Tour de France – Des watts, encore des watts : une pseudo-preuve du dopage !

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Au final, un diagnostic de triche pas plus scientifique qu’une rumeur !

2e article

par Laurent Heurtois

Spécialiste datas et optimisation de la performance (ergonomie, biomécanique); a travaillé chez Wattbike France, un importateur d’ergomètre

Les ignorants persistent à ne parler que de watts (dans les compétitions amateurs et même sur les cyclos comme Paris-Nice ou l’Etape du Tour), ils n’ont que ça à la bouche du matin au soir.

Mais que faire de ces données aléatoires surtout si l’on n’est pas data scientist?

Même les commentateurs et consultants de France Télévisions s’y mettent en admettant du bout des lèvres qu’ils n’ont pas les compétences!

Jeter en pâture des chiffres, pour en déduire qu’untel est chargé, sans tenir compte :

  • de ce que nous avons abordé dans un précédent article (publié le 11 juillet),
  • du coureur caché derrière la voiture d’un directeur sportif pour bénéficier de l’aspiration,
  • du bidon collé à répétitions qui fausse littéralement les données en temps
  • ou encore, par exemple, Nairo Alexander Quintana Rojas (spécialiste de la triche), qui s’agrippe à une moto au Tour de France 2016 et 2022 et adepte du tramadol, un antalgique puissant qui lui a fait perdre sa 6e place finale du Tour 2022.

Et les gains marginaux ? Comment, également, ne pas tenir compte des gains marginaux (vélo, équipement, aérodynamisme,…) ?

Il n’y a rien d’étonnant à ce que les moyennes évoluent positivement et qu’il y ait moins d’abandons dans les étapes difficiles.

Toujours les watts ? Stop à cette pseudo-science égarant les naïfs sans culture scientifique

Arrêtons de parler des watts et W/kg surtout lorsque l’on ne connaît pas les subtilités physiologiques (poids du coureur et de son équipement, avec ou sans bidon au départ de la course et déshydratation durant l’épreuve…) 

Comment indiquer des w/kg quand la presse donne souvent des chiffres erronés sur les poids des coureurs, poids qui peut varier de plusieurs kilos par rapport à la réalité! Les pseudos experts ne connaissent pas le poids réel au moment de leur calcul !

Autre exemple : un directeur sportif qui indique aux oreillettes de ses coureurs que la montée va se faire à tant de W/KG alors que ses propres coureurs n’ont pas du tout le même poids et le même objectif, et le plus désolant, c’est publié en direct à la télé, c’est totalement lunaire!

Par contre, tout le monde s’offusque lorsque des coureurs sont contrôlés en pleine nuit (il est vrai que des pratiques similaires de traque antidopage n’existent pas dans les autres disciplines), allant même – par un ancien coureur français impliqué dans des révélations – jusqu’à se poser la question de savoir si Jonas Vingegaard n’a pas chuté dans cette 15e étape du TDF 2026, à cause du contrôle antidopage nocturne un comble!

Ces contrôles antidopage ont été diligentés par l’International Testing Agency (ITA, fondée en 2018) et en partenariat avec l’UCI depuis 2020, pour, d’après les instances, des suspicions concordantes!

Seule la lutte antidopage – avec les noms des molécules détectées et pour celles qui ont un seuil de positivité leurs quantités trouvées dans les urines et/ou le sang – peut prouver qu’un athlète est dopé mais certainement pas les watts ou W/kg.

Laurent Heurtois

COMMENTAIRES Dr JPDM le 21 juillet 2026

Watts : méthode scientifique ou calculs-horoscope des pseudos s’exprimant sur le réseau social X ?

Les calculs de puissance d’un prof d’EPS (coach cycliste) et d’un ingénieur, publiés sur X, ne sont pas une preuve scientifique du dopage Ce sont des estimations biomécaniques dont la validité dépend de la précision des hypothèses, mais qui ne permettent pas, à elles seules, de conclure qu’un coureur est dopé.

