Tour de France ton histoire – Les rétros TV de la Grande Boucle occultent l’exclusion à vie des palmarès de Lance Armstrong

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Cerise sur le gâteau, c’est Christian Prudhomme – lui pour qui le champion de Dallas  »n’existe plus » – qui commente sur les rediffusions , les exploits du Texan!

Face à l’éventuel retour sur les tablettes de la Grande Boucle de celui qui a survolé le Tour entre 1999 et 2005, rappelons ce qu’affirmait en 2014 dans Le Journal du Dimanche, l’actuel patron du Tour : « Lance Armstrong n’existe plus pour nous. ce chapitre est refermé depuis longtemps et il n’y a aucune raison de le rouvrir. Son nom ne reviendra pas au palmarès. Point.« 

LE COMBLE DE L’HYPOCRISIE

Aujourd’hui, le Tour profite toujours de son image de winner 3XL tout en continuant à le maintenir exclu du palmarès de la liste des géants du Tour. Au final, France Télévisions touche toujours des royalties et la légende Armstrong est entretenue. Comment les téléspectateurs peuvent-ils s’y retrouver ?

Dopage ton histoire – Johan Museeuw passe à table en prônant un incontournable mea culpa collectif

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Faut-il comme pour Armstrong, sur le palmarès du champion belge, barrer d’un trait ses triplés victorieux à Paris-Roubaix et au Tour des Flandres ?

Johan Museeuw, vainqueur du Tour des Flandres 1993
Johan Museeuw, vainqueur de Paris-Roubaix – l’Enfer du Nord – 2002

Dopage ton histoire – Le probénécide, le premier « antiradar » efficace refait surface en 2020 dans l’aviron

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Vingt-deux rameurs épinglés d’un  »coup de pelle » par la patrouille…

Une vingtaine d’athlètes internationaux indiens de moins de 18 ans ont été contrôlés positifs au probénécide, un produit qui n’est plus commercialisé en France depuis fin 2016 et qui avait deux indications thérapeutiques : l’hyperuricémie (trop d’acide urique) et la goutte.

Dans le sport depuis le milieu des années 1970, il servait – en retardant l’élimination urinaire – à camoufler la prise de stéroïdes anabolisants, notamment de testostérone. Dans le cas des jeunes Indiens, l’ensemble du groupe – 22 compétiteurs – a été testé positif au même produit que celui qui avait failli faire déclasser Pedro Delgado du Tour de France 1988.

Un complément alimentaire probablement contaminé intentionnellement par le préparateur !

Vingt-deux d’un coup, c’est forcément une prise collective, probablement d’un complément alimentaire contaminé par le fabricant. Dans ce cas, l’Agence antidopage indienne doit enquêter sur la composition précise de ce complément afin de détecter le dopant associé censé être masqué par le probénécide. Cette affaire inédite de 22 sportifs pris d’un coup par la patrouille, nous motive pour publier, enrichie et actualisée la fiche du Dictionnaire du dopage consacrée au probénécide.

En fichier joint (PDF) – Dictionnaire du dopage : Fiche PROBENECIDE

Dopage ton histoire – Contamination passive : le sexe au rapport

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A la suite d’un contact sexuel non protégé, l’histoire du contrôle positif le 13 février dernier de la boxeuse américaine Virginia Fuchs – blanchie par l’Agence antidopage américaine (Usada) – semble pour le moins abracadabrantesque !

L’Agence américaine antidopage a innocenté une boxeuse sans que les explications mises en avant soient vraiment crédibles

Dopage ton histoire – Idée reçue : « On ne peut pas se soigner pendant l’effort en raison de l’antidopage »…

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Telle est la défense en boucle des sportifs, notamment des cyclistes

 

Pour illustrer cette excuse ancienne mais toujours d’actualité, Sylvain Chavanel dans son autobiographie parue en 2019 nous sert ce même discours de l’impossibilité de soigner une bronchite en course sans recourir à des médicaments prohibés.

En réalité, dans le cas de cette affection respiratoire survenue pendant une course à étapes le seul traitement pertinent est d’arrêter immédiatement l’hyperventilation de l’effort. Ce n’est pas la liste des interdictions qui pose problème mais de vouloir pédaler à haute intensité avec une bronchite et ce pendant plusieurs étapes.

