Actualité médico-sportive – Tennis versus natation : chaud et froid…

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ou comment refroidir les extrémités des membres supérieurs des tennismen au changement de côté ou garder l’échauffement des mains avant de nager en compétition

Dernièrement, lors du ¼ de finale S. Korda contre N. Djokovic le 27 mars 2025, les spectateurs ont pu constater avec étonnement que Novak, aux changements de côté, portait de grands gants bleus.

Novak Djokovic, entre les échanges à l’Open de Miami, enfilait ses gants ‘’de glace’’ lui permettant rapidement de limiter la surchauffe de l’effort par le refroidissement des extrémités des membres supérieurs

Martina Navratilova, la joueuse 59 fois titrée en Grands Chelems (18 en simple, 31 en double dame et 10 en double mixte), dans une interview donnée à Sky Sports, a expliqué pourquoi le Serbe portait ces gants : « Les tennismen pros disposent de cette technologie depuis des années. Les gants peuvent abaisser la température du corps en 30 secondes. Ils refroidissent ainsi la circulation sanguine. Je ne sais pas pourquoi les autres joueurs ne les utilisent pas. Mais, bien sûr, Novak a une longueur d’avance sur tout le monde an matière de technologie. C’est magique et je ne sais pas pourquoi les tournois n’en disposent pas. »

Sur ce même thème de la lutte contre la surchauffe depuis quelques années lors des mêmes tournois où le soleil frappe très fort les corps, sont apparus les colliers de glace. Autre innovation anti-cou-de-surchauffe inventée – cela va surprendre – il y a plus d’un siècle en 1910 !

C’est Tommy Murphy, un champion de boxe américain actif de 1905 à 1914, qui va utiliser pour la première fois un collier de caoutchouc contenant de la glace que son homme de coin lui plaçait derrière le cou entre les rounds. A l’époque, il prétendait que « cela suffisait pour rendre un boxeur frais et dispos » [source : La Vie au Grand Air, 1910, n° 593, 29 janvier, p 73]

Jeux olympiques de Los Angeles en juillet 1984 : des tenues hivernales en chambre d’appel pour affronter une compétition de natation estivale

Cette information sur le refroidissement du corps par gants interposés me ramène en 1984 aux Jeux de Los Angeles que je suivais à la télévision pour le compte du quotidien Libération. Tous les jours, je publiais une chronique sur « le corps et son environnement ». Le 04 août 1984, mon texte était consacré à une innovation : les gants portés par les nageurs américains. C’était il y a… 41 ans !

D’ailleurs, aux Jeux de Paris en 2024, les nageurs de la plupart des nations se présentaient en chambre d’appel avec des vêtements chauds style doudoune plus ou moins longue. Certains portaient également des gants. « Mieux on connaît son corps, mieux on sait s’en servir ». Cette maxime en sport de compétition est toujours d’actualité.

JO de Paris 2024 – Léon Marchand emmitouflé dans sa doudoune à la sortie de la chambre d’appel

Tennis – Novak Djokovic, malgré une lésion méniscale opérée récemment, pourrait performer aux Jeux de Paris

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et ce grâce à l’arthroscopie, une technique chirurgicale miniaturisée qui, depuis 1978, a révolutionné le traitement de cette affection

Victime le 3 juin d’une lésion du ménisque interne (médial) droit dite en anse de seau lors de son huitième de finale gagnant en cinq sets face à l’Argentin Francisco Cerundolo, Novak, pour avoir une chance de conquérir une médaille aux JO de Paris, a décidé deux jours plus tard de passer par la case opération.

Contrairement à ce qu’annonce sans nuance une certaine presse : « Novak Djokovic peut oublier les JO s’il se fait opérer », alors qu’en réalité ses chances de jouer à Roland-Garros le tournoi olympique du 27 juillet au 4 août sont bien réelles.

