La loi de l’environnement familial : un père ou un frère déjà cycliste
Grandir dans une famille passionnée par le cyclisme constitue un terreau idéal pour susciter des vocations et encourager l’excellence dans le monde de la compétition. Comme le soulignait l’écrivain Alphonse Allais, rien n’est plus contagieux que l’exemple, surtout lorsqu’il bénéficie d’une médiatisation.
Ainsi, parmi les vainqueurs du Tour de France, près d’un sur cinq a vu son frère évoluer à un haut niveau et même participer à la Grande Boucle. Au total, vingt des champions du Monument n°1 du cyclisme ont eu des frères cyclistes professionnels ou amateurs de haut niveau, soit 31 %. Parmi eux, quinze frères de douze coureurs ayant enfilé le maillot jaune ont eux aussi disputé le Tour, ce qui représente près de 19 % des champions au maillot jaune, ou presque un cinquième de la Liste Glorieuse (vainqueurs du Tour) chère à l’emblématique Henri Desgrange, créateur de la Grande Boucle.
Parmi les frères des vainqueurs, on relève de sacrés clients :
mais aussi 6 frères, un fils, 2 petits-fils participent à la 112e édition de la Grande Boucle
Deux petits-fils participent à la plus grande course du monde : Mathieu Van der Poel (grand-père : Raymond Poulidor) et Lenny Martinez (Grand-père : Mariano). Ils sont bien connus des spectateurs et des médias.
En revanche, le rookie suisse Fabian Lienhard l’est beaucoup moins alors que son père Erwin, professionnel de 1977 à 1986, a participé au Tour de France 1982 (95e).
De même, on relève en dehors des deux paires de jumeaux (Yates et Johannessen), les frères Paret-Peintre, Aurélien et Valentin.
Démographie Tour de France : 5 jumeaux, c’est exceptionnel mais non surprenant
Mais surtout, c’est la présence de 5 jumeaux qui est exceptionnelle. Les frères Yates fréquentent le Tour depuis le mitan des années 2010. A cinq reprises, ils étaient ensemble au départ des mêmes Boucles (2015, 2019, 2023, 2024, 2025). Les frères jumeaux Tobias et Anders Johannessen sont réunis pour la première fois sur le Tour en 2025. Le 5e jumeau, le Néerlandais Mick Van Dijke, est lui aussi présent sur ce Tour mais son binôme Tim, pro depuis 2020, n’a pas été sélectionné à ses côtés dans l’équipe Red Bull-Bora Hansgrohe.
A propos de ces cinq sosies, je propose un document exclusif sur les jumeaux cyclistes en signalant ceux qui ont fréquenté le Tour.
En dehors des Yates et des Johannessen, les seuls qui se trouvaient en même temps sur la route du Tour sont les frères jumeaux slovaques Martin et Peter Velits, présents lors du Tour 2012
Aptitude physique – Les vrais jumeaux sont très proches à 90%
Afin d’apprécier l’influence de l’hérédité versus l’entraînement, autrement dit la part de l’inné par rapport à l’acquis dans la réalisation d’une performance physique, une équipe de scientifiques anglo-saxons a étudié trente paires de vrais jumeaux (homozygotes) âgés de 18 à 26 ans. Pour l’ensemble des paramètres physiologiques, les deux membres d’une même paire sont toujours plus proches chez les vrais (monozygotes) que chez les faux jumeaux (dizygotes). Pour les performances musculaires, la concordance est frappante chez les vrais, tant en ce qui concerne les mesures de puissance aérobie que de puissance anaérobie puisque le taux ‘’d’héréditabilité’’ (dû aux parents) est estimé à, au moins, 90%.