Vouloir continuer à tout prix, c’est le parfait exemple du mépris du corps.

 

C’est comme vouloir rouler avec un pneu franchement dégonflé. L’ensemble homme-machine va forcément déguster. La phrase du titre figure page 141 dans l’autobiographie de Sylvain Chavanel parue en 2019.

Ce type de critique est né avec le début officiel des contrôles antidopage en 1965. Par exemple, en 1972, dans Cyclisme Magazine, le journaliste Roger Bastide se fait l’avocat de Luis Ocana : « Le Fier Castillan, dans Paris-Nice, souffrait d’une angine constatée, vérifiée, indéniable. Il existe des médicaments qui auraient pu combattre le mal avec plus d’efficacité et de rapidité que ceux qui lui furent administrées… mais il aurait alors été déclaré positif dans un contrôle ‘’médical’’. » [Cyclisme Magazine, 1972, n° 48, 18 mai, p 29]

L’excuse des soins impossibles remonte au début de l’antidopage

Deux ans plus tard, le lauréat du Tour 1973 invoquait pour expliquer ses mauvais résultats que victime d’une bronchite, il ne pouvait se soigner : « Je traîne une bronchite depuis le mois de mars 1974. Si j’avais pu me soigner convenablement, je serai guéri depuis longtemps. Hélas, les médications que me prescrivait le médecin sont interdites par le règlement antidopage. Le résultat est que je me traîne, que mon mal s’est aggravé, que j’ai raté mon Tour d’Espagne, que j’ai été contraint d’abandonner au Midi Libre et que je ne suis plus certain de participer au Tour de France ! Je suis d’accord pour interdire les stupéfiants et tous les produits dangereux, mais on confond aujourd’hui mesure de protection et inquisition ! » [Cyclisme Magazine, 1974, n° 77, 10 juin, p 5]

Sylvain Chavanel dans le Tour 2012, lors de la 15e étape, se trouvait un peu dans la situation de l’Espagnol de Mont-de-Marsan. Il avait les bronches totalement prises avec des quintes de toux exténuantes. Et c’est la que Chava nous explique que « Le problème est qu’en course, il est pratiquement impossible de soigner une bronchite avec des traitements qui ne sont pas prohibés par la règlementation antidopage. »

Thérapeutique d’une bronchite : le repos sportif est incontournable

Consultons le traitement classique d’une bronchite aigue :

  1. Le repos est indiqué jusqu’au rétablissement,
  2. Bien s’hydrater,
  3. Pour soulager fièvre et douleur, prendre du paracétamol (Doliprane®) ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’ibuprofène.
  4. En cas de respiration sifflante ou de râles, on peut y ajouter un bronchodilatateur (Ventoline®) et/ou un fluidifiant bronchique (la Guaïfénésin).

Mis à part la Ventoline®, aucun de ces médicaments ne figure sur la liste rouge. Pour la Ventoline®, il existe un seuil qui autorise le traitement sans être sanctionné pour contrôle positif. Revenons à Chavanel qui nous explique son après abandon de la 15e étape pour cause de bronchite : « Dès mon retour à la maison, j’ai donc soigné ma bronchite avec neuf jours d’antibiotiques ».

Qu’est-ce qui a guéri la bronchite : Le repos, les antibiotiques ou l’association des deux ?

Or, dans la grande majorité des cas, la bronchite est causée par un virus. Les antibiotiques ne sont alors d’aucune utilité. De plus, la coloration jaune verdâtre des sécrétions n’est pas un indicateur d’infection bactérienne et ne justifie pas la prescription d’antibiotiques

Sylvain Chavanel, dans la 15e étape du Tour de France 2012, doit abandonnet à cause d’une bronchite

En raison des flux ventilatoires importants provoqués par l’effort cycliste, notamment de compétition, la première règle du traitement c’est le repos.

