Tour de France ton histoire – La casse osseuse des Géants de la Route…

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Quand le bitume devient l’adversaire…

L’une des disciplines les plus riches en traumatismes parmi les sports à haut risque, aux côtés de la boxe, du football, du football américain, du rugby ou encore des sports équestres.

À l’exception de la MotoGP, le cyclisme est probablement l’un des sports où les chutes revêtent une dimension aussi particulière : elles se produisent sur la route, avec un cycliste situé à environ 1,60 mètre du sol, contre à peine 1 mètre pour un motard.

  • La fracture du fémur, qui concerne 15,6 % des vainqueurs du Tour de France – soit 10 coureurs sur les 64 vainqueurs différents recensés de 1903 à 2026 – une donnée particulièrement marquante. Dans les autres sports à risque traumatique, cette proportion reste inférieure à 3 %.
  • Même constat pour la clavicule : aucune autre activité sportive professionnelle n’atteint une proportion comparable aux 54,7 % observés chez les vainqueurs du Tour de France.

Aujourd’hui, nous proposons une liste, non exhaustive, de ces coureurs du Tour de France qui, malgré une fracture, ont trouvé les ressources physiques et mentales nécessaires pour poursuivre leur route jusqu’au terme de la Grande Boucle.

Des histoires qui illustrent, sans doute mieux que de longs discours, la résistance hors norme dont font preuve les coureurs engagés sur la plus grande course cycliste du monde en juillet.

En fichier joint (PDF) : Coureurs fracturés et qui poursuivent jusqu’à Paris

Tour de France 1949/1952 – Fausto Coppi trône au 26e rang de la « Liste Glorieuse » d’Henri Desgrange

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Fausto Coppi domine haut la main les 36e et 39e éditions du Tour de France, malgré la présence de son adversaire intime, Gino Bartali, mais aussi de plusieurs autres cadors de l’époque : Jean Robic, Ferdi Kübler, Hugo Koblet et Louison Bobet.

À la manière de Tadej Pogačar, numéro 1 mondial des années 2020, Fausto Coppi révèle très tôt des aptitudes hors normes. Dès l’âge de 20 ans, il remporte le Tour d’Italie 1940 alors qu’il n’est encore que simple équipier de Gino Bartali au sein de l’équipe Legnano.

L’Homme de Fer, surnom de Bartali, déjà vainqueur du Giro en 1936 et 1937 et deuxième en 1939, terminera cette édition 1940 à la 9e place, à 46 min 09 s de son gregario Coppi.

Deux ans plus tard, en pleine Seconde Guerre mondiale et sans entraînement spécifique, Coppi porte, le 7 novembre 1942, sur la piste du Vigorelli à Milan, le record de l’heure à 45,848 km/h. Une performance que les meilleurs spécialistes de son époque considèrent alors comme quasiment imbattable.

Il faudra attendre treize ans avant qu’un autre champion ose s’attaquer à ce record. Jacques Anquetil échoue une première fois, le 23 octobre 1955, avec 45,175 km/h, puis une deuxième fois le 25 juin 1956, avec 41,260 km/h. Trois jours plus tard, le 29 juin, il parvient finalement à dépasser Coppi en portant le record à 46,159 km/h.

Comme Tadej Pogacar, le Campionissimo aimait s’extraire du peloton pour s’installer seul en tête et maintenir son effort pendant de nombreux kilomètres jusqu’à l’arrivée.

Selon Pierre Chany, journaliste de référence du cyclisme, cette capacité à aller au bout de ses échappées solitaires constitue même une caractéristique exceptionnelle de Coppi : « Il est rigoureusement vrai que Fausto Coppi, une fois évadé de la meute, ne fut jamais rejoint par ses poursuivants dans la période comprise entre 1946 et 1954, aussi vrai que le mètre-étalon déposé au Pavillon de Breteuil mesure cent centimètres. » [Arriva Coppi, éd. La Table Ronde, 1960, 259 p., p. 15]

