Tour de France – Hommage aux 96 cyclistes ayant participé à la Grande Boucle et morts en compétition, à l’entraînement ou lors de sorties cyclistes

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Etude couvrant la période 1903-2025

Depuis près de cinquante ans, je recueille et consolide des données d’état civil concernant les coureurs du Tour de France, en collaboration avec d’autres passionnés, dont Philippe Fetter, archiviste reconnu pour la rigueur de ses travaux dans ce domaine.

Dès 2018, j’avais publié sur ce blog le fruit de mes recherches consacrées aux cyclistes du Tour de France morts pour la France ou leur patrie lors de la Première Guerre mondiale (MPLF / MPLP). Entre 1903 et 1914, lors des douze premières éditions de la Grande Boucle, 673 « forçats de la route » prirent le départ. Parmi eux, 62 périrent durant le conflit de 1914-1918, soit 9,2 %.

Dans la présente étude, je m’intéresse plus précisément aux 96 coureurs du Tour de France décédés en course, à l’entraînement ou, plus tard, lors de sorties cyclistes destinées à entretenir leur condition physique après la fin de leur carrière professionnelle.

À 34 reprises, le décès est consécutif à un malaise, le plus souvent d’origine cardiaque, plus rarement à un accident vasculaire cérébral. Dans deux cas, de fortes chaleurs ont clairement contribué à la défaillance fatale.

Un autre contingent important concerne 31 Géants de la Route victimes d’une collision avec un véhicule à moteur. Pratiquant moi-même le cyclisme au long cours — avec plus de 320 000 kilomètres parcourus — j’analyse plus loin le conflit persistant entre vélos et engins motorisés partageant les mêmes infrastructures routières.

Les 31 autres décès sont dus à des chutes provoquées par des obstacles routiers (ralentisseurs, mobilier urbain), des incidents mécaniques (saut de chaîne), ou encore des causes imprévisibles telles que la présence d’animaux (chiens).

Depuis 1903, 5 393 coureurs différents ont pris au moins une fois le départ du Tour de France. Parmi eux, 31 sont morts après avoir été heurtés par un véhicule à moteur.
Si ce chiffre ne représente « que » 0,6 % (31 / 5 393), il demeure bien trop élevé. D’autant que nombre de ces accidents mortels sont directement liés à des comportements irresponsables de certains automobilistes.

Avec l’expérience, j’ai compris qu’au franchissement d’un giratoire, le cycliste ne bénéficie jamais réellement de la priorité, qu’un véhicule arrive de droite ou de gauche. L’automobiliste aperçoit de loin le cycliste engagé dans le rond-point. Pourtant, malgré la signalisation invitant à ralentir, le chauffard — ils sont nombreux — accélère souvent pour passer devant le deux-roues.

En définitive, c’est au cycliste d’anticiper, de gérer le trafic et de céder le passage, même lorsqu’il s’est engagé le premier dans le giratoire.

Ce comportement potentiellement homicide est facilité lorsque le terre-plein central, dépourvu de végétation, offre une visibilité totale au conducteur, mais aussi lorsque la courbure de la chaussée est peu marquée, favorisant une vitesse excessive des véhicules motorisés.

En pièces jointes, je propose un document exclusif : le martyrologe des cyclistes ayant pris le départ au moins d’un Tour de France et victimes à l’entraînement ou en compétition :

  1. d’une défaillance cardiaque (34)
  2. d’une collision avec un véhicule à moteur (auto, camionnette, camion, bus) (31)
  3. d’une chute (31)

Liste par ordre chronologique 1920 – 2025

Liste par odre alphabétique 1920 – 2025

Dopage – Les suicides chez les cyclistes du Tour de France sont-ils plus fréquents depuis le séisme de l’affaire Festina ?

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La réponse est non. Ils sont même en nette diminution. Selon notre étude, les produits utilisés pour améliorer la performance ne favorisent pas le passage à l’acte suicidaire chez les coureurs de la Grande Boucle.

