Même Sophie, sa fille, en comptabilise trois. Pourtant, la vérité est tout autre : Anquetil est remonté sur un vélo au moins neuf fois, et pas seulement pour faire bonne figure devant un objectif.
Plusieurs témoignages et documents photographiques démontrent que Jacques Anquetil a refait du vélo au moins 9 fois
Dans L’Equipe du 17 novembre 2017, Philippe Brunel, le journaliste spécialiste du cyclisme revient sur la carrière de Jacques Anquetil, l’une de ses deux idoles avec Eddy Merckx. Le Normand est décédé le 18 novembre 1987, à cinquante-trois ans 10 mois. Trente ans après sa disparition, le ‘’grand reporter’’ du quotidien aux archives inexistantes, revient sur quelques hauts faits de la carrière du Viking de Quincampoix. Nous prendrons un seul exemple. Brunel, dans un encadré « Adieux discrets à Anvers » nous raconte que le premier quintuple vainqueur du Tour descend de vélo le 27 décembre 1969 (et non en novembre comme indiqué par Philippe Brunel autoproclamé fils spirituel de Pierre Chany et Antoine Blondin…) sur la piste du Sport Palais d’Anvers pour le pendre au clou définitivement.
En réalité, dans cet articulet signé P. Br. (initiales de Philippe Brunel), le journaliste de L’Equipe raconte une histoire fausse. Le Critérium de l’Ile de Man (île située entre l’Irlande et l’Angleterre) remporté par le Normand devant Eddy Merckx, date du 22 juin 1965, soit 4 ans avant sa retraite de cycliste pro. Donc le commentaire de Janine n’a pu avoir lieu après ce critérium puisque les mois et années suivantes, Anquetil a ajouté à son palmarès : 2 GP des Nations (1965 et 1966), Liège-Bastogne-Liège (1966), un titre de vice-champion du monde sur route (1966), un Tour de Catalogne (1967), etc.
Afin de contribuer à la connaissance du parcours sur deux roues du Mozart du vélo selon l’expression de Robert Chapatte, nous proposons les activités cyclistes du quintuple lauréat du Tour après sa carrière de 1970 à 1987.
De nouvelles études confirment que le dopage maîtrisé est nettement plus efficace sur la durée de vie que toutes les mixtures anti-âge
Depuis début janvier 2026, j’ai publié à plusieurs reprises dans ce blog différents articles sur le thème de la longévité des cyclistes du Tour de France basées sur la durée de vie des Géants de la Route, à partir de leurs actes de décès.
Quelle que soit la période étudiée, des cyclistes exerçant de 1903 à 1914 puis de 1919 à 1939 et de 1947 aux années 1960, le constat est toujours le même : les cyclistes obtiennent un gain de longévité de plusieurs années à chaque époque étudiée.
Il est clair que, comme pour les médicaments thérapeutiques, les dopants sont pour la plupart des remèdes détournés de leur usage, les surdoses et les cocktails mal codifiés sont néfastes pour la santé, de même que la prise d’hormones pendant l’adolescence ou en phase de procréation ainsi que pendant la grossesse (mais cela figure de façon très lisible sur la notice des médicaments).
Pour en savoir plus sur la longévité augmentée des cyclistes du Tour de France, l’article du Journal du Médecin signé par le journaliste scientifique Philippe Lambert et rédigé sur la base de mes récents travaux.
En fichier joint (PDF) – Philippe Lambert – le Journal du Médecin, 2026, n° 2816, 28 avril, pp 14-15
Blog JPDM à consulter sur la durée de vie des cyclistes du Tour de France
Tour de France ton histoire – Stop à l’idée reçue : dopage des années amphétamines / 1960 égal mort précoce ! Mes récentes études sur la durée de vie des cyclistes exerçant à cette époque prouvent le contraire – publié le 07 avril 2026.
Compte tenu de son éclosion ultra accélérée au sein du World Tour et de son jeune âge (19 ans 7 mois aujourd’hui), la sagesse devrait lui conseiller de ne pas brûler les étapes…
Le 4 juillet 2026, au départ de la Grande Boucle à Barcelone, le prodige de l’équipe Decathlon n’aura que 19 ans et 9 mois. Face à l’engouement populaire, une question cruciale se pose : à cet âge, le corps et l’esprit sont-ils réellement armés pour le plus grand défi cycliste du monde ?