Fort de l’expérience accumulée au cours d’une carrière professionnelle commencée en 1940, Coppi, dix-sept ans plus tard, à l’automne de son parcours, reconnaissait d’ailleurs sans détour ce qu’il considérait comme sa principale erreur de jeunesse : « Je ne me lancerais plus dans ces interminables échappées qui ont marqué le début de mon activité pro. J’éviterai de gagner des courses avec plusieurs minutes d’avance. C’est un effort insensé qui ne rime à rien. L’essentiel est de figurer au palmarès. » [Le Miroir des Sports, 1957, n° 648, 26 août, p. 17]

Dès 1942, Fausto Coppi évolue dans un cyclisme professionnel marqué par l’usage des amphétamines, alors largement répandues dans le contexte de la guerre et des opérations militaires. Il a recours à ces psychotoniques, réputés favoriser la performance physique, et en consomme notamment sept comprimés lors de son record de l’heure.

Lors d’une interview accordée à la RAI en 1952, il reconnaît consommer ce type de produits chaque fois qu’il court.

Parallèlement, Coppi porte une attention particulière à l’entraînement et à la nutrition. Après sa mort, notamment dans les années 1960 puis encore dans les années 1990, certains journalistes français le présenteront comme l’un des grands précurseurs de la modernisation du cyclisme : travail derrière derny, nutrition, position sur la machine, qualité du matériel – notamment les boyaux – ou encore importance accordée au sommeil.

Cette lecture a parfois conduit à attribuer l’explosion des vitesses de course à ces seules innovations, en laissant au second plan une autre dimension de sa pratique : le recours aux produits dopants, notamment aux amphétamines. Il convient de rappeler que, durant la carrière de Coppi, le dopage n’était pas encore interdit par la réglementation sportive comme il le sera par la suite.

En 2026, cette dimension apparaît désormais explicitement dans la biographie de Coppi sur Wikipédia. L’encyclopédie en ligne consacre un intertitre aux « Apports de Coppi dans le sport cycliste : diététique, technique, entraînement, dopage », ce qui témoigne de l’intégration de cette dimension dans la présentation contemporaine du champion [consulté le 18 septembre 2026].

Signalons les chiffres de sa pleine activité ayant impacté les dernières années de compétition du crack italien qui ne participait qu’à des critériums ne dépassant pas… 45 km.

À l’acmé de sa carrière, entre 1946 et 1954, on relève ainsi :

  • 50 victoires en solitaire ;
  • 3 000 kilomètres parcourus seul en tête ;
  • 192 kilomètres : sa plus longue échappée solitaire ;
  • 14 minutes : son plus large écart à l’arrivée sur son suivant immédiat.

Sans langue de bois, avec l’exigence de rendre compte des faits, différents aspects sont abordés :

  • Check-up (état-civil, morpho-physiologique, staff médico-technique, parcours sportif, professions d’origine)
  • Rayon palmarès (épreuves datées de 1939 à 1959)
  • Rayon incidents de parcours (blessures, problèmes de santé et ‘’sorties’’ de route)
  • Rayon hygiène, entraînement, alimentation
  • Rayon soins et dopage
  • Rayon idée reçue de la presse, notamment française, sur le novateur de l’entraînement, de la nutrition, de l’organisation d’une équipe performante (un seul leader et des équipiers à son service exclusif) ce qui était vrai mais occultant de A à Z son apport majeur aux amplificateurs artificiels de performance alors que Coppi ne s’en cachait pas.
  • Rayon triche autre que dopage
  • Rayon énigme sur la transmission d’un bidon entre Bartali et Coppi (Tour de France 1952)
  • Rayon mémoire : courses ‘’naming’’, stèles et plaques commémoratives
  • Rayon lectures : pour tout savoir sur Fausto Coppi dit Le Héron
  • Livres, documents, hors-séries (46 références)
  • Articles de presse : textes et interviews (69 références)

Tour de France ton histoire – Les vainqueurs du Tour : héros, légendes… et fémurs explosés !

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Le chiffre de 15,6% porte sur les lauréats de la Grande Boucle car cette population réduite est la plus documentée par les médias. L’étude sur l’ensemble des pros – des milliers de coureurs – serait impossible.

Mon expertise de médecin du sport, spécialiste du cyclisme pendant cinq décennies, m’a permis de constater que cette fracture était omniprésente parmi les amateurs qui dépassent les 10 000 km d’entraînement par an (collision routière, pertes d’adhérence sous la pluie, etc.)

