Tour de France – Rayon lecture – Michel Gros, ex-directeur sportif de l’équipe Festina, livre ses vérités (2e volet)

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Sur quelques personnages ayant été éclaboussés par le tsunami Festina du Tour 1998

Après Daniel Baal, président de la Fédération française de cyclisme (FFC) à l’époque de l’affaire Festina, c’est au tour de Roger Legeay, le vice-président, de passer sur le gril…

Aujourd’hui, fondateur-président du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC ) et ce depuis 2007.

 MICHEL GROS – La passion du cyclisme et quelques vérités… St-Martin-la-Plaine (42), éd Phénicie, 2024. – 509 pages

Après Daniel Baal (voir article du 28 janvier), Michel Gros tacle successivement Roger Legeay – ancien coureur devenu directeur sportif -, Vincent Lavenu, lui aussi ancien cyclard, puis patron d’une équipe, Pascal Chanteur, autre ancien coureur puis depuis 2008 président de l’UNCP, et Daniel Tarsi, un préparateur italien au service de l’équipe Casino avec des résultats stupéfiants.

Roger Legeay

Aujourd’hui, c’est l’emblématique directeur sportif des équipes Peugeot, Z, Gan et Crédit Agricole qui se retrouve sur le gril. Le tacle de Michel Gros figure page 311 de son bouquin : « A Lorient, la police n’est toujours pas là et Bruno Roussel est de plus en plus sous pression. En revanche, nous avons la visite de notre soigneur Jean Dalibot, évincé du Tour. Il est comme un fou et profère de graves menaces contre Bruno qui n’a pas besoin de ça. Mercredi 15 juillet, étape Plouay-Cholet, Bruno me demande prendre sa place dans la première file. Il souhaite essayer de dormir un peu à l’arrière de la voiture, dans la seconde file. Pendant l’étape, Roger Legeay vient à ma hauteur et me demande que l’équipe quitte le Tour. Je l’envoie promener. »

Page 312, le directeur sportif du Crédit Agricole, espérant écarter une équipe concurrente de premier plan, en remet une couche. C’est ce qu’écrit Michel Gros : « Pendant l’étape, Roger Legeay revient à la charge, me demandant pour la deuxième fois de nous retirer. Je l’éconduis poliment. »

Cyclisme – Rayon lecture – Michel Gros, l’ex-directeur sportif de Festina, livre ses vérités

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sur quelques personnages ayant été éclaboussés par l’affaire du Tour de France 1998

Sur Daniel BAAL –

  • Président de la Fédération française de cyclisme (FFC) de 1993 à 2001;
  • Vice-président de l’Union cycliste internationale (UCI) de 1997 à 2001,
  • Dans l’organisation du Tour de France en tant que directeur

Un président de la FFC aux connaissances sur le dopage très approximatives

MICHEL GROS – La passion du cyclisme et quelques vérités…St-Martin-la-Plaine (42), éd Phénicie, 2024. – 509 pages

Michel Gros, directeur sportif de Festina de 1995 à 1999, témoigne d’un rendez-vous pris avec Daniel Baal dans les suites du tsunami Festina du Tour de France 1998 :

« Richard Virenque me dit vouloir rencontrer Daniel Baal, le vice-président de l’UCI. Monsieur Verbruggen est, lui, en vacances aux Maldives, pendant cette crise sans précédent. Le 28 juillet, nous nous retrouvons à Lausanne avec Richard Virenque. Daniel Baal me reçoit en premier et je lui exprime mon inquiétude pour le cyclisme. Il est, pour moi urgent de faire une table ronde avec toutes les parties du cyclisme. Je lui dis carrément que sur 189 coureurs au départ du Tour, il y en a au moins 180 qui fonctionnent à l’EPO, que ce soit par un dopage organisé par leur équipe ou non. Il me répond, esquissant même un sourire, qu’il ne me croit pas du tout. Que le dopage, c’est seulement Festina et peut-être TVM. Si je n’étais pas assis, j’en tomberais sur le cul !

