Tennis / Dopage – Alfredo Casso (Usa) positif au clomifène

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Un médicament destiné exclsuivement au traitement de la stérilité féminine

Alfredo Casso a été contrôlé positif au clomifène. L’Agence internationale pour l’intégrité du tennis (ITIA) a estimé que l’infraction n’était pas intentionnelle, au motif que ce produit lui avait été prescrit médicalement pour une courte durée afin de traiter un problème de santé — dont la nature n’a d’ailleurs jamais été précisée par l’ITIA, sauf que l’Agence du médicament n’a validé aucune indication thérapeutique du clomifène chez l’homme.

Problème : le clomifène est indiqué pour traiter des troubles d’hypofertilité chez la femme. L’homme ne figure pas dans ses indications thérapeutiques. En réalité, lorsqu’il est consommé par un homme, le clomifène a pour effet d’augmenter la production testiculaire de testostérone. Il est donc utilisé comme un véritable produit dopant. Les contrôles positifs les plus récents à cette substance concernent d’ailleurs exclusivement des hommes.

Ce dossier illustre une nouvelle fois la manière dont l’ITIA enfume les médias en traitant les affaires de dopage avec indulgence : sanctions atténuées pour J. Sinner, Swiatek, Teso, Martin, Purcell, entre autres.

Le clomifène est un antiestrogène : il inhibe le rétrocontrôle des estrogènes au niveau de l’hypothalamus, centre de commande hormonale du cerveau. Cette inhibition entraîne une augmentation de la sécrétion des gonadotrophines hypophysaires, notamment la LH, dont le rôle est de stimuler la production hormonale des glandes génitales (ovaires et testicules), en particulier la testostérone, dans les deux sexes.

  • Dès 1989, le Comité international olympique (CIO) interdit le clomifène par assimilation aux gonadotrophines. En 2000, il apparaît explicitement pour la première fois sur la liste française des substances interdites du ministère des Sports. Lorsque l’Agence mondiale antidopage (AMA) reprend la gestion de la liste à l’échelle mondiale, le clomifène est d’abord interdit uniquement chez les hommes.
  • À partir de 2005, il devient prohibé chez les deux sexes, la LH stimulant également la production ovarienne de testostérone endogène. Son interdiction est permanente, aussi bien à l’entraînement qu’en compétition.
  • Sur le plan de la détection, le clomifène ne modifie pas le rapport testostérone/épitestostérone. La seule manière de confondre les tricheurs consiste donc à identifier directement la présence du produit dans les urines, ce qui est relativement aisé puisqu’il y persiste longtemps.

Bien que le clomifène soit interdit chez les femmes depuis 2005, ce sont majoritairement des hommes qui sont contrôlés positifs. Depuis les témoignages des années 1980 et les cas avérés après 2000, les disciplines concernées sont nombreuses : athlétisme, aviron, boxe, culturisme (+++), haltérophilie, MMA, et plus généralement tous les sports recherchant les effets ergogéniques d’un surplus de testostérone.

Dopage/Athlétisme – Le citrate de clomifène, un stimulant de la fertilité féminine, fait tomber un athlète… masculin !

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DECRYPTAGE

Ce médicament qualifié aussi d’antiestrogène par son action d’inhibition du rétrocontrôle des estrogènes au niveau de l’hypothalamus (zone du cerveau de commande hormonale) entraînant une élévation des gonadotrophines hypophysaires (glande du cerveau) notamment de la LH, laquelle a pour mission d’augmenter la production hormonale des glandes génitales (ovaire et testicule), notamment de la testostérone dans les deux sexes.

Affiche indiquant l'interdiction du clomifène dans le sport, avec un symbole de stop et le mot 'DOPAGE'.

Le CIO a prohibé le clomifène par assimilation aux gonadotrophines dès 1989.

En 2000, le clomifène apparaît en toutes lettres et ce pour la première fois sur la liste française du ministère des Sports. Ensuite, quand l’AMA prend, au plan mondial, la liste en mains, le clomid est prohibé uniquement chez les hommes.

Prohibé dans les deux sexes depuis 2005

L’année suivante, en 2005, il le sera également chez les femmes car effectivement la LH signalée plus haut booste la sécrétion ovarienne de testostérone endogène.

De même, son interdiction est permanente, que ce soit à l’entraînement ou en compétition.