Les lauréats du Tour et leurs adversaires directs (30 000 à 40 000 km/an) ont :

  • Des milliers d’heures de course et d’entraînement,
  • Des pelotons denses (chutes collectives)

Les lauréats du Tour et leurs adversaires directs ont :

  • 10 à 15 ans de carrière professionnelle, voire plus,
  • 70 à 100 jours de course par an,
  • 800 à 1 200 courses cumulées.
  • Impact direct du fémur sur le bitume lors d’une chute latérale avec perte d’adhérence de la roue arrière sans décrochage automatique du pied chaussé, fixé à la pédale,
  • Choc direct : bordures, trottoirs, mobilier urbain, glissières,
  • L’un des dix TDF s’est fracturé le fémur en raison d’un bidon éjecté au passage d’un gendarme couché, le TDF roula alors sur l’objet.
  • Collision d’un véhicule à pleine vitesse. Dans la série des 10 TDF, sur 64 lauréats du Tour, 3 ont été victimes d’un engin motorisé (bus, voitures) à l’entraînement, soit 30%.

Interprétation

  • Le fémur est l’os le plus solide du corps humain.
  • Une fracture nécessite un traumatisme majeur avec percussion sur le macadam ou un mobilier urbain (gendarme couché, coussin berlinois, etc.). Dans les autres sports avec chute de 1 à 2 mètres de hauteur, les sportifs tels les cavaliers de concours complet et les jockeys ne tombent pas sur le bitume. Les motards qui chutent, eux, glissent le plus souvent sur la chaussée pendant plusieurs mètres sans percussion directe sur la zone trochantérienne.
  • Que 15,6% des vainqueurs du Tour de France aient subi cette fracture signifie que le cyclisme professionnel est l’in des sports les plus traumatiques en termes de fractures graves.

LA CLAVICULE : l’autre fracture du cycliste du Tour de France – 35 vainqueurs sur 64 (54,7%)

Mais le cycliste est également exposé à d’autres fractures, notamment la plus courante : la cassure de la clavicule à la suite d’une chute sur l’épaule avec contact sur le bitume.

L’étude sur les lauréats du Tour de France de 1903 à 2026 dénombre 35 vainqueurs sur 64 victimes d’une fracture de la clavicule, soit 54,7% !

Il faut ajouter que certains de ces 35 TDF ont été victimes de leur clavette plusieurs fois.

Les instances (UCI, organisateurs) doivent prendre des mesures efficaces pour limiter l’hécatombe

Tous ces chiffres montrent bien que le cycliste pro est surexposé à la casse osseuse et ce depuis toujours.

Il est grand temps que les experts se réunissent pour repenser l’organisation des courses cyclistes en terme du nombre de partants, de sprints massifs, d’obstacles urbains et de géométrie des vélos.

En fichier joint : Liste des fractures du fémur et du bassin chez les lauréats du Tour de France de 1903 à 2026

Tour de France – Pourquoi ne doit-on pas croire aux classements des performances basés sur les calculs des watts…

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De la pseudo-science ou l’art de transformer des approximations en vérités absolues

Même dans ‘’la preuvepar21’’, l’auteur – un irréductible des watts – reconnaît enfin : « Pour bien évaluer les w/kg réels sur le dernier col il faudrait peser les coureurs à l’arrivée des étapes. » [Post sur X le 22.07.2026]

3e article

Tour de France – Des watts, encore des watts : une pseudo-preuve du dopage !

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Au final, un diagnostic de triche pas plus scientifique qu’une rumeur !

2e article

par Laurent Heurtois

Spécialiste datas et optimisation de la performance (ergonomie, biomécanique); a travaillé chez Wattbike France, un importateur d’ergomètre

Les ignorants persistent à ne parler que de watts (dans les compétitions amateurs et même sur les cyclos comme Paris-Nice ou l’Etape du Tour), ils n’ont que ça à la bouche du matin au soir.

Mais que faire de ces données aléatoires surtout si l’on n’est pas data scientist?

Même les commentateurs et consultants de France Télévisions s’y mettent en admettant du bout des lèvres qu’ils n’ont pas les compétences!

