Tour de France 2026 – Dès 19 ans 9 mois, Paul Seixas veut s’illustrer pour sa première participation sur la prochaine Grande Boucle

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Ce choix est-il le résultat d’une concertation avec des scientifiques de l’effort physique ou, plus simplement, de l’intérêt marketing de Décathlon afin de profiter au maximum des retombées médiatiques dues à l’engouement du public pour le prodige français natif de Lyon ?

On met régulièrement en avant son âge – 19 ans 7 mois – et ses victoires 2026 : Tour du Pays Basque et Flèche Wallonne pour rejeter tout risque de débuter le Tour de France, l’épreuve-monument la plus dure au monde.

Nous avons voulu vérifier si un début dans le Tour entre 17 et 20 ans impactait la suite de la carrière d’un coureur pas encore mature physiologiquement. Pour cela, nous avons listé la suite du palmarès des jeunes coureurs ayant débuté entre 17 et 20 ans et terminé l’épreuve de juillet.

Bernard Hinault, triple lauréat du Tour de 1978 à 1985, 11e plus jeune vainqueur à 23 ans 8 mois 9 jours en 1978

  • « S’il veut montrer qu’il est le plus fort, il risque de prendre un gros revers, c’est comme au tennis, il ne faut pas se rater. »
  • « Il est Français, il ne faut pas l’oublier, il aura tout le public pour le stimuler, pour qu’il gagne le Tour parce qu’il ne peut pas se permettre de venir pour faire 5e ou 6e, par rapport à tout ce qu’il a fait. »
  • « Le Tour de France, ce n’est pas les vacances »
  • « Il grimpe, il roule, il fait ce qu’il faut. Après, on verra le résultat quand il aura fini le Tour, si c’est lui qui avait raison, ou si c’est moi. »
  • « Il n’a jamais fait une course de plus de huit jours, donc il reste quinze jours supplémentaires à tenir. C’est un monument, le Tour de France, ce n’est pas une partie de rigolade. »
  • « Quand on a 19 ans et qu’on y va, on a l’impression que ce sont les vacances, mais ce ne sont pas les vacances ». Pour sa première participation au départ du Tour de France en 1978, Bernard Hinault avait 23 ans et 7 mois et 18 jours, soit quatre ans de plus de Paul Seixas. [franceinfo.fr, Ici Armorique, 04.05.2026]

Cyrille Guimard, dit Le Druide (en tant que directeur sportif a remporté 6 Tours de France avec Lucien Van Impe, Laurent Fignon et Bernard Hinaul)

« Il lui manque 20 ou 30 watts »Les temps ont changé faisant souffler le vent du jeunisme sur le cyclisme. Paul Seixas n’a pas encore 20 ans et démontre des qualités de résistance hors norme. Le Lyonnais vise le meilleur classement possible et se projette naturellement sur un duel avec le quadruple vainqueur slovène. Il lui manque encore 20 ou 30 watts pour rivaliser avec Pogacar. Il a une marge de progression, c’est évident. Même Pogacar a progressé l’an dernier … Mais, est-ce utile d’aller maintenant sur le Tour ? La pression sera forte. Comment va-t-il gérer cette starisation ? À cet âge-là, on est fragile. S’aligner sur la Vuelta aurait été, selon moi, plus judicieux. Mais c’est une bonne nouvelle pour le Tour, c’est bien pour ASO. Pour son équipe, c’est autre chose, elle a toujours raté le Tour depuis 30 ans ! Paul Seixas sera porté par le public, qui attend une victoire française dans le Tour depuis 41 ans et le cinquième succès de Bernard Hinault. C’est une lourde responsabilité, prématurée tant que Pogacar et Vingegaard évoluent au niveau qu’on leur connaît. C’est une aubaine pour l’équipe UAE, la présence de Seixas. Elle va pouvoir dérouler son plan et permettre à Pogacar d’aller chercher un cinquième Tour. On a vu sur le Tour de Romandie, même sur une jambe, il gagne quatre étapes et le général. » [Ouest-France (propos recueillis par Vincent Côté), 06.05.2026]

Signalons que Jacques Anquetil, âgé de 19 ans 9 mois, remporte en 1953 son 1er Grand Prix des Nations (140 km en contre la montre) en mettant le second à plus de 6 minutes et les autres spécialistes encore plus loin. Le lendemain de cet exploit XXL, le 28 septembre, Le Figaro titre : « Le cyclisme français a son Coppi ». Aujourd’hui, on pourrait faire le buzz en annonçant à propos de Seixas : « Le cyclisme français a trouvé le successeur de Hinault ». La différence énorme, c’est qu’Anquetil malgré des performances à répétition va attendre d’avoir 23 ans 6 mois – soit 4 ans – pour débuter dans le Tour 1957 et le remporter à sa première participation. Ajoutons que la carrière du Normand durera 16 saisons.Jacques Anquetil

En fichiers joints (PDF)

  • TDF – Les benjamins du Tour ayant moins de 20 ans au départ de leur première participation. Liste non exhaustive
  • TDF – La liste glorieuse des plus jeunes vainqueurs du Tour de France

POUR EN SAVOIR PLUS – BLOG JPDM – Autres liens à consulter sur ‘’Le plus jeune lauréat du Tour »

  • Tour de France ton histoire – Tadej Pogacar est bien le plus jeune lauréat de la liste glorieuse – La preuve par cette contre-enquête inédite – publié le 02.10.2020
  • Tour de France – Paul Seixas doit-il le courir dès 2026 ou viser plutôt Giro ou Vuelta ? Compte tenu de son éclosion ultra accélérée au sein du World Tour et de son jeune âge (19 ans 7 mois aujourd’hui), la sagesse devrait lui conseiller de ne pas brûler les étapes – publié le 30 avril 2026

Tour de France – Paul Seixas doit-il le courir dès 2026 ou viser plutôt Giro ou Vuelta ?

