Ethique – Le double jeu des médecins de l’antidopage au dopage… sans état d’âme !

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Décryptage – Le basculement de la prévention à la transgression

Le médecin du sport par définition se doit de protéger la santé des athlètes tout en garantissant l’équité face à la compétition. Or, l’histoire du sport professionnel montre que la frontière entre optimisation de la performance et dopage est souvent franchie. Et que des praticiens actifs dans l’antidopage pendant des années vont basculer dans l’accompagnement des soins illicites à leurs patients sportifs.

Des piliers de l’antidopage vont devenir des médecins miracles très recherchés grâce à leurs protocoles de dopage high tech. Dans cette confrérie de la seringue, on trouve des stars de la dope, en particulier Francesco Conconi, initiateur et propagandiste du dopage à l’EPO et à la transfusion sanguine.

Parallèlement, il était chargé (sans jeu de mots) de mettre au point une technique analytique afin de détecter l’EPO. Il a reçu de fortes subventions pour, au final, ne rien trouver en racontant pendant des années – tous les six mois – qu’il était sur le point d’aboutir.

Le médecin allemand Joseph Keul était au cœur d’un système de dopage organisé sous sa direction à l’université de Fribourg-en-Briseau.

Un troisième gros poisson du dopage, le Russe, Grigory Rodchenkov, était à la fois le patron des laboratoires de Moscou et de Sotchi accrédité par l’Agence mondiale antidopage (AMA) de 2005 à 2015 alors que dans le même temps, il avait mis au point un système sophistiqué pour remplacer les urines de ses compatriotes dopés par des urines propres de complices.

Pour nous, la raison principale du basculement est due à l’hostilité de l’ensemble du milieu sportif (Fédérations, dirigeants, organisateurs, sponsors, staffs médico-sportifs des fédérations et/ou des clubs, sportifs eux-mêmes le plus souvent véhéments, en vérité par l’ensemble des composants du milieu ) envers les médecins de l’antidopage, notamment ceux qui sont mandatés et assermentés pour effectuer le recueil des prélèvements urinaires et sanguins.

Alors qu’au contraire  les médecins dopeurs sont adulés et recherchés par la majorité des sportifs de haut niveau, les surnoms attribués à ces stars de la pastoche en témoignent : Dr Légende, Dr Miracle, le Mythe, Le Mage, El Importante…

En vérité, c’est beaucoup plus valorisant et glorieux d’être admis à la table du champion, invité à son mariage ou sollicité pour être le parrain du fiston, que d’être voué aux gémonies par le sportif contrôlé positif.

Roger Bastide, un immense journaliste de sport (il en existe !), tout à tour collaborateur de L’Equipe au début des années 1950 puis au Miroir des Sports et au Parisien Libéré (1951-1981), avait bien analysé le comportement du milieu de la compétition envers les gardiens de l’éthique : « Les médecins contrôleurs sentent, autour d’eux, une réserve quand ce n’est pas une hostilité à peine déguisée. Ils sont accueillis sans chaleur, c’est le moins que l’on puisse dire, par les coureurs, les directeurs sportifs et même les organisateurs. » [Cyclisme Magazine, 1972, n° 48, 18 mai, p 28]

Le Dr Jean-Paul Fanen, médecin fédéral de cyclisme au comité d’Aquitaine au début des années 1970, raconte que l’hostilité aux contrôles et à ceux qui les effectuent entraîne des actes violents à leur encontre. C’est dans l’hebdo Le Point qu’il s’exprime pour dénoncer les faits suivants : « J’ai autre chose à faire que de m’occuper de délinquance. En août 1971, j’ai été poursuivi en voiture par des coureurs furieux. En octobre 1972, un directeur sportif a soudoyé une bande de voyous pour m’agresser. J’ai eu une vertèbre et deux côtes cassées. » [Le Point, 22.11.1976]

C’est peut être un cas extrême mais moi-même j’ai reçu des menaces de mort téléphoniques, ma voiture a été cabossée volontairement pendant que j’étais occupé à donner une conférence sur le dopage en banlieue parisienne. Le docteur Gérard Porte, médecin sur le Tour de France de 1976 à 2010, pour sa part, se range dans une catégorie plus qu’étonnante mais aussi significative quant à son ‘’empathie’’ à l’encontre des ‘’pestiférés’’ de l’antidopage. Fréquentant les pelotons par amour du vélo, il ne cherchait pas à dissimuler aux coureurs les risques liés aux cocktails ainsi qu’au surdosage qu’à les dissuader de les utiliser. Sa philosophie de la médecine ? : « Nous, nous sommes les médecins de la course : nous sommes là pour assurer les soins des coureurs. Et puis il y a d’autres médecins sur la course pour faire les contrôles antidoping. Ces gens- là on ne les connaît pas et on ne veut pas les connaître… » |Tonus, 11.07.1980, n° 493]

Dernier témoin, Bernard Hinault dit Le Blaireau, au palmarès le plus riche du cyclisme tricolore, qui ne fait pas semblant de ne pas aimer ceux qui assument la mission délicate d’effectuer des tests urinaires : « Il faut savoir faire confiance aux médecins. Pour moi, ceux du CHU de Nantes. A partir de là, il ne peut y avoir de problèmes. Ils savent ce qu’est un corps humain, peut-être mieux que ceux qui font les contrôles et, surtout, ils connaissent toutes ses réactions face aux efforts sportifs. »  [Lui, 1983, n° 234, juillet, p 24]

