Punchlines Dr de Mondenard

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N° 31

Si faire la fête après une victoire c’est dire un maximum d’histoires salaces plus ‘’grasses’’ les unes des autres, 90% des sportifs n’ont pas besoin d’être désinhibés par l’alcool ou le cannabis pour être au top niveau des vannes grivoises et obscènes ! L’effet meute suffit à libérer les plus timorés.

 N° 32

Lors d’une affaire de dopage, les agences de presse (AFP, Reuters, Associated Press) ne consultent et ne donnent la parole qu’aux seuls officiels des Fédérations sportives concernées ou aux instances de lutte antidopage (AMA, AFLD). Cette tactique est le plus sûr moyen d’avoir un  discours langue de bois bétonné et de participer à la désinformation des lecteurs. C’est comme lorsque la presse questionne uniquement des ministres sur les causes du chômage, de l’insécurité ou du trou de la Sécu, etc.

 N° 33

Michel Platini n’en finit plus de nier l’évidence. Après les condamnations successives des commissions éthiques de la FIFA et du TAS, il sollicite la justice civile suisse pour laver son honneur. Résumons les faits : Platoche a touché indument 1,8 million d’euros neuf ans après sa mission de conseiller de Sepp Blatter, le président de l’instance mondiale du foot. En dehors de lui choisir la couleur de ses cravates et la taille de ses montres, on ne sait toujours pas quels étaient les conseils pouvant atteindre de tels honoraires. Seuls ses amis du Variété Club le croient encore sur parole.

Autorisation de tricher – Après les sœurs Williams, Nadal enfin démasqué… merci l’ITF et l’AMA

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Grâce aux hackers russes (Fancy Bears) on apprend sans surprise que Rafael Nadal, Mo Farah et compagnie, carburent avec des substances dopantes interdites mais autorisées par leur Fédération internationale et l’AMA.

 

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Rafael Nadal

 

Et en plus, ils ont le toupet de nous affirmer la main sur le cœur qu’ils refusent tous les médicaments, ‘’même l’aspirine’’ et qu’ils sont des adeptes de la tolérance zéro vis-à-vis du dopage !

Au final, y-a-t-il des sportifs et des spectateurs qui peuvent encore les croire ?

L’ancienne ministre Roselyne Bachelot devrait solliciter ces hackers providentiels pour témoigner dans le procès en diffamation que lui a intenté Rafael Nadal il y quelques mois (mais non encore jugé).

Doit-on retirer le titre de lauréat du Tour 2012 à Bradley Wiggins pour Autorisation d’usage thérapeutique (AUT) de complaisance . Explications

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Il a reçu des injections de corticoïdes (triamcinolone) – substances prohibées par le Code mondial antidopage – au prétexte qu’il serait asthmatique.

En réalité, et classiquement, cette affection respiratoire chronique est traitée par des corticoïdes inhalés ou en comprimés et non par la triamcinolone injectable invoquée.

 

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Bradley Wiggins, vainqueur du Tour de France 2012

Des hackers russes ont piraté les fichiers de l’Agence mondiale antidopage (AMA) et publié les données de nombreux athlètes de premier plan ayant participé aux Jeux de Rio en août dernier. On apprend ainsi que sous couvert d’Autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), ces sportifs pouvaient prendre des produits dopants en toute légalité. Rappelons que ce système a été mis en place au début des années 2000 afin que des athlètes ayant une affection plus ou moins chronique puissent se soigner avec des produits figurant dans la liste rouge dans la mesure où il n’existe aucun traitement alternatif efficace non prohibé.

Sauf que les AUT étant sous le contrôle des Fédérations (nationales et internationales) et de l’AMA – des instances qui n’ont jamais démontré qu’elles étaient réellement indépendantes – poussent à la triche. Pour cette raison, le cas de Bradley Wiggins dénoncé par un groupe de hackers, interpelle le médecin que je suis.

