Dopage ton histoire – La bière alcoolisée : un soutien à la performance connu depuis 1885

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La bière était très prisée par les cyclistes pendant les années 1930 à 1980, surtout par les routiers Belges. Boisson plus ou moins alcoolisée (2 à 5° pour les bières habituelles, jusqu’à 10° pour les bières dites de luxe).

Panneau coloré sur la bière alcoolisée, soulignant son rôle en tant que soutien à la performance sportive depuis 1885, avec un fond jaune vif et du texte en bleu et rouge.

La bière est obtenue par fermentation de la farine d’orge germé et séché en présence d’eau, de levure et de houblon. Elle a des propriétés rafraîchissantes et stimulantes qui sont le plus recherchées par les cyclistes, et également, de l’alcool.

Elle contient des sels minéraux et des vitamines, surtout de la vitamine B2. Son apport calorique tourne autour de 400 Kcalories au litre, ce qui est inférieur au vin.

Les Kcalories proviennent des sucres et de l’alcool (pour un litre 30 à 40 g de sucres et 31 à 47 g d’alcool).

La bière est surtout absorbée par temps chaud. Rudi Altig le champion allemand professionnel de 1959 à 1971, par forte chaleur, en phase finale d’une épreuve, peu avant le sprint, buvait la plus grosse gorgée possible de bière glacée. Effet recherché : une action stimulante en fin de course. Pris trop tôt en amont de l’arrivée, le coursier risque d’être pénalisé par l’effet déshydratant de l’alcool et son corollaire, une baisse de rendement musculaire.

La bière glacée – pas trop en raison des contraintes digestives que cela provoque – contribue à faire baisser la température du corps, ce qui est très favorable lorsqu’on sait qu’à la fin d’une course sur route, le coureur se trouve dans un état ‘’fiévreux’’, dû à la surchauffe induite par le métabolisme énergétique, la température du corps atteignant alors 39° voire 40°.

En agissant ainsi Altig prévenait un « coup de chaud » dû à un accroissement de l’effort que nécessite toujours un sprint final dont la préparation débute au minimum 10 km avant la ligne.

En dehors des cyclistes belges et allemands, les Français sacrifient eux aussi au coup de boost final de la bière. Par exemple, Michel Gros – cycliste amateur puis directeur sportif d’équipes professionnelles, contemporain de Roger Pingeon lauréat du Tour de France 1967 – témoigne que Pinpin était un adepte de la bière enrichie en sucres : « Tour de France 1968 – Au mois de juillet, je vais sur le Tour quand il est à proximité. Je vais voir la 18e étape qui arrive à Grenoble, dans le col de Porte. Je suis à 4 km du sommet. Roger Pingeon que j’ai eu au téléphone, souhaite que je lui prépare un bidon de bière sucrée. Roger, déjà vainqueur après une longue échappée à Albi, fait un grand numéro. Il passe seul en tête, prend le bidon et gagne l’étape, se rapprochant au classement général. La bière fraîche et très sucrée, était très prisée à l’époque par les coureurs. Cela donnait un coup de fouet, mais il fallait la prendre dans les derniers kilomètres. » [Michel Gros. – La passion du cyclisme et quelques vérités… – Saint-Martin-La-Plaine (42), éd. de Phénicie, 2024. – 509 p (p 129]

Beaucoup d’autres spécialités sportives consomment de la bière en post-effort. Pour se détendre après une course ou un match, pour s’endormir plus facilement après l’excitation d’une compétition. Dans les sports d’équipe tels que rugby et football, la bière est consommée à la moindre occasion comme drogue sociale facilitant la détente entre adversaires, partenaires, fans.

Dans la rubrique ‘’Effets ergogéniques’’, on constate pourtant que la bière a plus d’effets négatifs que positifs sur la performance. Le seul véritable avantage, c’est l’aspect euphorisant et stabilisateur émotionnel de l’alcool qui, à faible dose, permet d’améliorer la précision du tir (pistolet, arc, fléchettes).