Globalement, toute la chaîne antidopage est perçue par l’ensemble des acteurs de la performance comme un obstacle à se soigner, euphémisme signifiant en clair à se doper. A ce sujet, rappelons le commentaire de Lance Armstrong à l’adresse du patron de l’AFLD Pierre Bordry. Tant que le laboratoire ne détectait aucun produit dopant dans les urines de l’Américain, le labo était considéré comme le meilleur centre analytique du monde. Dès que les analyses du Tour 1999 effectuées a posteriori dans le cadre d’un travail destiné à améliorer la détection d’ l’EPO, ont décelé qu’Armstrong avait utilisé la fameuse hormone, le laboratoire français de Châtenay-Malabry est devenu aux yeux du boss du peloton, le plus tocard de la planète.

En dehors d’être les mal-aimés du sport de compétition, les tenants de l’antidopage sont sous la pression malsaine des acteurs du monde professionnel qui se croient intouchables et veulent imposer leurs vues en entravant la régularité des contrôles  antidopage.

C’est Jean-Pierre Verdy (JPV), directeur du département des contrôles de l’Agence français de lutte antidopage (AFLD) de 2006 à 2015 qui en témoigne dans son ouvrage « Dopage. Ma guerre contre les tricheurs » (éd. Arthaud, 2021).

  • Cyclisme – Le cas emblématique de Lance Armstrong

L’Américain, après avoir ‘’résisté’’ à un cancer des testicules, remporté 7 Tours de France, prend sa retraite pendant 3 ans (2006-2008), mais décide de faire son come-back sur la Grande Boucle 2009. Une erreur majuscule !La suspicion du dopage le poursuit depuis 1999. Au printemps 2009, l’AFLD décide d’organiser un contrôle antidopage au domicile de location dans les Alpes-Maritimes où s’entraîne le coureur.

Alors qu’après la notification du préleveur, il doit rester sous son contrôle visuel, L.A. va entraver le contrôle en prétextant prendre une douche tout en laissant à la porte  de l’habitation pendant plus de 20 minutes le médecin contrôleur.

JPV décrit la suite rapportée par le médecin contrôleur Olivier Grondin : « Là, il jette un œil dans la cabine de douche, qui se trouve être complètement sèche. Armstrong n’a donc pas pris de douche comme il l’a prétexté. En revenant dans la pièce, Grondin constate que le coureur est au téléphone, avec semble-t-il le président de l’Union cycliste internationale, pour vérifier si ce contrôle est légal. Quel autre sportif peut se permettre d’appeler en direct, au moment d’un contrôle, le président de sa fédération internationale ? Pour que celui-ci prenne le temps de lui expliquer le cadre légal de la procédure ! Bravache, Armstrong lance à Grondin que les analyses seront négatives … Bien sûr, elles le seront. En revanche, le contrôle ne s’est pas du tout déroulé en conformité avec la procédure. Le préleveur a donc produit un rapport circonstancié de la manière dont s’est réalisé le contrôle inopiné du septuple vainqueur du Tour de France. À la suite de quoi, normalement, Lance Armstrong aurait dû être sanctionné. Curieusement, il n’en sera rien … Aujourd’hui encore, je ne sais toujours pas pourquoi. Car un refus de se soumettre à un contrôle équivaut à un contrôle positif. En toute logique, l’Union cycliste internationale devait suspendre le coureur. Au lieu de quoi, son président Pat McQuaid va monter au créneau pour défendre son protégé. De son côté, Armstrong a déclaré dans la presse: « Je trouve incroyable d’avoir été testé 24 fois sans incident et que le premier test fait en France donne lieu à d’outrageuses accusations … C’est un autre exemple de la conduite inappropriée des organisations françaises antidopage. Je suis désolé qu’elles soient déçues, que tous les contrôles soient négatifs, mais je n’utilise pas de produits ou substances interdites. » [NDLR : on connaît la suite et ses aveux en direct à la TV américaine]

Au lendemain de cette affaire, nous avons reçu à l’Agence des lettres d’insultes du monde entier. On nous accusait de harcèlement à l’encontre de ce magnifique champion. » (pp 108-109)

Armstrong le tricheur absolu est défendu par des pseudos-supporters qui prennent pour cible les tenants de la lutte antidopage. Ce n’est pas nouveau mais cela confirme qu’au jeu du gendarme et du voleur, il vaut mieux appartenir à la catégorie de ceux qui fonctionnent en dehors des clous.

  • Football : en tête des mauvais coucheurs
  • Le Dr Marc Germain, directeur médical de la FFF de 2010 à 2014