Dans un billet publié sur ce blog le 1er décembre 2018, je répondais déjà à un lecteur qui s’interrogeait sur une supposée plus grande « sensibilité » des Géants de la Route face au suicide.
Vingt-sept ans plus tôt, le 19 novembre 1998, nous avions présenté avec le journaliste Michel de Pracontal, dans Le Nouvel Observateur, une synthèse issue d’une enquête rétrospective portant sur la longévité des coureurs du Tour de France ayant participé à l’épreuve entre 1947 et 1998.
Cette analyse montrait que les Rois de la pédale n’étaient pas davantage exposés au suicide que le reste de la population.

Une baisse marquée depuis 1998 Afin de vérifier si cette tendance s’était modifiée au cours des vingt-sept dernières années, j’ai repris un travail minutieux à partir des données d’état civil relevées jour après jour (voir tableau).

Les résultats sont sans appel : la proportion de suicides, qui s’élevait à 6,7 % sur la période 1947-1998, a été divisée par plus de deux pour atteindre 2,3 % entre 1999 et 2025. Sur les dix-huit coureurs concernés par la période récente (1998-2025), dix ont été impliqués dans des contrôles positifs ou des affaires de dopage, souvent très médiatisées. Pourtant, l’analyse des chiffres montre clairement que les médicaments de la performance n’ont pas d’influence mesurable sur la fréquence des suicides.

À titre de comparaison, en 2023, on dénombrait 317 207 décès chez les hommes en France. Parmi eux, Santé publique France recensait 6 636 suicides, soit un taux de 2,09 %. Cette proportion est quasiment identique à celle observée chez les anciens coureurs du Tour de France pour la période 1999-2025 (2,1 %).
En clair, cela signifie que le dopage ne majore pas la fréquence des suicides chez les cyclistes masculins et pourtant certains consomment des médicaments associés au risque de suicide (stimulants, glucocorticoïdes…)

Des comparaisons à manier avec prudence

Toute comparaison entre les suicides des cyclistes du Tour de France et ceux de l’ensemble de la population française doit toutefois intégrer plusieurs facteurs susceptibles de biaiser l’analyse :

  1. Le peloton du Tour de France est exclusivement masculin, alors que près des trois quarts des suicides dans la population générale concernent des hommes.
  2. Les classes d’âge 15-24 ans et 25-34 ans sont absentes ou très faiblement représentées chez les coureurs du Tour, les plus jeunes participants ayant déjà dépassé la vingtaine. Or, le taux de suicide augmente avec l’âge : pour 100 000 habitants, il est de 6,4 chez les 15-24 ans et de 12,2 chez les 25-34 ans.
  3. Environ 28 % des suicides concernent des personnes âgées de plus de 65 ans. Parmi les anciens coureurs du Tour, sept cas relèvent de cette tranche d’âge, soit 24,1 %.
  4. Le doyen des anciens coureurs recensés est décédé à 93 ans. Dans la population générale, l’incidence du suicide atteint 29,6 pour 100 000 habitants chez les 75-84 ans et 40,3 chez les 85-94 ans.

Tour de France ton histoire – Dès la première édition en 1903, les coureurs ont une durée de vie hors norme

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Et ce malgré le dopage !

Dès l’édition inaugurale de 1903, les Géants de la Route présentent une durée de vie moyenne nettement supérieure à celle de la population française de leur époque. En dépit de l’usage alors courant d’amplificateurs artificiels de performance, autrement dit de produits dopants.

Dès les premiers Tours, la pharmacie des coureurs est bien fournie : alcool (vin Mariani, Désiles, Bénédictine…), caféine (Kola-food), strychnine, éther, quinquina, cocaïne, opium ou encore nitroglycérine.

Les données qui suivent concernent les coureurs ayant participé aux premiers Tours de France depuis 1903. À ce jour, aucun travail n’a analysé de manière systématique la longévité de ces pionniers de la Grande Boucle.

