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N° 38

 Quel est le cycliste sur route qui a été décoré de la Légion d’Honneur ou de l’ordre de l’Empire britannique et qui ne s’est jamais dopé ?

Poser la question c’est espérer que les géants de la route concernés portant la rosette et qui n’ont pas encore avoué, le fassent. La parole est à Jalabert (mis en cause par une commission d’enquête sénatoriale), Indurain (déclarations d’un coéquipier), Poulidor (aveux récents à minima lors de l’émission Cash Investigation du 27 juin 2016), Hinault (suspicion légitime), Longo (son mari-entraîneur a été épinglé par la patrouille), Wiggins (AUT de complaisance), et consorts…Anquetil, Thévenet et Armstrong, eux, ont reconnu leurs pratiques déviantes.

On attend que les autres se grandissent !

 

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Raymond Poulidor lors de l’émission Cash Investigation

 

 N° 39

 Le football télévisé, c’est l’école de la triche. En dehors du dopage invisible bien verrouillé par la FIFA, l’UEFA et consorts, que dire du footballeur moderne dont les bras et les coudes jouent dans le résultat un rôle tout autant déterminant que les jambes et les pieds ? Les arbitres sont incapables de visualiser et de sanctionner tous les gestes répréhensibles. Les quelques cartons distribués au pifomètre ne font qu’accentuer la rancœur des épinglés. Rappelons qu’une étude de la FIFA effectuée en 2002 auprès des footballeurs de haut niveau avait enregistré que 92% d’entre eux étaient prêts à tricher pour le gain du match.

Et après ça, on nous vante les valeurs sociales du ballon rond…

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Efficacité des drogues de la performance : la preuve par les études de terrain

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Au début des années 1960, dans la revue Médecine éducation physique et sport, l’organe officiel de la médecine du sport, on pouvait trouver dès la deuxième page, une publicité qui incitait les médecins à prescrire à leurs patients sportifs du Durabolin® (nandrolone), un stéroïde anabolisant.

Depuis cette époque, ce dérivé de l’hormone mâle est l’un des deux ou trois dopants les plus consommés par la gent athlétique.

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Apparentés à de simples vitamines

A cette époque, les experts de la chose médicale pensaient tout simplement que les hormones en général et les anabolisants en particulier, s’apparentaient à de simples vitamines. De même, pendant la grande période des amphétamines, de la fin de la Deuxième guerre mondiale et jusqu’au début des années 1970, les sportifs – notamment les cyclistes – en consommaient régulièrement et pourtant de nombreux scientifiques d’alors en niaient l’effet positif sur la performance. On a su plus tard, avec des travaux plus rigoureux, qu’elles étaient réellement des dopants et provoquaient des lésions vasculaires cérébrales graves.

 « Inefficaces et dangereux… »

Les écrits de ce médecin spécialiste du dopage, le docteur Jean-Jacques S’Jongers, démontre que le corps médical a souvent eu plusieurs longueurs de retard par rapport à la réalité des vestiaires et du terrain : « La prévention apparaît comme la seule voie possible de lutter contre le dopage : chacun doit savoir que les dopants actuels sont inefficaces et qu’ils présentent un danger majeur pour la santé de ceux qui les utilisent. » [Tonus, 25.04.1979]

Encore très récemment, lors d’une conférence-débat, un représentant de la Jeunesse et des Sports martelait que les coups de pouce biologiques n’avait qu’un très faible impact sur le résultat final d’une confrontation sportive.

En dehors des médecins et dans le but de défendre l’image de sport sain, non contaminé par la société ambiante, l’affirmation globale de l’inefficacité du dopage est souvent mise en avant par les dirigeants de la majorité des fédérations. Par exemple, le monde du football certifie sans sourcilier : « La multiplicité et la complexité des habiletés psychomotrices mises en jeu dans notre discipline sont incompatibles avec le dopage. » (sic)

 Des études trompeuses

Souvent, pour asseoir leur jugement péremptoire, ils mettent en avant certains travaux scientifiques qui nient la pertinence de telle ou telle substance dopante. Afin de permettre à chacun d’aiguiser sa réflexion sur la fiabilité des études scientifiques effectuées soit en laboratoire, soit sur le terrain, nous leur soumettons les résultats d’un cas exemplaire. Douze volontaires, conducteurs d’automobiles expérimentés, se sont prêtés à une intéressante expérience ; ils ont reçu soit un placebo, soit un antihistaminique à des doses de 25, 50 et 100 mg. En fait, ils ont fait tout cela deux fois, soit dans des conditions de laboratoire et on les a soumis à divers tests de performance et de vigilance – soit dans des conditions normales, et ils devaient alors conduire sur un circuit. Leurs performances ont été beaucoup plus altérées au laboratoire que dans les conditions réelles de conduite… Cela signifie qu’en choisissant bien ses tests, plus ou moins sensibles, on peut prouver ce que l’on veut ! Méfiance donc avant d’interpréter des résultats de laboratoire, positifs ou négatifs, concernant les effets d’une substance sur la performance sportive.