 

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L’Equipe, 18..2016

 

 Un traitement de l’asthme spécial Tour de France totalement inapproprié

Dans L’Equipe du 18 septembre, on apprend que Wiggo a reçu des injections d’un corticoïde interdit – la triamcinolone – pour traiter un asthme avant les Tours 2011, 2012 et le Giro 2013. Pour se justifier, le cycliste britannique explique que : « l’injection de triamcinolone est un traitement intramusculaire pour l’asthme approuvé par les autorités sportives » et qu’il avait une AUT pour ce motif.

Sauf que la triamcinolone en intramusculaire n’est pas le traitement de l’asthme  mais de la rhinite allergique  ainsi que de problèmes rhumatologiques ce qui bien sûr n’est pas la même chose.

Rappelons que l’asthme est lié au spasme, à la congestion et à l’hypersécrétion des bronches. Rien à voir avec l’inflammation de la muqueuse des fosses nasales.

Donc, la triamcinolone connue en France sous le nom de Kenacort retard® n’est pas le bon traitement de l’asthme ; en revanche ce corticoïde pris par voie intramusculaire est un dopant très prisé par le peloton cycliste mais malheureusement pour eux détectable depuis 1999 d’où les AUT qui fleurissent en nombre.

Autre étonnement, on apprend que ce traitement « antiasthmatique » n’a été autorisé que pour les Tours 2011, 2012 et le Giro 2013.

Si on comprend bien, Wiggo a été asthmatique à trois reprises et à chaque fois seulement pendant quelques semaines… avec des injections intramusculaires de triamcinolone surtout destinées à soigner… une rhinite allergique !

En lisant les points de vue de Jérôme Chiotti, David Millar et Philippe Gaumont, vous comprendrez, chers lecteurs, qu’il faut être vraiment naïf pour croire à cette fable. Et pourtant, l’UCI (Union cycliste internationale) et l’AMA (Agence mondiale antidopage) n’y ont vu que du feu.

Au final, se pose la question : doit-on retirer le maillot jaune de vainqueur du Tour 2012 à Bradley Wiggins ?

 Triamcinolone injectable : point de vue de trois consommateurs cyclistes qui confirment que c’est un produit dopant performant

 A – Jérôme Chiotti, cycliste professionnel de 1994 à 1997, passé aux aveux  en avril 2000

 

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Jérôme Chiotti

 

  1. « C’est trois jours avant Paris-Nice, en 1994, pour ma première année pro chez Catavana que je me suis injecté mon premier corticoïde, un Kenacort 80® (triamcinolone) retard. A ce moment-là, personne ne s’inquiétait de savoir si le coureur en avait vraiment besoin ou pas. » [Aujourd’hui en France, 11.08.2000]

2.  « Le Kenacort 80® (triamcinolone) je me l’étais procuré chez le pharmacien du coin. C’est un équipier qui me l’avait conseillé amicalement : « Si tu veux suivre gamin, c’est le minimum ». Cent pour cent de l’équipe fonctionnait aux « corticos », des néo-pros aux plus anciens. » [Aujourd’hui en France, 11.08.2000]

3.  «  J’ai acheté des seringues à insuline. Il faut un peu se contorsionner pour se piquer seul au bon endroit dans la fesse. Mais il suffit de l’avoir vu faire une fois pour se débrouiller. Comme il s’agit d’un médicament à effet retard, plus les journées passaient sur Paris-Nice, plus les charges de travail augmentaient et mieux je me sentais. » [Aujourd’hui en France, 11.08.2000]

4.  « Utilisé à des fins médicales, le Kenacort retard® (triamcinolone) est réputé être actif pendant trois semaines. C’est ce qui en fait « le » produit idéal pour le Tour de France.» [Aujourd’hui en France, 11.08.2000]