Sur les 60 coureurs au départ de la première édition, 53 ont pu être identifiés grâce aux documents d’état civil. Leur durée de vie moyenne est la suivante :

  • Finishers : 74 ans et 6 mois
  • Non classés : 64 ans et 9 mois
  • Ensemble des coureurs : 68 ans et 5 mois

À titre de comparaison, l’espérance de vie en France autour de 1903 est estimée à environ 48 ans. Autrement dit, la population générale vivait nettement moins longtemps que les coureurs du Tour : environ 45 à 48 ans contre 68 ans et 5 mois pour les Géants de la Route.
En tenant compte de la forte mortalité infantile de l’époque, l’écart réel est probablement inférieur à 20 ans, mais demeure néanmoins très significatif.

Un autre indicateur met en évidence, dès le premier quart du XXᵉ siècle, les bénéfices du cyclisme de haut niveau sur la santé : le pourcentage exceptionnellement élevé de coureurs dépassant l’âge de 60 ans.

Dans Science et Vie, il est précisé qu’en 1936 — année correspondant aux 60 ans des participants du premier Tour de France — la population française ne compte que 14,7 % de personnes âgées de plus de 60 ans.
Or, l’étude des états civils des pionniers du Tour de France 1903 montre que 81 % d’entre eux ont dépassé cet âge dans les années 1930.

De même, alors que la durée de vie moyenne en France atteint 63 ans en 1950, les coureurs des Tours de France 1926 atteignent en moyenne 72 ans et 7 mois.

Toujours selon Science et Vie, en 1955, les personnes de plus de 60 ans représentent 16,2 % de la population française. Comparons ce chiffre avec nos recherches personnelles concernant les coureurs ayant participé aux Tours de 1920 à 1926 :

  • TDF 1920 : 80 %
  • TDF 1921 : 84,3 %
  • TDF 1922 : 84,9 %
  • TDF 1923 : 80,9 %
  • TDF 1926 : 82,6 %

Tous ces chiffres constituent une preuve indiscutable : les coureurs du Tour de France bénéficient d’une longévité exceptionnelle, et ce malgré un dopage omniprésent depuis la première édition en 1903.

Pourquoi, dès lors, le cyclisme est-il perçu depuis des décennies par certains ultracrépidariens comme un sport de dopés mettant en péril la santé de ses pratiquants ?

L’amalgame entre dopage et effets secondaires délétères remonte aux premières lois antidopage et antistimulants du milieu des années 1960. À l’époque, le principal argument avancé par les responsables politiques est le danger supposé pour la santé.

Il est vrai qu’au début des années 1960, plusieurs décès de cyclistes — mais aussi de footballeurs — survenus en pleine épreuve ont choqué l’opinion publique.

Toutefois, l’ensemble de ces décès était lié à une combinaison bien précise : effort physique intense sous amphétamines, associé à un facteur aggravant commun, la forte chaleur.

La conjonction de ces trois éléments – effort prolongé, température élevée et amphétamines – entraînait une hyperthermie conduisant à des défaillances cardiovasculaires. Très rapidement, le peloton a compris que la prise d’amphétamines par forte chaleur était dangereuse.

À ce sujet, au début des années 1970, j’ai vu un cycliste professionnel ouvrir sa valise après une étape. Elle contenait plusieurs médicaments et fioles, chacune accompagnée d’une étiquette indiquant la posologie selon le type de course. Face à la boîte d’amphétamines, une mention figurait en rouge :
« Ne pas prendre lorsqu’il fait chaud ».

Depuis lors, les décès en course liés aux amphétamines ont disparu.

Aujourd’hui, la longévité des 5 393 concurrents ayant pris le départ d’au moins une édition du Tour de France depuis 1903 démontre clairement que les effets positifs du cyclisme de compétition sur la santé sont largement supérieurs aux effets négatifs des produits de la performance.

Le paradoxe persiste pourtant : en 2026, certains continueront de mettre en avant les effets prétendument néfastes des dopants sur la santé des cyclistes, alors que ces derniers présentent, depuis plus d’un siècle, une longévité largement supérieure à celle de la population générale, mais aussi à celle des pratiquants de nombreux sports majeurs comme le football ou le rugby.