L’illusion des réseaux sociaux face à la réalité du terrain
Si les « piliers » des réseaux sociaux poussent pour une participation immédiate, portés par les performances hors-normes du Lyonnais cette saison, leur enthousiasme manque de recul scientifique. Jusqu’ici, Seixas a brillé sur des formats courts (une semaine) ou des classiques. Or, le Tour de France représente trois semaines de paroxysme physique, une exposition médiatique totale et une confrontation « XXL » face à des ogres comme Tadej Pogačar ou Jonas Vingegaard.
L’histoire nous rappelle que les plus grands (Anquetil, Merckx, Hinault, Fignon, Pogačar) ont souvent gagné dès leur première participation. Cependant, en 2026, Seixas ferait face à une concurrence déjà installée et à sa pleine maturité, rendant l’exploit d’une victoire immédiate statistiquement improbable.
La leçon de l’histoire : de Fausto Coppi à nos jours
L’analyse des records de précocité appelle à la nuance :
Giro : Fausto Coppi l’emporte en 1940 à 20 ans et 8 mois, mais dans un contexte national et en tant qu’équipier de Bartali.
Vuelta : Angelino Soler s’impose en 1961 à 21 ans et 5 mois.
Tour de France : Le Top 10 des plus jeunes vainqueurs montre une constante : l’âge de la victoire oscille généralement entre 22 ans (Pogačar) et 23 ans et demi (Ullrich).
(*) Surlignés en jaune : les vainqueurs les plus jeunes des 55 dernières années
Note historique : Il faut écarter Henri Cornet (1904), vainqueur à 19 ans « sur tapis vert » après des disqualifications massives, ainsi que Philippe Thys, souvent cité à tort comme ayant moins de 23 ans en 1913 alors qu’il en avait un de plus.
Le « repos volé » : l’enfer du protocole
Le talent ne suffit pas ; il faut pouvoir récupérer. Philippe Gilbert, dans son ouvrage Mon année de rêve, décrit avec précision le « cérémonial épuisant » imposé aux leaders : interviews à la chaîne, contrôles antidopage, podiums et transferts tardifs.
Cyrille Guimard avait déjà calculé ce coût invisible : un Maillot Jaune perd en moyenne une heure de sommeil par jour par rapport au peloton. Aujourd’hui, avec l’explosion médiatique, ce chiffre atteint 1h30. Pour un organisme de 19 ans en pleine croissance, ce déficit de récupération peut s’avérer dévastateur sur 21 jours.
La science du corps : un chantier en cours à 19 ans
La biologie est formelle : à moins de 20 ans, le processus de maturation n’est pas achevé.
Maturation morphologique : La densification osseuse et musculaire se poursuit jusqu’à 22 ans. La clavicule, si exposée chez les cyclistes, ne se soude parfois qu’à 25 ans.
Maturation neurologique : C’est l’apport majeur des neurosciences. Le cortex préfrontal (gestion du stress, planification, jugement) ne finit sa mutation qu’au milieu de la vingtaine.
Lancer un jeune homme de 19 ans dans l’essoreuse du Tour, c’est engager la responsabilité des encadrants et des sponsors sur le long terme.
L’avis du « Blaireau » : la sagesse plutôt que l’urgence
Bernard Hinault lui-même soutient la prudence. En 1977, à 22 ans et demi, il avait choisi de retarder son premier Tour malgré la pression. Son conseil pour Seixas est clair : privilégier le Giro.
« Le Giro est une meilleure option. C’est l’occasion de se tester sur 23 jours face à une opposition de haut niveau, mais avec une pression moindre. Face à un Pogačar qui ne fera aucun cadeau pour égaler le record de cinq Tours, l’apprentissage pourrait être brutal. »
Conclusion
Pour Paul Seixas, la patience est une vertu de champion. Le Giro ou la Vuelta offrent un terrain d’apprentissage idéal : moins de chaos médiatique, une récupération mieux préservée et une montée en puissance progressive. Le temps n’est pas un adversaire à battre, mais le meilleur allié de son futur palmarès.
Mes récentes études sur la durée de vie des cyclistes exerçant à cette époque prouvent le contraire.
DECRYPTAGE –
Dans les années 1960, les amphétamines, alors largement utilisées dans le peloton, s’imposent comme les principaux « amplificateurs » de performance. À l’époque, la pratique est banalisée, presque tolérée.