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Compte tenu de son éclosion ultra accélérée au sein du World Tour et de son jeune âge (19 ans 7 mois aujourd’hui), la sagesse devrait lui conseiller de ne pas brûler les étapes…

Le 4 juillet 2026, au départ de la Grande Boucle à Barcelone, le prodige de l’équipe Decathlon n’aura que 19 ans et 9 mois. Face à l’engouement populaire, une question cruciale se pose : à cet âge, le corps et l’esprit sont-ils réellement armés pour le plus grand défi cycliste du monde ?

Si les « piliers » des réseaux sociaux poussent pour une participation immédiate, portés par les performances hors-normes du Lyonnais cette saison, leur enthousiasme manque de recul scientifique. Jusqu’ici, Seixas a brillé sur des formats courts (une semaine) ou des classiques. Or, le Tour de France représente trois semaines de paroxysme physique, une exposition médiatique totale et une confrontation « XXL » face à des ogres comme Tadej Pogačar ou Jonas Vingegaard.

L’histoire nous rappelle que les plus grands (Anquetil, Merckx, Hinault, Fignon, Pogačar) ont souvent gagné dès leur première participation. Cependant, en 2026, Seixas ferait face à une concurrence déjà installée et à sa pleine maturité, rendant l’exploit d’une victoire immédiate statistiquement improbable.

L’analyse des records de précocité appelle à la nuance :

  • Giro : Fausto Coppi l’emporte en 1940 à 20 ans et 8 mois, mais dans un contexte national et en tant qu’équipier de Bartali.
  • Vuelta : Angelino Soler s’impose en 1961 à 21 ans et 5 mois.
  • Tour de France : Le Top 10 des plus jeunes vainqueurs montre une constante : l’âge de la victoire oscille généralement entre 22 ans (Pogačar) et 23 ans et demi (Ullrich).

(*)  Surlignés en jaune : les vainqueurs les plus jeunes des 55 dernières années

Note historique : Il faut écarter Henri Cornet (1904), vainqueur à 19 ans « sur tapis vert » après des disqualifications massives, ainsi que Philippe Thys, souvent cité à tort comme ayant moins de 23 ans en 1913 alors qu’il en avait un de plus.

Le talent ne suffit pas ; il faut pouvoir récupérer. Philippe Gilbert, dans son ouvrage Mon année de rêve, décrit avec précision le « cérémonial épuisant » imposé aux leaders : interviews à la chaîne, contrôles antidopage, podiums et transferts tardifs.

Cyrille Guimard avait déjà calculé ce coût invisible : un Maillot Jaune perd en moyenne une heure de sommeil par jour par rapport au peloton. Aujourd’hui, avec l’explosion médiatique, ce chiffre atteint 1h30. Pour un organisme de 19 ans en pleine croissance, ce déficit de récupération peut s’avérer dévastateur sur 21 jours.

La biologie est formelle : à moins de 20 ans, le processus de maturation n’est pas achevé.

  1. Maturation morphologique : La densification osseuse et musculaire se poursuit jusqu’à 22 ans. La clavicule, si exposée chez les cyclistes, ne se soude parfois qu’à 25 ans.
  2. Maturation neurologique : C’est l’apport majeur des neurosciences. Le cortex préfrontal (gestion du stress, planification, jugement) ne finit sa mutation qu’au milieu de la vingtaine.

Lancer un jeune homme de 19 ans dans l’essoreuse du Tour, c’est engager la responsabilité des encadrants et des sponsors sur le long terme.

Bernard Hinault lui-même soutient la prudence. En 1977, à 22 ans et demi, il avait choisi de retarder son premier Tour malgré la pression. Son conseil pour Seixas est clair : privilégier le Giro.

« Le Giro est une meilleure option. C’est l’occasion de se tester sur 23 jours face à une opposition de haut niveau, mais avec une pression moindre. Face à un Pogačar qui ne fera aucun cadeau pour égaler le record de cinq Tours, l’apprentissage pourrait être brutal. »

Pour Paul Seixas, la patience est une vertu de champion. Le Giro ou la Vuelta offrent un terrain d’apprentissage idéal : moins de chaos médiatique, une récupération mieux préservée et une montée en puissance progressive. Le temps n’est pas un adversaire à battre, mais le meilleur allié de son futur palmarès.

Tour de France ton histoire – Stop à l’idée reçue : dopage des années amphétamines/1960 égale mort précoce !

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Mes récentes études sur la durée de vie des cyclistes exerçant à cette époque prouvent le contraire.

DECRYPTAGE –

Dans les années 1960, les amphétamines, alors largement utilisées dans le peloton, s’imposent comme les principaux « amplificateurs » de performance. À l’époque, la pratique est banalisée, presque tolérée.