La méthode repose sur des principes physiques réels. À partir de la vitesse, de la pente, de la longueur de l’ascension, du poids estimé du coureur et du vélo, de la résistance au roulement et de l’aérodynamique, le ‘’binôme des watts’’  estime la puissance développée. En ce sens, il ne s’agit pas d’inventer des watts « devant la télévision » : les calculs utilisent les lois de la mécanique.

En revanche, plusieurs limites importantes rendent les chiffres beaucoup moins percutants :

  • le vent est souvent mal connu,
  • le poids exact du coureur varie et est, le plus souvent faux,
  • la position aérodynamique et la surface frontale sont estimées,
  • l’aspiration derrière d’autres coureurs est difficile à modéliser,
  • les données de puissance réellement mesurées par le capteur du coureur ne sont généralement pas disponibles.

Ces incertitudes peuvent modifier le résultat de plusieurs pourcents, ce qui est loin d’être négligeable lorsqu’on cherche à distinguer une performance « humaine » d’une performance « suspecte ». Des physiologistes et spécialistes de la performance ont contesté l’idée que ces calculs puissent servir de preuve individuelle de dopage.

Le point le plus controversé est l’utilisation de seuils (410 W, 430 W, 450 W. .. ) pour qualifier des performances de ‘’suspectes’’, ‘’miraculeuses’’ ou ‘’mutantes’’. Ces seuils ne sont pas reconnus comme des critères officiels par les instances antidopage telles que l’Agence mondiale antidopage (AMA) ou l’UCI.

En pratique, les calculs du ‘’binôme des watts’’ sont utiles comme outil d’analyse ou comme indice. Si une performance estimée est très supérieure à ce qui est habituellement observé, cela peut justifier de s’interroger.

En revanche, cela ne constitue pas une démonstration scientifique qu’un coureur soit dopé. Pour établir un dopage, il faut des preuves analytiques : contrôles biologiques, passeport biologique, analyses de laboratoire mais aussi aveux ou éléments d’enquête pouvant témoigner du dopage.

Pourquoi cela séduit quand même ?

Parce que ça donne l’illusion d’un savoir scientifique : ça flatte l’ego du pseudo (« moi je vois ce que les autres ne voient pas »), ça lui permet de lancer des accusations sans preuves, d’avoir le soutien, sur les réseaux, de milliers de followers au bagage scientifique nul, incapables de discerner le vrai du faux… sans lesquels il n’existerait pas.

C’est le dopage des ‘’experts du Bar des Sports’’ : tout pour l’effet, rien pour l’éthique, et zéro courage derrière car :  « Je sais tout ce que prennent d’illicite les coureurs mais… je ne dis rien de concret, je crains les procès en diffamation.»

En réalité, ce qu’il sait sur les produits ne ferait pas avancer plus vite un escargot de compétition !

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES WATTS – Blog JPDM – Tour de Fance – Watts : des comparaisons à la louche ! POINT de VUE Laurent Heurtois (1er article) – publié le 11 juillet 2026 – publié le 11 juillet 2026

Tour de France ton histoire – La Grande Boucle sous canicule n’a rien d’inédit

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La Grande Boucle sous canicule n’a rien d’un phénomène nouveau. Si certains pointent le dérèglement climatique pour expliquer la multiplication récente des épisodes de surchauffe, la chaleur écrase le Tour depuis des décennies. Les éditions 2019, 2023 ou 2026 ont rappelé que la fournaise fait désormais partie du décor estival, mais l’histoire du Tour regorge déjà de journées brûlantes où les coureurs ont dû composer avec des températures extrêmes.

Les clichés des Tours anciens rappellent ces journées écrasantes où l’ingéniosité valait autant que les jambes. On y voit des coureurs cherchant l’ombre, s’aspergeant à chaque fontaine, ou bricolant des systèmes de refroidissement maison pour tenir jusqu’à l’arrivée. La canicule n’a jamais épargné la Grande Boucle. Elle s’est simplement invitée plus souvent ces dernières années.

