L’histoire la plus bidon du dopage, encore recyclée en 2026
Vincent Duluc, plume majeure du journal L’Equipe, la relaie toujours dans son dernier ouvrage consacré à l’histoire du journal
L’origine du mythe remonte au milieu des années 1960. C’est Jacques Anquetil qui, dans Miroir-Sprint le 9 mai 1966, raconte les effets secondaires d’un petit arrangement au moment du contrôle : « L’an dernier, un coureur hollandais avait fait uriner… sa femme. C’est comme ça qu’on s’est aperçu qu’il était enceinte. »
- Qu’une femme enceinte fournisse ses urines à son mari pour lui éviter un contrôle positif ? Possible, voire probable.
- Qu’un coureur découvre sa future paternité grâce à un contrôle antidopage ? Scientifiquement impossible.
Le diagnostic de grossesse repose sur la détection des gonadotrophines chorioniques (hCG). Or en 1966, les hCG ne sont :
- ni interdites,
- ni détectables,
- et encore moins recherchées.
Elles ne seront interdites qu’en 1988, vingt ans plus tard.
En 2000, j’ai déjà démonté cette fable dans Dopage, l’imposture des performances. Pourtant, certains continuent de la colporter, comme si la vérification des faits était optionnelle.
Cette persistance montre surtout une chose : dans le journalisme sportif, beaucoup se contentent de relire L’Équipe, leurs propres papiers ou les livres de confrères truffés d’erreurs, sans jamais remonter aux sources.
Pour mémoire — et pour preuve que l’information a bien été diffusée — je republie ici le texte que j’avais écrit en 2000. Vingt-six ans plus tard, il reste tristement d’actualité.

En fichier joint (PDF) – Citations « Vous êtes enceinte, Monsieur »