Au final, les travaux effectués sur un terrain de sport ou dans l’environnement de la compétition modifient favorablement l’efficacité des drogues de la performance.

Les exemples suivants en témoignent.

 

1961 – CYCLISME – Jacques Anquetil (FRA) : un débours de 5,7% sur une épreuve de

 86,6 km chronométrée…efficacite-des-produits-dopants

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Punchline Dr de Mondenard

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N° 37

 La loi du silence.

Le dopage est traité dans les médias nationaux (L’Equipe, le Monde, Libé, etc.) par des journalistes ayant comme caractéristique première d’être des ‘’analphabètes du corps’’ et de n’avoir jamais suivi un cursus pour prescrire des médicaments.

A partir de là, comment peuvent-ils sérieusement commenter des affaires de dopage où les substances pharmacologiques sont au cœur du débat. Quand Bradley Wiggins défend la légitimité de son AUT en expliquant qu’il soigne son asthme avec des injections de triamcinolone, aucun journaliste français ne relève l’erreur thérapeutique.

Au final, pour être désinformé sur le dopage, lisez la presse nationale !

 

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L’Equipe, 26 septembre 2016

 

Y-a-t-il un médecin à la Sky pour nous expliquer depuis quand on soigne l’asthme par une injection intramusculaire de triamcinolone ?

Efficacité des drogues de la performance – Depuis 1990, le dopage transforme un  »cheval de bois en pur-sang »… Mais avant ?

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Depuis les années sixties, soit trois décennies en amont, Jacques Anquetil le maître du chrono et du dopage, lui qui ne connaissait que les amphétamines, a contrario de la majorité des plumitifs de son époque, affirmait que la dynamite ou Bomba influençait et pas qu’un peu le rendement athlétique : « Le doping change un cheval de labour en pur-sang d’un jour ».

anquetilDans une interview parue dans Pédale !, un magazine annuel publié par So Foot, Laurent Brochard – l’ancien champion du monde 1997 –  accrédite la thèse du cheval de bois dominant le pur-sang grâce au dopage. Sauf que cette affirmation était régulièrement niée par les discours pro domo des cyclistes et des journalistes de la génération Merckx-Hinault.

 Avant les meilleurs restaient les meilleurs

 A la question posée par un journaliste de So Foot, lui-même convaincu qu’avant les années1990, le dopage était dérisoire, interpelle sur ce thème La Broche : « Avant, avec le dopage à papa, les meilleurs restaient les meilleurs. Mais avec l’ÉPO, la hiérarchie a commencé à être bouleversée, les bourrins pouvaient devenir des étalons… », La Broche rétorque : ‘’ Oui, on s’en est aperçu. Le problème, c’est que ceux-là, ils ont sûrement vraiment joué avec leur santé ; il y a des produits comme ça qui peuvent tout changer et donc sûrement changer ton corps.’’

 

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Laurent Brochard

 

 Tout en répondant à la question, Brochard s’aperçoit que d’accréditer le changement surnaturel dû au dopage à l’ÉPO et alors que lui-même en prenait, décrédibilise ses performances. Ainsi, après son acquiescement initial, son discours change radicalement : « Mais quand même, la hiérarchie restait conforme aux qualités intrinsèques des coureurs, je pense, en tout cas chez Festina, il n’y a pas eu d’abus dans ce genre de choses, en tout cas pour moi c’est sûr. »

Au final, le milieu cycliste – journalistes compris – veut nous faire avaler qu’avant l’apparition de l’ÉPO au début des années 1990, le dopage ne changeait pas la hiérarchie du peloton. Et donc, par corollaire, qu’il n’y avait pas lieu de s’en offusquer. C’est bien sûr l’argumentation de nombreux journalistes ayant assisté sans broncher à l’extension de la triche pharmaceutique et de la plupart des cyclistes, espérant ainsi, pour les premiers, minimiser leur complicité passive et, pour les seconds, nier l’influence du dopage dans leurs performances.

