Dopage – Y-a-t-il encore un médecin à l’AMA ?

Par défaut

Lors de la 6e conférence mondiale sur la triche biologique dans le sport organisée par l’AMA à Busan (Corée), destinée à la révision du Code mondial antidopage 2027, ses dirigeants, sans formation spécifique – donc incompétents – sont toujours omniprésents à la direction de l’instance.

Le dopage, c’est un problème de substances médicamenteuses et pourtant en tête de gondole ce sont des juristes qui dirigent la manœuvre. En leur octroyant une large tribune, la presse, notamment française, crédibilise ces pseudo-spécialistes qui, eux-mêmes, forts de leurs titres dans la hiérarchie de l’Agence, vont critiquer les Enhanced Games. Pathétique ! C’est le carnaval des imposteurs.

Affiche colorée sur le thème du dopage dans le sport, présentant des slogans accrocheurs sur un fond jaune avec un panneau de stop rouge.

Tous ces dirigeants ont été floués pendant des décennies par l’état russe après la RDA et la Chine mais ils viennent s’ériger en défenseurs du sport propre et de la santé des sportifs. Pitoyable !

Lors des affaires de dopage hypermédiatisées, on n’entend jamais – je dis bien jamais – un représentant-médecin à l’AMA venir décrypter l’affaire. Ce sont toujours des avocats, et qui plus est d’un ton docte, qui viennent nous donner des explications sur les effets de la substance illicite en cause !

Une image présentant un texte critique sur l'inefficacité de l'AMA face au dopage dans le sport, mentionnant que 3 personnages expriment leur satisfaction démesurée malgré un problème généralisé de dopage.
Trois dirigeants de l'Agence mondiale antidopage posent ensemble lors d'un événement, avec leurs titres affichés en dessous.

Le praticien est le seul spécialiste légitime : il prescrit les médicaments, connaît leurs molécules, leurs interactions, leurs effets secondaires, notamment lorsqu’ils sont combinés – ce qui est justement le cas dans le dopage.
La lutte antidopage porte exclusivement sur des médicaments : des substances prévues pour soigner, détournées pour améliorer la performance physique. Finalement, les dirigeants de l’AMA ne sont que des cuistres, pseudo-spécialistes des pratiques dopantes, gérant l’instance en arborant leur… impuissance.

Le premier Colloque européen sur le dopage dans le sport date des 26-27 janvier 1963 à Uriage-les-Bains. Qui, à l’AMA, connaît ces précurseurs de la lutte antidopage, qui leur rend hommage ?

Il y a plus de 60 ans, cette lutte initiée par des médecins – les Français Pierre Dumas et Lucien Maigre – inquiets des pratiques dangereuses des sportifs dont ils étaient les témoins, a été au fil des ans et surtout depuis la création de l’AMA en 1999, totalement phagocytée par des administratifs, des avocats, des représentants de l’industrie pharmaceutique. Eventuellement des techniciens mais certainement pas des praticiens. En 1960, face au monde du sport totalement imperméable à toute réglementation et aux accidents mortels provoqués par l’association amphétamines / chaleur extrême, quelques médecins pionniers ont pris à bras le corps le problème du cancer n° 1 du sport en faisant face aux multiples obstacles et sarcasmes rencontrés.

Dopants ou médicaments, ce sont les mêmes molécules, avec les mêmes effets secondaires, souvent dose-dépendants. Les uns soignent, les autres dopent, mais tous (médocs et dopants) peuvent mettre en danger lorsqu’ils sont mal utilisés ou surdosés.

Face aux insuffisances et aux scandales répétés (Chine, Russie, Kenya, Maroc…), les États-Unis menacent de couper les financements. Rien d’étonnant.

Les dirigeants de l’AMA, avant leur nomination, ne connaissaient rien aux produits amplificateurs de performance. Du jour au lendemain, grâce à leurs réseaux et à un bon piston, ils deviennent « experts du dopage », adoubés par une presse tout aussi ignorante.
Résultat : moins de 1 % de cas positifs. Un fiasco.

Dans toutes les activités humaines, la triche concerne 50 à 60 % des individus.
En 2002, une enquête de la FIFA révélait que 92 % des joueurs se déclaraient prêts à commettre une faute intentionnelle si l’enjeu le justifiait (Le Monde, 02.06.2002).
Pourquoi en serait-il autrement avec le dopage ?

C’est en réaction à l’accumulation de scandales et casseroles de l’AMA qu’ont émergé aux États-Unis les Enhanced Games, des Jeux où le dopage serait « encadré ». Ironie : l’un des principaux sponsors n’est autre que le fils de Donald Trump.

Le plus grotesque ? Le CIO et l’AMA s’érigent en opposants farouches, alors qu’ils devraient se faire discrets tant leur incapacité à maîtriser le fléau est flagrante.