Toutes les infos concernant la bière, ses effets ergogéniques plus ou moins favorables, sa consommation en milieu sportif, les spécialités les plus touchées, les chiffres les plus pertinents ainsi que les publicités de la presse sportive consacrées à la bière depuis près d’un siècle figurent dans la fiche du Dictionnaire du Dopage jointe.

Document sur les effets ergogéniques de la bière incluant des sous-titres sur les étapes chronologiques, la bière en chiffres et des publicités dans la presse sportive.

Dopage ton histoire – Quand le cognac stimulait la performance

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Au cours du XXe siècle, le cognac – cette eau-de-vie de raisin emblématique – a compté parmi les dopants les plus utilisés par les sportifs. De nombreux témoignages confirment qu’il était consommé pour améliorer la performance dans des disciplines aussi variées que l’alpinisme, la boxe, le football, le marathon, le rugby, le tennis ou encore le cyclisme (voir extraits de presse dans les étapes).

Affiche colorée sur le dopage, mettant en avant le cognac comme stimulant dans divers sports du XXe siècle.

Dès la fin du XIXe siècle, lors des premières compétitions, trois stimulants dominent déjà le podium des « produits coup de fouet » : l’alcool, la caféine et la cocaïne. Dès les années 1850, tous trois font partie des « soins » administrés aux athlètes. Au moment où débute la lutte antidopage, au milieu des années 1960, ce trio figure d’ailleurs parmi les premières substances interdites dans les épreuves sportives.

Dans cet article, nous nous intéressons plus particulièrement au cognac, sans doute l’eau-de-vie française la plus célèbre, et à sa place dans la pratique sportive de compétition.

Il est utile de rappeler que le premier article en français consacré à la stimulation de l’effort prolongé portait essentiellement sur les boissons alcoolisées. Publié dans L’Écho des Alpes et reprenant une conférence du Dr William Marcet au Club Alpin de Londres (7 juin 1887), il affirme clairement l’intérêt de l’alcool pour accroître le rendement musculaire : « De l’usage des stimulants alcooliques dans les courses de montagne ». Le médecin conclut même : « Grâce à lui, la victoire est à vous. »

Document en français sur l'usage des stimulants alcooliques dans les courses de montagne, par le Dr William Marcet, publié en 1887.

Fait notable : deux des trois stimulants historiques, la caféine et l’alcool, ont disparu de la liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA). La caféine est retirée en 2004, sous la pression du principal sponsor des Jeux olympiques, Coca-Cola. L’alcool, quant à lui, est supprimé en 2018.

Pour la cocaïne, la position de l’AMA s’est également assouplie : depuis 2004, elle n’est interdite qu’en compétition. Autrement dit, un sportif peut en consommer en période d’entraînement sans être sanctionné pour dopage. Depuis 2021, un athlète contrôlé positif peut même éviter toute sanction s’il parvient à démontrer un usage « festif » et accepte un programme de réhabilitation.

• 1919 – Suzanne Lenglen à Wimbledon
Lors de sa première victoire à Wimbledon, la joueuse française est en difficulté au deuxième set face à Dorothea Lambert-Chambers, sept fois titrée. Son père lui lance alors un petit flacon en argent contenant du vieux cognac. Après l’avoir bu, sous les yeux du Roi George V, de la Reine Mary et du Prince de Galles, Suzanne « retrouve un jeu brillant et assuré » et l’emporte finalement 10-8 / 4-6 / 9-7.
De nombreux témoignages datant des années 1920 à 1950 confirment que le cognac était largement présent sur les courts fréquentés par les champions, notamment Suzanne Lenglen et Jean Borotra.

• 1967 – La mort de Tom Simpson sur le Mont Ventoux
Le second épisode, bien plus tragique, concerne le décès du cycliste britannique Tom Simpson le 13 juillet 1967, lors de la 13e étape du Tour de France. L’enquête révèle que la chaleur extrême (40 °C), l’absorption d’amphétamines et surtout celle d’une demi-bouteille de cognac avant l’ascension ont été des facteurs déterminants dans son effondrement fatal.
Alors que la plupart des coureurs prenaient des amphétamines à l’époque, seul Simpson succombe. On sait en effet que le cognac augmente la chaleur interne et aggrave la déshydratation. Combiné à un effort intense sur 20 km à 7,5 %, à des températures très élevées et à l’effet thermogène des amphétamines, il a probablement joué un rôle décisif dans le collapsus cardiovasculaire.

