus Williams, le joueur de tennis espagnol Rafael Nadal, la gymnaste américaine multiple championne olympique Simone Biles, ou encore les cyclistes britanniques Bradley Wiggins et Christopher Froome. »

Les données publiées par les Fancy Bears révèlent que ces sportifs ont bénéficié d’AUT leur permettant de prendre des médicaments inscrits sur la liste rouge des produits interdits.

 2017 – La compétition à 4 vitesses sous le contrôle bienveillant de l’AMA

 A l’inverse des automobiles, la plus rapide est la 1 devant la 2, la 3 et la 4

 1 – Substances indétectables : EPO génériques, transfusions autologues, etc.

2 – AUT : glucocorticoïdes, salbutamol.

3 –  Programme de surveillance (Liste jaune) : caféine, nicotine, tramadol

4 – Borderlines : dopants non listés (Actovegin®, Néoton®, Viagra®, etc.)

Avec cette dérive, on comprend mieux pourquoi les tests positifs sont peu nombreux et ne reflètent en rien la pandémie dopante du sport mondial. Entre les substances interdites mais toujours indécelables (transfusions sanguines autologues, EPO génériques…), les AUT (autorisation de prendre des dopants sous couvert d’un problème de santé fictif), les substances dopantes non prohibées mais néanmoins efficaces qui sont dans le programme de surveillance de l’AMA tells que caféine, nicotine, tramadol, glucocorticoïdes, bêta-2-agonistes… et les produits borderlines (dopants non prohibés : Actovegin®, Néoton®, Viagra®, etc.) il ya de quoi « se préparer » sans risque de se faire gauler par les gendarmes de l’AMA.

Dr Jean-Pierre de Mondenard

AUT – Poutine a raison mais devrait d’abord balayer énergiquement devant sa porte..

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Dans L’Equipe de ce jour, un articulet nous signale que le chef de l’état russe s’en prend  aux Autorisations d’usage thérapeutique (AUT) figurant dans la réglementation antidopage du CIO et de l’AMA : « Comment des sportifs sains peuvent également prendre des médicaments interdits aux autres ? »

 

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L’Equipe, 17.09.2016

 

 Tu as raison, Vladimir, mais tu n’es pas crédible ! Tu ferais mieux de balayer devant ta porte.

 

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Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a encensé Vladimir Poutine pour la bonne tenue des JO de Sotchi

 

Pour rappel, sous ta haute autorité, les sportifs de ton pays prenaient pratiquement tous du meldonium censé protéger le cœur notamment de l’infarctus ou de l’angine de poitrine, alors qu’eux non plus n’étaient pas malades. C’est un remake de la parabole de la paille (AUT) et la poutre (meldonium).

Mais au final comment un analphabète du corps (Poutine) peut-il avoir un avis recevable sur ce thème ?…

 

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Vladimir Poutine, chef de l’état russe et  »ministre des sports » de son pays

 

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Au moment de l’affaire du meldonium, Poutine nous avait expliqué que les athlètes russes se soignaient et qu’ils étaient blancs comme neige.

 

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L’Equipe, 15.04.2016

 

Idée reçue : le dopage est inefficace…

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L’affaire du meldonium – produit considéré comme dopant depuis le 1er janvier 2016 par les experts de l’AMA – relance l’éternel débat de l’inefficacité du dopage exclusivement par les concernés : l’inventeur et les consommateurs épinglés.

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Après les dirigeants russes venus au secours de la tenniswoman Sharapova, c’est Ivars Kalvins le créateur du meldonium en 1975 qui défend son bébé thérapeutique auprès du journaliste de l’AFP : « C’est le médicament cardiovasculaire le plus sûr dans le monde. S’ils veulent dire que c’est un améliorateur, il devrait y avoir une preuve clinique mais ça n’existe pas. La raison de l’interdiction, ce sont les Jeux olympiques qui approchent. Certains athlètes doivent être exclus de la compétition. » Par ailleurs, il estime que la mise en liste rouge du meldonium a été décidée par l’Agence mondiale antidopage pour se débarrasser des athlètes russes.

On connaît le refrain depuis Lance Armstrong qui affirmait dans les conférences de presse que le laboratoire antidopage français lui en voulait parce qu’il était américain. Une défense pas très convaincante mais que le père du meldonium reprend à son compte.

Pour vous aider, lecteurs de ce blog, à vous faire une opinion, voici une liste non exhaustive des tenants de l’inefficacité du dopage. Pour la majorité, on devine facilement pourquoi ils sont dans ce camp, notamment les sportifs et les médecins ; les premiers pour ne pas dévaloriser leurs performances, les toubibs pour en dissuader l’usage. Or, de nombreux arguments battent en brèche l’inefficacité. Nous les présenterons dans un deuxième temps.