 Anquetil : les amphets « changent un cheval de labour en pur-sang d’un jour »

 En réalité, des géants du Tour tels Jacques Anquetil – dès le début des années 1960 – affirmaient l’inverse en expliquant que le dopage aux amphétamines « change un cheval de labour en pur-sang d’un jour. » Quelques semaines plus tôt, dans l’émission culte de la télévision ‘’Cinq colonnes à la une’’, le Normand s’était exprimé sur le thème de l’efficacité du dopage : « Sans stimulants, les grandes performances ne seraient jamais battues. »

Félix Lévitan, l’un des patrons du Tour de France, observateur privilégié de la gent cycliste depuis le début des années 1930, croyait mordicus à l’efficacité des pilules dynamisantes en le martelant le 20 avril 1965 dans l’hebdomadaire Le Miroir des Sports : « Celui qui ne se dope pas est un pauvre type, voué par avance à la défaite ». Afin de quantifier l’effet des amphétamines sur ses temps de course, Anquetil s’était prêté à une expérience lors de tests grandeur nature dans une compétition contre la montre.

Cette évaluation effectuée sur une épreuve chronométrée italienne, le Grand Prix de Forli, avait donné – en l’absence de Bomba (dynamite) – une détérioration de la vitesse moyenne de 2,5 km à l’heure sur un parcours de quatre-vingt-sept kilomètres, soit 5,7 % de débours. A titre de comparaison, signalons que Jean-Marie Leblanc, patron du Tour de 1989 à 2006, évaluait à trois kilomètres/heure le gain de vitesse moyenne procuré par l’ÉPO. Par ailleurs, certains font passer les corticoïdes pour des dopants de catégorie inférieure. Par exemple, Laurent Fignon qui minimisait son recours aux substances ergogéniques en affirmant qu’à son époque toutes les substances étant détectables, il était donc difficile voire impossible de passer à travers les mailles du filet mais il précisait toutefois que du temps de sa splendeur les corticos n’étaient pas détectés par les radars. Une lecture attentive entre les lignes donne le message suivant : le double vainqueur du Tour 1983-1984 nous dit que l’ensemble du peloton fonctionnait avec les mêmes armes et que cela ne l’empêchait en rien de faire la course en

David Millar, professionnel de 1997 à 2014, a un avis plus tranché sur ces fameux corticos : « J’en ai pris. Et, pour moi, c’est ce qui faisait le plus de différence. Presque plus que l’ÉPO. Ça t’assèche. Aujourd’hui, c’est un miracle si j’arrive à descendre sous les 77 kilos. Une injection de Kenacort® (un corticoïde synthétique) et j’étais à 75 après une semaine, dix jours ! Tu t’imagines le niveau de performance. Deux kilos à ce niveau-là, c’est énorme. Et en course, ça te rend plus fort. La première fois que j’en ai pris après la Vuelta 2001, c’était sur un chrono. J’avais tellement de force que tous mes tendons me faisaient mal. »

 

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David Millar

 

En résumé, il n’y a pas que les plus faibles qui se dopent, les cadors aussi. Et les aides biologiques à la performance (ÉPO, anabolisants, corticos, etc.) mais aussi les stimulants à base d’amphétamines, apparues au décours du second conflit mondial, modifient la hiérarchie entre les adeptes de la pharmacie et les non-consommateurs.

Article publié dans Cyclosport Magazine n° 106, juin 2015

 La litanie du cheval de bois insensible aux armes biologiques

Pendant des décennies, l’argument numéro un des sportifs – notamment des cyclistes – et afin de préserver l’image positive de leurs performances – était de nier l’efficacité des dopants en utilisant la métaphore du cheval de bois qui ne peut se transformer en pur-sang grâce à la magie d’un quelconque orviétan. En effet, depuis 1965 et la loi antidopage française, le dopage s’apparente à une tricherie et bien sûr aucun sportif ne veut admettre que ses succès trouvent leurs sources dans la chimie.

C’est seulement au décours des années 1990 et suivantes avec la mise en évidence par les autorités judiciaires (gendarmes, policiers, douaniers) des affaires Festina (1998), Giro (2001), Puerto (2006)… que la réalité du dopage touchant une très grande partie du peloton est apparue et dans la foulée l’existence d’un cyclisme à plusieurs vitesses. A l’inverse de leurs glorieux aînés, la génération EPO a enfin admis que le cheval de bois sous influence biologique pouvait devenir un pur-sang !

