Dopage – Les stéroïdes anabolisants, champions de l’efficacité en compét., ne donnent pas que de gros musles ! Décryptage.

Par défaut

Il est toujours surprenant – voire consternant – de constater à quel point le sujet des stéroïdes anabolisants est mal compris, même au sein de publications médicales ou lors d’interviews sur le dopage. Pourtant, leur usage concerne toutes les disciplines sportives, de l’endurance à la force, en passant par les sports de précision ou de dextérité. Autrement dit, du marathonien à l’haltérophile, du joueur de billard au tireur sportif en passant par le curleur, tous peuvent y avoir recours et y trouver un avantage.

Titre informatif sur les stéroïdes anabolisants avec un sous-titre pour les journalistes et le monde du sport
  1. Usage généralisé : Les stéroïdes anabolisants sont utilisés dans tous les sports pour améliorer force, endurance et précision.
  2. Dopage majoritaire : Ils représentent 45 % des cas positifs détectés en compétition.
  3. Efficacité multiple : Ils augmentent masse musculaire, oxygénation du sang et agressivité mentale.
  4. Effet  »Obélix » : des avantages qui perdurent malgré un arrêt prolongé
  5. Conséquences délétères au plan santé : troubles hormonaux, sexuels et mentaux ( »rage des stéroïdes’‘) chez les hommes et les femmes.
  6. Confusion fréquente : À ne pas confondre avec les corticostéroïdes.

POST-IT – Au début de la lutte contre le dopage, vers le milieu des années 1960, les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) étaient encore perçus par la communauté scientifique comme de simples vitamines. Ce n’est qu’au bout d’environ dix ans qu’ils seront officiellement inscrits sur les listes des substances interdites par le Comité international olympique (CIO) et la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF, aujourd’hui World Athletics). Ensuite, les autres instances suivront.

Les stéroïdes anabolisants figurent en tête des substances détectées.

D’après les statistiques de l’Agence mondiale antidopage (AMA), les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) dominent largement les substances interdites retrouvées lors des contrôles antidopage. En 2023, ils représentaient 45 % des cas positifs. La testostérone – hormone phare – ses dérivés les SAA – ainsi que des substances plus récentes comme les SARMs (Modulateurs Sélectifs des Récepteurs aux Androgènes, tels que l’ostarine, le ligandrol ou l’andarine) sont très prisés des compétiteurs, quelle que soit leur spécialité.

Des effets visibles dans toutes les disciplines

En athlétisme, les SAA ont des effets notables sur la puissance, la masse musculaire, mais aussi sur l’endurance. Deux cas emblématiques illustrent cette réalité :

  • Ben Johnson, sprinteur canadien, remporte le 100 m des JO de Séoul en 1988 avec un temps record de 9’’79. Trois jours plus tard, son contrôle antidopage révèle la présence de stanozolol, un stéroïde alors réputé indétectable si interrompu deux semaines avant la compétition. Avec son physique de culturiste (1,80 m / 76 kg), le surnom de « Bénoïde » ne laissait que peu de place au doute.
  • À l’opposé morphologique, Martti Vainio, coureur de fond finlandais (1,92 m / 72 kg), est disqualifié aux JO de Los Angeles en 1984 pour usage de méténolone, un autre SAA. Il avait terminé 2e du 10 000 m, derrière l’Italien Alberto Cova, adepte de la transfusion sanguine.

Conclusion : un sprinteur musclé et un coureur longiligne peuvent utiliser les mêmes substances dopantes. Ce qui différencie leur apparence, c’est, associé à l’entraînement spécifique de leur spécialité, essentiellement leur régime alimentaire : hyperprotéiné pour les sports de force, riche en glucides lents pour les sports d’endurance.

Les effets méconnus des SAA

Les SAA stimulent la production de globules rouges, augmentent l’hématocrite (densité des cellules rouges dans le sang), la concentration en hémoglobine (protéine fixant l’oxygène), améliorant ainsi le transport de ce même oxygène. Un effet similaire à celui de l’EPO, bien que généralement moins puissant.

