Athlétisme – Dopages technologique et médicamenteux, les deux vont de pair

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Alors que les performances mondiales sur les pistes d’athlétisme et le macadam hors stade stagnaient depuis quelque temps, aux derniers Jeux olympiques de Tokyo des temps canons se sont invités à la fête.

DÉCRYPTAGE des discours des nouvelles bombes du tartan.

Face à la suspicion du coup de boost technologique des chaussures de course sur leur perf, les athlètes répondent : « Je travaille dur » en occultant les prouesses de leurs… godasses !  De même, on trouve un comportement identique face au doute du dopage. Afin de couper court au scepticisme ambiant, les athlètes mettent en avant un nombre conséquent de tests – tous négatifs – alors que tout le monde sait, public compris, que les radars antidopage sont peu fiables ou en tout cas faciles à tromper.

2 réflexions au sujet de « Athlétisme – Dopages technologique et médicamenteux, les deux vont de pair »

  1. Sylvain K : Les résultats estimés insuffisants par les athlètes français aux JO de Tokyo sont-ils dus aux suivi anti dopage qui est plus sérieux en France vis à vis des athlètes français qu’à l’étranger ? La zone caraïbe avec la Jamaïque est un cas d’école sauf erreur de ma part.

    Dr JPDM – La réponse à votre question doit être nuancée. Le sérieux du suivi des contrôles inopinés suivant les régions du globe n’est pas le même. Il est certain que des pays comme la France sont mieux surveillés que la Colombie, la Jamaïque ou le Kenya. En revanche, toutes les nations – entre leur arrivée sur les lieux des compétitions olympiques jusqu’à la clôture des épreuves – ont été soumises aux expertises biologiques du laboratoire agréé de Tokyo, lui-même sous la surveillance scientifique d’autres responsables d’entités internationales de premier plan. Finalement, les 10 000 sportifs présents dans la capitale nippone et ses environs pouvaient être soumis, au plan de la rigueur analytique, aux mêmes tests antidopage.
    Malheureusement, et encore en 2021, ces investigations biologiques négatives ne sont pas la preuve absolue de l’absence de consommation de substances illicites.
    Par ailleurs, si les athlètes français n’ont pas répondu aux attentes de médailles de la ministre adjointe aux Sports, il faut rappeler que les chefs de file des tricolores étaient soit absents soit loin d’une forme optimale :
    – Christophe Lemaitre (200 m) : méforme après vaccination Covid-19
    – Mahiedine Mekhissi (3000 m steeple) : en phase de réathlétisation après son opération du tendon d’Achille gauche en juin 2020. N’a pas réussi à se qualifier pour Les jeux de Tokyo 2021.
    – Renaud Lavillenie (perche) : lésion au mollet droit impliquant plusieurs semaines d’arrêt ainsi qu’une rupture d’un ligament de la cheville gauche le 11 juillet. Ces deux blessures vont entraver son concours olympique qu’il terminera à la 8e place.
    – Kevin Mayer (décathlon) : même s’il a obtenu la médaille d’argent, évoluait un ton en-dessous en raison de problèmes musculaires.

  2. S. K : « Merci pour l’expertise de votre réponse.
    Pour Tokyo, en athlétisme, je reste encore stupéfait sur le résultat de la finale du 100 mètres féminin. Trois Jamaïcaines sur le podium avec des performances très très hautes. 10’61, 74, 76. La 4e arrive à 1,50 m derrière la 3e (10’91). A ce niveau (finale olympique) une telle différence est énorme. Il y a donc eu deux courses. Celle des Jamaïcaines et celle des autres. Dans les meetings qui sont suivi les J.O. le trio des Jamaïcaines a encore investi les trois marches des podiums avec des performances énormes.
    La RDA n’en avait pas fait autant dans cette discipline. »

    Dr JPDM : En fonction de votre nouveau commentaire tout à fait pertinent, il faut signaler –comme je l’avais écrit dans le quotidien Le Figaro le 21 novembre 2011 : « L’histoire montre qu’à chaque fois qu’un pays domine le sport, il y a du dopage derrière. RDA, Chine, Italie… Les exemples pullulent. Et les déclarations dans L’Equipe du directeur de l’Agence mondiale antidopage, David Howman – « On a créé une industrie de l’antidopage qui ronronne (…) 36 cas positifs à l’EPO sur 258 267 contrôles en 2010, c’est ridicule. » – démontrent bien que les tricheurs ont dû reprendre un coup d’avance sur les contrôleurs. »
    A cette liste des nations complices du dopage, preuves et témoignages à l’appui, malheureusement pour l’éthique et la justice sportive sanctionnées avec un trop gros décalage dans le temps, on peut ajouter la Russie, le Maroc (1/2 fond et fond), le Kenya, etc.
    Aux Etats-Unis, ce n’est pas le pouvoir fédéral qui organise le dopage mais des entreprises privées : laboratoire Balco (Dwain Chambers, Marion Jones, Tim Montgomery), l’équipementier Nike dont les responsables ferment les yeux et se bouchent les oreilles devant les activités borderlines d’Alberto Salazar directeur de Nike Oregon Project (NOP), un groupe d’athlètes préparé en vue du très haut niveau. Finalement et toujours très en retard par rapport à la période de ses activités délictuelles, le triple lauréat du marathon de New York a pris récemment par le TAS quatre ans de suspension pour incitation au dopage.

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