Il est temps de changer de paradigme et de passer de l’antienne « le cyclisme est un sport de dopés » à une réalité étayée par les faits : « le vélo, même intense et médicalisé, est bénéfique pour la santé ».

En pièces jointes (PDF), les données chiffrées sur la durée de vie des coureurs du Tour de France 1903 mais aussi 1926 (génération suivante) ainsi que les années 1947 à 1952 (2e génération).

Tous ces résultats démontrent l’effet positif du vélo sur la santé des concurrents du Tour de France depuis sa première édition en 1903.

Tour de France ton histoire – Et si le Monument n° 1 du cyclisme était un élixir de longévité ?

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Les anciens cyclistes du Tour de France décédés ces quatre dernières années (2022-2025) ont bénéficié d’un avantage de longévité d’environ 7 ans 2 mois par rapport à la population générale de cette période. Depuis 2022, ma contribution annuelle d’hommages aux disparus montre qu’en 2025, 30 Géants de la Route nous ont quittés. Ils étaient 37 en 2022, 28 en 2023, 33 en 2024. Les 30 Tour de France décédés en 2025 avaient atteint une longévité moyenne de 82 ans 11 mois (voir tableau)

SYNOPSIS –  Et si le Tour de France était un élixir de longévité ?

Les anciens cyclistes du Tour de France bénéficient d’un avantage de longévité d’environ 7 ans et 2 mois par rapport à la population générale. Depuis 1970, en recensant de manière exhaustive les données d’état civil des 5393 Géants de la Route ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France, je constate un allongement constant de la durée de vie, ainsi qu’une proportion très élevée de nonagénaires parmi les anciens coureurs. Entre 2022 et 2025, près de 29 % des cyclistes décédés avaient plus de 90 ans, contre 7,8 % dans la population française (Insee), soit près de quatre fois plus. Ces résultats s’observent également chez les générations anciennes, notamment celle du Tour 1951.

Si le dopage a existé — comme dans d’autres sports — les données suggèrent qu’il n’a pas eu d’impact négatif mesurable sur la longévité des coureurs. Les éventuels effets secondaires seraient largement compensés par les bénéfices sanitaires de la pratique intensive du cyclisme. Ainsi, le dopage apparaît avant tout comme un problème éthique lié à la performance, et non comme un enjeu de santé publique, remettant en cause le discours traditionnel des instances antidopage fondé sur des arguments sanitaires non démontrés.

L’analyse des cyclistes du Tour de France décédés entre 2022 et 2025 met en évidence un avantage de longévité de 7 ans et 2 mois par rapport à la population générale.
L’âge moyen au décès est en effet de 82 ans et 10 mois chez les anciens coureurs, contre 75 ans et 8 mois pour l’ensemble de la population. Ce différentiel concerne notamment des générations ²souvent qualifiées, à tort ou à raison, de « dopées ». Depuis 1970, je recense de manière exhaustive les données d’état civil et de longévité des 5 393 “Géants de la Route” ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France, de 1903 à 2025, soit 112 éditions.

Toutes les périodes étudiées (1903, 1926, 1951, puis 2022-2025) montrent un allongement significatif de la durée de vie des coureurs de cette épreuve mythique.
Deuxième indice objectif en faveur des bienfaits du cyclisme, même pratiqué à très haut niveau : la proportion croissante d’anciens coureurs franchissant 90 ans. Dès mes premières études sur la longévité des Géants de la Route, cette singularité apparaissait nettement par rapport aux sports les plus populaires en France, comme le football ou le rugby.
Ainsi, sur la période 2022-2025, 28,9 % des anciens cyclistes du Tour décédés avaient 90 ans ou plus. De manière comparable, parmi les 121 partants du Tour 1951, aujourd’hui tous décédé (sauf un), 27,6 % ont franchi le cap des 90 ans. À titre de comparaison, dans la population française en 2024, la part des décès concernant des personnes de plus de 90 ans n’atteint pour les hommes que 7,8 %. Autrement dit, le pourcentage observé chez les anciens cyclistes du Tour est près de quatre fois supérieur.