Dès les années 1960, les publicités médicales soulignaient le potentiel « psychotonique » des SAA. Aujourd’hui encore, leur effet stimulant sur le mental, la confiance en soi, mais aussi l’agressivité, est reconnu. Ce phénomène, connu sous le nom de rage des stéroïdes, peut mener à des comportements violents, parfois extrêmes, voire à des homicides.

Les SAA ont un effet plus marqué sur les femmes que sur les hommes. Il est en effet plus aisé de viriliser une femme que de « surviriliser » un homme. Entre 1976 et 1988, les sportives est-allemandes dominaient largement la natation et l’athlétisme mondial, alors que leurs homologues masculins, bien que soumis aux mêmes protocoles dopants, ne surpassaient pas autant leurs concurrents.

Un sportif dopé, notamment aux stéroïdes anabolisants androgènes (SAA), qui arrête un temps prolongé ses cures d’engrais musculaires, conserve le gain des avantages acquis (musculaire, mental, transport d’O2) sur une durée variable pouvant atteindre des mois, voire des années. Certaines études tendraient à démontrer que les muscles et les gènes ayant bénéficié du dopage  un certain temps, continuent à fonctionner au même niveau pendant plusieurs mois, voire plusieurs années après l’arrêt des substances illicite. Ce sont des travaux en épigénétique qui ont intrigué les chercheurs. Cette science – l’épigénétique – s’intéresse aux modifications provoquées par les médicaments, les substances dopantes… pouvant interagir avec le génome permettant l’expression de certains gènes plutôt que d’autres.

‘’L’effet Obélix’’ : même après avoir arrêté la dope, ça marche toujours autant…

Aujourd’hui des scientifiques scandinaves estiment que des années de dopage induisent des mutations durables persistant bien après l’arrêt des produits miracles. Cette transformation durable, baptisée ‘’effet Obélix’’ au prétexte que le livreur de menhirs était tombé tout petit dans la marmite contenant la potion magique et que, même sans la boire, il avait acquis une force légendaire à vie.

–  Chez les hommes : gynécomastie (développement des seins), troubles de la sexualité.

–  Chez les femmes : masculinisation (voix grave, réduction mammaire, hypertrophie du clitoris et de la pomme d’Adam).

–  Dans les deux sexes : phase d’hypersexualité au début, suivie souvent d’un effondrement de la libido.

Dans les médias anglophones, le terme « stéroïdes » est souvent utilisé de manière ambiguë. Il faut bien distinguer :

  • Les stéroïdes anabolisants, qui favorisent la construction musculaire (anabolisme),
  • Des corticostéroïdes, qui ont des effets opposés : décalcifiants, immunosuppresseurs, et utilisés à visée thérapeutique.

EN CONCLUSION

Les stéroïdes anabolisants restent aujourd’hui la substance dopante la plus fréquemment utilisée et détectée en compétition. Leur efficacité ne fait aucun doute : ils agissent sur la masse musculaire, l’endurance, le mental, et même le métabolisme de l’oxygène. Pourtant, leur usage n’est pas sans conséquences, tant sur le plan physiologique que psychologique. Une connaissance précise et sans tabou de leurs effets s’impose, tant pour le public que pour les professionnels du sport et de la santé.

MISE EN GARDE – Aujourd’hui, la plupart des SAA sont facilement détectables notamment par les métabolites longue durée

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD – Facebook : Jean Pierre Demondenard

Dopage – La triche biologique est efficace ! Un énième témoignage s’ajoute aux expertises scientifiques validées.

Par défaut

Un skieur de fond constate qu’il obtient 30 secondes de bénef sur 30 minutes de course, soit un gain de 1,7%.  C’est suffisant pour grimper dans la hiérarchie !

 

Or, par un effet pendulaire, pendant de nombreuses années, les tenants de l’antidopage ont nié mordicus la moindre efficacité aux substances illicites alors qu’aujourd’hui, rares sont ceux qui croient encore à cette fable.

Antidopage – Certains médecins impliqués dans la lutte nient l’efficacité des médocs de la performance… alors que d’autres qui ont suivi le même cursus universitaire démontrent que la dope ça marche !

Par défaut

Il y a quelques jours, nous avons publié un texte opposant Jacques Anquetil et Laurent Fignon sur la réalité de l’impact des stimulants dans le palmarès des Géants de la route.