J’ai l’impression qu’il croit vraiment à ce qu’il me raconte. Et c’est bien là le pire, de la part du vice-président de l’UCI ! La discussion est close et je laisse la place à Richard. » [pp 317-319]





Personnellement, en 2000, dans les pages ‘’Débats et opinions’’ du Figaro, j’avais publié un article sur les trois boss du cyclisme exerçant au moment de l’affaire Festina : « Dopage – Les dirigeants du cyclisme sont-ils de faux naïfs ? les forçats de la langue de bois ». J’avais résumé les ‘’états de service’’ de Jean-Marie Leblanc, ancien cycliste pro, ancien journaliste et directeur du Tour de France depuis 1989 et du deuxième homme fort de l’époque, Hein Verbruggen, actif dans les instances internationales du cyclisme depuis 1984 et président de l’UCI de 1991 à 2005. Pour le troisième personnage, Daniel Baal, dans les instances fédérales françaises (comité directeur de la FFC depuis 1981), que Michel Gros vient d’épingler dans ses discours, montrait qu’il n’avait pas une connaissance pointue sur le dopage en général et le cyclisme professionnel en particulier.

Dans Le Figaro du 07 novembre, je stigmatisais son ignorance : « Quant à, Daniel Baal, le président de la FFC, en exercice depuis le 20 février 1993, présent au comité directeur depuis 1981 et ancien coureur cycliste de première catégorie, il ne nous paraît pas être l’homme vraiment providentiel pour éradiquer le fléau. De même, lui aussi n’a découvert que tardivement l’arrivée de l’EPO qu’il situe en 1993. Ces trois dernières années, à chaque fois qu’émergeait un problème ou une situation anormale (dopage organisé sur le Tour de France 1998, premier bilan alarmant du suivi médical longitudinal, charges d’entraînement des féminines), Daniel Baal faisait part de son étonnement : « Je n’imaginais pas … ». On a du mal à comprendre l’ampleur de cette ignorance, d’autant plus qu’il affirme dans son livre témoignage ‘’Droit dans le mur’’ publié en 1999 : « Je continuerai à faire bénéficier l’UCI de mes connaissances, de mon expérience du terrain que je fréquente assidûment depuis plus de vingt-cinq ans » !  [Dr JPDM, Le Figaro, 07.11.2000]

Daniel Baal, un juge pour le moins partial à la solde d’ASO

Page 357 de son ouvrage, Michel Gros raconte un autre évènement dans lequel intervient Baal.

Les faits : l’équipe cycliste Jean Delatour créée au début de l’année 2000 avec, à sa tête, Jean-Pierre Frety, le patron, et Michel Gros le directeur sportif, postule pour une place dans la sélection pour le Tour de France. Delatour est recalée au prétexte que ses résultats sont moins bons que ceux de l’équipe Bonjour, elle aussi nouvelle dans le peloton. Michel Gros s’interroge sur la légitimité de Baal comme ‘’juge’’ de cette décision :

Dans ce même ouvrage, M. Gros taille aussi un costard à Roger Legeay (directeur sportif de l’équipe Crédit Agricole), à Vincent Lavenu (directeur sportif de l’équipe Casino-AG2R Prévoyance), au Dr Claire Condemine-Piron (médecin de l’équipe Festina une seule saison, en 1999).

Sur ces trois acteurs du cyclisme, tous proches de l’affaire Festina, nous publierons dans un prochain article, les commentaires de Michel Gros croisés avec les miens.

POST-IT – On a du mal à comprendre comment un homme aux importantes responsabilités dans une fédération sportive mais ignorant – dit-il – autant le phénomène dopage dans le cyclisme,  peut être performant à la tête d’une autre structure majeure, une banque neuvième groupe bancaire de la zone euro ! Surtout quand on lit son hagiographie rédigée par le service de communication du Crédit Mutuel Alliance Fédérale

POST-IT – On a du mal à comprendre comment un homme aux importantes responsabilités dans une fédération sportive mais ignorant – dit-il – autant le phénomène dopage dans le cyclisme,  peut être performant à la tête d’une autre structure majeure, une banque neuvième groupe bancaire de la zone euro ! Surtout quand on lit son hagiographie rédigée par le service de communication du Crédit Mutuel Alliance Fédérale

SERVICE PRESS du Crédit Mutuel Alliance Fédérale : Daniel Baal : Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale

« Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Daniel Baal a un parcours professionnel singulier. Dirigeant du neuvième groupe bancaire de la zone euro, Daniel Baal est un homme de terrain qui a fait de sa culture sportive un moteur de performance pour son entreprise où l’exigence et la bienveillance guident ses prises de décision. Reconnu pour son leadership et sa vision stratégique, Daniel Baal a ainsi gravi les échelons au sein du groupe et a contribué à faire de Crédit Mutuel Alliance Fédérale l’une des banques les plus performantes en France (…) En parallèle de ses fonctions au sein du groupe mutualiste, Daniel Baal, passionné de sport et notamment de cyclisme, devient à 36 ans le plus jeune président bénévole de la Fédération Française de Cyclisme (FFC) et le premier dirigeant alsacien élu à la tête d’une discipline olympique française. Durant ses deux mandats (1993-2001), le cyclisme français connaît un grand développement, dépassant les 100 000 licenciés ; il s’est particulièrement engagé dans la lutte contre le dopage et les dérives par rapport à l’éthique. Fin 2001, Daniel Baal met entre parenthèse sa carrière bancaire pour se consacrer pleinement au monde du sport. Ainsi, il occupe les postes de numéro 2 du Tour de France et directeur du cyclisme chez Amaury Sports Organisation. »

Commentaires JPDM – Baal occupera le poste de directeur du cyclisme pendant deux années (2002-2003). N’ayant pas convaincu le patron d’ASO, il sera remercié.

Dopage – Alpinisme : vaincre l’Everest grâce au Xénon, un gaz qui booste la production endogène d’EPO

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en permettant de supprimer la marche d’approche (sic).

Coup de pub, mirage ou réalité ?

Expérimentation du Xénon pour vaincre l’Everest sans marche d’approche et donc sans acclimatation chez des alpinistes amateurs.

Un Autrichien/gourou d’une expédition commerciale, Likas Furtenbach, propose à ses clients potentiels une expédition destinée à atteindre le plus haut sommet de la planète (8 849 m) sans marche d’approche d’acclimatation à l’altitude mais en inhalant du Xénon pendant 30 minutes avant de rejoindre le camp de base.

POST-IT – La méthode de l’expé Xénon/Everest est-elle efficace ?

On ne sait pas si le promoteur autrichien de l’expédition Xénon/Everest prévue pour le printemps prochain a déjà expérimenté le protocole de 30 mn d’inhalation du gaz en le pratiquant à une seule reprise avant de rejoindre le camp de base car la procédure préconisée par les spécialistes russes pour booster la production d’EPO, de globules rouges et d’hémoglobine est très différente. Cette dernière consiste, à l’aide d’un masque, à inhaler un mélange composé à parts égales d’oxygène et de Xénon pendant quelques minutes avant de se coucher à raison de trois inhalations par semaine.

Or, le Xénon est un gaz qui figure sur la liste des substances illicites de l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2014.

Furtenbach évacue d’un revers de manche l’aspect répréhensible de la méthode en déclarant que : « L’alpinisme n’est pas un sport organisé donc, techniquement il ne peut y avoir de dopage ».

En clair, en alpinisme de haute altitude, il n’y a pas de contrôle antidopage donc on peut se ‘’charger’’.

Signalons que dès la fin du 2e conflit mondial, les amphétamines – des stimulants du système nerveux central permettant de dépasser les limites physiologiques du corps – largement utilisées par les combattants des deux camps, vont pénétrer les enceintes sportives et les activités outdoors.

A partir des années 1950, ces produits arrivent en masse dans le sport et dans les expéditions en haute montagne. Pendant 15 ans, de 1950 à 1964, les 14 plus hauts sommets de la planète dépassant tous la barrière mythique des 8 000 mètres, ont été vaincus par des grimpeurs sublimés aux amphétamines. Les Français Maurice Herzog et Louis Lachenal sont les premiers à gravir un plus de 8 000 m, en parvenant à la cime de l’Annapurna, le 03 juin 1950 en absorbant du Maxiton®. L’Everest (8 849 m) est conquis par Edmund Hilary (Nouvelle-Zélande) et Norgay Tenzing (Népal) le 29 mai 1953 avec l’aide de la Benzédrine®. Les allemands parviennent au sommet du Nanga Parbat (8 126m) grâce à l’exploit de l’Autrichien Hermann Buhl qui atteint la cime le 3 juillet 1953 alors qu’il est seul à grimper depuis l’altitude 7000 m en ayant recours au Pervitin®.

Les Italiens Achille Compagnoni et Lino Lacedelli s’adjugent le K2 (8 611 m) le 31 juillet 1954 en prenant de la Simpamina®. A l’époque ces différentes spécialités d’amphétamines sont considérées comme des produits de soutien en vue de la marche d’approche et de l’assaut final.

