Tour de France ton histoire – Stop à l’idée reçue : dopage des années amphétamines/1960 égale mort précoce !

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Mes récentes études sur la durée de vie des cyclistes exerçant à cette époque prouvent le contraire.

DECRYPTAGE –

Dans les années 1960, les amphétamines, alors largement utilisées dans le peloton, s’imposent comme les principaux « amplificateurs » de performance. À l’époque, la pratique est banalisée, presque tolérée.

Très vite pourtant, le corps médical tire la sonnette d’alarme. Les risques pour la santé sont jugés majeurs, voire vitaux. Face à ces inquiétudes croissantes, les pouvoirs publics réagissent : les premières politiques de lutte antidopage voient le jour…

Mais plusieurs décennies plus tard, contre toute attente, ces athlètes affichent une durée de vie supérieure de 7 à 8 ans par rapport à la moyenne de la population masculine ayant 25 ans en 1959-1960 (écartant ainsi le biais de la mortalité infantile).

Le cyclisme de haut niveau, avec ses volumes d’entraînement extrêmes, aurait des effets protecteurs durables sur l’organisme, notamment au plan cardiovasculaire alors que l’impact  supposé négatif des amphets (l’important c’est la dose) n’a pas suffi à annuler les bénéfices physiologiques d’une activité physique intense— bien supérieure à celle promise aujourd’hui par les hormones et autres solutions anti-âge.

CONTROVERSE : une attaque diffamatoire sournoise

C’est en lisant en novembre dernier, dans Sud-Ouest la phrase hallucinante d’aversion envers les cyclistes d’une athlète, étudiante en 5e année de médecine, qui affirmait sans sourciller et sans aucune preuve : « que tous les cyclistes dopés ont tous un cancer des testicules à 40 ans, sont infertiles ou, s’ils ont des enfants, ceux-ci ont des retards de développement » – sans que Sud-Ouest qui lui a donné une telle tribune ni les instances cyclistes ne s’émeuvent de ces divagations diffamatoires – que je décidai de publier mes travaux poursuivis depuis des années sur la durée de vie des coureurs ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France.

Les chiffres ne mentent pas : du 1er Tour de 1903 à celui de 1960, les Géants de la route, malgré leur médicalisation de la performance, ont une durée de vie supérieure à la moyenne des hommes en France.

Quant aux instances antidopage, leur stratégie est à revoir en profondeur. Brandir la peur de la maladie et de la mort jeune, c’est totalement à côté de la plaque !

Mon étude, exclusive et originale, sur la durée de vie des coureurs du Tour de France des années 1960 vient bousculer les idées reçues. Là où beaucoup se contentent de relayer des croyances toutes faites, j’apporte une analyse rigoureuse qui invite à penser autrement et à sortir d’un certain conformisme stérile.

Dans l’imaginaire collectif, le dopage est associé à la tricherie, aux scandales et aux carrières brisées. À une époque où le Tour de France était déjà l’une des épreuves les plus exigeantes au monde, de nombreux coureurs, malgré l’usage répandu de substances dopantes,  affichent une étonnante longévité.

Pour démontrer la dangerosité du dopage, les partisans de la lutte antidopage ont souvent mis en avant quelques cas de cyclistes décédés relativement jeunes (avant 60 ans). Ces exemples, parfois emblématiques — Jacques Anquetil, Louison Bobet, Roger Rivière, Raymond Mastrotto — ont servi à crédibiliser leur discours sur les dangers des substances de performance. Mais qu’en est-il de l’ensemble du peloton ?

Bien sûr, lors du Tour de France 1959, sur les 12 coureurs sélectionnés en équipe de France, cinq ne dépassèrent pas la soixantaine, soit 41,7 %. Pourtant, rapportés aux 120 partants, ces décès prématurés n’ont pas d’impact significatif sur la longévité globale du peloton.

Les chiffres sont sans appel


Sur les 128 partants, la durée de vie moyenne s’élève à 80 ans et 6 mois, soit un avantage de 8 ans et 5 mois par rapport à la population masculine générale.


Au 7 avril 2026, 22 coureurs du Tour 1959 sont encore en vie. Ils sont même 32 survivants pour l’édition 1960, preuve supplémentaire d’une longévité remarquable.