En fichier PDF – Des archives qui témoignent d’une lutte permanente contre la chaleur

POUR EN SAVOIR PLUSBLOG JPDM – Autre lien sur surchauffe de l’air et effort physique prolongé

Tour de France ton histoire – Canicule : attention à la surchauffe boostée par la compétition. Aspersions et ablutions, deux techniques efficaces limitant la montée des degrés corporels – publié le 29 juin 2019

Jeux olympiques de Paris – La surchauffe va perturber les épreuves et les entraînements programmés dans Paris et sa région. Alerte aux méfaits des médicaments associés à de fortes contraintes thermiques. L’été, en plus des athlètes olympiques, il y a de très nombreuses personnes qui continuent à se maintenir en forme en courant, pédalant ou en jouant au tennis – publié le 31 juillet 2024.

Tour de France 2026 – Antisurchauffe : l’équipe Visma porte un maillot noir malgré les fortes chaleurs annoncées. Pourquoi le maillot noir de Visma en 2026, de Sky de 2010 à 2018 et de Tudor depuis 2023, n’est pas pénalisant face à la surchauffe de l’été ? Depuis 1906, les scientifiques à juste raison en l’état actuel des connaissances, expliquent que les couleurs claires, notamment le blanc, sont plus adaptées face à l’intensité du rayonnement solaire – publié le 05 juillet 2026

Tour de France / Physiologie – La surchauffe s’invite sur la Grande Boucle. Comprendre ce qu’il faut faire pour ne pas cramer. Une image, des infos – publié le 10 juillet 2026

Tour de France ton histoire – Ravitaillement liquide de 1903 à 2026

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Des récipients en verre interdits dès 1911, à l’autorisation du ravitaillement en boissons en pleine course — qui ouvrira la voie au bidon‑motorisé — jusqu’à l’apparition de la moto fraîcheur en 1998 : le texte et l’image retracent 123 ans d’évolution du ravitaillement cycliste.

FICHIER PDF – Evolution du transport liquide sur les routes du Tour de France de 1903 à 2026

POUR EN SAVOIR PLUS – BLOG JPDM – Autre lien à consulter sur le ravitaillement du cycliste TDF

Tour de France – Jour de repos : récupérer en roulant au train, sans forcer, et non faire relâche

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Pour un cycliste du Tour de France, un jour de repos n’est pas un véritable jour de repos. C’est une journée de récupération active dont l’objectif est de restaurer les capacités physiologiques tout en évitant les effets négatifs d’une inactivité complète. Cette journée présente plusieurs contraintes.

Après 9 étapes consécutives à haute intensité (moyenne du peloton : 41,8 km/h), les muscles présentent :

  • des microlésions des fibres musculaires,
  • une inflammation locale importante,
  • une diminution des réserves de glycogène, même avec une alimentation adaptée.

Le jour de repos est consacré à :

  • entraînement léger (1 à 2 heures à faible intensité, soit 50 à 60% de la PMA (puissance maximale aérobie) pour maintenir l’activité de la circulation sanguine en mode endurance,
  • massages,
  • séances de compression, de cryothérapie ou d’immersion en eau froide selon les équipes,
  • alimentation riche en glucides et en protéines.

L’objectif est d’accélérer la réparation sans créer de fatigue supplémentaire.

Un arrêt complet de l’exercice peut entraîner :

  • une diminution du volume plasmatique,
  • une sensation de jambes« lourdes » le lendemain,
  • une perte temporaire de sensations neuromusculaires.

C’est pourquoi presque tous les coureurs roulent durant le jour de repos.

On parle souvent d’une récupération active, généralement à moins de 55-60 % de leur PMA

Après 1 421,5 km parcourus :

• le cortisol reste élevé,

• la testostérone diminue,

• certaines hormones impliquées dans la récupération sont perturbées.