Dès 1987, dans Le Point mais surtout dans un ouvrage intitulé Drogues et Dopages, j’avais consacré un chapitre entier à la consommation des stimulants dans l’alpinisme de haut niveau. Et contrairement à ce que le Dr Jean-Paul Richalet, un physiologiste et médecin du sport de montagne, affirme : « Je crois que. le dopage existe là où il y a compétition, ce qui n’est pas le cas de l’alpinisme. » [Libération, 23.01.1997], même en montagne l’esprit de compétition est omniprésent pour atteindre le sommet, établir une première, vaincre une voie réputée hors limite, battre d’autres équipes de grimpeurs, faire tomber le record d’une ascension emblématique ( … ). Ajoutons que de tout temps, l’esprit de compétition fait partie intégrante des courses en haute montagne. Le journaliste Paul Herr du mensuel Sport Sélection des années 1950 en témoigne : « Si l’alpinisme ne permet pas l’homologation de records ni la désignation de champons, l’esprit de compétition existe néanmoins dans ce sport si particulier. » [Sport Sélection, 1954, n° 27, juillet, p 135]

La bataille de l’Himalaya, une compétition internationale

Et on peut ajouter qu’en 1950, la compétition faisait rage entre les principaux pays fréquentant les Alpes, à savoir la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse pour être la première nation à inscrire un 8 000 m à son palmarès. La France avait créé un Comité de l’Himalaya qui avait sélectionné en 1950 une équipe de France avec comme capitaine Maurice Herzog et pour mission : vaincre un 8 000 m. De même, la Grande-Bretagne en vue de la conquête du Toit du monde avait créé le Comité du Mont Everest. 

L’emploi de l’oxygène – Conduite dopante ou non ?

Parmi les meilleurs grimpeurs de haute altitude, certains considèrent que la ‘’banale’’ utilisation des bouteilles d’oxygène pour gravir l’assaut final des 7 000 – 8 000 m est une conduite dopante. Deux témoignages :

Eric Escoffier (France), himalayiste : « Grimper avec de l’oxygène aujourd’hui, c’est tricher ; je ne vois pas de différence avec Ben Johnson. » [L’Equipe Magazine, 29.10.1988]

Erhard Loretan (Suisse), himalayiste (vainqueur des quatorze 8 000 m) : « Quatre-vingt-dix pour cent des 600 personnes qui, à ce jour, ont atteint le sommet de l’Everest ont utilisé l’oxygène. Il faut jouer le jeu de la haute altitude. Seuls ceux qui sont capables de monter sans bouteilles doivent pouvoir effectuer cette ascension. Les autres se dirigeront vers des sommets moins élevés. » [Le Monde, 16.05.1997]

Dès 1922 et les premières utilisations de bouteilles d’oxygène, le président du Comité de l’Everest britannique en place à cette époque, faisait le distinguo entre ascension avec apport artificiel d’oxygène et sans : « Celui qui monterait à l’Everest sans oxygène serait considéré comme ayant accompli une action plus belle que celui qui y monterait en utilisant l’oxygène. » [in ‘’L’épopée de l’Everest’’. – Paris, éd. Arthaud, 1947. – 340 p (p 109)]

Tout cela montre bien qu’en alpinisme, le débat sur le dopage s’alimente en permanence depuis un siècle. L’arrivée du xénon ne fait que booster la controverse.

Xénon – Comment ça dope ?

Le mécanisme du Xénon boostant la production endogène d’EPO est le même que les différents gaz induisant une hypoxie tels que l’argon, le cobalt, le monoxyde de carbone et les chambres d’altitude. Ainsi, une inhalation calibrée à ces différents gaz produit une hypoxémie (diminution de l’oxygène sanguine) pouvant, à son tour, provoquer – en activant les facteurs inductibles par l’hypoxie (HIF) – une sécrétion accrue d’EPO favorisant une polyglobulie d’altitude et son corollaire, une meilleure oxygénation des tissus, notamment musculaires.

Précisons que le Xénon, le cobalt et l’argon sont référencés dans la liste des substances illicites de l’AMA depuis 2014. Le monoxyde de carbone (CO) ne s’y trouve pas. Mais, par assimilation au mécanisme des trois autres, il doit être considéré comme prohibé en sachant que l’AMA et ses laboratoires officiels sont incapables de le détecter.

Par ailleurs, les tentes et chambres hypoxiques, elles, sont autorisées.