5.  « Il n’est pas conseillé d’en faire plus de deux par saison, sous risque de se « cramer ». J’ai vu des coureurs en faire six, voire sept, en pure perte. En ce qui me concerne, je m’étais injecté la moitié de la dose trois jours avant Paris-Nice, puis l’autre moitié en milieu de semaine. J’avais renouvelé l’expérience sur le Midi Libre. » [Aujourd’hui en France, 11.08.2000]

6.  « Les corticoïdes, ça file la pêche ; ça permet d’aller au-delà de ce qu’on peut faire. » [Aujourd’hui en France, 11.08.2000]

 B – David Millar, cycliste professionnel de 1997 à 2014, passé aux aveux en 2004

 

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David Millar

 

1.  Avant de tomber dans le cadre de l’affaire Cofidis, l’Ecossais David Millar avoue qu’il a lui-même obtenu une AUT pour un motif infondé : « Si tu voulais être dans le système, tu jouais et moi j’ai joué. J’utilisais de la Ventoline® (salbutamol). Je croyais que j’avais de l’asthme parce que j’avais des problèmes de bronchite mais depuis j’ai fait des tests et je n’ai rien. Comme tu crois que cela te donne un avantage, alors tu en prends. Maintenant, je n’ai plus rien dans mon carnet médical. » [Le Parisien, 04.10.2006]

2.  Tout n’est pas réglé non plus. On parle du retour des corticos… « Ça m’inquiète beaucoup. C’est tellement facile, les corticos (certaines voies d’administration de ces anti-inflammatoires sont autorisés, d’autres non). J’en ai pris. Et, pour moi, c’est ce qui faisait le plus de différence. Presque plus que l’ÉPO. »[L’Equipe Magazine, 2012, n° 1563, 30 juin, p 12]

3.  Pourquoi ? « Ça t’assèche. Aujourd’hui, c’est un miracle si j’arrive à descendre sous les 77 kilos. Une injection de Kenacort® (triamcinolone) et je suis à 75 après une semaine, dix jours ! Tu t’imagines le niveau de performance. Deux kilos à ce niveau-là, c’est énorme. Et en course, ça te rend plus fort. La première fois que j’en ai pris après la Vuelta 2001, c’était sur un chrono. J’avais tellement de force que tous mes tendons me faisaient mal. » [L’Equipe Magazine, 2012, n° 1563, 30 juin, p 12]

 C – Philippe Gaumont, cycliste professionnel de 1994 à 2004, passé aux aveux en 2004

 

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Philippe Gaumont

 

Témoignage de Philippe Gaumont, licencié de l’équipe Cofidis : « Il n’y a pas de produits masquants, seulement des « ordonnances masquantes ». Pour la cortisone ou les corticoïdes, il suffit d’avoir une bonne justification thérapeutique pour que les contrôles positifs deviennent négatifs. Voilà comment ça se passe : le médecin de l’équipe t’envoie voir un allergologue, c’est obligatoire. Celui-ci constate que tu es sensible aux acariens et te prescrit un spray. On avait la consigne à chaque fois de demander à tout prix du Nasacort® (triamcinolone acétonide). Pourquoi ? Car c’est un spray qui permet de masquer la cortisone. Quand on va au contrôle, on déclare qu’on est allergique aux acariens, qu’on a une prescription de Nasacort® et qu’on en a pris le matin par voie nasale. Et à côté, on a pu se faire tranquillement une injection de Kenacort® (produit interdit contenant lui aussi de la triamcinolone acétonide) car, au contrôle, on ne sait pas faire la différence entre le spray et l’injection.

Ensuite, le médecin t’envoie vers un dermatologue. Tu te grattes un peu les testicules avec du sel pour lui montrer que tu as des rougeurs et il te prescrit six mois de Diprosone® (bétaméthasone) en pommade. Comme ça, derrière tu peux te faire du Diprostène® (interdit, contenant lui aussi de la bétaméthasone) en injectable sans risquer non plus d’être positif. » [Le Monde, 15.03.2004]

 

 

Conférence-débat sur le dopage à Wallers – près de Denain dans le Nord – le 20 septembre à 19 h 30

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J’animerai une conférence-débat sur le fléau n° 1 du sport, illustrée par de nombreux documents sur l’histoire, les idées reçues et l’évolution du dopage depuis 50 ans.