Tous les anciens coureurs du Tour de France que j’ai interrogés au sujet des « pastilles » consommées dans les années 1950-1960 ont reconnu, sans exception, avoir eu recours à des amphétamines — notamment le Maxiton®, le Tonédron® ou encore la Corydrane®.

Certains en faisaient un usage intensif, à l’image de ce vainqueur du Tour qui plongeait la langue dans sa boîte de médicaments pour avaler tous les comprimés qui s’y collaient. La majorité, toutefois, limitait leur consommation aux périodes de compétition.

Au final, le respect des doses recommandées par les laboratoires, associé à une certaine prudence (notamment en cas de forte chaleur), ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur la longévité de ces athlètes de haut niveau.

Malgré ces constats, les cyclistes continuent d’être régulièrement critiqués par certains médias et pseudo-spécialistes, notamment sur les risques sanitaires liés au dopage. Face à ces attaques, le silence du monde du cyclisme interroge.

  • Une étude scientifique menée sur 786 coureurs français du Tour de France (1947–2012) a montré qu’ils vivaient en moyenne 6,3 années de plus que la population masculine générale.
    Cette recherche, conduite par l’INSERM et l’IRMES, a été publiée le 3 septembre 2013 dans l’European Heart Journal et présentée au congrès de la Société européenne de cardiologie à Amsterdam. Elle a été largement relayée par des médias tels que Le Nouvel Obs, Le Point, Libération ou Le Parisien
  • Depuis 2021, j’ai moi-même publié à plusieurs reprises des travaux confirmant cette tendance.

CONCLUSION

Depuis 1903, malgré un dopage présent dès les premières éditions, les coureurs du Tour de France — les « Géants de la route » — affichent une longévité nettement supérieure, de plusieurs années, à celle de la population masculine française.

POUR EN SAVOIR PLUS – Blog JPDM – Autres liens à consulter sur la longévité des cyclistes

  • Tour de France ton histoire – Et si le Monument n° 1 du cyclisme était un élixir de longévité ? Les anciens cyclistes du Tour de France décédés ces quatre dernières années (2022-2025) ont bénéficié d’un avantage de longévité d’environ 7 ans 2 mois par rapport à la population générale de cette période – publié le 01 janvier 2026
  • Tour de France ton histoire : dès la 1re édition en 1903, les coureurs ont une durée de vie hors norme. Et ce malgré le dopage ! Dès l’édition inaugurale de 1903, les Géants de la Route présentent une durée de vie moyenne nettement supérieure à celle de la population française de leur époque en dépit de l’usage alors courant d’amplificateurs artificiels de performance, autrement dit de produits dopants – publié le 05 janvier 2026

DOPAGE – Dico des idées reçues : les amphétamines ça ne marche pas… Pour trancher, Anquetil et Fignon donnent leur point de vue

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L’un remporte cinq Tours de France et deux Tours d’Italie, l’autre deux Tours de France et un Tour d’Italie. Le second estimait  »qu’elles n’avaient jamais bousculé la hiérarchie », le premier qu’elles lui donnaient – dans l’effort solitaire – un avantage de plus de… 3 minutes sur 86,6 kilomètres !

Rappelons que pendant leurs carrières respectives (Anquetil de 1953 à 1969 et Fignon de 1982 à 1993), le Normand démontrait que, sur lui-même, le rendement d’un cycliste était amélioré par les amphets alors que le Parisien, après sa carrière, dénonce l’inefficacité de ces mêmes produits pour transformer un second couteau en premier de cordée.

Tour de France 1921 (2e volet) – Il y a un siècle le Belge Léon Scieur dit La Locomotive remportait la 15e édition

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Tour de France 1921 : course et à-côtés

Homme du Tour, endurant et résistant mais sans pointe de vitesse, Scieur termina 14e en 1914 puis deux fois 4e en 1919 et 1920 pour remporter enfin la palme en 1921 avec deux victoires d’étape. Dans la 10e – Nice-Grenoble qu’il remporte – il repousse son principal adversaire, Hector Heusghem, un compatriote, à près de 22 minutes au général.