JPV : « Le 20 septembre 2010, un nouveau médecin s’est présenté à l’Agence. Il venait d’être nommé directeur médical à la Fédération française de football et nous avions rendez-vous pour une prise de contact. Nous avons discuté dans mon bureau en présence de mes adjointes Maud Ehrlich et Sylvie Montalibet. Le docteur a commencé par s’étonner du nombre de contrôles dans le football. Il les jugeait trop importants ! Je lui ai expliqué que nous avions mis en place, conformément aux textes de loi, un plan annuel des contrôles validé par le collège de l’Agence française de lutte contre le dopage. Et ce plan prévoyait un nombre de sportifs identique pour tous les sports collectifs. Il s’est alors emporté, prétextant qu’aucun footballeur n’avait jamais été contrôlé positif à l’EPO. En conséquence, il nous fallait arrêter d’embêter les footballeurs pour nous concentrer sur des sports de tricheurs – dont il s’est empressé de nous citer les noms … Sidéré, j’ai néanmoins gardé mon calme pour lui répondre qu’il en était hors de question. Une politique avait été définie par le collège de l’Agence et de toute manière, ce serait injuste vis-à-vis des autres disciplines. Chaque sport devait être traité de la même manière et avec équité. Le docteur s’est alors mis à hurler devant mes collaboratrices : « Mais qui vous êtes ?» Je lui ai rappelé ma fonction de « responsable national des contrôles antidopage». Il m’a alors lancé : « Que représentez-vous vis-à-vis de nous? Qui êtes-vous par rapport à nous ? » Puis il a quitté mon bureau en criant « Il se prend pour qui ? »

C’était la première fois qu’un responsable médical d’une fédération venait dans mon bureau pour me mettre ce que je ressentais comme de la pression. Avec nous, il était plutôt mal tombé : un mois après, je doublais le volume des contrôles sur le foot. » (pp 77-78)

  • Didier Deschamps (alors coach de l’OM de 2009 à 2012)

JPV : « Le comportement du médecin (Dr Marc Germain) concerné traduisait en tout cas une forme de sentiment d’impunité du monde du football. Par exemple, lors d’un match Lyon-Marseille le dimanche 8 mai 2011, deux médecins avaient été dépêchés au stade de Gerland pour effectuer des contrôles sur des joueurs après la rencontre. Le docteur Philippe Radoszycki a relaté par courrier à l’Agence un incident avec le coach de l’OM. Sans y être invité, Didier Deschamps est entré dans le local réservé aux préleveurs. Il a expliqué aux médecins que le club avait déjà eu la visite d’un préleveur le vendredi et que huit joueurs de son équipe avaient déjà été contrôlés. « Il me dit que je devrais être au courant de ce contrôle, raconte le médecin. Il précise que l’ AFLD et ses préleveurs ont de la crème fraîche au lieu du cerveau. Je me permets de répondre que l’activité de préleveurs ne se résume pas aux prélèvements mais que chacun de nous a une activité professionnelle. Je précise que le lundi 9 mai (soit le lendemain), je réaliserai des autopsies à Lyon d’ordre judiciaire. [ … ] Il me confirme que l’AFLD et ses préleveurs sont incompétents. » Didier Deschamps ignore que l’on peut être contrôlé plusieurs fois, que c’est le lot des coureurs du Tour de France par exemple. Mais il se permet de mettre en cause des médecins qui viennent prélever des joueurs le soir, après une longue journée de travail à leur cabinet. Ses interventions nous montraient que certains acteurs de ce sport se croient en marge des autres, avec sa culture propre, avec laquelle il allait nous être difficile de composer. » (pp 78-79)

Avec les moyens financiers considérables de l’AMA, de l’ITA, du TAS, de l’AFLD et de ses antennes, les dirigeants ne sont plus des médecins du sport. Ce sont désormais des juristes, des avocats, des pharmaciens issus de l’industrie. Ils ne peuvent pas devenir des « dopeurs » pour deux raisons simples :

  • ils ne maîtrisent pas les protocoles sophistiqués utilisés sur le terrain ;
  • ils ne sont pas connus ni intégrés dans les réseaux des sportifs.

En revanche, leur fonction leur permet de voyager à travers le monde, d’assister à des congrès sous les tropiques, de séjourner dans des palaces… et d’être très confortablement rémunérés.

POUR EN SAVOIR PLUS – BLOG JPDM – Autres liens sur les dérives des médecins du sport impliqués dans des affaire de dopage

Antidopage – Certains médecins impliqués dans la lutte nient l’efficacité des médocs de la performance … alors que d’autres qui ont suivi le même cursus universitaire démontrent que la dope ça marche ! Il y quelques jours, nous avons publié un texte opposant Jacques Anquetil et Laurent Fignon sur la réalité de l’impact des stimulants dans le palmarès des Géants de la route. Mais quels sont les propres arguments des médecins défenseurs de l’équité sportive, face à la réalité du dopage? Les radars des laboratoires analytiques étant peu sensibles, les toubibs – pour dissuader prônent à la fois l’inefficacité et la dangerosité … sans preuve scientifique. Décryptage – publié le 31 mai 2021

Antidopage – Certains médecins impliqués dans la lutte nient l’efficacité des médocs de la performance … alors que d’autres qui ont suivi le même cursus universitaire démontrent que la dope ça marche ! Docteur Jean-Pierre de Mondenard (dopagederhondenard.com)

Dopage – La triche biologique est efficace – Un énième témoignage s’ajoute aux expertises scientifiques validées ! Un skieur de fond constate qu’il obtient 30 secondes de bénef sur 30 minutes de course, soit un gain des de 1,7%. C’est suffisant pour grimper dans la hiérarchie ! Or, par un effet pendulaire, pendant de nombreuses années, les tenants de l’antidopage ont nié mordicus la moindre efficacité aux substances illicites alors qu’aujourd’hui, rares sont ceux qui croient encore à cette fable – publié le 28 février 2022

Tour de France ton histoire – La liste noire des « préparateurs » du peloton soupçonnés de soins illicites. Pour la grande majorité, rattrapés par la justice. Pour être médecin ou préparateur-star du peloton, il n’est pas indispensable d’avoir fait des études de médecine de haut niveau. Il suffit de s’y connaître en médocs de la performance et d’avoir la réputation d’éviter à ses adeptes les tests positifs – publié le 29 juin 2025

Football/PSG – Luis Enrique, le coach emblématique, une posture qui menace ses ménisques !