Et avec le Xénon qu’est-ce que vous prendrez en plus pour l’ascension ? (1)

Le trekking d’altitude est à la mode chez les touristes argentés. Chaque année, le Népal accueille plusieurs dizaines de milliers de randonneurs en provenance des pays occidentaux ! Parmi eux, nombreux sont ceux qui ont dépassé la quarantaine et dont le système vasculaire montre  les premiers signes de lassitude. Par crainte d’une défaillance, les organisateurs de ces voyages sportifs poussent d’ailleurs à la consommation pharmaceutique. Ils conseillent aux marcheurs de se faire prescrire préventivement des médicaments anti-MAM : corticoïdes, diurétiques, acide acétylsalicylique et Viagra®.

Rappelons qu’en dessous de 2 000 mètres d’altitude, ce Mal Aigu des Montagnes (MAM) ne touche que 10 à 15 % des gens. Puis la proportion grimpe à 50 % au- dessus de 3.000 mètres et à 75 % après 4 000 mètres. Dans la plupart des cas, le MAM est bénin et régresse spontanément. Mais il peut également évoluer vers l’œdème cérébral de haute altitude, potentiellement mortel. D’où la surconsommation préventive de certains médocs de la perf.

Cette dérive ne concerne pas seulement les sports classiques – athlétisme, cyclisme, tennis, etc. – où chacun se mesure à l’adversaire; elle s’inscrit également parmi les circonstances de vie où l’on se bat davantage contre soi-même. Comme en alpinisme. Par la prise de médicaments, on cherche en somme à pallier ses faiblesses et on se lance dans des conquêtes auxquelles on n’aurait pas pu prétendre si l’on avait dû compter sur ses propres forces. Ainsi, les citadins sont de plus en plus nombreux à se faire tracter, moyennant finances, en haut de l’Everest, malgré une condition physique très éloignée des exigences de l’effort en altitude. Le Xénon et autres médocs tels que corticos et diurétiques risquent d’encourager cette banalisation de l’exploit qui est au véritable alpinisme, ce que le « fast food » est à  la gastronomie. »

  • Consulter le tableau en fichier joint (PDF) référençant les médocs de la performance utilisés par les alpinistes depuis 1883.

Alpinisme et compétition

Dès les années 1950, le journaliste Paul Herr démontre que la notion de compétition est omniprésente dans le milieu des ascensions ; or, où il y a compétition, le dopage s’invite.

« Si l’alpinisme ne permet pas l’homologation de records ni la désignation de champions, l’esprit de compétition existe néanmoins dans ce sport si particulier. Pourtant des épreuves de classement, non des alpinistes, mais des courses, ont été entreprises. C’est dans les Dolomites que l’on commença à ranger les passages rocheux selon six catégories de difficulté croissante. L’accord des alpinistes se fit assez rapidement sur la cotation qui comporte six degrés. La rivalité et l’émulation des alpinistes n’ont d’ailleurs pas attendu cette cotation pour se manifester. A l’origine ce fut la chasse aux grandes premières. Cette course aux premières a vu son aboutissement le jour où Edmund Hillary et Norgay Tensing ont conquis l’Everest. » [Paul Herr. – Sport-Sélection, 1954, n° 27, juillet, p 135]

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD

EN FICHIERS JOINTS :

  • Alpinisme – Tableau : les médocs de la performance depuis 1883
  • Les Russes à plein gaz grâce au Xénon
  • La réglementation antidopage du Xénon depuis 2014

Dopage – José Azevedo, ex-cycliste de l’US Postal, un champion de l’enfumage toutes catégories

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Coéquipier de Lance Armstrong (LA) dans les équipes US Postal et Discovery Channel, il assure que celui-ci ne trichait pas. C’est ce qu’il vient d’affirmer à O Joro, un média portugais, partagé par le site canadien lesnews.ca en expliquant sans sourcilier qu’il n’a jamais eu connaissance des violations des règles antidopage par Armstrong dit le Boss du peloton des années 1999-2005.

Tour de France – L’Espagnol Bernardo Ruiz Navarette, 3e du Tour 1952, ce jour 8 janvier fête ses 100 ans

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En moins d’un an, c’est le troisième Géant de la Route à passer ce cap

Le premier Tour de France à franchir la ligne des 100 ans a été l’Italien Pietro Righetti en 2001, le 2e le Belge Emile Brichard en 2004, le 3e le Français Marcel Renaud en 2010, le 4e son compatriote Emile Idée en 2020.