Si vous allez consulter votre médecin généraliste pour une bronchite, au plan de la prescription, il va préciser sur son ordonnance que le repos est incontournable. En clair, il ne va pas prescrire des médicaments pour que vous alliez par ailleurs rouler plusieurs heures avec une bronchite. Le job du médecin c’est de vous soigner et non de vous faire pédaler malgré une entrave respiratoire.

Dans le texte de Sylvain Chavanel, il y a une contradiction majeure entre ne pas pouvoir se traiter avec des médicaments interdits par les règlements antidopage et être guéri par les antibiotiques alors qu’aucun membre de cette nombreuse famille ne fait partie de la liste rouge. Finalement, pendant la course, Chavanel ne pouvait pas se soigner avec des produits efficaces car tous en liste rouge (dixit) mais étonnamment, rentré chez lui, il a guéri sa bronchite avec des antibiotiques…des remèdes parfaitement autorisés. Pas très cohérentes les explications du Châtelleraudais… D’ailleurs, on peut se demander pourquoi afin de traiter sa bronchite, il n’a pas utilisé pendant le Tour de France 2012, les antibiotiques selon lui bénéfiques pour éradiquer son problème respiratoire ? Peut-être, comme 60% des Français, Chava croit-il que les antibiotiques ‘’ça fatigue’’, notamment si on les prend en course ? Il est plus honorable pour son ego de dire que l’on a été obligé d’abandonner parce que l’on ne pouvait pas se soigner en raison de l’antidopage que d’expliquer que l’on a été vaincu par des bronches défaillantes, seules responsables de cette sortie de route.

ANTIBIOTIQUES : 7 points de repère

  1. Quand l’infection est d’origine virale :
  • les antibiotiques ne permettent pas d’être sur pied plus vite,
  • ils ne font pas baisser la fièvre.
  1. Les antibiotiques ne soignent pas la grippe car elle est toujours virale mais, éventuellement ils peuvent prévenir une surinfection bactérienne chez les personnes dites « à risque », c’est-à-dire affaiblies ou souffrant de certaines affections chroniques bien précises.
  2. Les antibiotiques sont des médicaments efficaces contre les infections bactériennes, c’est-à-dire environ 2 cas d’infections ORL ou bronchiques sur 10.
  3. Les antibiotiques ne fatiguent pas. Pas plus que le chocolat donne mal au foie ou que les œufs des boutons ! Si cette idée s’est instaurée, c’est parce qu’en guérissant rapidement l’infection bactérienne, les antibiotiques laissent apparaître la fatigue due à la maladie.
  4. Les antibiotiques ne sont pas des produits dopants : ils ne figurent pas sur la liste des substances prohibées par l’Agence mondiale antidopage (AMA).
  5. Certains antibiotiques appartenant tous à la famille des quinolones sont susceptibles de favoriser les tendinites.
  6. Le traitement n° 1 pour soigner une bronchite dans une course à étapes n’est pas de prendre des antibiotiques mais de mettre la flèche afin d’associer au repos respiratoire les médicaments prescrits par le médecin. Poursuivre la compétition c’est le meilleur moyen de gâcher une partie de la saison.

POST-IT – Le débit ventilatoire pouvant être multiplié de 6 à 10 à l’effort, aggrave inévitablement une bronchite existante.

Le débit ventilatoire qui, chez l’adulte, est de 6 à 10 litres par minute au repos, peut atteindre 100 à 120 litres lors de l’ascension d’un col où se joue l’arrivée de l’étape. Avec une bronchite, à l’effort, c’est comme si dans une cheminée on activait les braises avec un soufflet. Autre image : le flux de l’air multiplié par l’effort parcourant les parois bronchiques enflammées ne fait qu’accroître la réaction des muqueuses déjà irritées.

Facile de comprendre que le problème respiratoire va inévitablement s’aggraver.

Article et illustrations - copyright blog : dopagedemondenard.com

En pièce jointe des citations du milieu cycliste partisan de « On ne peut pas se soigner efficacement sans avoir recours à des produits interdits ». Certaines sont d’une mauvaise foi 3XL. A lire sans restriction.

PDF : Idée reçue – En raison de la liste rouge longue comme le bras : « On ne peut pas se soigner efficacement sans avoir recours à des produits interdits »