Routier-sprinteur de grand talent avec en exergue quatre classiques-monuments : Tour des Flandres (x 2), Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège. Mais aussi, deux titres de champion de Belgique, deux Bordeaux-Paris et dix étapes du Tour de France. Il faut préciser que ces victoires emblématiques ont été acquises face à une génération unique de routiers-sprinteurs.
En effet, Godefroot a dû batailler contre Eddy Merckx, Roger De Vlaeminck, Frank Verbeeck, Ward Sels, Guido Reybrouck, Rik Van Linden, Freddy Maertens, Rik Van Looy. Tous, sauf Verbeeck Le laitier volant, font partie de la caste des 114 qui ont remporté à ce jour au moins une étape dans chacun des trois grands tours.
Après une carrière de cycliste de premier plan poursuivie pendant 15 ans, il a endossé l’habit de directeur sportif, là aussi avec efficacité.
En effet, il a dirigé deux vainqueurs du Tour : le Danois Bjarne Riis lauréat en 1996 et Jan Ullrich, vainqueur l’année suivante. De même, il était à la tête de Telekom lorsque l’Allemand Eric Zabel a remporté à six reprises le titre de meilleur sprinteur sur le Tour de France de 1996 à 2001.
En quelques mois, Rik Van Looy (en décembre dernier) et Walter Godefroot le 31 août, nous ont quittés.
Cycliste professionnel de 1965 à 1979 (15 saisons)
Avec le col de Braus, je commence une série sur des ascensions du Tour de France, documentées et vérifiées, m’étant aperçu que de nombreux ouvrages (et le site du Tour de France lui-même) sont souvent truffés d’erreurs concernant ces obstacles faisant en grande partie le charme de la course au fil des années.
Le Col de Braus (1 002 m), situé dans l’arrière-pays niçois et point culminant de la Boucle de Sospel entre 1911 et 1947, a été franchi 27 fois par les coureurs. Ils l’ont de nouveau gravi à deux reprises, en 1961 et en 2024, en dehors du cadre de la Boucle de Sospel.
Les trois autres cols du circuit de la Boucle de Sospel sont : cols de Nice (412 m) et de Castillon (707 m) ainsi que la montée de La Turbie (480 m)
La montée du col de Braus (650 m de dénivelé)
Le cycliste emblématique du col de Braus : René Vietto
René Vietto, un grimpeur de grand talent, passé en tête du col de Braus dans le Tour 1934, en avait fait son terrain d’entraînement. Amoureux de cette grimpette, il avait demandé que ses cendres soient dispersées au passage du col. A sa mort, son vœu a été exaucé le 22 octobre 1988.
Il permet aussi d’alerter plus rapidement ceux qui développeraient un cancer asymptomatique des testicules
Le cycliste norvégien Torstein Traeen, grâce à un test antidopage inopiné positif à l’HCG, a été alerté dès le début qu’il développait un cancer du testicule
En effet l’hormone gonadotrophine chorionique fait partie depuis 1988 des substances prohibées par la lutte antidopage pour son action stimulante sur la sécrétion testiculaire de l’hormone mâle (testostérone). Elle est aussi sécrétée en abondance chez les sujets porteurs d’un cancer du testicule.
A la suite de cas positifs à l’HCG sanctionnés à tort pour dopage, depuis 2015 l’Agence mondiale antidopage (AMA) a décidé pour cette substance de supprimer la suspension préventive jusqu’à ce que l’athlète passe des examens spécialisés permettant de démontrer qu’il n’a pas fauté ou, au contraire, qu’il a pris de l’HCG.
Torstein Traeen, actuel maillot rouge de La Vuelta
Pour éclairage, six tweets (sur X) JPDM du 31 août 2025 :
Cyclisme – Torstein Traeen, actuel leader du Tour d’Espagne, a en 2022 été contrôlé positif à l’hormone HCG révélant un cancer (K) du testicule. L’HCG qui fait partie des substances illicites en et hors compétition car elle stimule la production de testostérone endogène, peut aussi témoigner d’un K du testicule.
Cyclisme – Dès 1988, l’HCG est référencée sur la liste des illicites du CIO. Avec cette possibilité de détection, plusieurs sportifs ont été avertis à l’occasion d’un test antidopage positif qu’ils étaient porteurs d’un K du testicule. L’antidopage devenant ainsi un facteur efficace de prévention.