Très vite pourtant, le corps médical tire la sonnette d’alarme. Les risques pour la santé sont jugés majeurs, voire vitaux. Face à ces inquiétudes croissantes, les pouvoirs publics réagissent : les premières politiques de lutte antidopage voient le jour…

Mais plusieurs décennies plus tard, contre toute attente, ces athlètes affichent une durée de vie supérieure de 7 à 8 ans par rapport à la moyenne de la population masculine ayant 25 ans en 1959-1960 (écartant ainsi le biais de la mortalité infantile).

Le cyclisme de haut niveau, avec ses volumes d’entraînement extrêmes, aurait des effets protecteurs durables sur l’organisme, notamment au plan cardiovasculaire alors que l’impact  supposé négatif des amphets (l’important c’est la dose) n’a pas suffi à annuler les bénéfices physiologiques d’une activité physique intense— bien supérieure à celle promise aujourd’hui par les hormones et autres solutions anti-âge.

CONTROVERSE : une attaque diffamatoire sournoise

C’est en lisant en novembre dernier, dans Sud-Ouest la phrase hallucinante d’aversion envers les cyclistes d’une athlète, étudiante en 5e année de médecine, qui affirmait sans sourciller et sans aucune preuve : « que tous les cyclistes dopés ont tous un cancer des testicules à 40 ans, sont infertiles ou, s’ils ont des enfants, ceux-ci ont des retards de développement » – sans que Sud-Ouest qui lui a donné une telle tribune ni les instances cyclistes ne s’émeuvent de ces divagations diffamatoires – que je décidai de publier mes travaux poursuivis depuis des années sur la durée de vie des coureurs ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France.

Les chiffres ne mentent pas : du 1er Tour de 1903 à celui de 1960, les Géants de la route, malgré leur médicalisation de la performance, ont une durée de vie supérieure à la moyenne des hommes en France.

Quant aux instances antidopage, leur stratégie est à revoir en profondeur. Brandir la peur de la maladie et de la mort jeune, c’est totalement à côté de la plaque !

Mon étude, exclusive et originale, sur la durée de vie des coureurs du Tour de France des années 1960 vient bousculer les idées reçues. Là où beaucoup se contentent de relayer des croyances toutes faites, j’apporte une analyse rigoureuse qui invite à penser autrement et à sortir d’un certain conformisme stérile.

Dans l’imaginaire collectif, le dopage est associé à la tricherie, aux scandales et aux carrières brisées. À une époque où le Tour de France était déjà l’une des épreuves les plus exigeantes au monde, de nombreux coureurs, malgré l’usage répandu de substances dopantes,  affichent une étonnante longévité.

Pour démontrer la dangerosité du dopage, les partisans de la lutte antidopage ont souvent mis en avant quelques cas de cyclistes décédés relativement jeunes (avant 60 ans). Ces exemples, parfois emblématiques — Jacques Anquetil, Louison Bobet, Roger Rivière, Raymond Mastrotto — ont servi à crédibiliser leur discours sur les dangers des substances de performance. Mais qu’en est-il de l’ensemble du peloton ?

Bien sûr, lors du Tour de France 1959, sur les 12 coureurs sélectionnés en équipe de France, cinq ne dépassèrent pas la soixantaine, soit 41,7 %. Pourtant, rapportés aux 120 partants, ces décès prématurés n’ont pas d’impact significatif sur la longévité globale du peloton.

Les chiffres sont sans appel


Sur les 128 partants, la durée de vie moyenne s’élève à 80 ans et 6 mois, soit un avantage de 8 ans et 5 mois par rapport à la population masculine générale.


Au 7 avril 2026, 22 coureurs du Tour 1959 sont encore en vie. Ils sont même 32 survivants pour l’édition 1960, preuve supplémentaire d’une longévité remarquable.

Tous les anciens coureurs du Tour de France que j’ai interrogés au sujet des « pastilles » consommées dans les années 1950-1960 ont reconnu, sans exception, avoir eu recours à des amphétamines — notamment le Maxiton®, le Tonédron® ou encore la Corydrane®.

Certains en faisaient un usage intensif, à l’image de ce vainqueur du Tour qui plongeait la langue dans sa boîte de médicaments pour avaler tous les comprimés qui s’y collaient. La majorité, toutefois, limitait leur consommation aux périodes de compétition.

Au final, le respect des doses recommandées par les laboratoires, associé à une certaine prudence (notamment en cas de forte chaleur), ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur la longévité de ces athlètes de haut niveau.

Malgré ces constats, les cyclistes continuent d’être régulièrement critiqués par certains médias et pseudo-spécialistes, notamment sur les risques sanitaires liés au dopage. Face à ces attaques, le silence du monde du cyclisme interroge.

  • Une étude scientifique menée sur 786 coureurs français du Tour de France (1947–2012) a montré qu’ils vivaient en moyenne 6,3 années de plus que la population masculine générale.
    Cette recherche, conduite par l’INSERM et l’IRMES, a été publiée le 3 septembre 2013 dans l’European Heart Journal et présentée au congrès de la Société européenne de cardiologie à Amsterdam. Elle a été largement relayée par des médias tels que Le Nouvel Obs, Le Point, Libération ou Le Parisien
  • Depuis 2021, j’ai moi-même publié à plusieurs reprises des travaux confirmant cette tendance.