Le sommeil et la nutrition deviennent donc essentiels pour rééquilibrer progressivement ces paramètres.

Les efforts répétés provoquent une baisse transitoire des défenses immunitaires

• augmentation du risque d’infections ORL,

• plus grande sensibilité aux virus circulant dans les hôtels ou les transferts,

Les équipes limitent les contacts extérieurs (certains coureurs portent des masques en zone à risques, par exemple Jonas Vingegaard et Pauls Seixas ), surveillent l’hygiène et adaptent parfois les apports en vitamines et en énergie.

Un coureur peut dépenser entre 5 000 et 8 000 kcal lors d’une étape de montagne. Le jour de repos, il faut :

• continuer à reconstituer les réserves de glycogène,

• réparer les tissus musculaires (ajout de protéines),

• en raison de la détente psychologique lors des repas du jour : éviter de se suralimenter.

L’équilibre est délicat : manger suffisamment pour récupérer, mais pas davantage par rapport à la diminution de la dépense énergétique du jour

Le cœur et le système circulatoire sont fortement sollicités pendant les 9 étapes

Le jour de repos permet :

• une diminution de la fréquence cardiaque de repos,

• une meilleure réhydratation,

• une restauration du volume sanguin.

Cependant, la récupération est loin d’être complète, car la course reprend dès le lendemain.

La charge psychologique est considérable ,

• concentration permanente (rouler en peloton pendant des heures guidon contre guidon),

• stress lié aux chutes (plus fréquentes en première semaine),

• pression des objectifs de performance (différents classements mobilisent de nombreux coureurs)

• sollicitations médiatiques(leaders, échappés, régionaux).

Le jour de repos comprend souvent :

• des interviews,

• des réunions d’équipe,

• des soins médicaux,

• des déplacements,

• des contacts en live ou par téléphone avec la famille (compagne, enfants, parents).

Le temps réellement consacré au repos est donc plus limité qu’il n’y paraît.

De nombreux coureurs rapportent que l’étape suivant le jour de repos est souvent l’une des plus difficiles. Plusieurs mécanismes peuvent l’expliquer :

• perte de rythme liée à une baisse d’activité,

• récupération incomplète malgré le repos,

• modification des sensations musculaires,

• changements hormonaux et métaboliques.

Les staffs médico-sportifs cherchent donc à maintenir une légère stimulation de l’organisme sans ajouter de fatigue.

Certains y trouvent un effet réparateur si c’est avec sa partenaire habituelle.

D’autres un contrecoup néfaste. C’était l’avis de Jacques Anquetil, quintuple lauréat du Tour qui, à la question sexe ou pas ?, répondait : « Le jour de repos où j’ai sacrifié à la bagatelle, le lendemain j’ai subi un coup de mou ! Dès lors, je me suis abstenu. »

POST-IT – Récupération – Depuis 2005, les injections ou perfusions de 100 ml sur une période de 12 heures sont interdites même si la substance injectée n’est pas dopante (exemple : réhydratation par du sérum physiologique).

Problème : la perfusion de récupération avec du sérum physiologique n’est pas détectable lors d’un contrôle. Il faut que l’inspecteur antidopage surprenne sur le fait le contrevenant. Peu probable !

En résumé

Le jour de repos vise à trouver un équilibre entre récupération et maintien des adaptations physiologiques. Les principales contraintes sont :

• réparer les muscles sans perdre le rythme,

• reconstituer les réserves énergétiques,

• limiter l’inflammation et la fatigue hormonale,

• préserver le système immunitaire,

• gérer la fatigue mentale,

• préparer l’organisme à repartir à très haute intensité dès le lendemain.

Chez les meilleurs coureurs du Tour, cette journée est minutieusement planifiée. Chaque heure est optimisée (entraînement léger, soins, nutrition, sommeil et récupération) afin d’aborder la deuxième semaine avec le moins de fatigue résiduelle possible et un mental ressourcé vers l’objectif.