Très vite pourtant, le corps médical tire la sonnette d’alarme. Les risques pour la santé sont jugés majeurs, voire vitaux. Face à ces inquiétudes croissantes, les pouvoirs publics réagissent : les premières politiques de lutte antidopage voient le jour…
Mais plusieurs décennies plus tard, contre toute attente, ces athlètes affichent une durée de vie supérieure de 7 à 8 ans par rapport à la moyenne de la population masculine ayant 25 ans en 1959-1960 (écartant ainsi le biais de la mortalité infantile).
L’effet du sport plus fort que celui du dopage ?
Le cyclisme de haut niveau, avec ses volumes d’entraînement extrêmes, aurait des effets protecteurs durables sur l’organisme, notamment au plan cardiovasculaire alors que l’impact supposé négatif des amphets (l’important c’est la dose) n’a pas suffi à annuler les bénéfices physiologiques d’une activité physique intense— bien supérieure à celle promise aujourd’hui par les hormones et autres solutions anti-âge.
CONTROVERSE : une attaque diffamatoire sournoise
C’est en lisant en novembre dernier, dans Sud-Ouest la phrase hallucinante d’aversion envers les cyclistes d’une athlète, étudiante en 5e année de médecine, qui affirmait sans sourciller et sans aucune preuve : « que tous les cyclistes dopés ont tous un cancer des testicules à 40 ans, sont infertiles ou, s’ils ont des enfants, ceux-ci ont des retards de développement » – sans que Sud-Ouest qui lui a donné une telle tribune ni les instances cyclistes ne s’émeuvent de ces divagations diffamatoires – que je décidai de publier mes travaux poursuivis depuis des années sur la durée de vie des coureurs ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France.
Les chiffres ne mentent pas : du 1er Tour de 1903 à celui de 1960, les Géants de la route, malgré leur médicalisation de la performance, ont une durée de vie supérieure à la moyenne des hommes en France.
Quant aux instances antidopage, leur stratégie est à revoir en profondeur. Brandir la peur de la maladie et de la mort jeune, c’est totalement à côté de la plaque !
Mon étude, exclusive et originale, sur la durée de vie des coureurs du Tour de France des années 1960 vient bousculer les idées reçues. Là où beaucoup se contentent de relayer des croyances toutes faites, j’apporte une analyse rigoureuse qui invite à penser autrement et à sortir d’un certain conformisme stérile.
Dans l’imaginaire collectif, le dopage est associé à la tricherie, aux scandales et aux carrières brisées. À une époque où le Tour de France était déjà l’une des épreuves les plus exigeantes au monde, de nombreux coureurs, malgré l’usage répandu de substances dopantes, affichent une étonnante longévité.
Pour démontrer la dangerosité du dopage, les partisans de la lutte antidopage ont souvent mis en avant quelques cas de cyclistes décédés relativement jeunes (avant 60 ans). Ces exemples, parfois emblématiques — Jacques Anquetil, Louison Bobet, Roger Rivière, Raymond Mastrotto — ont servi à crédibiliser leur discours sur les dangers des substances de performance. Mais qu’en est-il de l’ensemble du peloton ?
Bien sûr, lors du Tour de France 1959, sur les 12 coureurs sélectionnés en équipe de France, cinq ne dépassèrent pas la soixantaine, soit 41,7 %. Pourtant, rapportés aux 120 partants, ces décès prématurés n’ont pas d’impact significatif sur la longévité globale du peloton.
Les chiffres sont sans appel
Tour de France 1959
L’âge moyen au décès des 120 coureurs atteint 79 ans et 2 mois. Comparé à l’espérance de vie des hommes français âgés de 25 ans en 1959 (soit environ 72 ans, afin d’exclure la mortalité infantile), cela représente un gain de 7 ans et 2 mois.
Tour de France 1960
Sur les 128 partants, la durée de vie moyenne s’élève à 80 ans et 6 mois, soit un avantage de 8 ans et 5 mois par rapport à la population masculine générale.
Des résultats encore évolutifs
Au 7 avril 2026, 22 coureurs du Tour 1959 sont encore en vie. Ils sont même 32 survivants pour l’édition 1960, preuve supplémentaire d’une longévité remarquable.
Hors des sentiers battus
Tous les anciens coureurs du Tour de France que j’ai interrogés au sujet des « pastilles » consommées dans les années 1950-1960 ont reconnu, sans exception, avoir eu recours à des amphétamines — notamment le Maxiton®, le Tonédron® ou encore la Corydrane®.