 CYCLISTES PROFESSIONNELS

 Louison Bobet (FRA), cycliste professionnel de 1947 à 1961 : « Un cheval de labour ne fera jamais un cheval de course, même si on lui administre tous les produits de laboratoire imaginables. »  [in « Louison Bobet, le cycliste d’orgueil » de Robert Ichah. – Paris, éd. PAC, 1981. – 170 p (p 76)]

 Thierry Bourguignon (FRA), cycliste professionnel de 1990 à 2000 :

  1. « Donnez des kilos de vitamines à un âne, vous n’en ferez jamais un vainqueur du Grand Prix. J’appartiens à la génération qui a vu exploser le dopage. A mes débuts, autour de 1990, il existait déjà de nombreux produits, en particulier les corticoïdes et les anabolisants, sans oublier les bonnes vieilles amphétamines. Cependant, au sein du peloton, il était entendu que ces saletés ne pouvaient pas transformer un âne en cheval de course. » (pp 93-94)

bourguignon 2.  « L’apparition de l’ÉPO et de l’hormone de croissance, vers 1992-1993, a fait basculer la situation. Des coureurs jusqu’alors anonymes ont soudainement réalisé d’énormes progrès ; des bourricots se sont métamorphosés en pur-sang.»     [in « Bourgui, tours et détours ». – Paris, éd. Botega, 2000. – 193 (p 94)]

Pino Cerami (BEL), cycliste professionnel de 1948 à 1963 : « On n’a jamais fait gagner le Grand Prix de l’Arc de triomphe à un baudet. »

Robert Chapatte (FRA), cycliste professionnel de 1944 à 1954 : « Aucun orviétan ne saurait faire d’un cheval de fiacre un vainqueur du derby d’Epsom. » [Le cyclisme, la télé et moi .- Paris, éd. Solar, 1966 .- 316 p (p 144)]

Claude Criquielion (BEL), cycliste professionnel de 1979 à 1991 : « Moi, je prétends qu’en donnant des produits dopants à un mulet ou à un canasson, on n’en fera jamais un cheval de course. » [L’Équipe, 21.10.1987]

Albert De Kimpe (BEL), directeur sportif belge de 1943 à 1989 : « Vous pouvez donner quelque chose à un baudet, il ne gagnera jamais le Prix de l’Arc de Triomphe. »

Gilbert Duclos-Lassalle (FRA), cycliste professionnel depuis 1978 : «  Il y a des produits, mais on peut les donner à un bourricot, jamais on n’en fera un cheval de course. » [L’Équipe, Magazine, 04.07.1992, p 44]

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Raphaël Géminiani (FRA), cycliste professionnel de 1946 à 1960, 3e du Tour de France 1958 et directeur sportif de 1961 à 1986 :

  1. « Un cheval de trait ne fera jamais un cheval de course même s’il est drogué à ras bord !» [L’Équipe, 30.03.1960]

2.  « Un percheron face à des purs-sangs n’a jamais gagné l’Arc de triomphe à Vincennes.» [http:// www.passpass.net/geminiani/100 cons.2001]

Daniel Gisiger (SUI), cycliste professionnel de 1977 à 1988 : « De toute façon, aucun artifice ne permet de faire d’un âne un cheval de course. » [Le Figaro, 19.10.1987]

Bernard Hinault (FRA), cycliste professionnel de 1974 à 1986, quintuple vainqueur du Tour de France :

  1. « On n’a jamais pu transformer un mulet en cheval de course. » [Paris Match, 05.10.1984]

2.  « Ce n’est pas en dopant un baudet que l’on va en faire un champion. » [L’Équipe, 11.04.1989]

3.  « Avec un âne, on ne fera jamais un cheval de course. » [Le Sport, 1998, spécial n° 2, juillet, p 11]

 

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Bernard Hinault

 

André Leducq (FRA), cycliste professionnel de 1926 à 1939 : « Les drogues n’ont jamais transformé un cheval de labour en pur-sang. » [But et Club, Le Miroir des Sports, 1957, n° 641, 17 juillet, p 17]

 Greg LeMond (USA), cycliste professionnel de 1981 à 1994 : « Il y a toujours eu un problème avec le dopage dans notre sport, depuis dix ans, les produits sont tellement performants qu’ils peuvent changer un athlète physiologiquement. On peut transformer une mule en un étalon ! » [Le Monde, 16.07.2004]

Marc Madiot (FRA), cycliste professionnel de 1980 à 1994 et directeur sportif de La Française des Jeux : « Ce n’est pas en donnant une potion magique à un cheval de bois qu’on obtient un cheval de course… Il faut arrêter de prêter au dopage des qualités qu’il n’a pas. On laisse croire que le dopage est une source de victoire. C’est faux. Un coureur ne réalise pas une grande carrière en se dopant. » [Le sport, 13.12.1996]

 

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Marc Madiot

 

Antonin Magne (FRA), cycliste professionnel de 1926 à 1939, vainqueur des TDF 1931-1934 :

  1. «Le doping n’a jamais fait d’un cheval de labour un gagnant  de grand prix hippique. » [in « Vélo 1939 » de Jean Leulliot .- Paris, éd. René Raillet, 1939 .- 303 p (p 7)]

2.   « Aucune « dynamite » ne fera jamais gagner le grand prix à un percheron si les pur-sang ont pris le départ. » [Le Miroir des Sports, 26.04.1965, p 12]