À ce jour, aucune étude d’envergure n’a établi un lien net entre dopage et longévité. Le discours dominant se fonde surtout sur des cas isolés, médiatisés car ils touchent des athlètes connus. Mais quid par rapport à l’ensemble de la population sportive versus tout venant ?

Voilà pourtant un beau sujet que l’AMA, grâce à sa base de données mondiales, pourrait initier réellement par des études scientifiques sérieuses.

L’absurdité atteint son sommet : au sein du groupe consultatif d’experts sur les contrôles stratégiques de l’AMA, aucun médecin !
Comment s’étonner ensuite de l’inefficacité de l’agence ?

Aujourd’hui, qui peut croire que la lutte antidopage est entre de bonnes mains ?
Personne, sinon une armée de naïfs et d’ignorants, alors que le phénomène dopage accompagne les compétitions sportives depuis les premières compétitions organisées avec réglementation dès la seconde moitié du XIXᵉ siècle.

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD – Facebook : Jean Pierre Demondenard

Dopage – Gymnastique – Djenna Laroui suspendue 6 mois pour une prescription médicale surdosée de son docteur…

Par défaut

Selon l’Agence France-Presse, la Française Djenna Laroui, retenue en tant que remplaçante en équipe de France de gymnastique pour les Jeux de Paris, a été testée positive au salbutamol, un stimulant respiratoire qui – en fonction de la dose – peut avoir des effets anabolisants.

La Fédération française de gymnastique a annoncé lundi 22 juillet qu’à la suite d’un résultat d’analyse antidopage anormal (RAA), l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) suspend Djenna Laroui pour une période de six mois à compter du 22 juillet :  » Le contrôle effectué par l’AFLD sur Djenna Laroui lors des Championnats de France Elite de gymnastique artistique à Lyon le 7 juin dernier s’est révélé positif au salbutamol (…) La Fédération,  se dit « convaincue de la bonne foi de sa gymnaste. La défense de Djenna Laroui affirme que celle-ci n’a jamais eu l’intention de se doper mais qu’elle a été « induite en erreur » par une prescription médicale « ambiguë ». « À la suite de nombreux examens, j’ai été diagnostiquée asthmatique et, pour me soigner, j’ai dû suivre un traitement à base de Ventoline qui contient une substance interdite à tout athlète au-delà d’une certaine dose, sauf à être en possession d’une AUT (autorisation d’usage à des fins thérapeutiques), a-t-elle précisé sur son compte Instagram. Mais, d’après son encadrement médical, une telle autorisation n’était « pas nécessaire ».

L’Equipe, 23.07.2024

Depuis le 1er janvier 2022, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a précisé dans sa liste officielle quelle était la réglementation de la prise en spray du salbutamol :

Si le sportif respecte cette posologie, il ne doit pas dépasser le seuil de 1 000 ng/ml dans les urines. Dans cette même réglementation, il est précisé « une telle concentration urinaire supérieure à 1 000 ng/ml n’est pas cohérente avec une utilisation thérapeutique et sera considérée comme un résultat d’analyse anormal (RAA) à moins que le sportif ne prouve par une étude de pharmacocinétique contrôlée que ce résultat anormal est bien la conséquence d’une dose thérapeutique (par inhalation) jusqu’à la dose maximale indiquée ci-dessus [Liste AMA 2022] »

L’AFLD « a considéré que le degré de faute pouvait être regardé comme léger, sans pour autant permettre à Djenna Laroui d’échapper à une sanction » ajoute la Fédération. La gymnaste de 19 ans est suspendue de compétition pour une période de six mois dont quatre mois et demi sans autorisation de pratiquer la gymnastique dans un centre d’entraînement agréé. »

Résultat des courses : la gymnaste qui n’est pas docteur en médecine a pris 6 mois alors que le médecin prescripteur se porte bien et ne sera pas suspendu de soins aux sportifs

——————————————————————————————————————–

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD

AMA – Préserver la santé des sportifs n’est pas l’objectif principal de son directeur Olivier Niggli, un juriste de formation, en réalité un pseudo-spécialiste du dopage

Par défaut

Comment peut-on être nommé directeur de l’Agence mondiale antidopage (AMA) alors que l’on a zéro compétence sur la triche biologique ?

Dopage ton histoire – Hommage à Gabriel Dollé, un médecin pionnier de l’antidopage rattrapé par la pression du sport de haut niveau

Par défaut

Retour sur un parcours de vie consacré à traquer les tricheurs

Il peut  paraître non-approprié de participer à la défense d’un médecin qui venait d’être condamné pour corruption et attendait son procès d’appel. Mais, pour mémoire, Gabriel Dollé fut une figure incontournable de l’antidopage français et même mondial et seul, lui, connaissait les véritables raisons de son engrenage qui l’ont amené devant un tribunal. Pour participer à l’historique du dopage et de son contrôle depuis les premières lois édictées, rendons hommage à Gabriel Dollé en revenant sur son parcours professionnel

D’autres infos sur le parcours au service de l’antidopage de Gabriel Dollé

Dopage – Le Vendée Globe et les compétitions de voile ne seraient pratiqués que par des extraterrestres non contaminés par les médocs de la performance

Par défaut

Qui peut croire un tel bobard diffusé par la presse bretonne et l’historique médecin de la course ?