Jeter en pâture des chiffres, pour en déduire qu’untel est chargé, sans tenir compte :

  • de ce que nous avons abordé dans un précédent article (publié le 11 juillet),
  • du coureur caché derrière la voiture d’un directeur sportif pour bénéficier de l’aspiration,
  • du bidon collé à répétitions qui fausse littéralement les données en temps
  • ou encore, par exemple, Nairo Alexander Quintana Rojas (spécialiste de la triche), qui s’agrippe à une moto au Tour de France 2016 et 2022 et adepte du tramadol, un antalgique puissant qui lui a fait perdre sa 6e place finale du Tour 2022.

Et les gains marginaux ? Comment, également, ne pas tenir compte des gains marginaux (vélo, équipement, aérodynamisme,…) ?

Il n’y a rien d’étonnant à ce que les moyennes évoluent positivement et qu’il y ait moins d’abandons dans les étapes difficiles.

Toujours les watts ? Stop à cette pseudo-science égarant les naïfs sans culture scientifique

Arrêtons de parler des watts et W/kg surtout lorsque l’on ne connaît pas les subtilités physiologiques (poids du coureur et de son équipement, avec ou sans bidon au départ de la course et déshydratation durant l’épreuve…) 

Comment indiquer des w/kg quand la presse donne souvent des chiffres erronés sur les poids des coureurs, poids qui peut varier de plusieurs kilos par rapport à la réalité! Les pseudos experts ne connaissent pas le poids réel au moment de leur calcul !

Autre exemple : un directeur sportif qui indique aux oreillettes de ses coureurs que la montée va se faire à tant de W/KG alors que ses propres coureurs n’ont pas du tout le même poids et le même objectif, et le plus désolant, c’est publié en direct à la télé, c’est totalement lunaire!

Par contre, tout le monde s’offusque lorsque des coureurs sont contrôlés en pleine nuit (il est vrai que des pratiques similaires de traque antidopage n’existent pas dans les autres disciplines), allant même – par un ancien coureur français impliqué dans des révélations – jusqu’à se poser la question de savoir si Jonas Vingegaard n’a pas chuté dans cette 15e étape du TDF 2026, à cause du contrôle antidopage nocturne un comble!

Ces contrôles antidopage ont été diligentés par l’International Testing Agency (ITA, fondée en 2018) et en partenariat avec l’UCI depuis 2020, pour, d’après les instances, des suspicions concordantes!

Seule la lutte antidopage – avec les noms des molécules détectées et pour celles qui ont un seuil de positivité leurs quantités trouvées dans les urines et/ou le sang – peut prouver qu’un athlète est dopé mais certainement pas les watts ou W/kg.

Laurent Heurtois

COMMENTAIRES Dr JPDM le 21 juillet 2026

Watts : méthode scientifique ou calculs-horoscope des pseudos s’exprimant sur le réseau social X ?

Les calculs de puissance d’un prof d’EPS (coach cycliste) et d’un ingénieur, publiés sur X, ne sont pas une preuve scientifique du dopage Ce sont des estimations biomécaniques dont la validité dépend de la précision des hypothèses, mais qui ne permettent pas, à elles seules, de conclure qu’un coureur est dopé.

La méthode repose sur des principes physiques réels. À partir de la vitesse, de la pente, de la longueur de l’ascension, du poids estimé du coureur et du vélo, de la résistance au roulement et de l’aérodynamique, le ‘’binôme des watts’’  estime la puissance développée. En ce sens, il ne s’agit pas d’inventer des watts « devant la télévision » : les calculs utilisent les lois de la mécanique.

En revanche, plusieurs limites importantes rendent les chiffres beaucoup moins percutants :

  • le vent est souvent mal connu,
  • le poids exact du coureur varie et est, le plus souvent faux,
  • la position aérodynamique et la surface frontale sont estimées,
  • l’aspiration derrière d’autres coureurs est difficile à modéliser,
  • les données de puissance réellement mesurées par le capteur du coureur ne sont généralement pas disponibles.

Ces incertitudes peuvent modifier le résultat de plusieurs pourcents, ce qui est loin d’être négligeable lorsqu’on cherche à distinguer une performance « humaine » d’une performance « suspecte ». Des physiologistes et spécialistes de la performance ont contesté l’idée que ces calculs puissent servir de preuve individuelle de dopage.