Cyclisme – Exemple : T. Van der Plaetse, décathlonien belge testé positif en sept 2014, finira 14e aux Mondiaux de Pékin en 2015. Dans le sport, notamment cycliste, il est souvent fait l’amalgame entre K testicule et dopage. Or, depuis 1903, on note 6 cas sur 5 393 coureurs différents ayant pris le départ du Tour de France.
Cyclisme – En 112 éditions, avec Lance Armstrong, seuls 5 cas ont été diagnostiqués, soit 0,10%. Peu probable d’un rapport avec le dopage ! De même, signaler dans Eurosport.fr que Traeen aurait tôt ou tard subi une prise de sang « qui l’aurait averti ». Sauf que le passeport biologique ne teste pas l’HCG.
Cyclisme – Rappelons que depuis des décennies – milieu des années 1970 – le traitement bien conduit du K du testicule est particulièrement efficace et fait de cette tumeur une pathologie à part où le pronostic vital est exceptionnellement engagé par rapport aux autres K.
Dopage – L’AMA à la suite du cas du décathlonien belge a modifié la gestion des cas positif à l’HCG. Pour qu’un sportif ne soit pas accusé à tort de dopage, la suspension préventive est supprimée jusqu’à ce que l’athlète puisse passer des examens médicaux spécialisés afin de confirmer ou non le K..
Hormone sécrétée en abondance par le chorion et le placenta (annexes du fœtus) pendant les trois premiers mois de la grossesse. Jusqu’alors impossible à synthétiser, la forme commercialisée depuis 1948 provient exclusivement de l’urine de femmes enceintes. Elle est utilisée en thérapeutique par voie intramusculaire comme stimulant de l’ovaire et du testicule. Chez l’homme, elle stimule la production d’androgènes et plus spécialement de testostérone. Trois raisons ‘’non contrôlées’’ poussent les sportifs à consommer de l’hCG :
1. Stimuler la production de testostérone par le testicule.
2. Augmenter la sécrétion d’épitestostérone parallèlement à celle de testostérone. Cela a pour avantage de ne pas modifier le rapport testostérone/épistestostérone et donc de passer à travers le contrôle antidopage.
3. Lutter contre l’effet dépressogène de l’arrêt des stéroïdes anabolisants. A la fin d’un cycle de dopage, l’administration de gonadotrophine chorionique relance la production endogène de testostérone freinée pendant la cure de stéroïdes hormonaux. En revanche, en favorisant aussi la production endogène d’œstrogènes, une utilisation prolongée de gondaotrophine chorionique risque de provoquer chez l’homme une modification de la répartition des graisses et une gynécomastie inopportune, notamment chez les culturistes expos, aux regards des juges.
Les six cyclistes professionnels ayant participé au Tour de France et qui, pendant leur carrière, ont dû soigner un cancer du testicule. (PDF)
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Certains l’ont réalisé sur dix ans consécutivement.
A priori, vu leur nombre plus restreint que les 114 lauréats d’au moins une victoire d’étape dans chacun des trois Tours-monuments, l’exploit paraît plus remarquable.
De 1903 à 1939, aucun des finishers n’a réussi à boucler 10 rotations complètes. A partir de la reprise, en 1947, on trouve en tête des stakhanovistes de la pédale, le Clermontois Raphaël Geminiani qui nous a quitté à 99 ans. Il avait participé à 12 Boucles et en avait fini 10 de 1947 à 1959.
Le deuxième au plan chronologique, c’est Antonin Rolland, natif de Ste-Euphémie dans l’Ain qui a eu 100 ans le 03 septembre 2024 et a accompli ses dix Tours entre 1949 et 1960. Visiblement, cette sommation par milliers de bornes kilométrique n’a pas impacté leur longévité de centenaire. Et ce malgré la consommation par le peloton d’amphétamines omniprésentes durant les années 1950-1970. Comme quoi à dose mesurée, elles ne mettent pas la vie des Géants de la route en péril. Probablement que les effets positifs au plan santé de la pratique cycliste, même professionnelle, compense avantageusement les effets négatifs de la Bomba (cocktail : amphets + caféine).