Depuis le premier Tour de France en 1903, seuls quatre coureurs avaient passé la barre mythique des 100 ans.

Aujourd’hui, en moins de 365 jours, trois nouveaux centenaires ont rejoint le ‘‘club‘‘ : les Français Charles Coste et Antonin Rolland ainsi que l’Espagnol Bernardo Ruiz Navarette. Cette tendance ne fait que s’intensifier puisqu’à ce jour nous recensons six Tour de France encore en vie à moins de trois ans des 100 ans. Cette évolution de la longévité touche toute la société. En 1901, ils étaient 100 centenaires pour 39 millions d’habitants; en 2009, 20 000 pour 64,7 M; en 2024, 31 000 pour 68 M.

Pour rendre hommage à Bernardo Ruiz, nous avons regroupé quelques data, repères  et faits marquants enregistrés tout au long de sa carrière.

Tour de France ton histoire – Hommage aux 33 Géants de la Grande Boucle disparus en 2024

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Ils étaient 36 en 2022 et 28 en 2023. Les 33 Tour de France décédés en 2024 avaient atteint une longévité moyenne de 82 ans 5 mois.

MISE A JOUR : par rapport à la version publiée le 4 janvier 2025, l’Anglais John Clarey, décédé en décembre 2024 mais seulement révélé fin janvier, s’est ajouté à la liste

Afin d’honorer la mémoire de ces cyclistes qui ont versé des litres et des litres de sueur sur l’asphalte pendant leur participation à la Grande Randonnée de juillet et qui, en 2024, ont rejoint d’autres parcours invisibles, nous proposons de rappeler pour chacun des 32 disparus quelques repères qui aideront à les  garder dans nos mémoires. Ils ont su nous captiver par leurs performances sur les routes du Tour.

Certains tels Raphaël Geminiani (12), Rolf Wolfshohl (9), Lily Bergaud (7) ou Rik Van Looy (7), ont plusieurs Boucles au compteur alors que d’autres n’ont participé qu’à une seule édition. Pour ces derniers, prendre le départ d’une unique Randonnée de Juillet est déjà un titre de gloire qui les a marqués à vie.

POINT DE VUE

C’est l’organisateur du Tour de France qui devrait, chaque année, honorer ses serviteurs que sont les coureurs ayant participé à la Grande Boucle, en rappelant lors de la présentation du Tour, la totalité de ceux qui nous ont quittés et non deux ou trois maillots jaunes emblématiques ainsi que ceux qui ont pris leur retraite de cycliste professionnel.

Lors de cette manifestation à grand spectacle ce sont surtout les sponsors et la ville du Grand Départ qui sont célébrés. Le Livre de Route du Tour de France remis au départ à tous les concernés par l’épreuve (coureurs, caravane publicitaire, staffs médico-techniques, officiels..) devrait comporter la liste des disparus et des retraités du peloton de l’année écoulée. Pour l’organisateur, la moindre des choses serait de faire un hommage appuyé – qu’ils soient leaders ou équipiers – à ces contributeurs incontournables au service de la gloire du Tour de France.

24 Heures du Mans – 11 juin 1955 – Plus de 80 morts. On cherche toujours les responsables…

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Les enquêteurs occultent la consommation d’amphétamines par les pilotes alors qu’elles sont omniprésentes dans les compétitions auto d’endurance de cette époque.

Il y aura 70 ans !

En 2025, commémoration de l’effroyable accident du Mans

Tour à tour sont évoqués la fatalité (JM Fangio), un extraordinaire concours de circonstances (Paul Frère), l’absence de faute de conduite ou de pilotage ni d’infractions (soit au code de la route français, soit aux règlements internationaux) ni imprudence, ni maladresses commises par des pilotes.

L’organisation matérielle du circuit, la protection du public, les mesures de protection et de sécurité étaient d’autre part conformes aux règlements en vigueur.

La justice (non-lieu délivré le 10 novembre 1956) et les pilotes impliqués dans la catastrophe se rangent derrière l’expression ‘’Circulez, il n’y a rien à voir’’. A aucun moment, l’usage des amplificateurs artificiels de vitesse que sont les amphétamines consommées par de nombreux pilotes d’endurance, notamment pendant les 24 Heures du Mans, ne sont évoqués.