Eddy Merckx (BEL), cycliste professionnel de 1965 à 1978 :

  1. « On n’a jamais fait d’un âne un cheval de course. » [L’Équipe, 30.03.1977 ; Le Figaro, 29.01.1979]

2.  « Le dopage n’a jamais transformé un âne en cheval de course. » [L’Express, 04.04.1977 ; L’Express, 24.07.1978]

3.  « Aucun produit au monde n’a jamais permis à un âne de devenir un pur-sang. » [in « Eddy Merckx » homme et cannibale » de Rik Vanwalleghem et Joël Godaert. – Gand (BEL), éd. Pinguin Productions, 1993. – 236 p (p 120)]

 

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Eddy Merckx

 

Charles Pélissier (FRA), cycliste professionnel de 1919 à 1931 : « Vous pouvez faire ce que vous voulez avec le doping, vous ne ferez pas gagner le Grand Prix à un cheval de fiacre. »  [Miroir du Cyclisme, 1965, n° 64, octobre, p 3]

Francis Pélissier (FRA), cycliste professionnel de 1913 à 1931 : « Tu peux toujours bourrer la gueule d’un percheron avec tout l’étalage d’un pharmacien, tu ne lui feras pas gagner le Grand Prix de l’Arc de Triomphe. » [cité par Abel Michéa L’Humanité, 20.11.1964]

Georges Wambst (FRA), cycliste professionnel de 1925 à 1940 : « Un bon soigneur ne fera jamais avancer un ‘’tréteau’’ »  [Cité par Jean-Paul Séréni in « Le sport à nu » .- Paris, éd. Calmann-Lévy, 1975 .- 215 p (p 168)]

 JOURNALISTES DU VÉLO

 Pierre Chany (FRA), journaliste sportif :

  1. « Aucun dopage ne fera jamais d’un cheval de trait le vainqueur d’un Grand Prix » [in « Vingt cinq Tours de France dans les coulisses ». – Lausanne (SUI), éd. Tribune de Lausanne-Le Matin, 1971. – 94 p (p 66)]

2.  « Le jour où un bourrin détrônera un pur-sang grâce à une piqûre, alors là, oui, et seulement dans ces conditions-là, nous pourrons affirmer que le cyclisme sera en danger de mort. » [in « Tour de France, une belle histoire ? ». – Paris, éd. de Maule, 2008. – 201 p (p 99)]

Jean Chimberg (FRA), journaliste : « En réalité, on n’a jamais réussi par des procédés mystérieux à faire courir un cheval de labour aussi vite qu’un pur-sang. » [Sport Digest, 1949, n° 7, juin, p 68]

Jean-Emmanuel Ducoin (FRA), journaliste à L’Humanité depuis 1986 : Avant 1996 : « On pouvait encore clamer ‘’A dopage égal, la classe l’emporte toujours.’’. Ou encore : ‘’Un produit ne transformera jamais un cheval de trait en pur-sang’’. Ces évidences ressassées n’en étaient plus. Et le Tour de France en fut le témoin passif, en 1996, l’année où le crime fut total et presque parfait. » [in « Tour de France, une belle histoire ? ». – Paris, éd. de Maule, 2008. – 201 p (p 100)]

Roger Frankeur (FRA), journaliste sportif : « En vérité, le meilleur muscle du monde ne peut donner que ce qu’il peut et nul « dynamisant » chimique ou psychique n’a jamais fait gagner le Grand Prix à un percheron, si des pur-sang ont pris le départ. » [Miroir du Cyclisme, 1974, n° 181, janvier, pp 36-38 (p 37)]

Jean-Michel Joly (FRA), journaliste scientifique : « Aucun des produits dopants et interdits par les différentes instances sportives ne fera gagner le Prix de l’Arc de Triomphe à la première rosse venue. Et « Monsieur tout le monde » ne sera pas champion olympique grâce à son armoire à pharmacie. » [Science et Vie, 1978, n° 123, hors série, juin, p 120]

Jack Plunkett (FRA) : « Doper un toquard, c’est exactement comme si l’on faisait une piqûre intraveineuse à un cheval de bois pour le faire ruer… »  [Match L’Intran, 22.05.1928, n° 85]

 MÉDECINS DU VÉLO

Dr Pierre Dumas (FRA), médecin chef du Tour de France de 1955 à 1967 : « Ils peuvent bien employer tous les doping de la terre, on ne fait pas un champion d’une cloche. Le Tour, on doit être capable de le faire, et aucun moyen ne le fera faire si on en est physiquement incapable. »  [Miroir Sprint, 02.06.1958]

 

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Pierre Dumas

 

