Depuis les débuts de la lutte antidopage, les gazettes sportives raffolent de descriptions censées trahir l’usage de produits dopants : bave aux lèvres, chair de poule en plein été, bouche hermétiquement fermée dans une pente à 15 %, nez pincé, pupilles dilatées, yeux exorbités, voix rauque chez de très jeunes athlètes (notamment en RDA), gynécomastie sur les podiums de bodybuilding, hyperventilation prolongée après un sprint, pilosité faciale chez certaines femmes, etc.
Le corps dopé parle
Pour un clinicien expérimenté, ces signes corporels ne trompent pas : ils orientent clairement vers un dopage. Problème : aucun de ces indices ne suffit à convaincre une commission disciplinaire.
C’est pour cela que, dès 1965, les premières lois contre la médicalisation de la performance ont instauré les contrôles urinaires. Mais ces tests n’ont jamais réussi à endiguer le fléau. Le catalogue des substances dopantes s’est élargi au rythme des innovations pharmaceutiques, tandis que les laboratoires antidopage peinaient à suivre la cadence des médecins‑dopeurs.
Contraste XXL entre les cas positifs et les tricheurs potentiels
Le résultat est accablant : 1 % de positifs, alors que dans la plupart des activités humaines, environ 60 % des individus trichent. Le contraste est grotesque.
Face à cet échec, la lutte antidopage s’est élargie à une multitude d’acteurs extérieurs : enquêtes policières, contrôles inopinés hors compétition, interventions de l’OCLAESP, coopération avec INTERPOL, douanes, etc. Malgré cette armada, les statistiques restent faméliques.
Pourtant, il existe une piste simple, peu coûteuse et largement sous‑exploitée : prendre au sérieux les signes cliniques corporels qui accompagnent l’usage de produits dopants. Ils ne remplacent pas un test, mais ils permettent de mieux cibler les athlètes à contrôler.
Exemples en culturisme / bodybuilding :
- Un athlète de 1,65 m affichant 120 kg de masse sèche : physiologiquement impossible sans anabolisants.
- Une gynécomastie chez un homme : souvent liée à certains stéroïdes.
- Une pilosité faciale marquée chez une femme : signe d’androgénisation.
- Etc.
En réalité, le corps parle. Et il parle fort. Ces marqueurs physiques, bien identifiés par les médecins du sport, devraient devenir un outil stratégique pour déclencher des contrôles ciblés, plus efficaces, plus rationnels et moins coûteux.
En fichier joint (PDF : signes cliniques) : Toute une série d’affaires où la relation entre dopage versus stigmates évoquant l’utilisation de médocs de la perf. est bien démontrée.