Certains en faisaient un usage intensif, à l’image de ce vainqueur du Tour qui plongeait la langue dans sa boîte de médicaments pour avaler tous les comprimés qui s’y collaient. La majorité, toutefois, limitait leur consommation aux périodes de compétition.
Au final, le respect des doses recommandées par les laboratoires, associé à une certaine prudence (notamment en cas de forte chaleur), ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur la longévité de ces athlètes de haut niveau.
Désinformation XXL
Malgré ces constats, les cyclistes continuent d’être régulièrement critiqués par certains médias et pseudo-spécialistes, notamment sur les risques sanitaires liés au dopage. Face à ces attaques, le silence du monde du cyclisme interroge.
Une étude scientifique menée sur 786 coureurs français du Tour de France (1947–2012) a montré qu’ils vivaient en moyenne 6,3 années de plus que la population masculine générale. Cette recherche, conduite par l’INSERM et l’IRMES, a été publiée le 3 septembre 2013 dans l’European Heart Journal et présentée au congrès de la Société européenne de cardiologie à Amsterdam. Elle a été largement relayée par des médias tels que Le Nouvel Obs, Le Point, Libération ou Le Parisien
Depuis 2021, j’ai moi-même publié à plusieurs reprises des travaux confirmant cette tendance.
CONCLUSION
Depuis 1903, malgré un dopage présent dès les premières éditions, les coureurs du Tour de France — les « Géants de la route » — affichent une longévité nettement supérieure, de plusieurs années, à celle de la population masculine française.
POUR EN SAVOIR PLUS – Blog JPDM – Autres liens à consulter sur la longévité des cyclistes
Tour de France ton histoire – Et si le Monument n° 1 du cyclisme était un élixir de longévité ? Les anciens cyclistes du Tour de France décédés ces quatre dernières années (2022-2025) ont bénéficié d’un avantage de longévité d’environ 7 ans 2 mois par rapport à la population générale de cette période – publié le 01 janvier 2026
Tour de France ton histoire : dès la 1re édition en 1903, les coureurs ont une durée de vie hors norme. Et ce malgré le dopage ! Dès l’édition inaugurale de 1903, les Géants de la Route présentent une durée de vie moyenne nettement supérieure à celle de la population française de leur époque en dépit de l’usage alors courant d’amplificateurs artificiels de performance, autrement dit de produits dopants – publié le 05 janvier 2026
Classiques-Monuments : Le Tour des Flandres/ Le Ronde
POUR EN SAVOIR PLUS – Blog JPDM – Autres liens sur le Tour des Flandres
Tour des Flandres – Tous les ‘’plus’’ : les lauréats récidivistes, les plus grands, les plus lourds… et le portrait-robot d’un vainqueur établi sur les 101 éditions – publié le 30 mars 2018
Tour des Flandres – Le morphotype d’un cador du Ronde bascule au décours des années 2000. Auscultation d’une épreuve plus que centenaire ayant vu le jour en 1913. Tous les « plus »: les lauréats récidivistes, les plus grands, les plus lourds … et le portrait-robot du probable lauréat 2021 établi à partir des vainqueurs des 104 éditions de 1913 à 2020. La 105e édition a lieu demain dimanche 4 avril 2021 – publié le 04 avril 2021
3. Actualité cycliste – Tour des Flandres : le bonus du morphotype. Le Danois Kasper Asgreen n’est pas un vainqueur inattendu comme les consultants d’Eurosport nous l’ont répété dans le final et à l’arrivée du 105e Ronde – publié le 05 avril 2021
4. Tour des Flandres 2023 – Un monument à la hauteur d’une course à très haute intensité à 44,083 km/h, record de l’épreuve battu. Tout savoir sur les 107 éditions du Ronde van Vlaanderen – publié le 05 avril 2023
La 8e édition du Tour de France, en 1910, reste l’une des plus marquantes de l’histoire.
Elle est dominée par un affrontement spectaculaire entre le tenant du titre François Faber, le « Géant de Colombes », et Octave Lapize, surnommé « l’As des As ». Coéquipiers au sein de la formation Alcyon dirigée par Alphonse Baugé, les deux hommes se livrent une bataille sans merci.
Après 4 734 kilomètres et 15 étapes, le verdict est infime : Lapize s’impose avec 63 points, contre 67 pour Faber.