Au plan détection, le clomfène ne modifiant pas le rapport testostérone/épitestostérone, la seule façon d’épingler les tricheurs c’est d’identifier le clomifène dans les urines d’ailleurs facilement car il ne disparaît pas rapidement de ces dernières.

Bien qu’il soit interdit aux femmes depuis 2005, c’est surtout la gent masculine qui tombe dans les mailles du filet. Depuis les témoignages des années 1980 et les tests positifs après 2000, on liste les spécialités suivantes : athlétisme, aviron, boxe, culturisme (+++), haltérophilie, MMA et l’ensemble des sports adeptes des effets ergogéniques d’un surplus de testostérone.

En 2022, Jimy Soudril, un athlète spécialiste du 400 m, est épinglé par l’AFLD pour un médicament réservé aux femmes

 En France, un athlète spécialiste du 400 m, Jimy Soudril, s’est fait prendre au clomifène le 27 février 2022. Il est rapporté dans L’Equipe du 09 mars 2025 :

« Le 27 février 2022, à Miramas (Bouches-du-Rhône), lors de la finale du 400 m des Championnats de France, Soudril se classe 6e(…) Cependant, le 18 mars, son échantillon prélevé au soir de la finale indique la présence de clomifène, un modulateur hormonal et métabolique favorisant le développement de la testostérone. Dans un premier temps, l’athlète se défend auprès de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), indiquant qu’il ne comprend pas ce contrôle positif, avant de ‘’se rappeler’’, selon le rapport, que son frère Carl – vice-champion de France Élite du 800m en 2017- lui a conseillé deux produits, dont du Clomid® (clomifène)  quelques mois plus tôt et qu’après avoir consommé cette substance une dizaine de jours il s’est rendu compte en regardant l’emballage que c’était dopant et a tout arrêté, ajoutant qu’il n’a jamais eu l’intention de se doper, pensant que le médicament aurait disparu de son corps avec le temps. »

COMMENTAIRES JPDM – D’écrire que le clomifène favorise le développement de la testostérone n’est pas le terme approprié. L’hormone mâle n’est pas un muscle qui se développe mais une substance dont le taux augmente lors de la stimulation du testicule ou de l’ovaire par le clomifène.

Quoi qu’il en soit, se faire épingler avec un médicament destiné aux femmes stériles n’est pas cohérent dans une défense où l’on apprend que c’est le frère athlète d’élite qui lui a conseillé le produit. Pour cette automédication sans justification thérapeutique, Jimy Soudril a pris 2 ans de suspension.

Par ailleurs, Jimy Soudril dans sa défense précise que lorsqu’il a vu sur l’emballage que le produit était dopant, il a tout arrêté. Sauf que le Clomid® commercialisé en France ne présente sur la boîte aucun pictogramme mettant en garde sur le risque d’un contrôle positif. De même, la notice du médicament présent dans la boîte ne comporte aucune mise en garde aux sportifs alors que, depuis 1989, c’est une obligation imposée par le ministère de la Santé aux fabricants de spécialités pharmaceutiques.

Une fois de plus, une mesure préventive pertinente est bafouée sans que le laboratoire soit sanctionné. Soudril, lors de ses déplacements en tant qu’athlète, a peut être acheté le Clomid® en Italie ? Dans ce pays où se doper est un acte pénalement répréhensible, la loi impose que les fabricants de médicaments signalent le risque de contrôle positif par un pictogramme (un cercle rouge barré) présent à la fois sur le conditionnement et sur le tube, le spray, etc.

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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EN FICHIER JOINT – DICTIONNAIRE DU DOPAGE – La mise à jour complète actualisée sur le clomifène, un antiestrogène boosteur de testostérone

Dopage – Contrôlé positif au clomifène – un booster de testostérone – un boxeur se défend en mettant en cause une consommation d’oeufs contaminés.

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C’est comme l’oeuf de Christophe Colomb (idée simple mais ingénieuse), il fallait y penser ! Sauf que depuis 2022, les laboratoires antidopage ont trouvé la parade pour démasquer les tricheurs.

Voir la fiche réactualisée au 11.05.2025 de l’article : Dopage – Athlétisme – Le citrate de clomifène, un stimulant de la fertilité féminine, fait tomber un athlète… masculin !