Dr Roland Marlier (BEL), membre de la Commission médicale de l’UCI : « Si vous prenez un âne et essayez d’en faire un pur-sang, vous vous ruinerez en amphétamines. »  [Paris-Match, 1970, n° 1106, 18 juillet, p 53]

 

 

Punchline Dr de Mondenard

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N° 36

On constate que la France grâce à la Légion d’honneur, fait à la fois la promotion du dopage (Lance Armstrong et beaucoup d’autres sportifs ‘’épinglés’’ du ruban rouge par un représentant de l’Etat de haut rang et néanmoins convaincus de dopage) et de la corruption (Joᾶo Havelange, président de la FIFA de 1974 à 1998 ; Antonio Samaranch, président du CIO de 1980 à 2001 ; Sepp Blatter, président de la FIFA de 1998 à 2015 ; Lamine Diack, président de l’IAAF de 1999 à 2015 ; liste ouverte…). Devant cette belle brochette de gens indélicats, on doit sérieusement se poser la question de savoir si cet ordre participe encore au renom de notre pays ou témoigne d’une dérive insupportable, d’autant que la majorité des Grands Maîtres de la Légion d’Honneur ayant succédé à Charles de Gaulle ont eu eux-mêmes affaire à la justice.

Si Armstrong après ses aveux a dû rendre sa breloque, d’autres n’ont jamais été déchus de leur titre alors que….

 

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Joao Havelange

 

 

 

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Antonio Samaranch et Sepp Blatter

 

 Trois dirigeants ayant vécu en dehors des clous et pourtant décorés par la France

                     

   

Note de lecture – « Souvenirs d’un magnétiseur » par Jean-Louis Noyès

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Depuis les années 1950, le peloton des mages, magnétiseurs et autres radiesthésistes n’a fait que se densifier. Le journaliste Roger Frankeur – grand témoin de cette époque – explique avec une grande lucidité cette attraction du milieu sportif, notamment cycliste pour ces personnages diplômés par le ‘’téléphone arabe’’ :

« Pour résister au feu dévorant de la compétition à la terrible usure d’un métier épuisant et dangereux, le routier doit certes croire en lui, en sa propre force, voire en sa supériorité sur les autres ; mais comment n’éprouverait-il pas le besoin de quelque renfort, de quelque adjuvant dont les vertus lui sembleront d’autant plus évidents qu’elles échappent aux froides explications de la raison. Le sportif de haute compétition est par définition un être de foi, d’enthousiasme. Le scepticisme, l’esprit critique, le doute inhibant ne sont pas son affaire. Sans doute, ces merveilleux fous pédalants vivent-ils avec leur temps. La médecine officielle, la pure préparation biologique gardent leur préférence dans leur quête, inquiète du rendement musculaire optimum. Cependant, il n’est pas mauvais non plus de mettre tous les atouts dans son jeu. Certains peuvent paraître bizarres mais Pierre, Paul et Jacques n’affirment-ils pas en avoir tiré en grand profit ? Sait-on jamais ? Pourquoi se priver d’une passe magnétique, d’un gri-gri, d’une tisane ou d’un remède de bonne femme, desquels un succès peut dépendre. Les plus grands ne s’en sont-ils pas parfois bien portés ? »  1

 Que si le patient y croit…

Même si l’ouvrage de Jean-Louis Noyès a été publié en 2002, je ne l’ai lu que très récemment. Je ne vais pas faire un cours sur le magnétisme d’autant que l’auteur lui-même affirme que ce pouvoir des mains ne fonctionne que si le patient y croit. C’est le même débat qui alimente l’homéopathie. A ce jour, aucune étude scientifique en double aveugle n’a pu démontrer l’efficacité thérapeutique de la méthode des dilutions et pourtant ils sont nombreux à être convaincus des effets des granules. En revanche, le natif de Livry-Gargan va nous raconter ses rencontres avec des patients cyclistes de renom qu’il a soigné tout au long de sa carrière de magnétiseur. Le préfacier, Daniel Pautrat, journaliste de télévision ayant suivi de nombreux Tours de France, vante les aptitudes mnésiques de ce titi parisien que Maurice Chevalier adorait : « Il n’a pas la mémoire qui flanche, il connait par cœur les dates de naissance de tous ceux qu’il aime et ils sont nombreux », c’est bien possible mais en revanche sur les évènements cyclistes, c’est moins net !