Seul le dialogue fait progresser la connaissance de chacun sur cette dérive contraire à la fois à l’éthique sportive mais aussi médicale. Ne ratez pas ce rendez-vous exceptionnel pour vous informer sans langue de bois grâce à un expert indépendant de la lutte antidopage et de toutes les institutions et actif depuis plus de quatre décennies.

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AUT – Poutine a raison mais devrait d’abord balayer énergiquement devant sa porte..

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Dans L’Equipe de ce jour, un articulet nous signale que le chef de l’état russe s’en prend  aux Autorisations d’usage thérapeutique (AUT) figurant dans la réglementation antidopage du CIO et de l’AMA : « Comment des sportifs sains peuvent également prendre des médicaments interdits aux autres ? »

 

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L’Equipe, 17.09.2016

 

 Tu as raison, Vladimir, mais tu n’es pas crédible ! Tu ferais mieux de balayer devant ta porte.

 

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Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a encensé Vladimir Poutine pour la bonne tenue des JO de Sotchi

 

Pour rappel, sous ta haute autorité, les sportifs de ton pays prenaient pratiquement tous du meldonium censé protéger le cœur notamment de l’infarctus ou de l’angine de poitrine, alors qu’eux non plus n’étaient pas malades. C’est un remake de la parabole de la paille (AUT) et la poutre (meldonium).

Mais au final comment un analphabète du corps (Poutine) peut-il avoir un avis recevable sur ce thème ?…

 

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Vladimir Poutine, chef de l’état russe et  »ministre des sports » de son pays

 

 POST IT

Au moment de l’affaire du meldonium, Poutine nous avait expliqué que les athlètes russes se soignaient et qu’ils étaient blancs comme neige.

 

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L’Equipe, 15.04.2016

 

En réalité, les AUT sont destinées à légaliser le dopage et sont surtout contraires à l’éthique médicale

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Pourquoi la lutte antidopage hippique interdit-elle toutes les substances en considérant qu’un cheval malade ou blessé – le temps d’être soigné – reste au pré ou à l’écurie et ne peut reprendre la compétition que lorsqu’il n’est plus sous traitement et que les substances médicamenteuses ont été éliminées ?

Chez l’homme, dans le cadre d’une compétition, il est possible de prendre des produits dopants pour traiter des affections aussi banales que tendinites (infiltration de glucocorticoïdes), irritation bronchique, inflammation cutanée, etc.

 

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Les sœurs Williams

 

Les sœurs Williams citées par les hackers ‘’russes’’ mais avec elles de nombreux autres sportifs ayant participés aux jeux de Rio en août dernier, sont ‘’dénoncés’’ comme ayant des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) permettant l’usage légal de corticoïdes lors des compétitions. En dehors des AUT, ces substances font partie de la liste rouge. Il y a une forte probabilité que les deux sisters des courts aient lu la biographie d’André Agassi « Open » parue en 2009 et comportant de nombreux passages où le King de Las Vegas explique en long et en large le soutien inestimable de ces substances, à la fois anti-inflammatoires puissantes et euphorisantes.

 

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éditions Plon, 2009

 

A l’époque de la carrière d’Agassi les corticoïdes ne sont pas interdits ni recherchés par les instances du tennis, donc il n’est pas nécessaire d’obtenir des AUT. En 2004, l’Américain ne manque pas d’air pour glorifier la lutte antidopage sur les courts : « Une des choses que l’on peut dire, c’est que notre sport est à la pointe – ou l’un de ceux les plus à la pointe de la lutte contre le dopage. Je suis certain grâce aux contrôles antidopage de l’ATP que les performances de mes adversaires ne sont pas améliorées par des produits interdits. Je suis persuadé de jouer contre des gens clean. » [Associated Press, 13.01.2004]