CONCLUSION

Depuis 1903, malgré un dopage présent dès les premières éditions, les coureurs du Tour de France — les « Géants de la route » — affichent une longévité nettement supérieure, de plusieurs années, à celle de la population masculine française.

POUR EN SAVOIR PLUS – Blog JPDM – Autres liens à consulter sur la longévité des cyclistes

  • Tour de France ton histoire – Et si le Monument n° 1 du cyclisme était un élixir de longévité ? Les anciens cyclistes du Tour de France décédés ces quatre dernières années (2022-2025) ont bénéficié d’un avantage de longévité d’environ 7 ans 2 mois par rapport à la population générale de cette période – publié le 01 janvier 2026
  • Tour de France ton histoire : dès la 1re édition en 1903, les coureurs ont une durée de vie hors norme. Et ce malgré le dopage ! Dès l’édition inaugurale de 1903, les Géants de la Route présentent une durée de vie moyenne nettement supérieure à celle de la population française de leur époque en dépit de l’usage alors courant d’amplificateurs artificiels de performance, autrement dit de produits dopants – publié le 05 janvier 2026

Tour de France – Statistiques : nombre de Tours, durée de carrière, âge de la retraite des 61 vainqueurs (1903-2018)

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Comparé aux 39 coureurs du peloton ayant pris leur retraite en 2024 et aux 48 en 2025

Après une analyse récente portant sur les 39 puis 48 cyclistes retraités en 2024 et 2025, tous ayant disputé au moins une édition de la Grande Boucle, plusieurs enseignements émergent lorsqu’on compare leurs parcours à ceux des 61 vainqueurs du Tour de France retirés entre 1903 et 2018.

Cette comparaison repose sur trois indicateurs principaux :

  • le nombre moyen de saisons professionnelles,
  • l’âge moyen au moment de la retraite,
  • le nombre moyen de participations au Tour de France.

La période 2006-2018 se distingue par une durée de carrière particulièrement élevée, supérieure à celle des quatre périodes précédentes.

Les coureurs retraités en 2024-2025 totalisent en moyenne 14,25 saisons professionnelles, contre 15,3 pour les vainqueurs de la période 1919-1939, un chiffre légèrement supérieur à celui observé entre 2006 et 2018 (15,1).

La première période (1903-1914) fait exception, avec seulement 8,5 saisons en moyenne. Cette singularité s’explique par le déclenchement de la Première Guerre mondiale le 3 août 1914. En effet, la carrière de 6 vainqueurs sur 10 a été interrompue par le conflit : trois y ont perdu la vie, un autre s’est suicidé et deux ont vu leur carrière fortement perturbée par la désorganisation des compétitions cyclistes durant la guerre.

Les vainqueurs des périodes 2006-2018 (36,1 ans) et 1919-1939 (36,2 ans) mettent fin à leur carrière plus tardivement que les coureurs retraités en 2024-2025, qui arrêtent en moyenne plus jeunes.

Par ailleurs, les périodes 1947-1977 et 1978-1998, avec 13,7 et 13,2 saisons au compteur, sensiblement inférieures aux périodes antérieure 1919-1939 (15,3) et 2006-2018 (15,1) et postérieure, témoignent que les affaires de dopage ont réduit le nombre de saisons mais aussi l’âge de la retraite (cf graph 2).

Ainsi, successivement, les affaires de dopage sont venues impacter l’activité des cyclistes du Tour de France : premiers contrôles antidopage sur la route du Tour et grève des coureurs (1966), décès du Britannique Tom Simpson sur les pentes du Mt Ventoux (1967), exclusion d’Eddy Merckx du Giro pour test positif (1969), triche par substitution d’urine du maillot jaune Michel Pollentier à l’Alpe d’Huez (1978), affaire Festina où l’ensemble de l’équipe est exclu du Tour à la suite des aveux du directeur sportif et du soigneur (1998).

À l’inverse, les lauréats de la période 1903-1914 se retirent nettement plus tôt, avec un âge moyen de 31,5 ans, conséquence directe du contexte historique lié à la guerre.

Depuis 1978, les vainqueurs du Tour participent plus fréquemment à l’épreuve :

  • 9,7 participations en moyenne entre 1978 et 1998,
  • 8,9 entre 2006 et 2018.

En comparaison, les coureurs retraités en 2024-2025 affichent une moyenne nettement plus faible, avec seulement 4,8 participations.

Ce contraste s’explique notamment par les bénéfices sportifs, médiatiques et financiers liés à une victoire sur le Tour, qui incitent les lauréats à revenir pour viser d’autres succès (étapes, classements annexes, primes).

À l’inverse, de nombreux coureurs du peloton 2024-2025 n’ont participé qu’à peu d’éditions, voire une seule car cantonné au rôle d’équipier, souvent moins valorisé, au service d’un leader.

La plus grande diversité de vainqueurs s’observe entre 1903 et 1914.