Mais cette édition entre surtout dans la légende pour une innovation majeure. Sous l’impulsion d’Alphonse Steines, le peloton découvre pour la première fois les Pyrénées. Entre Luchon et Bayonne, une étape hors norme de 326 kilomètres enchaîne cinq cols — Peyresourde, Aspin, Tourmalet, Soulor et Aubisque — et forge le mythe des « forçats de la route ». Un tournant décisif dans l’histoire de la Grande Boucle.
Figure dominante de son époque, Octave Lapize ne brille pas seulement sur le Tour. Il impose sa loi sur les grandes classiques, avec trois victoires consécutives sur Paris-Roubaix (1909, 1910,1911), Paris-Bruxelles (1911, 1912,1913) et au championnat de France (1911, 1912, 1913). Un palmarès qui fait de lui l’un des premiers cadors des pionniers de la Belle Epoque du cyclisme.
En fichier joint (PDF) – Octave Lapize – Dossier complet
Comparé aux 39 coureurs du peloton ayant pris leur retraite en 2024 et aux 48 en 2025
Après une analyse récente portant sur les 39 puis 48 cyclistes retraités en 2024 et 2025, tous ayant disputé au moins une édition de la Grande Boucle, plusieurs enseignements émergent lorsqu’on compare leurs parcours à ceux des 61 vainqueurs du Tour de France retirés entre 1903 et 2018.
Cette comparaison repose sur trois indicateurs principaux :
le nombre moyen de saisons professionnelles,
l’âge moyen au moment de la retraite,
le nombre moyen de participations au Tour de France.
Nombre moyen de saisons pour les lauréatsdu Tour de France (graph 1)
La période 2006-2018 se distingue par une durée de carrière particulièrement élevée, supérieure à celle des quatre périodes précédentes.
Les coureurs retraités en 2024-2025 totalisent en moyenne 14,25 saisons professionnelles, contre 15,3 pour les vainqueurs de la période 1919-1939, un chiffre légèrement supérieur à celui observé entre 2006 et 2018 (15,1).
La première période (1903-1914) fait exception, avec seulement 8,5 saisons en moyenne. Cette singularité s’explique par le déclenchement de la Première Guerre mondiale le 3 août 1914. En effet, la carrière de 6 vainqueurs sur 10 a été interrompue par le conflit : trois y ont perdu la vie, un autre s’est suicidé et deux ont vu leur carrière fortement perturbée par la désorganisation des compétitions cyclistes durant la guerre.
Âge moyen de la retraite (graph 2)
Les vainqueurs des périodes 2006-2018 (36,1 ans) et 1919-1939 (36,2 ans) mettent fin à leur carrière plus tardivement que les coureurs retraités en 2024-2025, qui arrêtent en moyenne plus jeunes.
Par ailleurs, les périodes 1947-1977 et 1978-1998, avec 13,7 et 13,2 saisons au compteur, sensiblement inférieures aux périodes antérieure 1919-1939 (15,3) et 2006-2018 (15,1) et postérieure, témoignent que les affaires de dopage ont réduit le nombre de saisons mais aussi l’âge de la retraite (cf graph 2).
Ainsi, successivement, les affaires de dopage sont venues impacter l’activité des cyclistes du Tour de France : premiers contrôles antidopage sur la route du Tour et grève des coureurs (1966), décès du Britannique Tom Simpson sur les pentes du Mt Ventoux (1967), exclusion d’Eddy Merckx du Giro pour test positif (1969), triche par substitution d’urine du maillot jaune Michel Pollentier à l’Alpe d’Huez (1978), affaire Festina où l’ensemble de l’équipe est exclu du Tour à la suite des aveux du directeur sportif et du soigneur (1998).
À l’inverse, les lauréats de la période 1903-1914 se retirent nettement plus tôt, avec un âge moyen de 31,5 ans, conséquence directe du contexte historique lié à la guerre.
Nombre moyen de participations auTour de France (graph 3)
Depuis 1978, les vainqueurs du Tour participent plus fréquemment à l’épreuve :
9,7 participations en moyenne entre 1978 et 1998,
8,9 entre 2006 et 2018.
En comparaison, les coureurs retraités en 2024-2025 affichent une moyenne nettement plus faible, avec seulement 4,8 participations.
Ce contraste s’explique notamment par les bénéfices sportifs, médiatiques et financiers liés à une victoire sur le Tour, qui incitent les lauréats à revenir pour viser d’autres succès (étapes, classements annexes, primes).