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EN FICHIERS JOINTS (PDF) – Tour de France – 10 Tours terminés, voire plus, pour 80 Géants + Les stakhanovistes de la Grande Boucle de 1903 à 2025
Avec en exergue 7 grognards de la Grande Boucle qui ont dépassé 100 ans
Parmi tous les coureurs ayant pris le départ de la Grande Boucle depuis la première édition en 1903, qui sont nés en 1927 et avant, on comptabilise sept coureurs ayant dépassé le cap des 100 ans. Parmi ces 7 géants de la pédale, deux sont encore en vie.
Par ailleurs, en dehors des 7 centenaires :
deux sont décédés dans leur 100e année
huit ont atteint 98 ans dont quatre sont toujours en vie
dix ont fêté leur 97e anniversaire
[document exclusif JPDM]
Il n’y a pas que le Tour de France dans la vie d’un cycliste.
D’autres coureurs professionnels n’ayant jamais participé à la Grande Boucle ont, eux aussi, dépassé les 100 ans.
Ils sont 12 à faire partie du club des centenaires.
Il est le 7e de tous les concurrents ayant participé à la Grande Boucle depuis 1903 à avoir dépassé l’âge de 100 ans
Le premier Tour de France à franchir la ligne des 100 ans a été l’Italien Pietro Righetti en 2001, le 2e le Belge Emile Brichard en 2004, le 3e le Français Marcel Renaud en 2010, le 4e son compatriote Emile Idée en 2020. Les 5e et 6e, deux autres tricolores, Charles Coste et Antonin Rolland sont venus enrichir le club. Ils sont toujours en vie.
Le 7e est le champion espagnol Bernardo Ruiz qui avait dépassé le cap mythique le 8 janvier dernier.
Pour rendre hommage à Bernardo Ruiz, nous avons regroupé quelques data, repères et faits marquants enregistrés tout au long de sa carrière.
A la date de son décès, Bernardo Luiz Navarette fait partie des 3 608 coureurs ayant terminé au moins une fois le Tour de France entre 1903 et 2025 [chiffres JPDM]
avec les aides motorisées (bidons, gels, impers, motos), notamment dans les ascensions
Les images de TV montrent Lenny Martinez dans ce genre de traction illicite par la méthode du bidon collé à trois reprises témoignent que la triche colle à la peau du milieu de la compétition cycliste
Quatre complices participent à la non-valeur des performances
Le premier rôle est joué par le coureur
Aidé par le directeur sportif qui ne peut s’empêcher pendant l’opération de traction motorisée d’appuyer sur l’accélérateur comme par réflexe,
La TV joue un rôle de complice passif. Dès qu’elle fixe l’image de l’opération qui devient trop visible par sa durée, rapidement le réalisateur comme par hasard change de plan pour montrer les spectateurs, le paysage, etc.
Les ‘’gardiens’’ de la régularité des épreuves cyclistes : commissaires UCI ou fédéraux qui ne sanctionnent que mollement ou pas du tout. Ils veulent rester en bons termes avec les cyclistes, notamment de premier plan afin d’obtenir un souvenir : photo dédicacée, casquette, maillot… Pour que l’action de ces gardiens de l’éthique soit efficace qu’eux aussi risquent l’exclusion pour absence d’intervention et de rapport.
LE CAS Lenny Martinez, un récidiviste non sanctionné jusqu’à la 18e étape (Vif-Le col de la Loze).
Lors de cette étape au dénivelé positif de 5 450 mètres dans l’ascension du Glandon (1 924 m), un hors catégorie présent après 60 km de course où le petit-fils de Mariano cherchait à accroître son capital points au GPM, on a pu voir à la télévision le coureur de la Barhain Victorius, se laisser décroché de quelques longueurs, la voiture de son directeur sportif – Roman Kreuziger, un ancien pro (10 Tours de France au compteur, 5e en 2013) – venir à sa hauteur et à trois reprises lui proposer un bidon collé. A chaque fois, le DS lui faisait bénéficier de la traction du véhicule sur plusieurs dizaines de mètres.