Mais quels sont les propres arguments des médecins, défenseurs de l’équité sportive, face à la réalité du dopage ? Les radars des laboratoires analytiques étant peu sensibles, les toubibs – pour dissuader – prônent à la fois l’inefficacité et la dangerosité… sans preuve scientifique.

Décrytpage.

Document démontrant qu’une partie du corps médical est adepte de la médecine au service de la performance et non de la prévention de la santé

Efficacité des drogues de la performance : la preuve par les études de terrain

Par défaut

Au début des années 1960, dans la revue Médecine éducation physique et sport, l’organe officiel de la médecine du sport, on pouvait trouver dès la deuxième page, une publicité qui incitait les médecins à prescrire à leurs patients sportifs du Durabolin® (nandrolone), un stéroïde anabolisant.

Depuis cette époque, ce dérivé de l’hormone mâle est l’un des deux ou trois dopants les plus consommés par la gent athlétique.

 durabolin

Apparentés à de simples vitamines

A cette époque, les experts de la chose médicale pensaient tout simplement que les hormones en général et les anabolisants en particulier, s’apparentaient à de simples vitamines. De même, pendant la grande période des amphétamines, de la fin de la Deuxième guerre mondiale et jusqu’au début des années 1970, les sportifs – notamment les cyclistes – en consommaient régulièrement et pourtant de nombreux scientifiques d’alors en niaient l’effet positif sur la performance. On a su plus tard, avec des travaux plus rigoureux, qu’elles étaient réellement des dopants et provoquaient des lésions vasculaires cérébrales graves.

 « Inefficaces et dangereux… »

Les écrits de ce médecin spécialiste du dopage, le docteur Jean-Jacques S’Jongers, démontre que le corps médical a souvent eu plusieurs longueurs de retard par rapport à la réalité des vestiaires et du terrain : « La prévention apparaît comme la seule voie possible de lutter contre le dopage : chacun doit savoir que les dopants actuels sont inefficaces et qu’ils présentent un danger majeur pour la santé de ceux qui les utilisent. » [Tonus, 25.04.1979]

Encore très récemment, lors d’une conférence-débat, un représentant de la Jeunesse et des Sports martelait que les coups de pouce biologiques n’avait qu’un très faible impact sur le résultat final d’une confrontation sportive.

En dehors des médecins et dans le but de défendre l’image de sport sain, non contaminé par la société ambiante, l’affirmation globale de l’inefficacité du dopage est souvent mise en avant par les dirigeants de la majorité des fédérations. Par exemple, le monde du football certifie sans sourcilier : « La multiplicité et la complexité des habiletés psychomotrices mises en jeu dans notre discipline sont incompatibles avec le dopage. » (sic)

 Des études trompeuses

Souvent, pour asseoir leur jugement péremptoire, ils mettent en avant certains travaux scientifiques qui nient la pertinence de telle ou telle substance dopante. Afin de permettre à chacun d’aiguiser sa réflexion sur la fiabilité des études scientifiques effectuées soit en laboratoire, soit sur le terrain, nous leur soumettons les résultats d’un cas exemplaire. Douze volontaires, conducteurs d’automobiles expérimentés, se sont prêtés à une intéressante expérience ; ils ont reçu soit un placebo, soit un antihistaminique à des doses de 25, 50 et 100 mg. En fait, ils ont fait tout cela deux fois, soit dans des conditions de laboratoire et on les a soumis à divers tests de performance et de vigilance – soit dans des conditions normales, et ils devaient alors conduire sur un circuit. Leurs performances ont été beaucoup plus altérées au laboratoire que dans les conditions réelles de conduite… Cela signifie qu’en choisissant bien ses tests, plus ou moins sensibles, on peut prouver ce que l’on veut ! Méfiance donc avant d’interpréter des résultats de laboratoire, positifs ou négatifs, concernant les effets d’une substance sur la performance sportive.

Au final, les travaux effectués sur un terrain de sport ou dans l’environnement de la compétition modifient favorablement l’efficacité des drogues de la performance.

Les exemples suivants en témoignent.

 

1961 – CYCLISME – Jacques Anquetil (FRA) : un débours de 5,7% sur une épreuve de

 86,6 km chronométrée…efficacite-des-produits-dopants

Télécharger le dossier complet