Le point le plus controversé est l’utilisation de seuils (410 W, 430 W, 450 W. .. ) pour qualifier des performances de ‘’suspectes’’, ‘’miraculeuses’’ ou ‘’mutantes’’. Ces seuils ne sont pas reconnus comme des critères officiels par les instances antidopage telles que l’Agence mondiale antidopage (AMA) ou l’UCI.

En pratique, les calculs du ‘’binôme des watts’’ sont utiles comme outil d’analyse ou comme indice. Si une performance estimée est très supérieure à ce qui est habituellement observé, cela peut justifier de s’interroger.

En revanche, cela ne constitue pas une démonstration scientifique qu’un coureur soit dopé. Pour établir un dopage, il faut des preuves analytiques : contrôles biologiques, passeport biologique, analyses de laboratoire mais aussi aveux ou éléments d’enquête pouvant témoigner du dopage.

Pourquoi cela séduit quand même ?

Parce que ça donne l’illusion d’un savoir scientifique : ça flatte l’ego du pseudo (« moi je vois ce que les autres ne voient pas »), ça lui permet de lancer des accusations sans preuves, d’avoir le soutien, sur les réseaux, de milliers de followers au bagage scientifique nul, incapables de discerner le vrai du faux… sans lesquels il n’existerait pas.

C’est le dopage des ‘’experts du Bar des Sports’’ : tout pour l’effet, rien pour l’éthique, et zéro courage derrière car :  « Je sais tout ce que prennent d’illicite les coureurs mais… je ne dis rien de concret, je crains les procès en diffamation.»

En réalité, ce qu’il sait sur les produits ne ferait pas avancer plus vite un escargot de compétition !

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES WATTS – Blog JPDM – Tour de Fance – Watts : des comparaisons à la louche ! POINT de VUE Laurent Heurtois (1er article) – publié le 11 juillet 2026 – publié le 11 juillet 2026

Tour de France ton histoire – La Grande Boucle sous canicule n’a rien d’inédit

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La Grande Boucle sous canicule n’a rien d’un phénomène nouveau. Si certains pointent le dérèglement climatique pour expliquer la multiplication récente des épisodes de surchauffe, la chaleur écrase le Tour depuis des décennies. Les éditions 2019, 2023 ou 2026 ont rappelé que la fournaise fait désormais partie du décor estival, mais l’histoire du Tour regorge déjà de journées brûlantes où les coureurs ont dû composer avec des températures extrêmes.

Les clichés des Tours anciens rappellent ces journées écrasantes où l’ingéniosité valait autant que les jambes. On y voit des coureurs cherchant l’ombre, s’aspergeant à chaque fontaine, ou bricolant des systèmes de refroidissement maison pour tenir jusqu’à l’arrivée. La canicule n’a jamais épargné la Grande Boucle. Elle s’est simplement invitée plus souvent ces dernières années.

En fichier PDF – Des archives qui témoignent d’une lutte permanente contre la chaleur

POUR EN SAVOIR PLUS – BLOG JPDM – Autre lien sur surchauffe de l’air et effort physique prolongé

Tour de France ton histoire – Canicule : attention à la surchauffe boostée par la compétition. Aspersions et ablutions, deux techniques efficaces limitant la montée des degrés corporels – publié le 29 juin 2019

Jeux olympiques de Paris – La surchauffe va perturber les épreuves et les entraînements programmés dans Paris et sa région. Alerte aux méfaits des médicaments associés à de fortes contraintes thermiques. L’été, en plus des athlètes olympiques, il y a de très nombreuses personnes qui continuent à se maintenir en forme en courant, pédalant ou en jouant au tennis – publié le 31 juillet 2024.

Tour de France 2026 – Antisurchauffe : l’équipe Visma porte un maillot noir malgré les fortes chaleurs annoncées. Pourquoi le maillot noir de Visma en 2026, de Sky de 2010 à 2018 et de Tudor depuis 2023, n’est pas pénalisant face à la surchauffe de l’été ? Depuis 1906, les scientifiques à juste raison en l’état actuel des connaissances, expliquent que les couleurs claires, notamment le blanc, sont plus adaptées face à l’intensité du rayonnement solaire – publié le 05 juillet 2026

Tour de France / Physiologie – La surchauffe s’invite sur la Grande Boucle. Comprendre ce qu’il faut faire pour ne pas cramer. Une image, des infos – publié le 10 juillet 2026

Tour de France ton histoire – Ravitaillement liquide de 1903 à 2026

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Des récipients en verre interdits dès 1911, à l’autorisation du ravitaillement en boissons en pleine course — qui ouvrira la voie au bidon‑motorisé — jusqu’à l’apparition de la moto fraîcheur en 1998 : le texte et l’image retracent 123 ans d’évolution du ravitaillement cycliste.