 Agassi et le dopage – Un spécialiste des médications de soutien prohibées

 Une contamination accidentelle aux amphétamines

En novembre 2009, à l’occasion de la sortie de sa biographie ‘’Open’’, André Agassi, le lauréat de huit titres en Grand Chelem, fait des aveux a posteriori d’un contrôle positif à la métamphétamine, un stimulant, lors d’un tournoi en septembre 1997. L’ATP accepte « l’excuse-bidon » d’une contamination à son insu du joueur américain. Il n’a pas eu la moindre sanction ou même une simple réprimande.

Des injections de corticoïdes ‘’en rafale’’

 « La négociation tourne largement autour du coup de fouet, une injection de cortisone qui calme momentanément la douleur. Mais avant que le coup de fouet fasse effet, il provoque lui aussi ses propres souffrances. J’ai reçu une de ces piqûres il y a quelques jours, je serai donc capable de jouer ce soir. C’était la troisième injection cette année, la treizième de ma carrière et de loin la plus inquiétante. » (p 13)

« C’est à peine si je peux tenir un téléphone, alors une raquette ! Pourtant j’ai envie d’y aller (…) Et puis j’ai un titre à défendre. Je n’ai pas le choix. Juste avant de partir, Gil Reyes prend un rendez-vous chez un médecin réputé être le meilleur de Seattle, pour qu’il m’administre de la cortisone. L’injection fait de l’effet. Je débarque en Europe capable de remuer le poignet sans douleur. » (p 228)

« Au cours des derniers mois, Gil a durci ma préparation physique. Il m’a fait subir un régime de guerrier spartiate et je me sens affuté comme une lame de rasoir. J’ai aussi droit à une piqûre de cortisone, ma troisième de l’année. Il est recommandé de ne pas en dépasser quatre par an. Il y a des risques, préviennent les médecins. On ne connaît pas les conséquences à long terme de la cortisone sur la colonne vertébrale et le foie. Mais je m’en fous. Du moment que mon dos se tient à carreau. »  (p 467)

« Au premier jour, je joue contre le Roumain Andrei Pavel. Mon dos m’agrippe à la moitié du match, mais même sir je dois me tenir raide comme une baguette, j’arrive à me dégoter une victoire. Je demande à Darren Cahill de prendre les dispositions pour une injection de cortisone le lendemain. Malgré cette piqûre, je ne sais pas si j’arriverai à disputer mon prochain match » (p 483)

Au moment de sa retraite, Agassi – non sans humour – envisage d’appeler son futur chien Cortisone ! « Pour les enfants, la retraite est synonyme d’animal domestique. Nous leur avons promis, Stefanie Graff et moi, que lorsque je cesserai l’entraînement et que nous ne courrons plus à travers le monde, on achètera un chien. On pourrait peut-être l’appeler Cortisone. » (p 15)

Ce n’est pas sûr qu’il ait tenu sa promesse de donner le nom de cortisone à son cabot !

Dans les ouvrages médicaux sérieux respectant le serment d’Hippocrate, à aucun moment il n’est signalé dans les indications thérapeutiques de la cortisone qu’elle doit être absorbée ou injectée dans l’environnement immédiat de l’effort ou dans un but de performance.

Dès 1980, le Comité international olympique avait déjà ‘’injecté’’ le ver dans le fruit en tolérant les injections d’anesthésiques locaux ou de glucocorticoïdes « seulement dans le but de permettre à l’athlète de poursuivre la compétition ». En 1998, j’avais souligné dans la revue Sport et Vie cette carence du CIO et de sa commission d’analphabètes du corps.

 

justification

Sport et Vie, 1998, n° 48, mai-juin, p 27

POST-IT

 La comparaison avec la lutte antidopage exercée dans le sport hippique où la quasi-totalité des médications sont prohibées en compétition (je le répète : on peut et doit soigner les chevaux en dehors des courses) n’est pas hors sujet. Cette réglementation très stricte n’a qu’un but : préserver la santé des chevaux.