La raison du plus grand nombre de vainqueurs différents est due principalement à l’absence de la notion d’équipe avec un leader unique mais au recrutement par les constructeurs de cycles des meilleures pédales de l’époque au sein d’un même groupe. Par exemple, en 1909, l’équipe Alcyon est dirigée par Alphonse Baugé ne comporte que des cadors. Sur les 6 ‘’coéquipiers’’, on dénombre un ancien lauréat Louis Trousselier (1er en 1905), deux futurs vainqueurs : François Faber (1er en 1909), Gustave Garrigou (1er en 1911) et deux futurs seconds : Paul Duboc en 1911 et Jean Alavoine en 1919 et 1922.

Difficile pour le directeur sportif de faire régner l’esprit d’équipe. Dans les comptes-rendus de ces années, il est signalé que l’entraide entre coureurs n’est pas la priorité. Lors d’un incident ou accident de machine, la victime doit réparer toute seule.

De même, en 1910, sur 10 coureurs composant le team Alcyon, on dénombre quatre anciens ou futurs gagnants de la Grande Boucle.

Aujourd’hui, les formations susceptibles de conquérir le maillot jaune n’ont qu’un seul leader au départ. Si défaillance de ce n° 1, le reste du groupe se met au service du lieutenant.

Ce n’est qu’à partir de 1930 et la création des équipes nationales sous le contrôle d’un directeur technique que la cohésion va s’installer au service d’un leader désigné au départ. Pendant cette période de l’entre-deux guerres, on va comptabiliser six vainqueurs récidivistes (Lambot, Bottecchia, Frantz, Leducq, Magne, S. Maes).

A la bascule des années 2000, l’avènement de Lance Armstrong avec à sa solde l’équipe US Postal, va booster l’organisation des équipes dont la création suivra le professionnalisme de l’Américain et de ses boys : Sky-Ineos, Visma, UAE Emirates.

Pour en revenir au commentaire du graphique 4

Au cours des périodes suivantes, les victoires répétées deviennent plus fréquentes, certains coureurs remportant plusieurs éditions.

La période 2006-2018 semble marquer un retour à une plus grande diversité de vainqueurs. Toutefois, cette impression est biaisée par l’absence de Lance Armstrong, vainqueur de sept Tours entre 1999 et 2005, dont les titres ont été annulés. Sans cette disqualification, la concentration des victoires aurait été plus marquée.

Sur ce graphique, on constate que le nombre de vainqueurs différents diminue régulièrement depuis la 1re période 1903-1914 à 1978-1998. En revanche, la période 2006-2018 remonte en raison de la disqualification pour dopage de Lance Armstrong, lauréat de 7 Tours consécutifs. Si on maintient l’Américain (colonne orange), le résultat est concordant avec l’ensemble des périodes.

Remarque : avoir disqualifié Armstrong est une imposture car de nombreux lauréats du Tour ont avoué carburer aux amplificateurs artificiels de performances ou, durant leur carrière ont été contrôlés positifs.

L’étude globale met en évidence plusieurs caractéristiques des vainqueurs du Tour de France :

  • une participation plus fréquente à l’épreuve,
  • une grande polyvalence, combinant qualités de grimpeur et de rouleur,
  • un encadrement collectif structuré, avec une équipe dédiée à leur protection,
  • et, depuis le milieu des années 1990, des progrès décisifs dans la préparation scientifique et la médicalisation de la performance.

Tour de France – Rayon lecture : « Histoires insolites et curieuses du sport » par Louis Nore (City Editions)

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Louis Nore, ancien responsable des sports à La Marseillaise, et Sylvain Letouzé, tous deux auteurs publiés par City Editions, semblent avoir une passion commune pour les récits originaux. Cependant, leurs livres donnent parfois l’impression qu’ils prennent des libertés avec la réalité, un peu trop !

Le livre de Louis Nore a du mal à convaincre, tout comme celui de son collègue Letouzé, qui partage la même maison d’édition. Les deux ouvrages, malheureusement, peinent à répondre aux attentes des amateurs de sport passionnés de détails précis.

L’éditeur n’hésite pas à qualifier Nore de « spécialiste encyclopédique du sport », ce qui est difficile à croire, surtout au regard de certaines erreurs grossières, notamment sur le cyclisme.

Certaines anecdotes de Nore, censées être emblématiques, s’éloignent trop des faits rapportés par les témoins de l’époque, ce qui peut prêter à confusion.

En fichier joint (PDF) : Critiques argumentées de l’ouvrage Histoires insolites et curieuses du sport

Tour de France – Rayon lecture -« 100 Français dans l’histoire du Tour de France de 1903 à nos jours »

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Par un trio de journaliste de Sud-Ouest, Hevé Mathurin, Jean-Caude Felon, Julien Duby

Des bourdes, des fautes et des approximations à la pelle sur le Monument N° 1 du cyclisme et sur ses serviteurs


57 erreurs ! Oui, 57 !

Des dates d’état civil erronées.
Des nombres de victoires faux.
Des participations inexactes.
Des photos doublées pour illustrer deux coureurs différents avec le même cliché.
Des légendes fantaisistes.
Et même… un négatif publié tel quel.

Pour un « beau livre » illustré de 141 pages, c’est beaucoup. Beaucoup trop.

Comment les 100 cyclistes sélectionnés — dont la majorité est encore en vie — peuvent-ils se réjouir de figurer dans cet ouvrage face à leurs proches et à leurs supporters ?