FICHIER PDF – Evolution du transport liquide sur les routes du Tour de France de 1903 à 2026

POUR EN SAVOIR PLUS – BLOG JPDM – Autre lien à consulter sur le ravitaillement du cycliste TDF

Tour de France – Jour de repos : récupérer en roulant au train, sans forcer, et non faire relâche

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Pour un cycliste du Tour de France, un jour de repos n’est pas un véritable jour de repos. C’est une journée de récupération active dont l’objectif est de restaurer les capacités physiologiques tout en évitant les effets négatifs d’une inactivité complète. Cette journée présente plusieurs contraintes.

Après 9 étapes consécutives à haute intensité (moyenne du peloton : 41,8 km/h), les muscles présentent :

  • des microlésions des fibres musculaires,
  • une inflammation locale importante,
  • une diminution des réserves de glycogène, même avec une alimentation adaptée.

Le jour de repos est consacré à :

  • entraînement léger (1 à 2 heures à faible intensité, soit 50 à 60% de la PMA (puissance maximale aérobie) pour maintenir l’activité de la circulation sanguine en mode endurance,
  • massages,
  • séances de compression, de cryothérapie ou d’immersion en eau froide selon les équipes,
  • alimentation riche en glucides et en protéines.

L’objectif est d’accélérer la réparation sans créer de fatigue supplémentaire.

Un arrêt complet de l’exercice peut entraîner :

  • une diminution du volume plasmatique,
  • une sensation de jambes« lourdes » le lendemain,
  • une perte temporaire de sensations neuromusculaires.

C’est pourquoi presque tous les coureurs roulent durant le jour de repos.

On parle souvent d’une récupération active, généralement à moins de 55-60 % de leur PMA

Après 1 421,5 km parcourus :

• le cortisol reste élevé,

• la testostérone diminue,

• certaines hormones impliquées dans la récupération sont perturbées.

Le sommeil et la nutrition deviennent donc essentiels pour rééquilibrer progressivement ces paramètres.

Les efforts répétés provoquent une baisse transitoire des défenses immunitaires

• augmentation du risque d’infections ORL,

• plus grande sensibilité aux virus circulant dans les hôtels ou les transferts,

Les équipes limitent les contacts extérieurs (certains coureurs portent des masques en zone à risques, par exemple Jonas Vingegaard et Pauls Seixas ), surveillent l’hygiène et adaptent parfois les apports en vitamines et en énergie.

Un coureur peut dépenser entre 5 000 et 8 000 kcal lors d’une étape de montagne. Le jour de repos, il faut :

• continuer à reconstituer les réserves de glycogène,

• réparer les tissus musculaires (ajout de protéines),

• en raison de la détente psychologique lors des repas du jour : éviter de se suralimenter.

L’équilibre est délicat : manger suffisamment pour récupérer, mais pas davantage par rapport à la diminution de la dépense énergétique du jour

Le cœur et le système circulatoire sont fortement sollicités pendant les 9 étapes

Le jour de repos permet :

• une diminution de la fréquence cardiaque de repos,

• une meilleure réhydratation,

• une restauration du volume sanguin.

Cependant, la récupération est loin d’être complète, car la course reprend dès le lendemain.

La charge psychologique est considérable ,

• concentration permanente (rouler en peloton pendant des heures guidon contre guidon),

• stress lié aux chutes (plus fréquentes en première semaine),

• pression des objectifs de performance (différents classements mobilisent de nombreux coureurs)

• sollicitations médiatiques(leaders, échappés, régionaux).

Le jour de repos comprend souvent :

• des interviews,

• des réunions d’équipe,

• des soins médicaux,

• des déplacements,

• des contacts en live ou par téléphone avec la famille (compagne, enfants, parents).