Dopage – Sitcom sur les pistes d’athlétisme

Par défaut

Il était une fois une jeune fille douée pour les activités physiques et qui, voulant suivre les traces d’un proche parent au passé d’athlète de haut niveau, se lança dans une quête d’identité dans les épreuves de demi-fond, entraînée pendant plusieurs années par un coach peu scrupuleux et au comportement inapproprié.

Punchlines Dr de Mondenard

Par défaut

N° 46

Infiltration d’un corticoïde par voies intra-articulaire ou périarticulaire, dans l’environnement immédiat d’une compétition :

  • Une telle injection, associée à l’effort c’est contraire à un acte thérapeutique rationnel
  • C’est en opposition à l’éthique médicale (« Soigner mais ne pas nuire »)
  • C’est faire passer la performance avant le respect du corps. En clair, une partie du corps (muscle, articulation, etc.) ne veut pas jouer au foot, au rugby, courir etc. Et l’athlète concerné et son médecin, lui disent – avec l’injection – « Ferme là et joue (ou court…)»

sans-titre-pnconseil-de-lodre

 Serment du Conseil de l’Ordre des médecins (2012) :

« Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité (…)

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux (…) 

Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. » (…)

 N° 47

A méditer par tous les sportifs (et leurs médecins) confrontés à une blessure et partisans de jouer, coûte que coûte, avec le secours d’une thérapeutique médicamenteuse.

C’est le philosophe allemand Arthur Schopenhauer qui a bien appréhendé le comportement humain : « La plus grande sottise de l’homme c’est d’échanger sa santé contre n’importe quel avantage. »

 

schopenhauer

Arthur Schopenhauer (1788-1860)

 

 

Tour de France – Geert Leinders, médecin de la Rabobank de Rasmussen puis de la Sky de Froome de 2010 à 2012, fait partie de la liste noire de l’AMA

Par défaut

Dans L’Equipe du 11 juillet, on lit une ITW de Michael Rasmussen, le Danois qui fut en passe de remporter le Tour 2007 mais retiré de la course par son équipe après sa victoire au sommet de l’Aubisque pour avoir menti sur ses lieux d’entraînement et donc la possibilité de le contrôler au plan du dopage pendant cette période propice aux préparations haute performance. L’entretien de Chicken (son surnom de coureur) signé par Philippe Brunel, revient sur l’épisode Rabobank-Rasmussen du Tour 2007 :

 

RASMUSSEN

Le Danois Michael Rasmussen, exclu du Tour 2007

 

 Que vous inspire avec le recul l’attitude des responsables de la Rabobank ?

« Ils savaient tous où je m’entraînais. Mais en me licenciant, ils voulaient sauver l’équipe, les apparences. Après, on a su que le docteur belge Geert Leinders (ex-médecin de l’équipe depuis 1996) envoyait Michael Boogerd et Denis Menchov (deux anciens coureurs de l’équipe) dans un laboratoire (Humanplasma) en Autriche, ce que j’ignorais jusqu’en 2005. »

A aucun moment dans L’Equipe, on ne rappelle que ce praticien – après la fin de l’équipe Rabobank en 2009 – a été recruté pendant deux ans (2010-2012) pour des gains marginaux par David Brailsford, le manageur du team Sky, avant que son passé de dopeur ne le rattrape. Depuis 2015, le Dr Leinders figure sur la liste noire des 114 personnages à ne pas fréquenter lorsqu’on est sportif de compétition.

Signalons que Chris Froome appartenait à l’équipe Sky entre 2010 et 2012, période au cours de laquelle il a fait 2e (2011) et 4e (2012) de la Vuelta et 2e du Tour de France 2012 et que le médecin des gains marginaux s’appelait donc  … Leinders. Cette information ne figure pas dans L’Equipe. Pourquoi ?

PODIUM 2012

Chris Froome, 2e du Tour de France 2012, derrière son compatriote Bradley Wiggins

 

 

 

La petite phrase : pour parler correctement des médicaments…

Par défaut

Journalistes, rédacteurs, auteurs de livres, écrivains pour parler correctement des médicaments – qu’ils soient dopants ou pas – il faut les prescrire à des malades ou des sportifs. Autrement dit, il faut être un médecin praticien.

En clair, sur le thème des effets des médicaments, un journaliste doit ouvrir les guillemets afin de faire réagir un médecin praticien ou éventuellement un consommateur (malade ou sportif).

UN MEDICAMENT