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UNE IMAGE, UNE INFO

De nombreuses images montrent l’entraîneur du PSG, Luis Enrique, en poste depuis le 5 juillet 2023 après avoir succédé à Christophe Galtier, suivre les matchs de son équipe au bord du terrain dans une position accroupie : genoux fléchis, le poids du corps porté vers l’avant des pieds.

Ce positionnement devient encore plus problématique si lors d’un but, Enrique se redresse brusquement pour exprimer sa joie. Ce mouvement rapide et soudain peut exercer une forte contrainte sur les fibrocartilages et ainsi fragiliser les ménisques.

À titre de comparaison, l’ancien entraîneur de l’OM, Marcelo Bielsa, adoptait une position bien moins contraignante pour les genoux : il suivait les rencontres assis sur une glacière, les pieds à plat au sol, le poids du corps reposant sur le bassin plutôt que sur les articulations des genoux.

La vie quotidienne est faite d’efforts constants et répétés et de sollicitations extrêmes imposées aux muscles, aux os et aux articulations, particulièrement aux ménisques des genoux. L’automobiliste qui change une roue de son véhicule, le maladroit qui cherche sous un meuble l’objet qu’il a laissé choir et tous ceux qui travaillent accroupis, tels que carreleurs ou maraîchers, mettent à l’épreuve les articulations des genoux.

La plupart des Occidentaux s’accroupissent sur la pointe des pieds par exemple pour prendre sur le rayon le plus bas d’une bibliothèque, un dictionnaire ou autre ouvrage de poids ou tout simplement pour soulever un enfant en bas-âge.

Ce geste, surtout s’il est exécuté brutalement, peut se révéler particulièrement efficace pour fissurer un ménisque. Il est donc recommandé de plier les genoux en maintenant les talons posés bien à plat sur le sol tout en gardant le dos droit. Les marchands des souks d’Afrique du Nord, qui étalent leurs bibelots à même le sol et se tiennent des heures à croupetons, peuvent maintenir « indéfiniment » cette position sans problème, parce qu’ils adoptent l’attitude ancestrale dite des pieds à plat.

C’est l’ancien gardien de l’équipe de France, Jean-Paul Bertrand-Demanes (11 sélections de 1973 à 1978), qui en témoigne : « En 1967, Paul Courtin a signé à Nantes. C’est un ailier gauche de très bon niveau qui a été sélectionné en équipe de France en 1966 avant de voir sa carrière décliner à cause d’une grave blessure au genou, survenue dans des circonstances improbables : pour une photo d’avant-match, il s’est accroupi et coincé le ménisque, signant le début de ses galères sportives. » [in ‘’Stade 4’’. – éd. Max Milo, 2022.- 335 p (p 159)]

A l’inverse, si l’on s’accroupit sur la pointe des pieds, comme la majorité des Français, il suffit de rester quelques minutes dans cette posture pour qu’on l’abandonne, vaincu par la douleur.

La position non traumatisante était parfaitement connue de nos lointains aïeuls, qui l’adoptaient dans de nombreuses tâches de la vie quotidienne. Jean-Jacques Annaud, metteur en scène du film La guerre du feu, expliquait comment la position accroupie normale lui a servi de critère de sélection pour trouver des acteurs capables de jouer « vrai » les primitifs : « Vous connaissez un peu la vie primitive ? Très bien : imaginez-vous quatre-vingt mille ans plus tôt et accroupissez-vous ! Ça, c’était mon test infaillible que j’imposais à tous les acteurs que j’auditionnais pour « La Guerre du feu ». Eh bien, dans quatre-vingt-dix pour cent des cas, les gens à qui je demandais ça se mettaient sur les orteils : une hérésie ! Or, quand la ravissante Rae (Ika dans le film) s’est accroupie devant moi, elle a trouvé d’instinct la position idéale, non seulement elle avait les pieds bien à plat, assez écartés mais elle a les jambes si longues et si souples que ses fesses touchaient le sol. Rarissime ! ».

En fichier joint (PDF) : Les ménisques au stéthoscope

  1. Football – Sur les conseils de spécialistes français, Paul Pogba a privilégié la mauvaise option : la thérapie conservatrice du ménisque externe. Il a perdu un mois plein ! Dorénavant, son parcours pour être prêt pour le Mondial au Qatar s’écrit en pointillés – publié le 10 septembre 2022

Football – Sur les conseils de spécialistes français, Paul Pogba a privilégié la mauvaise option : la thérapie conservatrice du ménisque externe. – Docteur Jean-Pierre de Mondenard (dopagedemondenard.com)

  • Football – Insolite – Lésions méniscales : sur la photo d’avant-match du onze titulaire, la position accroupie des années 1950 à 2015 était à risque ! Au fil du temps, les équipes de football – exclusivement le 1er rang – avaient pris la pose en situation accroupie… celle qui agresse le plus les ménisques. Mais depuis quelques années, la tendance s’inverse avec une position parfaitement respectueuse de ces cartilages du genou. Prise de conscience des staffs ou mode plus fun ? – publié le 05 février 2023