En fichier joint : Album photos des jour de repos du Tour de France, années 1970

Tour de France ton histoire – Paul Seixas, dossard 51, va-t-il être boosté par ce numéro qui a réussi à quatre lauréats de la Grande Boucle ?

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Pour la 113e édition de la Grande Boucle, le Français Paul Seixas, n° 51, au plan de la renommée prendra-t-il la roue des quatre ‘’ 51’’, tous cadors dorés de la Randonnée de juillet ?

  • Eddy Merckx, 1969
  • Luis Ocana, 1973
  • Bernard Thévenet, 1975
  • Bernard Hinault, 1978
  • et depuis 48 ans… plus rien !

Sauf qu’en 2019, Thibaut Pinot avec le 51 était en passe de remporter l’épreuve mais, victime d’un claquage à la cuisse à deux jours de l’arrivée, il dut abandonner et a vu s’évanouir son rêve de s’adjuger la Colossale épreuve.

Tour de France – Un élixir de jouvence confirmé par les stats

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Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les coureurs du Tour de France ont une durée de vie raccourcie, l’analyse des états civils de 5 393 cyclistes ayant pris le départ d’au moins une édition entre 1903 et 2025 démontre que la participation à la Randonnée de Juillet  est un élixir de longévité pouvant dépasser 7 ans pour les générations actives dans les années 1950-1960.

RAYON LECTURE – Texte paru dans Echo Magazine (hebdo suisse) du 02 juillet 2026 – rédigé par Philippe Lambert sur la base d’un entretien avec le Dr Jean-Pierre de Mondenard

Les stats démontrent que la pratique cycliste, même de haut niveau, n’est pas un frein à la durée de vie (lire Echo Magazine).

En revanche, les études parcellaires effectuées dans le bodybuilding et les hommes forts consommateurs de stéroïdes anabolisants sur de longues durées, confirment que les engrais musculaires pénalisent sensiblement la santé, notamment cardiovasculaire.

Dans le but d’avancer sur la réalité du dopage sur la durée de vie des gros bras hypermusclés, il faut réaliser des recherches plus exhaustives.

Mr America depuis 1939, Univers (1948), Olympia (1965). Cette population de consommateurs de stéroïdes anabolisants doit permettre d’appréhender la réalité des effets délétères des engrais musculaires. De même, un travail sur la durée de vie des sportifs de RDA dopés à grande échelle de 1968 à 1988 doit chiffrer les véritables conséquences de cette médicalisation de la performance. Le problème dans ce genre de recherches c’est que personne au sein du milieu sportif ne souhaite entreprendre un tel travail qui, forcément, démontrera que les valeurs du sport naviguent aux antipodes de l’éthique médicale et sportive.

Pour la RDA, il y a peu d’espoir pour voir aucune étude crédible être effectuée. En revanche, sur les culturistes des Mrs America, Univers et Olympia, cela doit être réalisable.

EN FICHIER JOINT (PDF)Tout roule et pour longtemps (texte de Philippe Lambert) – Echo Magazine n° 19 du 2 juillet 2026

Tour de France 2026 – Antisurchauffe : l’équipe Visma porte un maillot noir malgré les fortes chaleurs annoncées

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Pourquoi le maillot noir de Visma en 2026, de Sky de 2010 à 2018 et de Tudor depuis 2023, n’est pas pénalisant face à la surchauffe de l’été ?

Depuis 1906, les scientifiques à juste raison en l’état actuel des connaissances, expliquent que les couleurs claires, notamment le blanc, sont plus adaptées face à l’intensité du rayonnement solaire.