Le Cannois écopera de deux amendes d’une pénalité au temps (10 sec.) mais aussi en points UCI (15) et de 8 pts au GPM. A noter que les 8 pts de pénalité au Grand Prix de la montagne lui ont été décomptés non pour le bidon collé à répétition mais parce qu’il s’est également accroché à la voiture de son DS. Ce dernier étant également sanctionné par une amende. Dans la même étape, le chouchou du public français, Kevin Vauquelin, va écoper d’une amende pour bidon collé.
Bidon-collé : les cadors s’en passent
J’ai peut-être manqué de vigilance mais depuis les étapes pyrénéennes et jusqu’à cette 18e au cœur du massif alpin, je n’ai pas vu une seule fois Tadej Pogacar ou Jonas Vingegaard se prêter à l’opération frauduleuse du bidon collé. Le vainqueur Ben O’Connor au sommet du col de la Loze, lui non plus, ne s’est pas servi de ce coup de pouce pour favoriser son échappée finale.
Avant l’épidémie de ces dernières années du bidon collé, sévissait la poussette
Certains coureurs dans les années 1950-1970, notamment dans le Giro, ne donnaient pas un coup de pédale dans les ascensions. Ce fut le cas de Gastone Nencini qui, grâce à des norias de pousseurs organisés, a remporté le Tour d’Italie 1957.
Réglementation
Jusqu’en 1988, les bidons collés dans les cols sont interdits dès le pied de l’ascension. L’année suivante, l’interdiction de ravitailler en roulant un coureur lors d’une ascension a été supprimée. C’est ainsi que l’épidémie a pu se mettre en marche.
Point de vue JPDM
Tant que les tricheurs ne seront sanctionnés que d’une simple amende alors que la faute mérite au minimum une pénalité en temps, voire une mise hors course s’il y a répétition de la manœuvre, il y a peu de chance que cette aide autant motorisée qu’illicite soit éradiquée.
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
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mais aussi 6 frères, un fils, 2 petits-fils participent à la 112e édition de la Grande Boucle
Deux petits-fils participent à la plus grande course du monde : Mathieu Van der Poel (grand-père : Raymond Poulidor) et Lenny Martinez (Grand-père : Mariano). Ils sont bien connus des spectateurs et des médias.
En revanche, le rookie suisse Fabian Lienhard l’est beaucoup moins alors que son père Erwin, professionnel de 1977 à 1986, a participé au Tour de France 1982 (95e).
De même, on relève en dehors des deux paires de jumeaux (Yates et Johannessen), les frères Paret-Peintre, Aurélien et Valentin.
Démographie Tour de France : 5 jumeaux, c’est exceptionnel mais non surprenant
Mais surtout, c’est la présence de 5 jumeaux qui est exceptionnelle. Les frères Yates fréquentent le Tour depuis le mitan des années 2010. A cinq reprises, ils étaient ensemble au départ des mêmes Boucles (2015, 2019, 2023, 2024, 2025). Les frères jumeaux Tobias et Anders Johannessen sont réunis pour la première fois sur le Tour en 2025. Le 5e jumeau, le Néerlandais Mick Van Dijke, est lui aussi présent sur ce Tour mais son binôme Tim, pro depuis 2020, n’a pas été sélectionné à ses côtés dans l’équipe Red Bull-Bora Hansgrohe.
A propos de ces cinq sosies, je propose un document exclusif sur les jumeaux cyclistes en signalant ceux qui ont fréquenté le Tour.
En dehors des Yates et des Johannessen, les seuls qui se trouvaient en même temps sur la route du Tour sont les frères jumeaux slovaques Martin et Peter Velits, présents lors du Tour 2012
Aptitude physique – Les vrais jumeaux sont très proches à 90%
Afin d’apprécier l’influence de l’hérédité versus l’entraînement, autrement dit la part de l’inné par rapport à l’acquis dans la réalisation d’une performance physique, une équipe de scientifiques anglo-saxons a étudié trente paires de vrais jumeaux (homozygotes) âgés de 18 à 26 ans. Pour l’ensemble des paramètres physiologiques, les deux membres d’une même paire sont toujours plus proches chez les vrais (monozygotes) que chez les faux jumeaux (dizygotes). Pour les performances musculaires, la concordance est frappante chez les vrais, tant en ce qui concerne les mesures de puissance aérobie que de puissance anaérobie puisque le taux ‘’d’héréditabilité’’ (dû aux parents) est estimé à, au moins, 90%.