La Justice lâche la lutte antidopage…

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[publié le 20 décembre 2016]

Dopage-justice : deux poids, deux mesures.

Un pharmacien dopeur prend 6 mois de prison avec sursis alors que pour les mêmes faits un sportif professionnel au minimum arrête sa carrière deux ans ferme.

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Pour la même faute, un sportif se retrouverait écarté de son activité professionnelle pendant un minimum de deux ans. C’est ce que l’on appelle une justice à deux poids deux mesures ou à deux vitesses et dont l’arbitrage est différent selon l’échelon social du fraudeur.

Le 13 décembre, Ouest-France nous apprend qu’un pharmacien choletais de 38 ans vendait à des amis des produits dopants tels que stéroïdes anabolisants et Ventipulmin (un médicament vétérinaire destiné aux chevaux asthmatiques). Au final, le tribunal le condamne à 6 mois d’emprisonnement avec sursis mais le PHARMACIEN un professionnel qui est le gardien des toxiques, autrement dit celui qui fait la différence entre un produit salvateur ou néfaste, et qui, selon la profession, est un conseiller et un garant de la santé de ses concitoyens et non un prescripteur de produits dopants, PEUT CONTINUER D’EXERCER. De plus, la condamnation ne sera pas inscrite sur son casier.

Les sportifs licenciés à une fédération peuvent l’avoir mauvaise, eux qui pour des faits similaires, risquent au minimum 2 ans de suspension de toute compétition, ainsi qu’une sanction pénale pour vente à autrui.

Rappelons qu’en 1985, une enquête sur 5 000 étudiants de l’université de Besançon montrait que 48% des futurs pharmaciens et 42% de leurs homologues médecins se dopaient aux examens. C’était il y a 30 ans ! Nul doute qu’aujourd’hui, comme pour le chômage, le chiffre ne peut être qu’à la hausse. Avec un tel MESSAGE MOU « 6 mois de prison avec sursis sans interruption de son activité professionnelle » il est clair que la justice des Pays de la Loire ne contribue pas efficacement à la lutte contre le dopage !

 

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Tribunal de Cholet

 

 

Dopage des cerveaux – Selon une étude française, un tiers des futurs médecins ont recours à des psychostimulants pour tenir le coup. Pas sûr que la méthodologie email réponde aux critères d’une étude scientifique digne de ce nom !

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Depuis le début des années 1940, des textes confirment que les psychostimulants sont consommés par les étudiants au moment des examens. Récemment, l’INSERM a publié une étude sur cette thématique du bourrage de crâne chez les futurs médecins.

Le mensuel Sciences et Avenir s’en est fait l’écho en résumant le travail des auteurs exerçant au CHU de Créteil. Un simple compte-rendu sans aucune critique. Amis lecteurs, nous vous soumettons le texte ainsi que nos commentaires.

Texte d’Elena Sender, spécialiste des neurosciences au magazine Sciences et Avenir : « Pour tenir le coup, certains étudiants auraient recours à des psychostimulants de toute sorte.

Questionnaire par email…

C’est ce que révèle une étude publiée dans Médicine menée par l’Inserm U 955 du CHU de Créteil : « Voici pourquoi entre avril et juillet 2015, période sensible des examens, un email a été envoyé par l’équipe de l’Inserm aux associations d’étudiants en médecine. Les étudiants volontaires devaient y détailler, anonymement, leurs habitudes de consommation de psychostimulants ainsi que leurs motivations. Un psychostimulant est une substance que l’on prend pour augmenter son fonctionnement cognitif. Dans cette pharmacopée particulière, on trouve des molécules vendues sur le marché, comme les pilules de caféine et les boissons énergisantes. Mais aussi des médicaments sur ordonnance, comme le méthylphenidate (Ritaline® prescrit pour le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité), les corticoïdes (anti-inflammatoires), le modafinil (contre l’hypersomnie) et le piracetam (contre les troubles de l’équilibre et de la mémoire chez le sujet vieillissant). Enfin, les molécules illicites, amphétamines et cocaïne. 1718 étudiants d’une moyenne d’âge de 27 ans ont répondu au questionnaire. Résultat des courses ? Un tiers des étudiants en médecine a recours à des psychostimulants ! 29,7 % absorbent des produits en vente libre. 6,7 % ont recours à des médicaments sur ordonnance. Et 5,2 % à des drogues illicites.

L’exception française

La plupart des utilisateurs consomment les substances lors des examens. C’est ainsi que l’on voit des pics de consommation les 1res et 6e années, périodes de concours sélectifs où la tension est maximale. « Les motifs invoqués sont l’augmentation des performances et la lutte contre la privation de sommeil », note Guillaume Fond, psychiatre, co-auteur de l’étude. Mais ce n’est pas ce qui l’a le plus étonné l’équipe de recherche. « Ce qui nous a le plus surpris c’est la consommation de corticoïdes (4,5 % des étudiants) devant le méthylphénidate et le modafinil. Alors qu’aux Etats-Unis c’est la consommation de Ritaline® qui explose (entre 7 et 15 %). » L’explication la plus probable à cette exception française ? Les mesures visant à réduire le mésusage de Ritaline® ont été durcies ces dernières années en France. Les étudiants se replieraient donc sur les corticoïdes, plus faciles d’accès. » [Sciences et Avenir, 27.05.2016]

Commentaires JPDM – Cette étude ne m’a pas convaincu de la pertinence des conclusions énoncées par les signataires.

1 – La méthode – Les données recueillies par email-questionnaire ne sont pas crédibles. Même si ce sont des étudiants en médecine, a fortiori en début de cursus, ils ne connaissent pas les caractéristiques des substances. Même des médecins installés de longue date les maîtrisent mal. Seul un questionnaire de vive voix avec un interrogateur expérimenté, peut donner des résultats interprétables.

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                                                                  Réveille-matin

Ajoutons que la méthode des questionnaires par email s’apparente à chronométrer la finale olympique du 100 m avec un réveille-matin ou lors d’une étude scientifique mesurer la perte hydrique du marathonien en fonction des conditions thermiques en utilisant une balance de salle de bains.

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                                          Pèse personne de salle de bains (précision au kilo)

2 – De mettre en exergue que le pic de consommation se situe en période de concours, cela revient à enfoncer une porte ouverte. Déjà dans Science et Vie en octobre 1955, la journaliste Monique Senez signalait que « les pics de vente grimpent en juillet et septembre » au moment des examens. De même, quatorze ans plus tôt, en 1941, le professeur Victor Demole exerçant à la faculté de médecine de Lausanne, dans un article princeps sur le dopage « Médecine sportive et doping », signale à propos des psychostimulants – drogues nouvelles – que : « Quelques étudiants se dopent avant les examens ».

3 – Mesurer la performance aux examens : les signataires de l’étude sur les étudiants en médecine envisagent de poursuivre leurs travaux afin de déterminer si les psychostimulants boostent l’intelligence et la mémoire. Depuis la fin des années 1930, cela a été analysé à plusieurs reprises, en particulier avec les amphétamines. Résultats : ces drogues préservent le sommeil mais elles ne rendent pas plus intelligent.

4 – France En 1985, une enquête réalisée par le comité d’éducation pour la santé de Franche-Comté, portant sur 5 000 inscrits en premier cycle d’étude montre que les étudiants en pharmacie et en médecine sont les premiers consommateurs de stimulants et de tranquillisants (seuls ou associés) en période d’examen : 42% sont des étudiants en médecine et 48% en pharmacie dont une majorité de sexe féminin.