Cette différence d’objectif avec les hommes (AUT = autorisation de tricher et de se doper) montre bien que l’amélioration de la race humaine n’est pas la préoccupation du Comité international olympique.

Signalons que dès 1906, et même avant, le leitmotiv de la Société des courses se concentre sur la santé des quadrupèdes. C’est ce que nous explique le journaliste Fernand Bidault dans La Vie au Grand Air : « L’amélioration de la race chevaline nous intéresse beaucoup plus qu’une amélioration semblable de la race humaine. La constatation d’un record suffit à notre bonheur. Et il est logique que la descendance des athlètes à deux pieds ne soit pour nous l’objet d’aucune étude, puisque nous n’y attachons aucun prix. » [La Vie au Grand Air, 1906, n° 423, 27 octobre, p 790]

 Les chevaux mieux soignés que les hommes

Gustave Barrier (FRA), inspecteur général des Ecoles vétérinaires : « Il faut combattre le ‘’doping’’, non tant parce que c’est une manœuvre déloyale qui fausse le résultat des courses, que parce qu’il constitue un danger pour le cheval qui le subit, et porte atteinte à l’intégrité de ses aptitudes génésiques, s’il doit être ultérieurement utilisé comme reproducteur. » [Congrès hippique, 19.06.1913]

Jean-Philippe Bouchard (FRA), journaliste à France Football : « Si la prise de conscience – récente et médiatique – au sujet du dopage s’amplifie, le monde du sport va se trouver confronté à une alternative qu’il n’avait pas réussi à ignorer jusque-là : bannir réellement le dopage ou l’officialiser. Refuser le dopage, comme tous les bons sentiments l’exigent, c’est d’abord tenter de le détecter. C’est loin d’être le cas. Aujourd’hui, les moyens de détection chez les chevaux sont plus importants que chez les hommes. » [Marianne, 10.11.1997]

Dr Stanislas Burstin (FRA), médecin fédéral de la FFF : « On est frappé de stupeur à l’idée de l’inertie face au dopage, des athlètes, comparée à la sévérité des mesures et à l’efficacité du contrôle des courses de chevaux. » [France Football Officiel, 26.07.1960]

 Daniel Courtot (FRA), laboratoire de toxicologie de l’école vétérinaire de Lyon : « Faire effectuer à un cheval une épreuve alors qu’il serait dans l’impossibilité de concourir sans l’aide d’anesthésiques locaux pour masquer une boiterie, est un procédé dangereux. En effet, l’origine de cette boiterie peut être une lésion dont la gravité ne peut que s’accroître à la suite d’un effort physique. » [Daniel Courtot. – le dopage chez le cheval. – Paris, éd. André Leson, 1977. – 59 p (p 33)]

Dr Georges Maylin (USA), professeur associé de toxicologie à l’Université Cornell (USA) : « Les hommes serviraient la plupart du temps de « cobayes » dans l’utilisation des drogues avant qu’elles ne deviennent d’un usage courant dans les courses hippiques. » [L’Équipe, 03.01.1981]

 

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Test de la fonction cardiorespiratoire chez un cheval à l’effort

 

 

La lutte antidopage olympique récompense la triche !

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La grande mascarade continue : en cause le CIO, l’AMA et les Fédés internationales (ici celle de l’haltérophilie)

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Trois institutions en conflit d’intérêt : lutter contre le dopage et organiser le spectacle

En lisant L’Equipe du 15 septembre, on apprend « en restant sérieux » que l’haltérophile polonais Tomasz Zielinski – exclu de la sélection olympique aux Jeux de Rio 2016 pour contrôle positif à un stéroïde anabolisant (nandrolone) – va récupérer une médaille des Jeux de Londres (2012).