Le temps réellement consacré au repos est donc plus limité qu’il n’y paraît.

De nombreux coureurs rapportent que l’étape suivant le jour de repos est souvent l’une des plus difficiles. Plusieurs mécanismes peuvent l’expliquer :

• perte de rythme liée à une baisse d’activité,

• récupération incomplète malgré le repos,

• modification des sensations musculaires,

• changements hormonaux et métaboliques.

Les staffs médico-sportifs cherchent donc à maintenir une légère stimulation de l’organisme sans ajouter de fatigue.

Certains y trouvent un effet réparateur si c’est avec sa partenaire habituelle.

D’autres un contrecoup néfaste. C’était l’avis de Jacques Anquetil, quintuple lauréat du Tour qui, à la question sexe ou pas ?, répondait : « Le jour de repos où j’ai sacrifié à la bagatelle, le lendemain j’ai subi un coup de mou ! Dès lors, je me suis abstenu. »

POST-IT – Récupération – Depuis 2005, les injections ou perfusions de 100 ml sur une période de 12 heures sont interdites même si la substance injectée n’est pas dopante (exemple : réhydratation par du sérum physiologique).

Problème : la perfusion de récupération avec du sérum physiologique n’est pas détectable lors d’un contrôle. Il faut que l’inspecteur antidopage surprenne sur le fait le contrevenant. Peu probable !

En résumé

Le jour de repos vise à trouver un équilibre entre récupération et maintien des adaptations physiologiques. Les principales contraintes sont :

• réparer les muscles sans perdre le rythme,

• reconstituer les réserves énergétiques,

• limiter l’inflammation et la fatigue hormonale,

• préserver le système immunitaire,

• gérer la fatigue mentale,

• préparer l’organisme à repartir à très haute intensité dès le lendemain.

Chez les meilleurs coureurs du Tour, cette journée est minutieusement planifiée. Chaque heure est optimisée (entraînement léger, soins, nutrition, sommeil et récupération) afin d’aborder la deuxième semaine avec le moins de fatigue résiduelle possible et un mental ressourcé vers l’objectif.

En fichier joint : Album photos des jour de repos du Tour de France, années 1970

Tour de France – Un élixir de jouvence confirmé par les stats

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Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les coureurs du Tour de France ont une durée de vie raccourcie, l’analyse des états civils de 5 393 cyclistes ayant pris le départ d’au moins une édition entre 1903 et 2025 démontre que la participation à la Randonnée de Juillet  est un élixir de longévité pouvant dépasser 7 ans pour les générations actives dans les années 1950-1960.

RAYON LECTURE – Texte paru dans Echo Magazine (hebdo suisse) du 02 juillet 2026 – rédigé par Philippe Lambert sur la base d’un entretien avec le Dr Jean-Pierre de Mondenard

Les stats démontrent que la pratique cycliste, même de haut niveau, n’est pas un frein à la durée de vie (lire Echo Magazine).

En revanche, les études parcellaires effectuées dans le bodybuilding et les hommes forts consommateurs de stéroïdes anabolisants sur de longues durées, confirment que les engrais musculaires pénalisent sensiblement la santé, notamment cardiovasculaire.

Dans le but d’avancer sur la réalité du dopage sur la durée de vie des gros bras hypermusclés, il faut réaliser des recherches plus exhaustives.

Mr America depuis 1939, Univers (1948), Olympia (1965). Cette population de consommateurs de stéroïdes anabolisants doit permettre d’appréhender la réalité des effets délétères des engrais musculaires. De même, un travail sur la durée de vie des sportifs de RDA dopés à grande échelle de 1968 à 1988 doit chiffrer les véritables conséquences de cette médicalisation de la performance. Le problème dans ce genre de recherches c’est que personne au sein du milieu sportif ne souhaite entreprendre un tel travail qui, forcément, démontrera que les valeurs du sport naviguent aux antipodes de l’éthique médicale et sportive.

Pour la RDA, il y a peu d’espoir pour voir aucune étude crédible être effectuée. En revanche, sur les culturistes des Mrs America, Univers et Olympia, cela doit être réalisable.

EN FICHIER JOINT (PDF) – Tout roule et pour longtemps (texte de Philippe Lambert) – Echo Magazine n° 19 du 2 juillet 2026