2010 – Décryptage de la bascule vers le noir

L’Equipe.fr du 02 juillet, fait tout un article pour expliquer la justification par la cellule performance de l’équipe batave du choix de la couleur noire :

« Nous avons mené, nous dit Mathieu Heijboer, le directeur de la performance chez Visma/Lease a bike, de nombreux tests dans des chambres thermiques où le rayonnement solaire est simulé. Ces tests nous ont permis d’observer la vitesse à laquelle la température monte sous une chemise. Nous avons également effectué des tests avec des mannequins capables de transpirer. Tous les résultats indiquent que le choix du tissu-est plus important que sa couleur. »

Valentin Lachaux, le rédacteur de L’Equipe.fr, résume : « Les fans peuvent être rassurés, Jonas Vingegaard ne devrait normalement pas être pénalisé par sa tenue. Et le maillot jaune pâle, lui, n’est en tout cas pas tombé aux oubliettes puisqu’il sera utilisé lors des jours de repos. »

Sauf que dès 2010, le team Sky (Bradely Wiggins et Chris Froome) ont déjà couru avec des maillots noirs réfléchissant à la fois les radiations thermiques (IR) tout en bloquant les radiations UV. Ce double effet est obtenu grâce à Coldblack® technologie.

Donc déjà connu depuis 2010 (16 ans) laissant supposer que le journaliste de L’Equipe.fr a zappé l’équipe Sky pendant sa période faste (6 victoires finales au TDF) qui était vêtue d’un maillot de couleur noire de 2010 à 2018

  • 2010-2011     : maillot noir avec bande bleue
  • 2012-2017    : le noir reste la couleur dominante avec quelques variations (bandes bleues plus larges et touche de blanc)
  • 2018               : dernière année du maillot noir avant le changement de sponsor.

Pour en savoir plus sur la révolution Coldblack® maillot noir antisurchauffe, je propose une fiche technique qui faisait le point sur cette avancée, publiée par mes soins dans Cyclosport magazine d’août-septembre 2014.

Cyclosport magazine, 2014, n° 99, août-septembre

Que ce soit en 1924 et de 1946 à 1951 sur le Giro, de 1930 à 1947 sur le Tour de France, les maillots noirs en laine et/ou en coton étaient une entrave sérieuse à la performance. D’où la disparition de cette couleur jusqu’en 2010 et la révolution Coldblack® Technologie.

POUR EN SAVOIR PLUSBLOG JPDM – Autres liens sur surchauffe de l’air et effort physique prolongé

  • Tour de France ton histoire – Canicule : attention à la surchauffe boostée par la compétition. Aspersions et ablutions, deux techniques efficaces limitant la montée des degrés corporels – publié le 29 juin 2019
  • Jeux olympiques de Paris – La surchauffe va perturber les épreuves et les entraînements programmés dans Paris et sa région. Alerte aux méfaits des médicaments associés à de fortes contraintes thermiques. L’été, en plus des athlètes olympiques, il y a de très nombreuses personnes qui continuent à se maintenir en forme en courant, pédalant ou en jouant au tennis – publié le 31 juillet 2024.

Tour de France ton histoire – L’édition 2026 confirme une tendance lourde : la mondialisation du cyclisme profesionnel stagne !

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Sur l’ensemble de l’histoire du Tour, seules 58 nations ont vu au moins un de leurs coureurs participer à la Grande Boucle depuis 1903. Autrement dit, à peine un quart des pays affiliés à l’Union cycliste internationale (UCI) ont déjà accédé à ce niveau.

Cette stagnation contraste avec l’image globale du Tour.

À partir de ce samedi 4 juillet, la 113e édition s’élance de Barcelone et sera diffusée dans 190 pays. Pourtant, malgré cette exposition mondiale, le cyclisme professionnel peine à s’étendre. Depuis six ans, aucune nouvelle nation parmi les 203 fédérations membres de l’UCI n’a envoyé un coureur au départ de la Ronde de Juillet.

Un chiffre résume parfaitement cette inertie : 27 nations au départ chaque année depuis 2021, sans la moindre variation. La mondialisation du cyclisme, elle, semble rester dans les roues.

Dopage/Cyclisme – La fable du coureur contrôlé positif pour avoir substitué les urines de sa femme enceinte, traverse les décennies. 60 ans que cette fake news circule !