Bien sûr que non ! Le cyclisme n’est ni plus ni moins concerné que d’autres disciplines comme le football, le rugby ou le tennis. En revanche, affirmer que le dopage réduirait la durée de vie des pratiquants de la « petite reine » relève du mythe, voire du bobard, parmi tant d’autres adressés à ce sport et à son fleuron, le Tour de France.

Le gain de 7 ans et 2 mois observé chez les générations ayant couru dans les années 1950-1960 montre que les éventuels effets secondaires du dopage ont été massivement compensés par les bénéfices sanitaires d’une pratique cycliste intensive.
Rappelons qu’à cette époque, dans l’immédiat après-guerre, les amphétamines — aujourd’hui classées comme dangereuses — étaient omniprésentes, non seulement dans le peloton, mais aussi en alpinisme, en football, en voile et dans bien d’autres disciplines. Au regard de ces données vérifiables, il serait temps que les instances antidopage, les dirigeants fédéraux et les responsables politiques cessent d’agiter l’argument sanitaire. Aucun d’entre eux ne dispose d’un véritable cursus universitaire centré sur la santé, et encore moins d’études rétrospectives solides sur la longévité des sportifs de haut niveau.

Prétendre justifier leur statut de dirigeants en affirmant qu’ils protègent la santé des athlètes constitue une imposture, tant dans le discours que dans les faits.

La seule raison valable de lutter contre le dopage réside dans son efficacité sur la performance. En clair, le dopage est avant tout un problème d’éthique sportive, et non un problème de santé publique.

Tour de France ton histoire – Mémoires de lieux d’exploits et de drames – 12 sites supplémentaires

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Des exploits gravis dans les ascensions, des drames vécus dans les descentes…

À travers ces témoignages commémoratifs gravés dans la pierre, se dessine la mémoire vivante du Monument n°1 du cyclisme.

Affiche colorée sur le Tour de France, affichant les mots '45 Sites-mémoires (cols et côtes) perpétuent Exploits et drames des Géants du Tour'.

Dans la continuité de notre inventaire des lieux de mémoire (cols et côtes) honorant les exploits et les tragédies des cyclistes professionnels, nous présentons ici un complément d’information.
Celui-ci fait suite aux suggestions de plusieurs lecteurs ayant signalé quelques oublis dans la première version — publiée le 8 novembre dernier — qui recensait 33 sites commémoratifs.

Avec ces 12 nouveaux lieux, la liste atteint désormais 45 sites-mémoires.
Il est toutefois probable qu’elle ne soit pas encore exhaustive.
Merci à tous ceux qui contribueront à l’enrichir.

Même très exigeant dans mes recherches, je ne suis pas exempt moi non plus de faire des erreurs. C’est pourquoi, je demande aux lecteurs avertis – sur la base de documents d’époque – de me communiquer les éventuels manques. Merci d’avance.

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com – Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD – Facebook : Jean Pierre Demondenard

EN FICHIER JOINT – Mémoire des cols :12 sites supplémentaires

Tour de France ton histoire – Mémoires de 33 Lieux d’Exploits et de Drames (cols et côtes)

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Des exploits accomplis lors des ascensions, des drames vécus au cours des descentes…


À travers ces témoignages commémoratifs gravés dans la pierre, se dessine la mémoire durable du Monument n°1 du cyclisme.

Affiche colorée sur le Tour de France mentionnant 33 sites-mémoires honorant les exploits et drames des champions.

J’ai recensé 33 lieux de mémoire — plaques, stèles, monuments, etc. — situés pour la plupart au sommet d’un col ou d’une côte emblématique du Tour de France, mais pas uniquement.
Chaque site évoque un moment fort : les exploits ou les drames, les champions concernés, les circonstances qui les ont rendus légendaires, et la nature de l’objet commémoratif qui perpétue leur souvenir.

Parmi les figures emblématiques honorées à travers ces 33 sites-mémoires, figurent de grands vainqueurs du Tour de France tels que Fausto Coppi et Louison Bobet à La Casse Déserte, René Pottier au sommet du col du Ballon d’Alsace, Marco Pantani à trois kilomètres du passage du Galibier (versant nord), ainsi que Raymond Poulidor et Jacques Anquetil au sommet du Puy de Dôme. Certains de ces lieux rappellent aussi les tragédies survenues au fil des éditions du Tour.