 Un ver solitaire tenace

Pages 104-105 : « Depuis le Critérium du Dauphiné libéré 1965 qu’il a remporté avec brio, Anquetil est handicapé par la présence d’un ver solitaire. Le départ du Tour d’Espagne est imminent. Malgré un traitement radical – un tubage, autrement dit l’injection d’un liquide dans le conduit intestinal afin d’éliminer le ténia – et une hospitalisation de 48 heures, Jacques n’est pas sorti d’affaire. Le traitement l’a littéralement mis à plat, et le ver solitaire est toujours là, indélogeable. Les soins d’un herboriste se révèlent enfin fructueux, tout en affaiblissant davantage son état général. Le compte à rebours est commencé. L’épreuve ibérique débute dans moins d’une semaine. Jacques m’appelle à la rescousse. Je lui prodigue plusieurs séances de soins qui, cette fois-ci, ne seront pas préventives. Et réussis à le requinquer rapidement. Je le remets sur pied, en préconisant des restrictions alimentaires. Un régime? Anquetil ignore ce mot. Après un départ laborieux – jambes en coton, manque d’influx nerveux – du Tour d’Espagne, la fougue reprend le dessus. Il renonce au régime, se remet à la bière, au champagne, Ces excès ne l’empêcheront pas, bien au contraire, de remporter haut la main le Tour d’Espagne. »

En réalité, la chronologie des faits racontée par Noyès est totalement fantaisiste. Le ver solitaire s’est manifesté à la fin du Dauphiné Libéré 1963 (et non 1965). Ce n’est pas le Tour d’Espagne qui pose problème puisqu’il s’est couru du 1er au 15 mai, mais le Tour de France 1963 qui démarre le 23 juin – soit quinze jours après le Dauphiné Libéré. Résumons : à l’époque, le Tour d’Espagne précède le Dauphiné Libéré qui, lui-même, se déroule avant la Grande Boucle.

Que d’erreurs…

Page 106 : « Lors de l’édition 1960 de Paris-Roubaix, je me suis retrouvé aux côtés de l’ancien mécanicien de Fausto Coppi, et Tom Simpson roulait à la hauteur de notre Jeep. À 50 km de l’arrivée, je l’ai vu sortir un tube, en extraire quelques comprimés, et les avaler. 25 km plus loin, il a avalé le restant du tube – ce qui a coïncidé avec son accélération fulgurante. Derrière lui, tous les sprinters étaient lâchés … Simpson, le champion du monde, n’a pu maintenir ses cinq minutes d’avance sur le peloton à 20 km de l’arrivée, et il a fini 75e. Sans doute avait-il pris ses comprimés trop tôt… »

En réalité, à part l’année 1960, les autres chiffres sont faux. L’avance de l’Anglais n’a jamais dépassé 1’25 sur le peloton et il a fini 9e et non 75e à Roubaix. Dernier détail erroné : cette année là, Simpson ne porte pas le maillot irisé, il ne sera champion du monde qu’en 1965. En ce qui concerne ses commentaires sur le dopage du Major Tom, on n’est pas obligé de croire Noyès.

 Dopage et cancer : la suspicion est légitime

Page 106 : « Pour avoir soigné Jacques Anquetil pendant plusieurs décennies, je suis en mesure d’affirmer qu’il n’est pas mort des suites du dopage, contrairement aux rumeurs. »

C’est trop facile d’affirmer de façon péremptoire que les drogues de la performance n’ont rien à voir dans le décès prématuré du Normand à l’âge de 54 ans alors qu’il ne s’est jamais caché de ses excès en tous genres (alimentation, alcool, drogues, etc.). D’un autre côté, il est tout aussi peu scientifique d’affirmer que les aides artificielles ont favorisé la survenue du cancer de l’estomac. Mais le bon sens autorise le doute

Page 107 : « Anquetil est le premier coureur à avoir remporté les trois grands Tours (France, Italie, Espagne). Sans parler des records de l’heure qu’à plusieurs reprises il pulvérisera. »

En réalité, le qualificatif ‘’pulvériser’’ à propos du record de l’heure est pour le moins exagéré. En 1956, Anquetil le fait progresser de 311 mètres et en 1967 de 347 mètres (il ne sera pas homologué pour refus du contrôle antidopage). Rien à voir avec les avancées kilométriques de Francesco Moser (1,719 km), de Tony Rominger (2,251 km), de Chris Boardman (1,084 km) et Bradley Wiggins (1,589 km).

Probablement que si Jacques Anquetil avait respecté son corps en lui fournissant une alimentation adaptée à l’effort maximal d’un record de l’heure, il aurait atomisé la distance parcourue en 60 minutes. Noyès rappelle le régime spécial record consommé la veille, soit le 28 juin 1956 : « Je n’ai pas d’autre exemple d’un champion doté d’un si redoutable appétit qu’Anquetil. Aucun sportif de haut niveau, je crois, ne pouvait se permettre autant d’écarts de régime, autant d’excès gastronomiques. La veille au soir de son record de l’heure, à Milan, n’a-t-il pas mangé deux douzaines d’escargots, six andouillettes et des frites ? »

Page 124 : « En 1959, le Tour de France passait par Colombey et le peloton, en un unanime hommage, s’était arrêté pour saluer le Général. »

En réalité, cette salutation du peloton au grand homme s’est déroulée lors de la 20e étape Besançon-Troyes le 16 juillet 1960. C’est probablement une erreur de frappe due à un manque de concentration lors de la relecture de l’auteur et de l’éditeur.