Les trois auteurs ne sont pourtant pas des novices. Envoyés spéciaux à de multiples reprises sur le Tour, deux d’entre eux comptent plus de vingt éditions au compteur. On pouvait attendre rigueur et précision. Alors que s’est-il passé ? Copier-coller d’ouvrages déjà truffés d’erreurs, reproduites d’année en année ?
Confiance excessive dans des souvenirs non vérifiés ?
Course contre la montre éditoriale sans contrôle des sources ni relecture sérieuse ?

Et l’éditeur ? Méconnaissance du sujet ? Absence de relecteur spécialisé, alors qu’il existe de véritables historiens de la Grande Boucle ? Quant au travail iconographique, il laisse lui aussi perplexe.

Le plus inquiétant n’est pas là. Signé par trois journalistes chevronnés, témoins de décennies d’épopée du Tour, ce livre risque de devenir une référence. Et donc de servir de base à d’autres ouvrages. Avec, à la clé, une propagation et une amplification des erreurs.

Au final, le sentiment est amer. Les lecteurs de Sud-Ouest se retrouvent avec un ouvrage approximatif vendu 30 euros.

Dans ce flot de bévues, un seul point mérite d’être souligné : le traitement du dopage. Les auteurs mentionnent clairement ceux qui ont été liés aux pratiques interdites — Jean Malléjac, Cyrille Guimard, Laurent Brochard, Armand De Las Cuevas, Jacky Durand, Luc Leblanc, Laurent Jalabert, Pascal Lino, Pascal Simon, Richard Virenque — et distinguent ceux reconnus comme épargnés : Christophe Bassons, Charly Mottet, David Moncoutié.

Sur 57 erreurs relevées, une trentaine ont été détaillées et sourcées, notamment les plus emblématiques. Pour un ouvrage consacré au Monument n°1 du cyclisme, l’approximation ne peut pas être une option.

Fichier joint en PDF : « 100 Français dans l’histoire du Tour de France de 1903 à nos jours » – les erreurs relevées par JPDM

Cyclisme – Rayon lecture – L’Année à bloc (éd. Hatier), un ouvrage promis au top 10 des publications les plus médiocres !

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Trop d’erreurs. Trop d’approximations sur le vélo. Trop de confusions et de lacunes historiques, notamment concernant le Tour de France.


Proposer à la vente un ouvrage aussi truffé de fautes relève, au mieux, de la négligence, au pire, d’un profond manque de respect envers les lecteurs.

Douze auteurs ont contribué à ce livre, publié par Hatier — un éditeur qui semble pourtant ignorer les bases du cyclisme, au point de laisser paraître un tel concentré d’erreurs sans la moindre vérification sérieuse.

Le concept

Paru fin 2024 aux éditions Hatier (collection Play Bac), L’Année à bloc – La Passion du vélo propose, sous forme de fiches quotidiennes, un parcours d’infos cyclistes à lire pendant l’année 2025.

Depuis trois ans, j’anime sur ma page Facebook un quiz consacré au cyclisme en général et au Tour de France en particulier. À partir de juin 2025, j’y ai intégré les erreurs relevées dans L’Année à bloc. Elles sont désormais rassemblées dans un article de blog, classées par date de parution.

La sélection présentée ici comporte 13 corrections détaillées. Neuf autres, plus brèves, figurent dans une rubrique « En vrac ». Et malgré ces 22 rectifications, la liste des inexactitudes est loin d’être close.

Amis lecteurs, passionnés de cyclisme et de la Grande Boucle, ces erreurs et leurs correctifs — appuyés sur des sources fiables — vous permettront au moins d’enrichir et de consolider vos connaissances.

Reste une question : quelles sont les méthodes éditoriales de Hatier pour publier un tel ouvrage ? Miser sur la méconnaissance ou la naïveté des lecteurs ne saurait constituer une ligne éditoriale acceptable.

À mes yeux, une seule destination pour ce livre : la poubelle jaune.

Fichiers joints (PDF)

  • L’Année à bloc – 13 questions/réponses sur Facebook : Jean Pierre Demondenard
  • Des erreurs en vrac

Tour de France : l’impact positif du vélo sur la longévité et comme antidote efficace des effets collatéraux du dopage

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Suite à l’article paru sur ce blog le 21 janvier : Tour de France – Durée de vie et statistiques : le doute peut se comprendre, pas l’interprétation erronée et malveillante

Afin d’éviter toute confusion liée à des biais de comparaison, il est indispensable de bien distinguer durée de vie et espérance de vie.

  • L’espérance de vie correspond à l’espérance de vie à la naissance. En France, pour un homme né en 2024, elle est estimée à 80 ans selon les données démographiques les plus récentes de l’INSEE.
  • La durée de vie, en revanche, renvoie à l’âge moyen au décès. En 2024, la Base nationale de suivi de la population (BNSP) de l’INSEE indique une durée de vie moyenne de 75 ans et 8 mois pour les hommes.

Les durées de vie publiées dans le blog concernent précisément cet âge moyen au décès. En comparant, sur une dizaine d’années, la durée de vie de la population masculine française à celle des cyclistes ayant participé au Tour de France, on observe un allongement moyen d’environ 7 ans en faveur de ces derniers.