Ainsi, Luis Ocaña perdit le Tour 1971 dans la descente de Menté, Roger Rivière abandonna celui de 1960 après sa chute dans la pente de Perjuret, et Eugène Christophe vit s’envoler la victoire du Tour 1913 en brisant sa fourche dans la descente du Tourmalet — incident qui lui valut un arrêt forcé d’une heure et demie dans la forge de Sainte-Marie-de-Campan.

Sur les 112 éditions de la Grande Boucle, deux drames exceptionnels furent marqués par la mort, tapie au détour d’un virage. En 1967, Tom Simpson s’effondra à 1,5 km du sommet du Mont Ventoux, victime de la chaleur extrême et d’un recours inadapté à des substances de soutien. Quelques décennies plus tard, Fabio Casartelli, jeune coureur italien, trouva la mort dans la descente de Portet-d’Aspet après avoir heurté de plein fouet un plot en ciment. Il n’avait que 24 ans et 11 mois.

En fichier joint (PDF) : Mémoire des cols – 33 exploits et drames de champions

Tour de France ton histoire – 15 frères des 64 laurétas de la Grande Boucle (1903-2025) ont eux aussi pédalé sur le Tour

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La loi de l’environnement familial : un père ou un frère déjà cycliste

Affiche colorée avec un panneau stop au centre, indiquant que 15 frères de 64 lauréats du Tour de France ont également participé à la course.

Grandir dans une famille passionnée par le cyclisme constitue un terreau idéal pour susciter des vocations et encourager l’excellence dans le monde de la compétition. Comme le soulignait l’écrivain Alphonse Allais, rien n’est plus contagieux que l’exemple, surtout lorsqu’il bénéficie d’une médiatisation.

Ainsi, parmi les vainqueurs du Tour de France, près d’un sur cinq a vu son frère évoluer à un haut niveau et même participer à la Grande Boucle. Au total, vingt des champions du Monument n°1 du cyclisme ont eu des frères cyclistes professionnels ou amateurs de haut niveau, soit 31 %. Parmi eux, quinze frères de douze coureurs ayant enfilé le maillot jaune ont eux aussi disputé le Tour, ce qui représente près de 19 % des champions au maillot jaune, ou presque un cinquième de la Liste Glorieuse (vainqueurs du Tour) chère à l’emblématique Henri Desgrange, créateur de la Grande Boucle.

Parmi les frères des vainqueurs, on relève de sacrés clients :

Tableau des frères cyclistes et de leurs performances au Tour de France, incluant les détails sur leurs classements et les frères vainqueurs.
Illustration d'un tableau détaillé des 15 frères cyclistes parmi les 64 vainqueurs du Tour de France, incluant des informations pertinentes et des liens vers des articles connexes.

Tour de France ton histoire – Le géant Galibier, 2 642 m

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Chronique des cols : une analyse par JPDM de l’histoire des ascensions de la Grande Boucle, fondée sur des documents d’époque

Pourquoi le versant Sud, le plus dur – les 10 derniers kilomètres à plus de 10% – de 1911 à 1935 est devenu ensuite plus facile que le versant Nord, côté Valloire, à partir de l’année 1936 ?

Henri Desgrange, le patron du Tour, dans l’Auto du 21.07.1913, témoigne sur la difficulté extrême du versant Sud côté Lautaret/Grenoble, à l’ouest et Briançon à l’Est : « Dans le sens où nous l’avons abordé aujourd’hui [Ndlr : 11e étape Grenoble-Genève], l’ascension commence presque à la sortie de Bourg-d’Oisans, elle comporte aussi, du haut du Lautaret à la Fourche de Briançon, une descente de quelques kilomètres et c’est alors les sept kilomètres deux cents à un pourcentage infernal, et qui sont incontestablement la partie la plus dure de tout le Tour de France. Je crois que, dans son ensemble, le Galibier doit être plus difficile à franchir dans le sens où nous l’avons abordé aujourd’hui. Il demeure en tout cas, je le répète, la grosse difficulté de la course. »

Précisons qu’Henri Desgrange pouvait faire objectivement la comparaison avec les autres Géants du Tour – Aubisque et Tourmalet – qu’il avait, dans la roue des cadors, franchi en 1911, 1912 et en 1913, quelques jours avant le Galibier lors de la 6e étape Bayonne-Luchon.