Football – Insolite – Lésions méniscales : sur la photo d’avant-match du onze titulaire, la position accroupie des années 1950 à 2015 était à risque ! – Docteur Jean-Pierre de Mondenard (dopagedemondenard.com)

  • Tennis – Novak Djokovic, malgré une lésion méniscale opérée récemment, pourrait performer aux Jeux de Paris. Et ce grâce à l’arthroscopie, une technique chirurgicale miniaturisée qui, depuis, 1978, a révolutionné le traitement de cette affection – publié le 06 juin 2024

N. Djokovic pourrait être dans les temps pour participer aux Jeux olympiques (dopagedemondenard.com)

Football – CAN 2025 – Doping to lose : trois joueurs sénégalais ont eu des malaises sérieux juste avant ou pendant la finale

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Ce genre de défaillance inexpliquée, dans le jargon de la compétition, est connu sous la métaphore : doping to lose (doping pour perdre)

Qu’un joueur se sente mal avant un match pour le titre, cela peut se concevoir. En revanche, trois d’un coup, c’est pour le moins étrange, sauf si on compulse des histoires similaires de footballeurs sélectionnés et engagés dans un tournoi de haut niveau, donc en pleine forme physique jusque-là… et qui sont victimes de problèmes de santé inattendus les laissant inaptes à jouer.

Faits avérés

  • Plusieurs joueurs sénégalais sont tombés malades avant  /pendant la finale.
  • Les examens médicaux n’ont trouvé aucune cause claire.
  • Il y a eu des tensions logistiques et de sécurité autour du voyage et de l’accueil de l’équipe sénégalaise.

Éléments incertains

  • L’origine exacte des symptômes des joueurs n’est pas expliquée
  • Il n’existe aucune enquête publique indépendante révélant une intoxication volontaire.

Rumeurs malveillantes

  • L’idée que les joueurs sénégalais auraient été empoisonnés délibérément par des Marocains n’est pas étayée par des preuves fiables.

Conclusion

  • Il y a eu des malaises inexplicables chez plusieurs joueurs sénégalais lors de la finale de la CAN 2025
  • Aucune preuve officielle ne confirme un empoisonnement volontaire,
  • La suspicion d’un acte type doping to lose est légitime dans la mesure où trois joueurs d’une équipe ont été out le même jour en raison de mystérieux malaises.

Par le passé, régulièrement, des affaires de doping to lose ont émaillé des rencontres de haut niveau, notamment dans les sports d’équipe et plus spécialement dans le football.

Dans mon Dictionnaire du dopage, le dossier consacré au thème Doping to lose est particulièrement fourni avec des affaires remontant déjà à la fin du 19e siècle, au tout début des compétitions en boxe, cyclisme ou hippisme !

En fichier PDF – Quelques exemples en football de ces pratiques destinées à amoindrir l’adversaire

Football – Hommage au coach Rolland Courbis, disparu le 12 janvier

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À titre personnel, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Rolland Courbis à deux reprises.

Affaire Anziani : 1er footballeur français sanctionné pour dopage en 1989

La première remonte à l’affaire du contrôle antidopage positif au Di-Antalvic® (antidouleur) concernant l’un de ses joueurs au FC Toulon, l’attaquant Philippe Anziani.
International français à cinq reprises, Anziani avait été contrôlé positif le 30 septembre 1989, à l’issue du match de Division 1 opposant le FC Metz au FC Toulon. Dans Le Figaro du 27 novembre 1989, j’avais signé un long article consacré à ce dossier, premier cas positif jamais enregistré dans le football français. Le titre et le sous-titre choisis par la rédaction étaient explicites :
« Affaire Anziani : les faux arguments de la défense. Son entraîneur condamne la composition de la liste des produits interdits ».

Quelques jours plus tard, Rolland Courbis m’avait contacté par l’intermédiaire de la radio RMC afin de s’expliquer. Une discussion détendue et constructive s’était engagée, durant une dizaine de minutes. Je lui avais alors exposé mon point de vue : prendre un antalgique pour pouvoir disputer un match, lorsque le corps du joueur est incapable de jouer sans cette béquille pharmaceutique, correspond à la définition du dopage, ou à tout le moins à une conduite dopante.

L’Arène de France, émission animée par Stéphane Bern

La seconde rencontre eut lieu le 11 octobre 2006, lors de l’émission L’Arène de France, talk-show diffusé en deuxième partie de soirée et animé par Stéphane Bern, consacré au thème : « Les sportifs font-ils rêver ? »
À ma gauche se trouvait Rolland Courbis, et à ma droite Bernard Maris, économiste et chroniqueur à France Inter, Marianne et Le Figaro Magazine. Bernard Maris sera tragiquement assassiné le 7 janvier 2015, lors de l’attentat terroriste perpétré contre le journal Charlie Hebdo, figurant parmi les douze victimes.

De cette émission, je conserve un souvenir mitigé, principalement en raison de la faible maîtrise du sujet sportif par l’animateur. Le journaliste de L’Équipe avait d’ailleurs bien résumé le déroulé de la soirée en titrant : « Débat en berne ».

Quant à Rolland Courbis, souvent présenté par les médias comme un « bon client » pour son franc-parler et son sens de la formule, il fut fidèle à sa réputation.

Merci à Rolland Courbis pour ces deux moments d’échange.

Dopage ton histoire – Le Porto Flip, un coup de pouce énergisant dès les années 1920

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Dans un article récent intitulé « Le dopage, il y a un siècle », publié à l’occasion de la présentation du Tour de France 2026, j’ai exploré les pratiques dopantes des années 1920.