 

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L’Equipe, 15 septembre 2016

 

Classé neuvième dans la capitale britannique, il va pouvoir se mettre autour du cou la breloque de bronze car six de ses adversaires – dont les quatre premiers – ont été épinglés lors des réanalyses a posteriori des Jeux olympiques de 2012.

 

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Thomasz Zielinski

 

 Morale de l’histoire : la triche est récompensée par les instances internationales !

Disqualifié pour dopage pendant deux ans, Zielinski va tout de même récupérer une médaille de bronze pour violation des règles antidopage de ses adversaires quatre ans plus tôt.

Rappelons que si le Polonais est passé à travers en 2012, cela ne veut surtout pas dire qu’il n’était pas dopé (substances indécelables, masquants, microdoses, etc.) mais qu’il a été plus futé que les organisations antidopage du Comité international olympique (CIO), de l’Agence mondiale antidopage (AMA), et de la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF). 

Un grand bravo à tous les incapables de ces institutions « moralisatrices » qui sont payés pour être nuls avec les fonds des états-membres (eux-mêmes bien silencieux sur l’usage de leurs subsides).

 Comment un athlète pris aux stéroïdes anabolisants peut-il récupérer une médaille dans une compétition antérieure car ses adversaires de l’époque ont été flashés à rebours par les gendarmes de l’instance ?

 PUNCHLINE = L’équation : « Pas positif, pas dopé » est une formule aussi creuse qu’inexacte

Cyclisme – Saison 2016 – Alberto Contador s’est trouvé seul contre tous, ses équipiers la jouant perso ou préférant se mettre au service des sprinteurs maison Sagan ou Bennatti

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Alberto Contador

 

 En 2016, chaque fois qu’il se trouvait en zone stratégique, avec les autres cadors qui jouaient la gagne (Froome, Quintana, Chaves, etc.), Alberto Contador se retrouvait seul, sans équipiers, à l’inverse de la Sky, de la Movistar ou d’Orica.

Son abandon lors de la 9e étape du dernier Tour de France est bien sûr dû en partie à ses chutes en début d’épreuve mais surtout au fait que ses principaux lieutenants le Polonais Rafal Majka et le Tchèque Roman Kreuziger, la jouaient perso. Le premier postulait pour une victoire d’étape, quant au second toute son énergie était concentrée pour faire un top 10 au général.

 

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Roman Kreuziger

 

En plus d’autres équipiers de la Tinkoff  protégeaient Peter Sagan pour les victoires d’étape.

 

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Peter Sagan

 

Dans le dernier Tour d’Espagne, rebelote. Des équipiers moins forts, souvent absents dans le dernier col décisif tandis que lors des étapes plates les rouleurs de l’équipe au maillot fluo jaune étaient au service de Daniele Bennatti pour les sprints.

Rappelons que la Sky et la Movistar ont copié la méthode Armstrong où tous les sélectionnés sont au service d’un leader exclusif. Des sprinteurs comme Edvald Boasson Hagen ou Mark Cavendish – quand ils couraient le Tour de France pour l’équipe britannique – n’avaient aucun équipier à leur disposition pour leur emmener l’emballage final.

Pour cette raison, le Norvégien et le Britannique n’ont pas fait de vieux os dans l’équipe dirigée par Dave Brailsford.

 

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L’Equipe, le 13 septembre 2016

 

Si le Pistolero veut remonter sur le podium d’un grand Tour, voire le remporter, il a intérêt à être vraiment le patron de son équipe qui doit être complètement à sa botte.

Aujourd’hui, dans les grands Tours, pour remporter des étapes au sprint, il faut avoir un train top niveau et, pour le général, des lieutenants en nombre capables d’accompagner le leader dans les arrivées en altitude quasiment jusqu’à la flamme rouge.

 

POST-IT

 Selon le quotidien L’Équipe, en 2017, Peter Sagan portera les couleurs de l’équipe allemande Bora-Hansgrohe. Curieusement, on trouve dans ses bagages Rafal Majka et Roman Kreuziger, les deux ex-lieutenants d’Alberto Contador, probablement pour  services rendus… au Slovaque lauréat de quatre étapes sur la dernière Grande Boucle.