Et puis tout change en octobre 1935 avec une nouvelle route allant directement du Lautaret au Galibier (plus longue, plus de lacets, moins de pente).

Le document photographique ci-joint montre le fameux embranchement qui imposait, lorsque les coureurs venaient de Grenoble via le Lautaret, de descendre 2 km vers Briançon afin d’emprunter l’embranchement de la N 202 direction le Galibier.

Des coureurs à vélo s'arrêtent près d'un embranchement, avec des panneaux routiers en arrière-plan, évoquant une étape historique du Tour de France au Galibier.

Photographie-document montrant en 1932 la bifurcation en descendant du Lautaret vers Briançon pour rejoindre le tunnel du Galibier (2 556 m) à une distance de 7,2 km.

Tour de France 1932 – Parcours de la 13e étape reliant Grenoble à Aix-les-Bains, à la bifurcation vers la terrible rampe du versant Sud du Galibier. Les coureurs s’arrêtent pour retourner la roue arrière afin d’avoir une démultiplication plus adaptée à l’obstacle. On aperçoit à la droite de la photo Maurice Archambaud dossard 38 qui terminera 11e ea à Aix-les-Bains. Au premier plan, le panneau indique que le Lautaret est à 2 km sur la N 91. Le panneau au centre, adossé au mur, précise la direction et la distance du Galibier et de St-Michel qui sont sur la route nationale N 202.

D’ailleurs, depuis 1947, que les catégories de cols existent, le Galibier grimpé versant Sud, à deux reprises a été classé en 2e catégorie (1948 et 1959), ce qui n’a jamais été le cas du versant Nord, toujours classé en 1re et depuis 1979 en hors catégorie.

Photographie d'un article de journal montrant des cyclistes posant près du panneau indiquant le col du Galibier à 2 556 m d'altitude, avec mention des coureurs Kubler, Schaer, Bahamontes, Brankart, Lauredi et Dotto.

6 cadors utilisent le dérailleur ‘’Juy 543’’ et se ‘’promènent’’ sur le versant Sud en venant de Grenoble. Le côté par le Lautaret est bien le plus facile depuis 1936

L’altitude indiquée sur le panneau est celle du tunnel (2 556 m). En 1954, on ne passe pas par le sommet (2 642 m), absence de route. Il faudra attendre l’année 1979 pour que les Tours de France franchissent la cime du Géant alpin.

Route et Piste, 28.09.1954, 0 328, p 12

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Tour de France ton histoire – Cols du Galibier et du Lautaret, deux Géants des Alpes

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Chronique des cols : une analyse par JPDM de l’histoire des ascensions de la Grande Boucle fondée sur des documents d’époque qui contredisent souvent les informations du site officiel du Tour de France

Jusqu’en 1936 et la construction d’une nouvelle route directe entre le Lautaret et le Galibier, le côté sud jusqu’alors le plus difficile assimilé à un ‘’mur’’, devient beaucoup plus facile avec un trajet plus long et des lacets plus nombreux diminuant de façon importante les pourcentages de la pente.

De 1911 à 1935 inclus, la route directe Briançon-Galibier ne passait pas par le Lautaret. Les pourcentages des dix derniers kilomètres de la montée sud-est du Géant des Alpes, selon les chroniques de l’époque, indiquaient un pourcentage moyen de 10% avec des passages à 14%, voire à 17% dans certains virages.

Depuis, la nouvelle route construite en octobre 1935 passant par le Lautaret fait 8,6 km entre les deux cols pour un dénivelé moyen de 6,8%.