Un lecteur attentif, Franck Biratelle — enseignant en histoire-géographie, cycliste de compétition et auteur d’une thèse sur le cyclisme en Pyrénées-Atlantiques et en Aquitaine entre 1945 et 1983 — m’a signalé une omission d’une pratique apparemment répandue dans le milieu de la petite reine : le Porto Flip (une boisson tonique composée de porto rouge, brandy, jaunes d’œufs).

Affiche colorée sur le Porto Flip, une boisson énergisante composée de porto, brandy et jaunes d'œufs, associée au dopage dans le sport.

Un mélange énigmatique et revigorant

Dans un premier temps, mes archives situant son apparition au début des années 1930, et avec des témoignages comme celui de Jean Stablinski, qui en parle comme d’une pratique courante à ses débuts en 1948, avant de l’abandonner pour son caractère indigeste. Il se souvient : ‘’J’y mettais deux jaunes d’œufs avec du porto’’, je n’indiquais pas le Porto Flip dans mon article sur le dopage en 1926

À la recherche des origines

Franck Biratelle, bien que ne disposant pas de sources précises pour 1926, évoquait pourtant des témoignages d’anciennes gloires locales recueillis lors de son DEA.

Découverte d’une référence historique

Suite à cet échange, j’ai effectué de nouvelles recherches dans mes archives et j’ai effectivement trouvé une mention intéressante. Le Porto Flip semble avoir été utilisé bien avant les années 1930, notamment dans le vestiaire de l’équipe de France de football, avant un match contre l’Italie à Milan, le 18 janvier 1920. Denis Chaumier, ancien rédacteur en chef de France Football, en parle dans son ouvrage Les Bleus, qui retrace l’histoire de l’équipe de France de 1904 à 2003. Voici l’extrait de Chaumier : « Emilien Devic, demi très apprécié, était un athlète remarquable. Il avait l’habitude de croquer du sucre en cours de match pour maintenir son énergie. Avant le match contre l’Italie, en janvier 1920, il a même été vu en train de se doper au Porto Flip (avec deux œufs). » (Les Bleus, Paris, éd. Larousse, 2004, pp 98-99)

Un extrait présentant Emilien Devic, footballeur français, avec une photographie et des informations sur ses sélections nationales.

Une pratique plus ancienne qu’il n’y paraît ?

Si les traces écrites manquent pour les années 1920, il semble bien que le Porto Flip pourrait avoir été utilisé plus tôt qu’on ne le pensait, aussi bien dans le cyclisme que dans d’autres sports.

Cette référence historique apporte un éclairage intéressant sur la pratique de cette potion énergisante.

Une capture d'écran d'un document évoquant les étapes du Porto Flip comme ergogénique dans le milieu sportif de 1920 à aujourd'hui.

Dopage – Détecteur de mensonge, une arme peu performante dans la panoplie antidopage !

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Récemment, le détecteur de mensonge/polygraphe est revenu dans l’actualité avec le cas positif au meldonium en décembre 2024 de Mykhaïlo Mudryck, un footballeur ukrainien, international, et jouant depuis janvier 2023 en Premier League pour Chelsea.

Pour démontrer qu’il n’a pas triché pour améliorer ses performances, Mudryk a passé avec succès le test du détecteur de mensonge, sauf que cet examen est d’une très faible pertinence.

De nombreux sportifs épinglés par la patrouille antidopage, notamment l’athlète Marion Jones – la reine de la piste des Jeux d’Athènes – et les cyclistes Tyler Hamilton et Lance Armstrong, ont cru ‘’enfumer’’ l’AMA en demandant de passer avec succès le test du polygraphe. Sauf qu’au final, les trois stars du sport confrontés aux témoignages à charges et à leurs contradictions sont passées aux aveux et ont été sanctionnées.

Pour preuve, nous proposons en pièces jointes plusieurs textes du Dr JPDM :

  • Détecteur de mensonge : le grand bluff au service des dopés
  • Chronologie – Sportifs confrontés au polygraphe
  • Historique – Une hypothèse plus que millénaire, une technique séculaire.
  • Chiffres – Détecteur de mensonge : des performances aléatoires

Dopage – Pourquoi les footballeurs préfèrent la Suède : discrétion et SNUS, un stimulant cérébral

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Snus : nicotine en sachet humide placé contre la gencive

Dans Le Figaro, un témoin proche d’un International Bleu, explique l’attraction des footeux pour la Suède : les femmes sont plus discrètes qu’ailleurs mais ils y trouvent aussi plus facilement du SNUS, un stimulant à base de nicotine

Dopage – Paul Pogba positif à la DHEA, une substance inefficace sur la performance, écope d’une suspension maximale de 4 ans. Décryptage

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Paul Pogba surnommé La Pioche, âge de 31 ans, est depuis 2013 un footballeur international français (91 sélections). En 2022, il a signé à la Juventus Turin. Il est contrôlé positif le 20 août 2023 à la fin du match Udinese-Juventus (0-3) alors qu’il était remplaçant et n’était pas entré en jeu.