Un témoin de la Grande Boucle affirme que le cognac consommé par Simpson était du « Cognac Bisquit », une marque alors fréquemment annoncée dans L’Équipe, organisateur du Tour.

Infographie sur le cognac avec deux cas emblématiques : Suzanne Lenglen remportant Wimbledon en 1919 grâce au cognac et Tom Simpson souffrant d'un collapsus cardiovasculaire fatal en 1967 à cause du cognac. Comprend des images de chaque athlète.

Dopage – L’alcool, dopant le plus consommé sur la planète et ce depuis le début des compétitions sportives

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ne vous veut pas du bien

Depuis le 1er janvier 2018, l’éthanol ne fait plus parti de la liste des substances illicites ni ne figure dans le programme de surveillance de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Dorénavant, ce sont les Fédérations internationales concernées par la réglementation de l’alcool (aéronautique, automobile, motonautique et tir à l’arc) qui doivent prendre les mesures nécessaires afin de mettre en place des protocoles pour tester la consommation d’alcool et sanctionner adéquatement les athlètes ne respectant pas les règles de leur sport.

L’alcool bénéficie d’une légende tenace de remontant aux effets miraculeux… Certains travailleurs – de force ou pas – ne s’en privent guère et des sportifs sont parfois tentés d’y puiser d’hypothétiques ressources. De nombreux mythes encouragent la consommation de ceux qui recherchent un coup de pouce afin d’améliorer leurs prestations athlétiques  « L’alcool donne des forces », « Il réchauffe », « Il étanche la soif », « Il combat le froid ». La pharmacologie et la physiologie de cette « boisson » universelle nous apprennent que l’alcool ne présente que de très rares avantages alors qu’il occasionne toute une série de pépins, notamment dans le domaine de l’effort.

La preuve par 9

1.   Diminution de la force

2.   Réduction de l’endurance (capacité aérobie)

3.   Baisse de l’adaptation à la chaleur et au froid

4.   Douleurs musculaires post-effort

5.   Temps de récupération majoré

6.   Augmentation du risque des blessures

7.   Cicatrisation des lésions musculo-tendineuses plus lente

8.   Association alcool-stéroïdes anabolisants dangereuse pour le foie

9.   Favorise la prise de « charge » (surpoids) : il s’oppose à la dégradation des lipides.

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Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD

EN FICHIERS JOINTS (PDF) :

  • Effort physique : les contre-performances de l’éthanol (la preuve par 9)
  • Fiche du Dictionnaire du dopage (actualisée et enrichie) : L’ALCOOL

Dopage – Ski alpin – Les pubs ergogéniques pour booster les dévaleurs de pente…

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CONTRIBUTION AU DECRYPTAGE

de l’implication de l’industrie pharmaceutique et de la médecine du sport à diffuser et prescrire des produits accélérateurs de performances


 

Jeux olympiques d’hiver – Boosteurs de performance : le salbutamol norvégien toujours en tête devant une nouvelle venue, la bière sans alcool allemande

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Mise à jour le 24 février 2018, 12h50sans-titre11

norvège

Les Norvégiens, ici la délégation lors de la cérémonie d’ouverture, avec 52 spécialités différentes de médocs et surtout 6000 doses de Ventoline dans leurs bagages, sont hyper confiants pour engranger un maximum de médailles. Un grand merci pour eux aux AUT, à l’AMA et au CIO

 

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Publicité d’une bière sans alcool parue dans le magazine L’Equipe du 17 juin 2017

 

 

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Ce n’est pas d’hier que les revues sportives font de la pub pour l’alcool. Ici, l’hebdo Match du 22.12.1938 qui a pris la suite de Match L’Intran et deviendra Paris-Match le 26 mars 1949