À l’inverse, de nombreux coureurs du peloton 2024-2025 n’ont participé qu’à peu d’éditions, voire une seule car cantonné au rôle d’équipier, souvent moins valorisé, au service d’un leader.
Diversité des vainqueurs selon les périodes (graph 4)
La plus grande diversité de vainqueurs s’observe entre 1903 et 1914.
La raison du plus grand nombre de vainqueurs différents est due principalement à l’absence de la notion d’équipe avec un leader unique mais au recrutement par les constructeurs de cycles des meilleures pédales de l’époque au sein d’un même groupe. Par exemple, en 1909, l’équipe Alcyon est dirigée par Alphonse Baugé ne comporte que des cadors. Sur les 6 ‘’coéquipiers’’, on dénombre un ancien lauréat Louis Trousselier (1er en 1905), deux futurs vainqueurs : François Faber (1er en 1909), Gustave Garrigou (1er en 1911) et deux futurs seconds : Paul Duboc en 1911 et Jean Alavoine en 1919 et 1922.
Difficile pour le directeur sportif de faire régner l’esprit d’équipe. Dans les comptes-rendus de ces années, il est signalé que l’entraide entre coureurs n’est pas la priorité. Lors d’un incident ou accident de machine, la victime doit réparer toute seule.
De même, en 1910, sur 10 coureurs composant le team Alcyon, on dénombre quatre anciens ou futurs gagnants de la Grande Boucle.
Aujourd’hui, les formations susceptibles de conquérir le maillot jaune n’ont qu’un seul leader au départ. Si défaillance de ce n° 1, le reste du groupe se met au service du lieutenant.
Ce n’est qu’à partir de 1930 et la création des équipes nationales sous le contrôle d’un directeur technique que la cohésion va s’installer au service d’un leader désigné au départ. Pendant cette période de l’entre-deux guerres, on va comptabiliser six vainqueurs récidivistes (Lambot, Bottecchia, Frantz, Leducq, Magne, S. Maes).
A la bascule des années 2000, l’avènement de Lance Armstrong avec à sa solde l’équipe US Postal, va booster l’organisation des équipes dont la création suivra le professionnalisme de l’Américain et de ses boys : Sky-Ineos, Visma, UAE Emirates.
Pour en revenir au commentaire du graphique 4
Au cours des périodes suivantes, les victoires répétées deviennent plus fréquentes, certains coureurs remportant plusieurs éditions.
La période 2006-2018 semble marquer un retour à une plus grande diversité de vainqueurs. Toutefois, cette impression est biaisée par l’absence de Lance Armstrong, vainqueur de sept Tours entre 1999 et 2005, dont les titres ont été annulés. Sans cette disqualification, la concentration des victoires aurait été plus marquée.
Sur ce graphique, on constate que le nombre de vainqueurs différents diminue régulièrement depuis la 1re période 1903-1914 à 1978-1998. En revanche, la période 2006-2018 remonte en raison de la disqualification pour dopage de Lance Armstrong, lauréat de 7 Tours consécutifs. Si on maintient l’Américain (colonne orange), le résultat est concordant avec l’ensemble des périodes.
Remarque : avoir disqualifié Armstrong est une imposture car de nombreux lauréats du Tour ont avoué carburer aux amplificateurs artificiels de performances ou, durant leur carrière ont été contrôlés positifs.
Analyse générale
L’étude globale met en évidence plusieurs caractéristiques des vainqueurs du Tour de France :
une participation plus fréquente à l’épreuve,
une grande polyvalence, combinant qualités de grimpeur et de rouleur,
un encadrement collectif structuré, avec une équipe dédiée à leur protection,
et, depuis le milieu des années 1990, des progrès décisifs dans la préparation scientifique et la médicalisation de la performance.
Louis Nore, ancien responsable des sports à La Marseillaise, et Sylvain Letouzé, tous deux auteurs publiés par City Editions, semblent avoir une passion commune pour les récits originaux. Cependant, leurs livres donnent parfois l’impression qu’ils prennent des libertés avec la réalité, un peu trop !
Le livre de Louis Nore a du mal à convaincre, tout comme celui de son collègue Letouzé, qui partage la même maison d’édition. Les deux ouvrages, malheureusement, peinent à répondre aux attentes des amateurs de sport passionnés de détails précis.
L’éditeur n’hésite pas à qualifier Nore de « spécialiste encyclopédique du sport », ce qui est difficile à croire, surtout au regard de certaines erreurs grossières, notamment sur le cyclisme.