 Un discours médical pifométrique

 Mis à part ses trous de mémoire sur les courses cyclistes, les notions médicales du magnétiseur des géants de la route sont pour le moins approximatives. Par exemple, page 12, Noyès nous raconte : « Au cours de la conversation, ma mère apprend que le mari, maçon de son état, a le cœur décroché depuis une chute d’échafaudage. » Même dans un dictionnaire non médical, il n’existe pas de traduction de cette expression. Difficile de comparer le coeur avec un chapeau qui dégringole d’un porte-manteau ! En revanche, on trouve dans le langage populaire une formule approchante : « il faut avoir le cœur bien accroché » qui se traduit par ‘’ne pas être facilement écœuré, dégoûté’’ mais dans ce dernier cas rien à voir avec un problème cardiaque.

Page 49 : « Après plusieurs séances, les hernies, les unes après les autres, sont rentrées dans leur cavité. » (sic)

Faire croire que l’on peut régler un problème de hernie, notamment inguinale, crurale, abdominale par le magnétisme est une imposture. D’ailleurs, Noyès l’admet : « L’intervention chirurgicale est le seul moyen de mettre le malade à l’abri des complications, en remettant l’organe en place. »

Page 54 : faire pousser un cal osseux sur une pseudarthrose (non consolidation des deux extrémités d’une fracture formant une fausse articulation incapable de se souder sans greffe) évoluant depuis un an, ne se lit que dans un ouvrage sur le magnétisme.

‘’L’homme de mains’’ d’Anquetil affirme avoir le pouvoir de faire pousser de l’os entre deux parties qui n’ont aucune tendance à souder naturellement ; en revanche sur la page suivante, il admet : « J’ai beau être magnétiseur, je ne peux faire repousser du cartilage.»

Page 152 : « Je crains que l’appendice ne soit rétrosécal» En réalité, l’appendicite peut être placée derrière le coecum (gros intestin) et l’on écrit rétrocoecal. L’on a du mal à croire que c’est seulement une faute de frappe !

Même si cet ouvrage est encombré d’imprécisions dommageables pour la qualité du document, il peut trouver sa place dans la bibliothèque d’un passionné de cyclisme car c’est un témoignage d’un parcours unique ayant permis à Noyès de fréquenter à de nombreuses reprises un bon nombre de géants de la route des années 1950-1960 côtés tels qu’Anquetil, Coppi, Bobet, Darrigade, etc.

1 Roger Frankeur. – Mains magiques et bouts de ficelles. – Miroir du Cyclisme, 1974, n° 181, janvier, pp 36-38

Les pur-sang mieux traités que les sportifs

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A notre époque où le débat sur l’innocuité du cannabis s’intensifie, notamment par tous les analphabètes du corps, en plus de militer pour l’autorisation des dopants ’’bons pour la santé’’, les tenants de la libéralisation des drogues de la performance se gaussent des défenseurs de l’antidopage qui n’ont que le repos comme seule parade au surmenage sportif : « En somme, la seule solution éthique qui s’offre au médecin confronté à un athlète de haut niveau souffrant des excès de son activité, c’est de le mettre au repos, temporairement ou définitivement. » Ils ajoutent pour enfoncer le clou : « Répondre à un sportif que la seule solution c’est le repos est contre-productif du point de vue de la santé, mais aussi injuste. »

On aimerait alors que les convaincus de l’innocuité des médicaments nous expliquent clairement pourquoi dans le milieu hippique, où les enjeux financiers sont également considérables, cela ne provoque aucun débat éthique de laisser au pré un cheval blessé ou malade le temps qu’il soit soigné et complètement rétabli ?

Ainsi, la conclusion qui s’impose c’est que l’homme se préoccupe beaucoup plus efficacement du bon état physiologique du cheval que de sa propre santé. Ce comportement déviant n’est pas récent puisque il y a plus d’une cinquantaine d’années, le Dr Georges  Ronneaux, secrétaire général de la Société d’études médicales du cyclisme, l’avait déjà analysé en 1962 dans Le Cycliste (n° 720) : « Les Sociétés de course hippique ont pour but l’amélioration de la race chevaline. Dans les compétitions athlétiques, c’est l’amélioration des records qui est avant tout recherchée. »