Dopage / Tennis – Des compléments alimentaires contaminés écartent des courts Irina Fetecau pendant 10 mois

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La Roumaine Irina Fetecău a été suspendue pour une période de 10 mois après avoir consommé un supplément contaminé de pré-entraînement « Gorillalpha Yeti Juice ». Pour sa défense, elle invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.

Affiche dénonçant le dopage avec le message 'STOP L'excuse des Compléments alimentaires (contaminés)' sur fond jaune.

Dans toutes ces affaires de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs, on constate l’absence d’infos sur la composition précise : aucune mention du produit dopant en cause sur l’emballage, la notice, la pub d’internet.

C’est le rôle de l’instance antidopage de poursuivre les fabricants coupables de ces manquements. Ces structures de régulation du dopage ont beaucoup plus de moyens : financiers, juridiques (avocats), scientifiques que le sportif démuni face à ce commerce illicite.

Que ce soit l’AMA, l’ITA, l’ITIA, l’AFLD qui se targuent d’être des acteurs de la prévention du dopage, on attend toujours qu’ils le démontrent en poursuivant avec pugnacité ces fabricants de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs avec un seul objectif, celui de les rendre efficaces avec l’ajout d’une substance illicite,

Deux options pour tenter d’éradiquer ces histoires de compléments alimentaires contaminés :

  • Soit on considère que le sportif est pleinement responsable pour ne pas avoir fait certifier son complément alimentaire et alors la sanction doit être entière, sans aucune restriction.
  • Soit on considère qu’involontairement, il s’est fait piéger et les instances aident réellement le sportif en poursuivant juridiquement le fabricant du complément alimentaire en cause.

Le fameux additif nutritionnel de la Roumaine contenait un stimulant, le 4-méthylpentan-2-amine ou 1,3-diméthylbutylamine (DMBA), des noms barbares, apparentés à la fameuse méthylhéxanamine omniprésente dans les urines des sprinters, notamment jamaïcains des années 2010.

Selon l’encyclopédie en ligne Wikipedia : « Le sels de chlorhydrate et de citrate de DMBA ont été détectés comme des ingrédients non approuvés présents dans certains compléments alimentaires en vente libre dans lesquels ce stimulant est utilisé dans une tentative apparente de contourner les interdictions sur la méthylhéxanamine.

Cette dernière, depuis 2004, en tant qu’apparentée, est interdite en compétition par l’Agence mondiale antidopage (AMA) sans que sa dénomination apparaisse en toutes lettres.

En réalité, il faudra attendre 2010 pour que la méthylhéxanamine figure précisément en liste rouge. En revanche, le 1,3-diméthylbutilamine (DMBA) fait son apparition sur la nomenclature de l’AMA le 01 janvier 2018 entant que stimulant spécifié seulement en compétition.

Wikipedia ajoute : « La Food and Drug Administration (FDA, Etats-Unis) considère tout complément alimentaire contenant du DMBA comme frelaté ».

Malgré l’opposition de la FDA, le DMBA continue d’être vendu aux Etats-Unis. En mai 2015, la FDA mettait en garde 14 fabricants de compléments alimentaires pour sportifs contre la présence illégale de DMBA (citrate d’AMP).

Dans ce contexte d’illégalité des compléments alimentaires, selon une récente étude, 30% contiennent des dopants non-listés sur l’emballage ou sur internet. Irina Fetecău, pour sa défense, invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.

L’Agence internationale pour l’Intégrité du tennis (ITIA) justifie dans un communiqué mis en ligne le 12 mai 2025, les 10 mois de suspension à l’encontre de la joueuse roumaine mais sans vraiment convaincre sur l’absence de faute ou de négligence de cette dernière

Titre d'un document sur les compléments alimentaires contenant des informations sur le dopage.

UEFA – Sakho innocenté c’est un camouflet de plus pour la lutte antidopage du football

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Déjà que les bilans des contrôles antidopage de l’UEFA – que ce soit en saison régulière ou à l’Euro – surfe autour de zéro positif, lorsqu’elle épingle un joueur l’instance n’a qu’un seul objectif : trouver une excuse ou un vice de forme pour blanchir le fautif.

Le contrôle positif du Français Mamadou Sakho à un brûleur de graisse en est un bon exemple.

Rappelons les faits :  le 17 mars 2016, le vice-capitaine des Bleus est contrôlé positif à un fat burner (brûleur de graisse) à la suite de la rencontre Liverpool (son club) – Manchester United (1-1) en huitième de finale retour de la Ligue Europa. Le 23 avril, la radio RMC révèle que le défenseur français de Liverpool aurait consommé un brûleur de graisse dont il ne connaissait pas la composition « dans un intérêt purement personnel et thérapeutique afin d’éliminer sa masse graisseuse ».

