DECRYPTAGE
Ce médicament qualifié aussi d’antiestrogène par son action d’inhibition du rétrocontrôle des estrogènes au niveau de l’hypothalamus (zone du cerveau de commande hormonale) entraînant une élévation des gonadotrophines hypophysaires (glande du cerveau) notamment de la LH, laquelle a pour mission d’augmenter la production hormonale des glandes génitales (ovaire et testicule), notamment de la testostérone dans les deux sexes.
Le CIO a prohibé le clomifène par assimilation aux gonadotrophines dès 1989.
En 2000, le clomifène apparaît en toutes lettres et ce pour la première fois sur la liste française du ministère des Sports. Ensuite, quand l’AMA prend, au plan mondial, la liste en mains, le clomid est prohibé uniquement chez les hommes.
Prohibé dans les deux sexes depuis 2005
L’année suivante, en 2005, il le sera également chez les femmes car effectivement la LH signalée plus haut booste la sécrétion ovarienne de testostérone endogène.
De même, son interdiction est permanente, que ce soit à l’entraînement ou en compétition.
Au plan détection, le clomfène ne modifiant pas le rapport testostérone/épitestostérone, la seule façon d’épingler les tricheurs c’est d’identifier le clomifène dans les urines d’ailleurs facilement car il ne disparaît pas rapidement de ces dernières.
Bien qu’il soit interdit aux femmes depuis 2005, c’est surtout la gent masculine qui tombe dans les mailles du filet. Depuis les témoignages des années 1980 et les tests positifs après 2000, on liste les spécialités suivantes : athlétisme, aviron, boxe, culturisme (+++), haltérophilie, MMA et l’ensemble des sports adeptes des effets ergogéniques d’un surplus de testostérone.
En 2022, Jimy Soudril, un athlète spécialiste du 400 m, est épinglé par l’AFLD pour un médicament réservé aux femmes
En France, un athlète spécialiste du 400 m, Jimy Soudril, s’est fait prendre au clomifène le 27 février 2022. Il est rapporté dans L’Equipe du 09 mars 2025 :
« Le 27 février 2022, à Miramas (Bouches-du-Rhône), lors de la finale du 400 m des Championnats de France, Soudril se classe 6e(…) Cependant, le 18 mars, son échantillon prélevé au soir de la finale indique la présence de clomifène, un modulateur hormonal et métabolique favorisant le développement de la testostérone. Dans un premier temps, l’athlète se défend auprès de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), indiquant qu’il ne comprend pas ce contrôle positif, avant de ‘’se rappeler’’, selon le rapport, que son frère Carl – vice-champion de France Élite du 800m en 2017- lui a conseillé deux produits, dont du Clomid® (clomifène) quelques mois plus tôt et qu’après avoir consommé cette substance une dizaine de jours il s’est rendu compte en regardant l’emballage que c’était dopant et a tout arrêté, ajoutant qu’il n’a jamais eu l’intention de se doper, pensant que le médicament aurait disparu de son corps avec le temps. »
COMMENTAIRES JPDM – D’écrire que le clomifène favorise le développement de la testostérone n’est pas le terme approprié. L’hormone mâle n’est pas un muscle qui se développe mais une substance dont le taux augmente lors de la stimulation du testicule ou de l’ovaire par le clomifène.
Quoi qu’il en soit, se faire épingler avec un médicament destiné aux femmes stériles n’est pas cohérent dans une défense où l’on apprend que c’est le frère athlète d’élite qui lui a conseillé le produit. Pour cette automédication sans justification thérapeutique, Jimy Soudril a pris 2 ans de suspension.
Par ailleurs, Jimy Soudril dans sa défense précise que lorsqu’il a vu sur l’emballage que le produit était dopant, il a tout arrêté. Sauf que le Clomid® commercialisé en France ne présente sur la boîte aucun pictogramme mettant en garde sur le risque d’un contrôle positif. De même, la notice du médicament présent dans la boîte ne comporte aucune mise en garde aux sportifs alors que, depuis 1989, c’est une obligation imposée par le ministère de la Santé aux fabricants de spécialités pharmaceutiques.
Une fois de plus, une mesure préventive pertinente est bafouée sans que le laboratoire soit sanctionné. Soudril, lors de ses déplacements en tant qu’athlète, a peut être acheté le Clomid® en Italie ? Dans ce pays où se doper est un acte pénalement répréhensible, la loi impose que les fabricants de médicaments signalent le risque de contrôle positif par un pictogramme (un cercle rouge barré) présent à la fois sur le conditionnement et sur le tube, le spray, etc.
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
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EN FICHIER JOINT – DICTIONNAIRE DU DOPAGE – La mise à jour complète actualisée sur le clomifène, un antiestrogène boosteur de testostérone
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