Dopage – L’humain augmenté face à sa descendance : l’angle masqué des Jeux améliorés

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Quels risques pour la progéniture ?

Depuis deux ans et l’annonce de l’organisation des Enhanced Games fin mai 2026, et plus encore dans les jours précédant cet événement très médiatisé, plusieurs figures du « sport propre » ont multiplié les prises de position. L’actuelle ministre des Sports, certaines de ses prédécesseures, ainsi que les présidentes de l’AFLD et du CNOSF ont publiquement dénoncé, d’une même voix, une compétition assumant l’usage de produits dopants. Malgré cette mobilisation, aucune d’entre elles n’a apporté d’éléments tangibles sur la « catastrophe sanitaire » annoncée. Aucun chiffre, aucune étude, aucune donnée scientifique n’est venue étayer les mises en garde. Sur la réalité du dopage, même silence : au‑delà de déclarations indignées — parfois proches du registre parlementaire — les responsables interrogées sont restées évasives sur le fond.

Ce déficit d’information ouvre un espace considérable aux approximations et aux discours anxiogènes de pseudo‑experts. Deux intervenants issus du milieu médical, confortés par la rhétorique alarmiste de ces décideuses, contribuent ainsi à brouiller davantage le message adressé au public sportif.

Ainsi, l’un des concurrents aux Enhanced Games, un nageur allemand, Marius Kusch, alerté par l’inquiétude de sa compagne, a fait congeler son sperme en amont du protocole dopage proposé qu’il a suivi avant les Jeux améliorés.

Dans un document diffusé dans l’émission allemande Galileo, sa compagne Emily a émis quelques réserves : « La seule chose qui m’a mise mal à l’aise, c’était la question suivante : Que se passera-t-il si nous voulons un jour avoir des enfants ? En prévention d’un risque quelconque pour notre progéniture, Marius a fait congeler son sperme. »

Cet aspect concernant les éventuelles malformations dues aux médocs de la performance, méritent une approche scientifique par des gens compétents au cursus universitaire à la hauteur !

Les réactions épidermiques des responsables actuels ne font jamais avancer la connaissance et la maîtrise d’un tel risque pour les enfants d’athlètes de haut niveau.

Parmi les responsables du sport ‘’propre’’, qui s’intéressent aux nourrissons d’athlètes dopés ?

Il fallait s’attendre à ce que des manipulations hormonales chez les parents altèrent la santé des enfants. Certains sont pour le dopage et se justifient en disant : « L’athlète a le libre choix de sa méthode d’entraînement ou de ses médicaments. Il fait ce qu’il veut avec son corps. »

A cela, on peut rétorquer que l’interdiction des produits médicamenteux facilitant l’effort, repose sur plusieurs arguments : dangers pour le sportif lui-même, pour autrui (chute d’un peloton cycliste provoquée par un coureur surexcité), mauvais exemple du champion pour la jeunesse et pratique contraire à l’éthique sportive.

Mais, depuis les déclarations en 1989 de la nageuse est-allemande Christiane Knacke, qui a précisé que sa fille a dû rester dix-huit mois hospitalisée en raison des répercussions des dopants qu’elle-même avait dû absorber pendant sa carrière, on peut ajouter que la descendance est, elle aussi, exposée.  Celle qui fut la première femme à descendre sous la minute au 100 m papillon (59 sec. 78/100) en 1977 à l’âge de quinze ans, a déclaré dans un entretien au quotidien Kronenzeitung qu’en RDA, les sélectionnables pour les Jeux olympiques étaient systématiquement dopés. Les sportifs de haut niveau qui se dopent savent plus que quiconque et ce depuis longtemps, que leur progéniture est surexposée aux risques de malformations.

Dès 1913, les vétérinaires suspectaient les dopants de dégrader les aptitudes génétiques des étalons. C’est ainsi que le professeur Gustave Barrier, inspecteur générale des écoles vétérinaires, déclarait au congrès hippique du 19 juin 1913: « Je viens combattre le doping, non tant parce que c’est une manœuvre déloyale qui fausse les résultats des courses, que parce qu’il constitue un danger pour le cheval qui le subit et porte atteinte à l’intégrité de ses aptitudes génésiques s’il doit être ultérieurement utilisé comme reproducteur. »

En pièce jointe : Dictionnaire du Dopage – Descendance impactée par le dopage des parents depuis 1913 (fichier non exhaustif)