Il y a certainement plus de complicité entre un Polonais, un Tchèque et un Slovaque qu’avec un Espagnol.

Pour la prochaine saison, le Pistolero devra effectuer un casting pointu pour mieux choisir ses aides de camp afin qu’ils soient rouleurs, bons grimpeurs et FIDÈLES.

Tour d’Espagne 2016 – Richard Virenque, le consultant-phare d’Eurosport 1, termine l’épreuve les neurones lessivés jusqu’à parler de mammouths dans le Gard…

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Samedi 10 septembre, Virenque commente pour Eurosport 1 la 20e étape Benidorm-Alto de Aitana avec arrivée en altitude.

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Dernier espace pour Chris Froome et Esteban Chaves de renverser la hiérarchie du podium.

Tout d’abord lorsque le Colombien Chaves – 4e au général depuis l’étape contre la montre de la veille – veut reprendre sa 3e place aux dépens d’Alberto Contador, s’échappe à 50 km de l’arrivée, Virenque crie au fou et explique que : « quand les grands (Froome, Quintana et Contador) vont dans les six derniers kilomètres de l’ascension finale se lancer dans la bataille, le petit Chaves va se faire avaler ». Résultat des courses : manque de bol, le Colombien d’Orica réussit son coup en éjectant Contador du podium.

La deuxième méprise concerne la victoire à la base militaire d’Aitana. A 4 kilomètre de l’arrivée, Pierre Latour et le Colombien (encore un) Darwin Atapuma sont à la lutte pour le gain de la 20e levée de la Vuelta. Les deux hommes comme des désespérés se flinguent tout à tour, Pierre Latour ne ménage pas ses efforts, tire un braquet énorme et semble plus à la rupture qu’Atapuma. C’est ce que pense Virenque et qu’il raconte à l’antenne. Pour lui, par son inexpérience, le Français va se faire enfumer et terminer second. Résultat des courses : Latour, un nom prédestiné, sème de quelques longueurs son coriace adversaire et remporte l’étape.

Merci Richard Virenque pour votre fine expertise.

En revanche, Richard, ne changez pas votre façon de nous raconter les à-côtés de la course en expliquant que des mammouths se promènent toujours dans le Gard en 2016 (Nîmes sera la ville de départ du Tour d’Espagne 2017) mais aussi les ‘’grandes poules’’ dont vous avez oublié le nom (autruches).

 

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Des mammouths dans la région de Nîmes, au départ de La Vuelta 2017 (dixit Virenque) !

 

 

 

Lecture – « Les secrets du Tour de France » par José-Alain Fralon (édité par La Librairie Vuibert)

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La majorité des ouvrages écrits sur la Grande Boucle sont à jeter à la poubelle, poubelle-3

surtout si dans le titre on veut appâter le lecteur potentiel par l’expression « face cachée » ou, ici, par le mot « secret ».

 José-Alain Fralon n’échappe pas à cette catégorie de plumitifs qui méprisent copieusement le lecteur : journaliste sportif qui a suivi le Tour mais qui n’a aucune référence d’historien et qui ‘’nous la raconte’’ en compilant des livres bourrés d’erreurs de pseudo-historiens du vélo.

En plus de mastics sur le fond, on constate que la relecture a été négligée – le mot est faible – alors que dans les remerciements, est citée « l’amicale assistance de Renaud de Rochebrune, aussi pugnace dans ses escalades du Ventoux que dans la chasse à la virgule mal placée, la phrase bancale ou l’information non vérifiée »

Visiblement, ce dernier n’était pas très concentré lors de cet exercice de relecture !

En raison de l’accumulation de méprises et de confusions, le chapitre sur le dopage est à rewriter de la première à la dernière ligne.

Pour moi, la responsabilité de ces divagations appartient autant à l’éditeur qu’à l’auteur.

 

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