
- Usage généralisé : Les stéroïdes anabolisants sont utilisés dans tous les sports pour améliorer force, endurance et précision.
- Dopage majoritaire : Ils représentent 45 % des cas positifs détectés en compétition.
- Efficacité multiple : Ils augmentent masse musculaire, oxygénation du sang et agressivité mentale.
- Effet »Obélix » : des avantages qui perdurent malgré un arrêt prolongé
- Conséquences délétères au plan santé : troubles hormonaux, sexuels et mentaux ( »rage des stéroïdes’‘) chez les hommes et les femmes.
- Confusion fréquente : À ne pas confondre avec les corticostéroïdes.
POST-IT – Au début de la lutte contre le dopage, vers le milieu des années 1960, les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) étaient encore perçus par la communauté scientifique comme de simples vitamines. Ce n’est qu’au bout d’environ dix ans qu’ils seront officiellement inscrits sur les listes des substances interdites par le Comité international olympique (CIO) et la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF, aujourd’hui World Athletics). Ensuite, les autres instances suivront.
Les stéroïdes anabolisants figurent en tête des substances détectées.
D’après les statistiques de l’Agence mondiale antidopage (AMA), les stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) dominent largement les substances interdites retrouvées lors des contrôles antidopage. En 2023, ils représentaient 45 % des cas positifs. La testostérone – hormone phare – ses dérivés les SAA – ainsi que des substances plus récentes comme les SARMs (Modulateurs Sélectifs des Récepteurs aux Androgènes, tels que l’ostarine, le ligandrol ou l’andarine) sont très prisés des compétiteurs, quelle que soit leur spécialité.
Des effets visibles dans toutes les disciplines
En athlétisme, les SAA ont des effets notables sur la puissance, la masse musculaire, mais aussi sur l’endurance. Deux cas emblématiques illustrent cette réalité :
- Ben Johnson, sprinteur canadien, remporte le 100 m des JO de Séoul en 1988 avec un temps record de 9’’79. Trois jours plus tard, son contrôle antidopage révèle la présence de stanozolol, un stéroïde alors réputé indétectable si interrompu deux semaines avant la compétition. Avec son physique de culturiste (1,80 m / 76 kg), le surnom de « Bénoïde » ne laissait que peu de place au doute.
- À l’opposé morphologique, Martti Vainio, coureur de fond finlandais (1,92 m / 72 kg), est disqualifié aux JO de Los Angeles en 1984 pour usage de méténolone, un autre SAA. Il avait terminé 2e du 10 000 m, derrière l’Italien Alberto Cova, adepte de la transfusion sanguine.
Conclusion : un sprinteur musclé et un coureur longiligne peuvent utiliser les mêmes substances dopantes. Ce qui différencie leur apparence, c’est, associé à l’entraînement spécifique de leur spécialité, essentiellement leur régime alimentaire : hyperprotéiné pour les sports de force, riche en glucides lents pour les sports d’endurance.
Les effets méconnus des SAA
1. Amélioration du transport de l’oxygène
Les SAA stimulent la production de globules rouges, augmentent l’hématocrite (densité des cellules rouges dans le sang), la concentration en hémoglobine (protéine fixant l’oxygène), améliorant ainsi le transport de ce même oxygène. Un effet similaire à celui de l’EPO, bien que généralement moins puissant.
2. Effets psychiques et comportementaux
Dès les années 1960, les publicités médicales soulignaient le potentiel « psychotonique » des SAA. Aujourd’hui encore, leur effet stimulant sur le mental, la confiance en soi, mais aussi l’agressivité, est reconnu. Ce phénomène, connu sous le nom de rage des stéroïdes, peut mener à des comportements violents, parfois extrêmes, voire à des homicides.
3. Efficacité accrue chez les femmes
Les SAA ont un effet plus marqué sur les femmes que sur les hommes. Il est en effet plus aisé de viriliser une femme que de « surviriliser » un homme. Entre 1976 et 1988, les sportives est-allemandes dominaient largement la natation et l’athlétisme mondial, alors que leurs homologues masculins, bien que soumis aux mêmes protocoles dopants, ne surpassaient pas autant leurs concurrents.
4. Effet Obélix : les avantages acquis avec les SAA perdurent un temps prolongé malgré l’arrêt du dopage
Un sportif dopé, notamment aux stéroïdes anabolisants androgènes (SAA), qui arrête un temps prolongé ses cures d’engrais musculaires, conserve le gain des avantages acquis (musculaire, mental, transport d’O2) sur une durée variable pouvant atteindre des mois, voire des années. Certaines études tendraient à démontrer que les muscles et les gènes ayant bénéficié du dopage un certain temps, continuent à fonctionner au même niveau pendant plusieurs mois, voire plusieurs années après l’arrêt des substances illicite. Ce sont des travaux en épigénétique qui ont intrigué les chercheurs. Cette science – l’épigénétique – s’intéresse aux modifications provoquées par les médicaments, les substances dopantes… pouvant interagir avec le génome permettant l’expression de certains gènes plutôt que d’autres.
‘’L’effet Obélix’’ : même après avoir arrêté la dope, ça marche toujours autant…
Aujourd’hui des scientifiques scandinaves estiment que des années de dopage induisent des mutations durables persistant bien après l’arrêt des produits miracles. Cette transformation durable, baptisée ‘’effet Obélix’’ au prétexte que le livreur de menhirs était tombé tout petit dans la marmite contenant la potion magique et que, même sans la boire, il avait acquis une force légendaire à vie.
5. Risques sur la sexualité : loin d’être anecdotiques
– Chez les hommes : gynécomastie (développement des seins), troubles de la sexualité.
– Chez les femmes : masculinisation (voix grave, réduction mammaire, hypertrophie du clitoris et de la pomme d’Adam).
– Dans les deux sexes : phase d’hypersexualité au début, suivie souvent d’un effondrement de la libido.
6. Confusion fréquente : stéroïdes anabolisants versus corticostéroïdes
Dans les médias anglophones, le terme « stéroïdes » est souvent utilisé de manière ambiguë. Il faut bien distinguer :
- Les stéroïdes anabolisants, qui favorisent la construction musculaire (anabolisme),
- Des corticostéroïdes, qui ont des effets opposés : décalcifiants, immunosuppresseurs, et utilisés à visée thérapeutique.
EN CONCLUSION
Les stéroïdes anabolisants restent aujourd’hui la substance dopante la plus fréquemment utilisée et détectée en compétition. Leur efficacité ne fait aucun doute : ils agissent sur la masse musculaire, l’endurance, le mental, et même le métabolisme de l’oxygène. Pourtant, leur usage n’est pas sans conséquences, tant sur le plan physiologique que psychologique. Une connaissance précise et sans tabou de leurs effets s’impose, tant pour le public que pour les professionnels du sport et de la santé.
MISE EN GARDE – Aujourd’hui, la plupart des SAA sont facilement détectables notamment par les métabolites longue durée
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