Les risques sanitaires du dopage : un dogme sans fondement scientifique solide

Les risques du dopage pour la santé constituent un dogme apparu au début de la lutte antidopage et encore largement véhiculé aujourd’hui, souvent sans preuves scientifiques robustes. Ce discours est principalement porté par des représentants d’institutions antidopage qui, pour beaucoup, ne possèdent aucune qualification médicale.

Dès les années 1960, l’objectif principal de la lutte antidopage — notamment dans le cyclisme — était de dissuader par la peur, en affirmant que :

  • les produits améliorant la performance étaient inefficaces ;
  • leurs effets secondaires réduisaient la durée de vie.

Or, empiriquement, les sportifs ont rapidement constaté l’inverse :

  • ces substances amélioraient effectivement les performances ;
  • ils côtoyaient d’anciens coureurs tout à fait dispos.

Faute d’études scientifiques validées par la communauté internationale, ces affirmations ont rapidement discrédité la lutte antidopage auprès du milieu sportif.


Longévité des coureurs du Tour de France : un constat historique

Après un travail de compilation minutieux auprès des services d’état civil des communes — un véritable travail de bénédictin — portant sur l’ensemble des coureurs du Tour de France depuis 1903, il apparaît que :

  • pour la période 1903–1939 (tous les coureurs étant aujourd’hui décédés), la durée de vie moyenne des coureurs est nettement supérieure à celle de la population masculine française ;
  • cet avantage persiste pour les générations suivantes, notamment depuis 1947, avec les décès observés chez les coureurs actifs dans les années 1950–1960.

Il est important de rappeler que le peloton était majoritairement français :

  • à 75 % entre 1903 et 1914 ;
  • encore 48 % entre 1919 et 1939.

Le dopage a toujours existé dès lors qu’il y a compétition : dès le premier Tour de France en 1903, des stimulants tels que la caféine, l’alcool, la cocaïne ou la strychnine étaient utilisés. La « course aux armements » pharmacologiques s’est maintenue sans temps mort. Pourtant, l’hécatombe sanitaire annoncée par les Cassandres de la lutte antidopage ne s’est jamais matérialisée.

Il est donc possible d’affirmer, sans déformer la réalité, que la pratique du cyclisme professionnel au plus haut niveau a, sur le plan sanitaire, un effet globalement favorable, compensant largement les effets négatifs supposés des produits dopants.


Limites des exemples individuels et biais statistiques

Le décès prématuré de certains sportifs (par exemple Jacques Anquetil à 53 ans ou Laurent Fignon à 50 ans) ne permet en aucun cas de tirer des conclusions générales. En statistique, il s’agit de cas anecdotiques, dénués de valeur démonstrative.

Entre le début des années 1950 et l’instauration officielle de la lutte antidopage (1965 en France, 1968 pour les Jeux olympiques), le recours aux amphétamines — réputées dangereuses — était généralisé dans de nombreux sports (cyclisme, alpinisme, voile, rugby, football, etc.). Pourtant, le peloton cycliste des Tours des France des années 1950–1960 présente une longévité exceptionnelle, avec un nombre de nonagénaires quatre fois supérieur à celui observé dans la population générale.


L’utopie d’une étude prospective « dopés vs non-dopés »

Comparer des cyclistes professionnels dopés à des cyclistes professionnels non dopés relève de l’utopie méthodologique. Comment constituer ces groupes ? Sur la base de déclarations individuelles ? Par ailleurs, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) émettrait un avis défavorable, et le Comité de protection des personnes (CPP) interdirait une telle expérimentation sur la durée.

Le dopage est efficace et, aujourd’hui, l’ensemble des cyclistes professionnels est médicalisé dans un objectif de performance. Il est donc impossible d’imaginer une étude prospective comparant un groupe « soigné » à un groupe « non soigné » sur une carrière entière, puis durant la retraite, soit sur plus de 60 ans.


Comparaison avec d’autres sports

Dans d’autres disciplines de haut niveau, on observe en revanche des durées de vie nettement réduites, en raison :

  • des traumatismes répétés (football américain, rugby, boxe, hockey sur glace) ;
  • de la suralimentation (sumo) ;
  • ou de formes extrêmes de dopage (culturisme, avec polydopage et cures prolongées d’anabolisants).

Durée de vie de référence (population masculine française 2024) : 75 ans et 8 mois

  • Cyclisme (Tour de France) : 82 ans et 10 mois (+7 ans et 2 mois) – Étude Dr JPDM, 2025
  • Course à pied : +3 à +7 ans – Journal of Sports Sciences, 2012
  • Football américain : –10 à –15 ans
  • Bodybuilding : –5 à –15 ans
  • Sumo : –8 à –12 ans
  • Boxe : –5 à –10 ans
  • Rugby : –3 à –7 ans

Une carence majeure des institutions sportives

Ce qui demeure le plus inadmissible est l’absence quasi totale d’études rétrospectives sur la longévité des sportifs de haut niveau menées par les fédérations internationales. On ne dispose d’aucune donnée solide sur la durée de vie des tennismen du top 100, des nageurs, des footballeurs, des haltérophiles ou des lanceurs de poids. Les ministères des Sports sont également absents sur ce terrain de recherche. Depuis cinquante ans, mon objectif est de contribuer à la diffusion des connaissances auprès de mes lecteurs, tout en approfondissant moi-même ces questions.


