Tour de France 1923 – Révélation sur l’origine de la célèbre phrase « Je te salue Gars Jean »

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adressée par Robert Jacquinot à Jean Alavoine

Cette contre-enquête est la première d’une série que je vais consacrer aux véridiques histoires du Tour de France en évitant toutes les fausses légendes véhiculées depuis des lustres par des auteurs qui se recopient les uns les autres, manipulant ainsi leurs lecteurs dans des récits fantaisistes. Pourtant, les vraies anecdotes sont souvent plus savoureuses, étonnantes ou dramatiques. Je vous invite à me suivre sur les routes de la Grande Randonnée de juillet.

Le 27 octobre dernier, sur Facebook, dans la série Quiz Cyclisme, j’ai posé la question suivante :

Tour de France – Dans quelle édition, un coureur a prononcé la célèbre phrase ‘‘Je te salue Gars Jean’’ adressée à un concurrent qui le doublait alors que lui-même avait dominé l’étape mais qu’il subissait une terrible défaillance à quelques kilomètres de l’arrivée ?

La réponse donnée était : Tour de France 1923, 6e étape Bayonne-Luchon (326 km) empruntant le Cercle de la Mort (Aubisque, Tourmalet, Aspin, Peyresourde). Caracolant en tête depuis le Tourmalet, Robert Jacquinot est victime à 500 m du sommet de Peyresourde  – le dernier obstacle de la journée -d’un coup de moins bien mémorable. Alors qu’il entrevoyait la victoire, complètement planté, il se fait doubler par Jean Alavoine. Et pour saluer l’exploit de son vainqueur, il lança dans un souffle : ‘’Je te salue Gars Jean’’.

Témoignage de Robert Jacquinot lui-même

Or, depuis, j’ai trouvé un article signé par Robert Jacquinot témoignant de ce haut fait du Tour passé à la postérité.

Le Pétardier (surnom de personnage soupe au lait) confirme que c’est bien lui l’auteur de ‘’Je te salue Gars Jean’’ et non Jean Alavoine comme indiqué de façon erronée par Gaston Bénac, le Chantre du Tour des années 1920 à 1950. Autre transgression des faits. Jacquinot n’a pas laissé en plan ses adversaires Jean Alavoine et Ottavio Bottecchia au sommet de l’Aubisque mais après 7 km d’ascension du versant ouest du Tourmalet à Barèges.

Dans ce même texte, on apprend l’origine de la défaillance de Jacquinot due à une prise de bec entre le ravitailleur à Arreau, au pied d’Aspin versant est, et le coureur. Résultat : ce dernier a continué sa route avec une musette contenant seulement deux bananes et, inévitablement, la fringale l’a rattrapée !

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