Le rapport « officiel » de l’analyse du flacon A mentionnait une présence de testostérone et de ses métabolites. Toutefois, la contre-analyse effectuée le 6 octobre révèle qu’il s’agit en fait de DHEA, ou déhydroépiandrostérone, une hormone produite par la partie corticale de la glande surrénale, située au-dessus des reins. Cette hormone se convertit dans le sang, après métabolisation par le foie, en deux hormones principales : le 17-bêta-estradiol (un estrogène) et la testostérone, la principale hormone masculine n° 1.

  • CONTRIBUTION AU DÉCRYPTAGE du cas de Paul Pogba
  • Qui peut croire une seconde que la DHEA est efficace sur la performance sportive lorsqu’on sait que les deux nations, RDA et Russie, toutes deux sur le podium des pays aux athlètes les plus dopés, n’ont jamais mentionné dans leurs programmes cette hormone stéroïdienne pour engranger des médailles olympiques ou mondiales ? La preuve : enquête du Pr Werner Franke sur les dossiers de la Stasi publiée dans la presse scientifique et dans un ouvrage-document le témoignage de Grigory Rodchenkov, le patron du labo antidopage russe.
  • De même Cyrille de Vergie, un consommateur-dealer d’engrais musculaires de 1988 à 2012, a testé l’ensemble de la famille ‘’stéroïdes anabolisants’’ sans jamais citer une seule fois dans les 301 pages de son autobiographie Confessions d’un dopé, la DHEA.
  • Par ailleurs, Katia Collomp, professeur de physiologie du sport à l’université d’Orléans, dans un article publié en 2015, aborde l’influence de la DHEA sur le rendement athlétique : « La littérature sur les effets ergogènes de l’apport de DHEA est néanmoins très rare et à notre connaissance aucune étude n’a présenté de preuve que l’usage de la DHEA a amélioré les performances sportives. »
  • En revanche, comme souvent, les seules études de l’AMA sont concentrées sur la détection de la DHEA. Dérive attendue lorsqu’on sait que le directeur scientifique et responsable du Comité Liste de l’Agence mondiale antidopage s’est construit dans l’industrie pharmaceutique où ses compétences ne dépassent pas les analyses et les substances en ignorant tout du suivi médico-sportif des athlètes.
  • En ce qui concerne Paul Pogba, champion du monde 2018, on est certain qu’il a pris de la DHEA, son contrôle positif le confirme. En revanche, rien n’est moins sûr sur le fait que cette hormone était présente dans un complément alimentaire étasunien. En effet, il est souvent arrivé qu’en analysant gélules ou compléments alimentaires de cette substance, le biologiste sollicité ne trouve aucune trace de DHEA.

Afin d’essayer de contribuer à la connaissance de cette carence : substance à l’efficacité contestée, je me suis appuyé sur trois sources d’informations crédibles.

Les organismes internationaux militants dans le camp du dopage tels que :

  • La RDA (1968-1988)
  • La Russie (2000-2015)
  • Un dealer-consommateur (1988-2012), notamment de stéroïdes anabolisants dans les milieux du bodybuilding et du fitness.

La DHEA est entièrement absente de ces pharmacies.

La RDA (1968 – 1989)

  • En 1990, le Dr Werner Franke, membre du Conseil national de la recherche en Allemagne, chargée d’évaluer les anciens instituts de l’Académie des sciences de l’ex-RDA, met la main sur différents documents entreposés à l’Académie militaire et médicale de Bad-Saarow. Cette mise au jour lui fournit la preuve qu’un véritable programme de dopage avait bel et bien existé entre 1968 et 1989 pour plusieurs centaines d’athlètes dans les disciplines les plus variées. Plus de trois cents médecins y ont participé, la plupart étant des médecins du sport ou des spécialistes de l’endocrinologie, de la pharmacologie, de la physiologie ayant un diplôme de ‘’sciences de l’entraînement’’. Certains, agissant comme consultants ou conseillers, étaient des membres haut placés de l’Académie des sciences. L’ensemble du programme (nom de code : ‘’Staatsplanthema 14.25’’) fut lancé, planifié, financé et contrôlé par le gouvernement, en coordination avec le DTSB (Fédération allemande de gymnastique) et l’institut FKS (Institut de recherche sur la culture physique et les sports) à Leipzig. Le principal but du programme était l’amélioration de la performance et de plus en plus aussi le contournement du dépistage lors des contrôles internationaux antidopage. Ce but a été atteint, puisque de 1978 et la lanceuse de poids Ilona Slupianek à 1989 et la chute du Mur de Berlin, aucun athlète de RDA n’a été trouvé positif durant une compétition.
  • En 1997, Werner Franke et son épouse Brigitte Berendonk publient dans Clinical Chemistry, le détail des substances et méthodes dopantes utilisées en RDA : Dopage hormonal et androgénique des athlètes : programme secret du gouvernement d’Allemagne de l’Est (Clinical Chemistry, 1997, 43, n° 7, pp 1262-1279).
  • Alors que les experts scientifiques de RDA étaient à la pointe de la recherche sur l’endocrinologie dopante (sprays nasaux dérivés de la testostérone, précurseur immédiat de cette dernière indétectables, etc.), pas une seule fois la DHEA n’est mentionnée dans ce catalogue des hormones performantes alors que depuis le mitan des années 1970, elle était en vente libre dans les supermarchés et les droguistes américains, notamment sous forme de complément alimentaire.