De 1922 à 1927 (à 6 reprises), les coureurs partant de Briançon et franchissant le Galibier pour atteindre Genève, Evian ou Gex passaient à 2 km en-dessous du Lautaret.

Pour les deux cols, nous proposons : dates mémoires, chiffres remarquables, témoignages des pionniers des deux ascensions ainsi que les différents passages aux sommets du Galibier et du Lautaret.

Parcours : trois remarques historiques

  1. De 1911 à 1974, les coureurs franchissent le col du Galibier par un tunnel à l’altitude de 2 556 m. Le sommet n’est accessible que par un chemin de randonnée jusqu’à une table d’orientation. A partir de 1979, les cyclistes du Tour de France empruntent une nouvelle route passant par le sommet à 2 642 m.
  2. De 1911 à 1935, le versant sud reliant directement Briançon au Galibier, ou vice-versa- ne passe pas par le Lautaret mais un à deux kilomètres en-dessous du col.
  3. Cette nouvelle route atténue considérablement le pourcentage de la pente du versant sud qui, jusque-là, était le plus difficile – un véritable mur selon l’expression des Géants de la Route. En revanche, à partir de 1936, c’est le versant nord qui domine au plan des difficultés.

Même très exigeant dans mes recherches, je ne suis pas exempt moi non plus de faire des erreurs. C’est pourquoi, je demande aux lecteurs avertis – sur la base de documents d’époque – de me communiquer les éventuels manques. Merci d’avance.

Carte montrant la nouvelle route ouverte en octobre 1935 entre le col du Lautaret et le col du Galibier, avec annotations sur les altitudes et l'ancienne route.

Tour de France ton histoire – Idée reçue : le 1er col franchi sur la route du Tour n’est pas le Ballon d’Alsace en 1905 mais La République en 1903 !

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Tous les deux dépassent 1 100 m, la différence n’est que de 17 m !

Panneau indiquant le Col de la République (1 161 m) avec des informations sur le Tour de France du 5 juillet 1903.

Selon la presse, encombrée massivement de pseudo-historiens qui ne croisent jamais leurs infos, avec le Ballon d’Alsace  (1 178 m), « le  Tour découvre la montagne en 1905. » C’est faux ! En réalité, deux ans  auparavant, les pionniers du Tour inaugural avaient grimpé le célèbre col de la République à la sortie de St-Etienne (1 161 m).

Les « historiens de la pédale » des racontars et des approximations font débuter les premières ascensions des Géants de la Route en 1905. A l’occasion de la 92e édition, la presse dans son ensemble rappelait qu’en 2005, on fêtait le centenaire de l’ascension du Ballon d’Alsace et de la montagne dans le Tour. Dans cette interprétation des faits, on pouvait lire sous la plume d’un « spécialiste » : « C’est ainsi que le Tour fit sa première incursion en montagne avec l’ascension du Ballon d’Alsace (1 178 m) en 1905 ». Cette affirmation fausse s’amende pour le moins de la réalité géographique.

En vérité, dès le premier Tour en 1903, avec les cols de Pin Bouchain (759 m) et de la République (dit aussi du Grand Bois) (1 161 m), le Massif central est au menu.

Mais pour les indécrottables tenant de la pensée unique qui ne s’abreuvent qu’aux ouvrages publiés par L’Équipe et le groupe ASO, le col de la République est, à leur point de vue, un faux col. Cet historien autoproclamé – il y en a beaucoup dans les documents consacrés au Tour de France – va jusqu’à affirmer dans l’un de ses derniers livres : « On était bien passé par le col de la République (alias Grand Bois) en 1903 et 1904 mais ce n’était qu’un col des faubourgs de St-Etienne. Là [Ndla : avec le Ballon d’Alsace) on attaquerait un vrai col inconnu ».

En clair, le col de la République n’était quasiment qu’un faux plat montant… surtout qu’en 1903-1904, les routes de montagne n’étaient pas revêtues.

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Texte explicatif sur les premiers cols de montagne empruntés par le Tour de France, mentionnant le col de la République et le Ballon d'Alsace.