  • Au début des années 2000, la réglementation antidopage introduit le système des AUT (autorisations d’usage à des fins thérapeutiques). Celui-ci reconnaît que certains athlètes peuvent avoir besoin, pour raisons médicales, de substances pourtant inscrites sur la liste des produits interdits.
  • Par un paradoxe frappant, ces substances perdraient soudainement leurs effets délétères dès lors qu’elles sont utilisées dans le cadre d’une AUT. Cette dérive a notamment permis à Serena Williams de bénéficier de neuf AUT au cours de sa carrière.
  • Ainsi, des produits considérés comme dangereux pour la santé deviennent, par décision réglementaire, inoffensifs dès lors qu’ils sont médicalement autorisés. Un paradoxe majeur pour une lutte antidopage qui se revendique garante de la santé des sportifs.

Tour de France – Durée de vie et statistiques : le doute peut se comprendre, pas l’interprétation erronée et malveillante

Par défaut

Réponse à un ultracrépidarien

Le doute est légitime. En revanche, le commentaire fielleux sur mes travaux actuels l’est beaucoup moins, d’autant plus lorsqu’il s’exprime sous pseudonyme – un procédé qui n’est pas sans rappeler les corbeaux des affaires judiciaires.

En novembre 1998, dans le contexte de l’affaire Festina, Le Nouvel Observateur publiait une enquête portant sur l’ensemble des cyclistes français ayant participé au Tour de France depuis 1947, soit 677 coureurs sur 52 éditions.

Ma contribution s’est strictement limitée à la fourniture de mes archives d’état civil des coureurs, ainsi que, lorsque je les connaissais, des causes de décès. Je n’ai jamais été sollicité pour commenter les résultats ni pour leur donner une interprétation. L’analyse statistique avait été réalisée par deux biostatisticiens reconnus.

Malgré la forte médiatisation de cette enquête — qui fit la couverture de l’hebdomadaire — et la multiplication des interventions médiatiques du journaliste, je n’ai, pour ma part, jamais été invité à m’exprimer. Le dossier intitulé « Quand le sport tue » était en outre associé à une émission de France 2, « Faut-il sacrifier la santé à la performance ? », à laquelle je n’ai pas davantage été convié, alors même que j’intervenais régulièrement sur les questions de dopage. En réalité, je n’étais qu’un maillon périphérique de cette enquête.

Lorsque, quelques années plus tard, plusieurs études — dont une de l’INSERM — sont venues contredire les conclusions du Nouvel Observateur en montrant une longévité supérieure des coureurs du Tour, je n’ai jamais contesté ces résultats favorables.

Parallèlement, je n’ai cessé d’enrichir la base de données d’état civil des coureurs ayant participé au Tour depuis 1903. À partir de 2019, alors qu’il ne restait plus que deux survivants du Tour 1947, j’ai entrepris une étude exhaustive portant non plus sur une espérance de vie extrapolée, mais sur la durée de vie réelle de l’ensemble du peloton.

Il ne s’agissait donc plus de projections de pathologies cardiovasculaires à partir de quelques cas isolés, mais d’une analyse complète fondée sur des données définitives. Contrairement à ce qu’affirme ce compte anonyme, la méthode employée n’a donc rien de commun avec celle de 1998.

Depuis la première publication en 2019 sur la durée de vie des coureurs du Tour 1947, onze autres études ont suivi, toutes basées sur les actes d’état civil officiels. Ces dates et lieux sont systématiquement publiés dans ce blog, permettant à chacun de vérifier l’exactitude des calculs et des pourcentages.

Les résultats les plus récents, portant sur la période 2022-2025, montrent que :

  • la durée de vie moyenne des coureurs du Tour est supérieure de 7 ans et 2 mois à celle de la population masculine générale ;
  • le nombre de nonagénaires y est quatre fois plus élevé.

Pendant sept années, aucun élément critiquable n’a été soulevé à propos de ces travaux. Aujourd’hui, alors que toutes les données sont accessibles et vérifiables, ce compte anonyme choisit l’attaque gratuite. Qu’un twitto anonyme refuse de croire à mes statistiques peu me chaut ! Les chiffres, eux, sont réels, publics et contrôlables.

Je revendique le droit à la remise en question et j’actualise régulièrement mon travail lorsque des informations deviennent obsolètes. Je pratique moi-même la critique — de livres, de personnes ou d’institutions — mais toujours sur la base d’arguments étayés, jamais sur des impressions subjectives répétées à l’envi.

À mon niveau, je mène un travail d’enquête que des institutions comme le Tour de France ou l’Union cycliste internationale (UCI) auraient dû initier depuis longtemps. Les études médicales sérieuses sur ces sportifs de très haut niveau sont inexistantes, alors qu’ils constituent un terrain d’observation exceptionnel : hommes jeunes, activité physique extrême, alimentation spécifique, suivi médical particulier.

Des études scientifiques validées, anonymisées, pourraient apporter une contribution majeure à la connaissance de la physiologie du sportif. Qui s’en préoccupe réellement ?

Depuis que je publie ces données sur la durée de vie des coureurs du Tour de France, personne n’en a sérieusement contesté les résultats, sauf… un pseudo !