POST -ITSur 60 pharmacies top niveau (sportifs et médecins), seuls trois praticiens orientés cyclisme détenaient de la DHEA
Depuis les années 1970, nous avons étudié l’inventaire des pharmacies des médecins et des sportifs impliqués dans des affaires de dopage, soit une soixantaine. Il ressort de cette étude personnelle et exclusive que seuls trois praticiens orientés cyclisme détenaient de la DHEA au moment où la justice s’est intéressée à leurs cas. En revanche, aucun sportif n’avait en sa possession des gélules contenant de l’hormone ‘’mère des stéroïdes’’.
l  1998
Le médecin espagnol de l’équipe Once, le Dr Nicolas Terrados Cepeda, au moment de l’affaire Festina était en possession d’une seule boîte de DHEA. Rappelons que l’équipe Once avait à sa tête le sulfureux directeur sportif Manolo Saiz et comme leader Laurent Jalabert
l   2002-2004
Le médecin italien Michele Ferrari est épinglé par la justice de son pays lors d’un procès de 2002 à 2004. Dans sa pharmacie, sont découverts 300 capsules de DHEA. Selon Le Mythe – son surnom attribué par le peloton – les capsules en nombre servaient à son père pour soigner une arthrite (Ndlr : pas très pertinente comme excuse lorsqu’on sait que la DHEA n’est pas un anti-inflammatoire)
l   2002-2008
Le vétérinaire belge José Landuyt, acteur central de l’affaire dite ‘’Johan Museeuw’’, une star du cyclisme international où la DHEA figurait en bonne place dans les protocoles ergogéniques. Finalement, le vétérinaire et le soigneur Herman Versele ont été condamnés en décembre 2008 à un an de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende.

RUSSIE (2006-2015)

Grigory Rodchenkov, le patron du labo antidopage (le mal nommé !) de Moscou, dans sa biographie sur son activité dopante, ne mentionne jamais parmi les nombreux dopants évoqués la déhydroépiandrostérone (DHEA)

  • Grigory Rodchenkov, l’auteur du second bouquin Dopage organisé, a été le patron du laboratoire antidopage de Moscou de 2006 à 2015. La 4e de couverture de son ouvrage résume son parcours : « Ingénieur chimiste et ancien coureur de fond, Grigory Rodchenkov est l’ex-directeur du laboratoire antidopage de Moscou. Il est celui qui a dénoncé, d’abord dans un documentaire télévisé – Icare – puis dans ce livre, le système de tricherie institutionnel mis en place par le gouvernement russe. Menacé de mort par les services secrets de son pays, il vit désormais aux Etats-Unis. »

L’homme par qui la Russie est mise au ban de la société du sport mondial, précise son rôle dans cette descente : « Sept mois avant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi en 2014, des informations sur un système de triche organisée des athlètes russes ont commencé à circuler. Deux ans plus tard, l’étendue du programme de dopage étatique au cœur du sport soviétique et russe depuis des décennies fut révélée au monde entier. Ce programme de dopage systématique, le plus efficace de tous les temps, je l’ai mis au point en tant que chimiste et directeur du bien mal nommé centre antidopage de Moscou.

Et avec le soutien du FSB, de la police secrète et du gouvernement. Depuis, je suis en exil involontaire de ma patrie sous protection, craignant chaque jour pour ma vie. Voici mon histoire. »

COMMENTAIRES JPDM – Dans les 333 pages, les produits lourds sont évoqués : testostérone, stéroïdes anabolisants, EPO, GW1516, hormone de croissance (hGH), SARMS (ostarine). Pas une seule ligne sur la DHEA, notamment pages 325 à 328 concernant le ‘’récapitulatif des substances’’ utilisées par les Russes.

‘’CONFESSIONS D’UN DOPEUR’’

Par Cyrille de Vergie, un consommateur-dealer de stéroïdes anabolisants dans le milieu du bodybuilding et du fitness. La DHEA semble inconnue de ce « spécialiste » des engrais musculaires.

  • Cyrille de Vergie, le premier auteur, ancien pratiquant de bodybuilding et préparateur physique diplômé d’Etat, explique qu’aucune discipline, pas même le tir sportif, n’est épargnée : tous les athlètes ont besoin de se doper pour maintenir un rythme contre nature. Dans Confessions d’un dopeur, Cyrille de Vergie retrace son parcours atypique, ses rencontres (parfois avec des célébrités) dans le microcosme sportif, évoquant de nombreuses anecdotes éloquentes. En parallèle de sa carrière officielle, il a lui-même préconisé des substances à des sportifs afin de les aider à booster leurs performances jusqu’à devenir un personnage central de l’approvisionnement en produits dopants en France. Il détaille leur fonctionnement, leurs effets sur l’organisme ainsi que les moyens utilisés pour contourner les contrôles. Ancien préparateur physique et biologique, Cyrille de Vergie est désormais musicien professionnel.

COMMENTAIRES JPDM : Sur les 301 pages, une quarantaine de médicaments sont cités, la plupart figurant dans la liste des substances illicites. La DHEA semble inconnue de Cyrille de Vergie. Dans le milieu du bodybuilding, celui de l’auteur, il est rare qu’une substance inefficace comme la DHEA alimente les conversations des gros bras.

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Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

Index des sigles utilisés

AFPAgence France-Presse
AMAAgence mondiale antidopage (fondée le 10 novembre 1999)
DHEAdéhydroépiandrostérone
RDARépublique Démocratique Allemande

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EN FICHIER JOINT :

  • DICTIONNAIRE DU DOPAGE – La fiche – actualisée et enrichie – pharmaco-médico-sportive de la DHEA