Certaines anecdotes de Nore, censées être emblématiques, s’éloignent trop des faits rapportés par les témoins de l’époque, ce qui peut prêter à confusion.
En fichier joint (PDF) : Critiques argumentées de l’ouvrage Histoires insolites et curieuses du sport
Bien que né en France en 1882, Lucien Mazan (nom de naissance) a passé toute sa jeunesse en Argentine d’où son surnom ‘’L’Argentin’’. Mais, rapidement, en fréquentant le peloton cycliste, il se fait appelé Breton pour ne pas indisposer son père qui n’apprécie pas l’activité de cycliste comme honorable car proche de saltimbanque puis, rapidement pour ne pas faire doublon avec un coureur qui a pour nom Breton, il s’octroie le patronyme de Petit-Breton pendant sa carrière et jusqu’à son destin tragique en 1917.
Lucien devient professionnel en 1902 et le restera jusqu’en 1914.
Comme deux autres vainqueurs du Tour, François Faber (1er en 1909) et Octave Lapize (1er en 1910), Lucien P.-B. perdra la vie pendant la guerre de 1914-1918 lors d’un accident impliquant une charrette.
Des cris de bête sauvage à répétition
Que ce soit sur la piste (six jours, Bol d’Or) ou sur la route (Tour de France), Petit-Breton se singularise par cette tactique inusitée jusqu’alors dans le peloton. Son fils, Yves Petit-Breton, auteur d’une plaquette-hommage à son père publiée en 1978, résume ce comportement : « Il était téméraire, il n’hésitait pas à partir dès le départ et s’il était rejoint, il redémarrait à nouveau. Il répétait l’attaque dix à vingt fois s’il le fallait. A chaque démarrage, il prévenait ses adversaires en hurlant très fort. »
A notre connaissance, les ‘’crises’’ de Petit-Breton ont eu pour émule le Suisse Ferdi Kübler, lauréat du Tour 1950 surnommé le Champion hennissant, l’Homme-Cheval ou le Fou pédalant. C’est un hors-série de Route et Piste en 1952 qui en témoigne : « Les coureurs qui ont eu la chance d’être à ses côtés dans une échappée de fin de course alors que l’arrivée est proche, gardent de Ferdi un souvenir inoubliable. Nerveux comme un pur-sang, il encourage les uns, les autres et lui-même à aller plus vite : ‘’Pense à ta fille !’’, ‘’Pense à ta femme !’’, ‘’Allez Ferdi, allez Ferdi !’’. Criant plus haut et plus fort à mesure que le rythme s’accélère, il arrive ainsi à se survolter, à se donner la fièvre et à se présenter dans une sorte d’état second au moment du sprint. Qui pourrait le battre, alors ? »
Depuis les années 1960 dans le tennis, les joueurs ‘’grynt’’ ou poussent des cris puissants en frappant la balle. Ce phénomène n’est pas juste instinctif ou anecdotique : plusieurs études et analyses démontrent qu’il sert à améliorer l’expiration, la puissance ou même à ‘’effacer’’ le son de la balle sur la raquette gênant l’adversaire pour anticiper la trajectoire.
Chez les joueuses, Monica Seles a fortement popularisé ces vocalisations au début des années 1990.
En revanche, dans le cyclisme professionnel, les vociférations ou cris ‘’à la Petit-Breton’’ ne sont pas une norme rituelle liée à l’effort ou à l’attaque comme cela peut l’être au tennis.
– Tout savoir sur Lucien Petit-Breton dit L’Argentin, champion hors norme des pionniers des premiers Tour de France. Dans la Liste glorieuse chère à Henri Desgrange, il se situe depuis 1903 en 5e position.
– Le document exclusif que nous proposons passe en revue son état civil et ses parentés cyclites, son palmarès détaillé avec les dates attenantes.
– Durant sa carrière pro, notamment les incidents de parcours, les blessures, les problèmes de santé ainsi que les sorties de route sont répertoriés et analysés.
– Puis sont abordés l’entraînement, l’alimentation, la course, les pratiques irrégulières nombreuses à l’époque.
– La dernière partie du document regroupe les références précises des livres et articles qui lui sont dédiés : livres, documents, hors-séries : 30 ; articles : 24, film : 1
EN FICHIER JOINT (PDF) : Lucien Petit-Breton : les différentes rubriques annoncées ci-dessus