Dopage – Cyclisme – Miguel Angel Lopez écope de 4 ans pour une hormone ménopausique. C’est une première !

Par défaut

Professionnel depuis 2015, M.A. Lopez avait remporté l’année précédente le Tour de l’Avenir démontrant ses aptitudes dans les épreuves par étapes de longue durée.

Il a participé à 12 Grands Tours et obtenu deux podiums : 3e au Giro et à la Vuelta la même année en 2018. Autre fait remarquable, dans le Tour de France 2020 où il prendra la 6e place, il se fait remarquer des spécialistes pour son arrivée en tête au col de la Loze (2 304 m) avec des passages à plus de 20%, terme de la 17e étape.

Affiche sur le dopage avec le texte 'STOP DOPAGE' et 'GONADOTROPHINES MÉNOPAUSIQUES (hMG)' sur fond coloré.

En 2002, Lopez se fait rattraper par la patrouille pour  » usage et possession d’une substance interdite », la ménotropine (Menopur®) qui est une gonadotrophine ménopausique et ce dans les semaines précédant le Giro 2022.

Dans le cas de Lopez/Superman, le médecin prescripteur, l’Espagnol Marcos Maynar, a déjà eu maille à partie avec le dopage.

D’ailleurs, ce praticien figurait dans la liste noire de l’AMA publiée le 14 septembre 2015 où il est explicitement mentionné qu’un sportif qui consulte un médecin présent sur cette liste noire, risque d’être sanctionné à son tour.

Article de presse annonçant la publication par l'AMA d'une liste noire de personnalités du sport sanctionnées pour des infractions antidopage, avec des directives concernant l'interdiction d'association avec ces individus.

Dans cette liste de ‘’préparateurs’’ à éviter, on trouve au 72e rang le Dr Marino Maynar Marcos (Espagne) qui est interdit jusqu’au 18 octobre 2019.

Liste noire ? Mais qui s’en préoccupe dans les instances antidopage ?

Curiosité : alors qu’il n’a pas arrêté ses activités illicites – l’affaire M.A. Lopez de 2022 en témoigne – il n’apparaît plus dans la liste noire publiée par l’AMA le 12 octobre 2021 ni dans celle du 07 octobre 2024 pas plus que durant cette période de 2015 à 2024 dans les listes noires de l’Union cycliste internationale (UCI). Visiblement, la lutte antidopage n’est pas dirigée par des gens concernés ni professionnels.

Arrêté le21 juillet 2022 à Madrid, Lopez va tout d’abord nier comme 99% des sportifs épinglés par la patrouille – ici la Guardia Civil – parlant « d’accusation fausse ». Sur la base d’une investigation menée par l’International Testing Agency (ITA) incluant les preuves obtenues auprès des autorités policières espagnoles (Guardia Civil) et de l’Organisation nationale antidopage espagnole (CELAD) dans le cadre de l’enquête menée sur le Dr Marcos Maynar, l’UCI a notifié à Miguel Angel Lopez qu’il devait répondre d’une potentielle violation des règles antidopage (VRAD).

N’ayant jamais avoué sa pratique dopante, Lopez va subir un processus réglementaire de 2022 à 2025 pour, finalement, être suspendu quatre ans par le Tribunal arbitral du sport (TAS) le 07 mai 2025. Si Superman avait avoué sa consommation d’amplificateur artificiel de performance mais aussi le réseau qui l’avait aidé à se doper la sanction pouvait être réduite d’une année. Le prescripteur de ménotropine, le Dr Marino Maynar Marcos, probablement ayant constaté en épluchant la liste des substances illicites de l’AMA, que seules les gonadotrophines chorioniques étaient mentionnées, en revanche la  gonadotrophine ménopausique n’y figurant pas depuis la première nomenclature de l’AMA de 2004 et ce jusqu’à 2022, il estimait que la substance n’était pas prohibée. Mauvaise pioche ! Pour chaque classe de dopants est précisé ‘’et analogues agonistes’’ (soit même composition ou mêmes effets).

Afin d’éclairer les lecteurs sur le long parcours de Miguel Angel Lopez face au processus antidopage qui va s’étaler sur quatre ans jusqu’à sa conclusion le 07 mai 2025, nous proposons quelques étapes du processus impliquant Superman et commentées dans la presse.

Miguel Angel Lopez (Colombie) : quatre ans de processus antidopage pour enfin conclure que Superman s’est dopé à la ménotropine (gonadotrophine ménopausique) dans les semaines précédant le Tour d’Italie 2022.

                                  

Tableau présentant l'index des sigles utilisés dans le contexte du dopage sportif.

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD

EN FICHIER JOINT (PDF) : DICTIONNAIRE DU DOPAGE – La fiche sur les Gonadotrophines enrichie et actualisée

Tour de France – Geert Leinders, médecin de la Rabobank de Rasmussen puis de la Sky de Froome de 2010 à 2012, fait partie de la liste noire de l’AMA

Par défaut

Dans L’Equipe du 11 juillet, on lit une ITW de Michael Rasmussen, le Danois qui fut en passe de remporter le Tour 2007 mais retiré de la course par son équipe après sa victoire au sommet de l’Aubisque pour avoir menti sur ses lieux d’entraînement et donc la possibilité de le contrôler au plan du dopage pendant cette période propice aux préparations haute performance. L’entretien de Chicken (son surnom de coureur) signé par Philippe Brunel, revient sur l’épisode Rabobank-Rasmussen du Tour 2007 :

 

RASMUSSEN

Le Danois Michael Rasmussen, exclu du Tour 2007

 

 Que vous inspire avec le recul l’attitude des responsables de la Rabobank ?

« Ils savaient tous où je m’entraînais. Mais en me licenciant, ils voulaient sauver l’équipe, les apparences. Après, on a su que le docteur belge Geert Leinders (ex-médecin de l’équipe depuis 1996) envoyait Michael Boogerd et Denis Menchov (deux anciens coureurs de l’équipe) dans un laboratoire (Humanplasma) en Autriche, ce que j’ignorais jusqu’en 2005. »

A aucun moment dans L’Equipe, on ne rappelle que ce praticien – après la fin de l’équipe Rabobank en 2009 – a été recruté pendant deux ans (2010-2012) pour des gains marginaux par David Brailsford, le manageur du team Sky, avant que son passé de dopeur ne le rattrape. Depuis 2015, le Dr Leinders figure sur la liste noire des 114 personnages à ne pas fréquenter lorsqu’on est sportif de compétition.

Signalons que Chris Froome appartenait à l’équipe Sky entre 2010 et 2012, période au cours de laquelle il a fait 2e (2011) et 4e (2012) de la Vuelta et 2e du Tour de France 2012 et que le médecin des gains marginaux s’appelait donc  … Leinders. Cette information ne figure pas dans L’Equipe. Pourquoi ?

PODIUM 2012

Chris Froome, 2e du Tour de France 2012, derrière son compatriote Bradley Wiggins