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L’histoire la plus bidon du dopage, encore recyclée en 2026

Vincent Duluc, plume majeure du journal L’Equipe, la relaie toujours dans son dernier ouvrage consacré à l’histoire du journal

L’origine du mythe remonte au milieu des années 1960. C’est Jacques Anquetil qui, dans Miroir-Sprint le 9 mai 1966, raconte les effets secondaires d’un petit arrangement au moment du contrôle : « L’an dernier, un coureur hollandais avait fait uriner… sa femme. C’est comme ça qu’on s’est aperçu qu’il était enceinte. »

  • Qu’une femme enceinte fournisse ses urines à son mari pour lui éviter un contrôle positif ? Possible, voire probable.
  • Qu’un coureur découvre sa future paternité grâce à un contrôle antidopage ? Scientifiquement impossible.
  • ni interdites,
  • ni détectables,
  • et encore moins recherchées.

Elles ne seront interdites qu’en 1988, vingt ans plus tard.

En 2000, j’ai déjà démonté cette fable dans Dopage, l’imposture des performances. Pourtant, certains continuent de la colporter, comme si la vérification des faits était optionnelle.

Cette persistance montre surtout une chose : dans le journalisme sportif, beaucoup se contentent de relire L’Équipe, leurs propres papiers ou les livres de confrères truffés d’erreurs, sans jamais remonter aux sources.

Pour mémoire — et pour preuve que l’information a bien été diffusée — je republie ici le texte que j’avais écrit en 2000. Vingt-six ans plus tard, il reste tristement d’actualité.

En fichier joint (PDF) – Citations « Vous êtes enceinte, Monsieur »

Cyclisme – Philippe Brunel soutient qu’Anquetil n’a plus touché un vélo après sa retraite en décembre 1969. Une affirmation erronée !

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Même Sophie, sa fille, en comptabilise trois. Pourtant, la vérité est tout autre : Anquetil est remonté sur un vélo au moins neuf fois, et pas seulement pour faire bonne figure devant un objectif.

Plusieurs témoignages et documents photographiques démontrent que Jacques Anquetil a refait du vélo au moins 9 fois

Dans L’Equipe du 17 novembre 2017, Philippe Brunel, le journaliste spécialiste du cyclisme revient sur la carrière de Jacques Anquetil, l’une de ses deux idoles avec Eddy Merckx. Le Normand est décédé le 18 novembre 1987, à cinquante-trois ans 10 mois. Trente ans après sa disparition, le ‘’grand reporter’’ du quotidien aux archives inexistantes, revient sur quelques hauts faits de la carrière du Viking de Quincampoix. Nous prendrons un seul exemple. Brunel, dans un encadré « Adieux discrets à Anvers » nous raconte que le premier quintuple vainqueur du Tour descend de vélo le 27 décembre 1969 (et non en novembre comme indiqué par Philippe Brunel autoproclamé fils spirituel de Pierre Chany et Antoine Blondin…) sur la piste du Sport Palais d’Anvers pour le pendre au clou définitivement.

En réalité, dans cet articulet signé P. Br. (initiales de Philippe Brunel), le journaliste de L’Equipe raconte une histoire fausse. Le Critérium de l’Ile de Man (île située entre l’Irlande et l’Angleterre) remporté par le Normand devant Eddy Merckx, date du 22 juin 1965, soit 4 ans avant sa retraite de cycliste pro. Donc le commentaire de Janine n’a pu avoir lieu après ce critérium puisque les mois et années suivantes, Anquetil a ajouté à son palmarès : 2 GP des Nations (1965 et 1966), Liège-Bastogne-Liège (1966), un titre de vice-champion du monde sur route (1966), un Tour de Catalogne (1967), etc.

Afin de contribuer à la connaissance du parcours sur deux roues du Mozart du vélo selon l’expression de Robert Chapatte, nous proposons les activités cyclistes du quintuple lauréat du Tour après sa carrière de 1970 à 1987.

En fichier PDF – La preuve par 9