IDEE RECUE – LE DOPAGE EST INEFFICACE

 

 

 

la suite…

Vie et mort du Meldonium

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La belle joueuse de tennis russe, Maria Sharapova, en révélant le 7 mars 2016 à Los Angeles qu’elle avait été testée positive au Meldonium® le 26 janvier lors de l’Open d’Australie, a signé l’acte de décès de ce médicament utilisé en médecine afin de traiter l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde et l’insuffisance cardiaque.

En effet, une drogue de la performance n’a d’intérêt pour un athlète voulant limiter l’incertitude du résultat que si elle est efficace et indécelable ou absente de la liste rouge.

Le Meldonium®, confirme que ses effets sur le rendement musculaire sont réels vu son long parcours sportif et l’ampleur de sa consommation en Russie et dans les pays satellites. Généralement, les sportifs bien avant les scientifiques, savent que tel ou tel produit booste réellement la performance.

Le Meldonium® commercialisé au milieu des années 1970 a pénétré les enceintes sportives il y a au moins quinze ans car il ne figurait pas dans la liste rouge édictée par le Comité international olympique (CIO) puis par l’Agence mondiale antidopage (AMA) à partir de 2004. C’est seulement le 01 janvier dernier qu’il a été inclus dans la nomenclature des substances prohibées. Il figure dorénavant à la section S4 des modulateurs hormonaux et métaboliques. En révélant son cas positif, Sharapova a fait perdre au Meldonium® son pouvoir d’attraction dans la mesure où le milieu sportif dans son ensemble a appris ainsi que le produit était détectable donc sans intérêt sauf si bien sûr les dopeurs lui trouvent… un masquant !

A priori, ce n’est pas encore le cas vu l’épidémie en cours, il est donc probable qu’après ce tsunami de cas positifs (l’AMA en a recensé 99 entre le 01 janvier 2016 et le 11 mars), les sportifs délaissent le Meldonium®. De temps à autre, un imbécile ou un mal conseillé se fera prendre par la patrouille mais les pros de la dope auront définitivement abandonné le produit inventé par le Pr Ivars Kalvins en 1975 à Riga (Lettonie).

En 1996, aux Jeux d’Atlanta, les Russes avaient utilisé massivement le Bromantan, un stimulant. Pris par la patrouille olympique ils n’ont pas été sanctionnés car la substance ne figurait pas encore en toutes lettres sur la liste officielle. Depuis, le Bromantan a quasiment disparu des radars analytiques. Détectable et dans la liste, il n’intéresse plus les pros de la dope.

Aujourd’hui, c’est le Meldonium® qui va subir la même retraite sportive.

MELDONIUM (cas positifs)

la suite…

Meldonium – Le cas Sharapova interpelle

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Faut-il être sérieusement malade pour devenir athlète de haut niveau ?

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Maria Sharapova, contrôlée positive au Meldonium, assure que ses problèmes de santé nécessitaient la prise de ce médicament prescrit par son médecin depuis… 10 ans car elle souffrirait :

  • d’une arythmie cardiaque
  • d’un déficit en magnésium
  • et le prendrait également en prévention d’un diabète (dont des cas seraient présents dans sa famille).

A l’instar de la tenniswoman, très souvent, nombreux sont les athlètes qui, pour leur défense lors d’un contrôle antidopage positif, mettent en avant des maladies normalement invalidantes pour tout un chacun pour pratiquer un sport mais qui pourtant ne les empêchent pas d’atteindre le très haut niveau.

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Le Meldonium serait ainsi le médicament universel auquel aucune affection ne résiste et, par ricochet, l’arme absolue pour monter sur le podium ! Paradoxalement, sa principale indication thérapeutique figurant sur sa notice médicale concerne des pathologies lourdes de la sphère cardiovasculaire (angine de poitrine, infarctus, insuffisance cardiaque). Que des sportifs vétérans se soignent avec des médications et fassent également du sport pour améliorer leur santé est une conduite tout à fait louable mais que des compétiteurs professionnels âgés de 20 à 35 ans soient également cardiaques et performants pose problème.

Depuis sa mise sur la liste des substances interdites par l’Agence mondiale antidopage (AMA), début janvier 2016, plusieurs compétiteurs russes de différentes spécialités (athlétisme, biathlon, cyclisme, lutte, patinage et tennis) ont été testés positifs au Meldonium et le ministre russe des Sports « pense qu’il y aura d’autres cas ». Drôle de nation qui n’hésite pas à faire concourir des athlètes dont on peut penser qu’ils sont eux aussi curieusement atteints de ces mêmes pathologies puisqu’ils avouent prendre également du Meldonium.

Au final, pendant la période de ces exploits tennistiques, Maria Sharapova en prenant du Meldonium depuis dix ans était pour le moins dans une conduite dopante. Dorénavant, et compte tenu de l’épidémie à ce « modulateur métabolique » classé ainsi dans la liste rouge par l’AMA, faudra-t-il recruter les candidats aux podiums non pas dans des sports-études ou des instituts de l’expertise et de la performance mais plutôt dans les… hôpitaux ?