 

MAMADOU

Mamadou Sakho

Privé de sélection pour l’Euro

Le joueur, dans un premier temps, est suspendu provisoirement par Liverpool, d’un commun accord, en attendant « des examens complémentaires ». Dans la foulée, l’UEFA s’empare du dossier et le suspend à titre conservatoire pour 30 jours jusqu’au 28 mai dernier. Premier effet collatéral de cette bourde : Didier Deschamps ne le sélectionnera pas pour l’Euro. Le 8 juillet, deux jours avant la finale perdue par la France (0-1) contre le Portugal, la commission de discipline de l’UEFA blanchit Sakho de son contrôle positif et dans un communiqué justifie ses motivations : « Après audition des avocats du joueur, des experts de laboratoires agréés par l’Agence mondiale antidopage (AMA) la commission de contrôle, d’éthique et de discipline a décidé de classer le dossier. »

De nombreux éléments montrent que l’instance européenne du foot s’assoit sur les faits.

–   Le produit incriminé – l’higénamine, un bêtastimulant brûleur de graisse comme le clenbutérol – est détecté dans les urines de Sakho. Si le laboratoire antidopage britannique (le match ayant eu lieu à Liverpool) transmet un procès-verbal de test positif c’est que le produit obligatoirement fait partie de la liste sinon il ne l’aurait pas mentionné dans son rapport.

 Mise en garde sur l’higénamine, faux ami

 –       Le 12 février, donc un mois avant le test non-négatif du défenseur des Reds, l’Organisation nationale antidopage de Wallonie (ONAD) mettait en garde les consommateurs :

–      « Higénamine : attention, faux ami

L’higénamine (ou norcoclaurine), composante de compléments alimentaires, fait partie de la liste des substances interdites. Prudence. Non, un produit d’origine naturelle n’est pas forcément sans dangers. C’est le cas de l’higénamine ou norcoclaurine, un composant chimique naturel, extrait de plantes et utilisé dans la composition de compléments alimentaires. Ce composant est un bêta 2 agoniste et peut être dangereux pour votre santé. C’est pourquoi il fait partie de la liste des substances et méthodes interdites. En consommer est donc un fait de dopage. Nous vous rappelons de rester vigilant lors de l’achat et de la consommation de tout complément alimentaire. » Commentaire de l’ONAD du 12.02.2016

Donc l’higénamine est bien un produit prohibé connu comme tel par des instances antidopage et ce avant le match Liverpool-Manchester United.

–       Par ailleurs, même si la substance n’est pas listée nominativement, il n’y a aucun doute sur son classement parmi les dopants. En effet, à propos des stimulants, il est précisé dans la nomenclature établie par l’AMA depuis 2004 que sont interdites une bonne soixantaine de molécules mais aussi « d’autres substances possédant une structure chimique similaire ou un (des) effet(s) biologique(s) similaire(s). »

C’est le cas de l’higénamine, un bêtastimulant ayant des propriétés voisines de celles de l’éphédrine.

Pour les mêmes faits que Sakho, Diego Maradona a pris 15 mois ferme 

Pour mémoire, rappelons qu’aujourd’hui Diego Maradona devant cette mansuétude de l’UEFA envers Mamadou Sakho, doit l’avoir mauvaise, lui qui, en juin 1994, lors de la Coupe du monde aux Etats-Unis, a été exclu de l’épreuve pour un contrôle positif à un brûleur de graisse contenant de l’éphédrine. Il avait pris 15 mois ferme et 15400 euros d’amende.

MARADONA

Diego Maradona

Devant une telle mascarade de justice antidopage de l’UEFA, on attend que l’AMA et la FIFA fassent appel de cette non-sanction. Les deux instances ont le pouvoir de faire redresser le jugement. Peu probable qu’elles le fassent !

Au final, on a la confirmation une fois de plus que les affaires de dopage ne peuvent être traitées sereinement, sans conflit d’intérêt, par les instances sportives.

A quand une lutte efficace forcément assurée par une structure véritablement indépendante ?

Question subsidiaire : pourquoi des brûleurs de graisse ?

Pour quelle raison des sportifs de haut niveau qui s’entraînent au moins deux fois par jour sont-ils amenés à consommer de tels produits, surtout qu’à la fin des matchs, lorsqu’ils enlèvent leur maillot pour montrer leur musculature, on s’aperçoit qu’ils sont hyper affûtés avec un faible pourcentage de graisse ? On comprend mieux lorsqu’on sait que ces compléments alimentaires contenant de l’higénamine (le produit incriminé chez Sakho) ont des effets stimulants améliorant à la fois le temps de réaction, la vitesse de démarrage, la vista, la lecture du jeu et même la détente verticale. En clair, toutes les prises d’informations le sont en accéléré.