Avantages dus à deux petites ouvertures de 5 mm de diamètre et à la miniaturisation du matériel optique et chirurgical

Depuis la fin des années 1970, l’arthroscopie – méthode chirurgicale peu invasive – a révolutionné la durée d’immobilisation. Cette technique a permis de transformer complètement les suites : les opérés reprennent beaucoup plus rapidement la marche et leur activité – professionnel et sportive – et la présence à l’hôpital est de courte durée, une journée maximum. L’arthroscopie, principal artisan de ce changement, permet dans le même temps, grâce à la miniaturisation des instruments et en particulier d’un tube optique, de regarder directement à l’intérieur du genou, de faire l’inventaire des anomalies et de retirer tout élément gênant notamment d’origine méniscale en pratiquant seulement deux mini-ouvertures de la taille d’une très petite boutonnière. Avantage considérable par rapport à la technique classique ou arthrotomie qui en raison d’une incision beaucoup plus importante de 5 à 6 cm, voire plus. et d’une hospitalisation de plusieurs jours, provoquait une fonte musculaire considérable nécessitant une longue rééducation. L’arthroscopie réalisée par des mains expertes n’impose, quant à elle, qu’un bref séjour en clinique avec dans la plupart des cas, une reprise d’activité sportive ultrarapide d’autant plus que la lésion est récente.

En revanche, si l’on ne se fait opérer qu’après plusieurs mois de tergiversations, la musculature a le temps de s’affaiblir, la synchronisation des circuits articulaires et musculotendineux de se ‘’dérégler’’ et le retour sur la scène sportive sera en conséquence beaucoup plus long.

L’arthroscopie autorise des retours ultrarapides au plus haut niveau sportif, entre 15 jours et 3 semaines. Exemples.

Plusieurs cas emblématiques d’athlètes de haut niveau notamment dans le ski démontrent parfaitement l’intérêt d’un diagnostic précoce et d’une arthroscopie chirurgicale immédiate. Ce fut le cas du skieur suisse Pirmin Zurbriggen remportant la descente des championnats du monde 1985 à Bormio (Italie), vingt-deux jours après une opération du ménisque par arthroscopie. Sa compatriote Erika Hess, à l’époque la meilleure spécialiste de slalom dans l’histoire de la Coupe du monde, avait subi le même traitement en décembre 1982 avec un retour sur les planches en moins de 15 jours, leurs genoux étant particulièrement protégés par des haubans musculaires hyperpuissants, les skieurs semblent avantagés pour que l’interruption soit la plus courte possible.

Il faut reconnaître cependant que tous les athlètes de niveau international retrouvent le stade ou le gymnase avec un minimum d’interruption d’autant qu’une rééducation spécifique peut être entreprise sans dommages quelques heures après l’intervention.

L’exemple de la marathonienne américaine Joan Benoit doit motiver Djoko. L’ancienne recordwoman du monde des 42,195 km, opérée du ménisque par arthroscopie le 25 avril 1984, remporta le marathon sélectif pour les Jeux olympiques le 12 mai à Olympia dans l’état de Washington, soit 17 jours après le geste chirurgical. Dans la foulée, le 05 août, Mme Benoit était devenue la première femme championne olympique du marathon.

Arthroscopie – Des suites opératoires accélérées

  • Anesthésie : environ une demi-heure d’anesthésie soit générale (endormi complètement) ou locorégionale (uniquement le membre inférieur). Pour Djoko, l’intervention n’a duré que 15 minutes.
  • Ambulatoire : on entre le matin en clinique et on sort le même jour en fin d’après-midi
  • Ouverture : deux mini-ouvertures de la taille d’une petite boutonnière (quelques millimètres) sur la face antérieure du genou (invisibles au bout de 6 mois). L’arthrotomie classique pouvait laisser une cicatrice de 5 à 10 cm, voire plus.
  • Marche : immédiate
  • Retour sportif : après quelques jours de repos, l’activité physique de réathlétisation peut être débutée sous contrôle d’un spécialiste. Plus le problème méniscal est ancien, plus il faut du temps pour récupérer un genou compétition. Dans le cas de Djokovic, en se faisant opérer 48 heures après la lésion, la récupération sera ultrarapide.
  • Ménisque externe : sa lésion entraîne des suites de récupération plus longues.

Arthrotomie : opération avec ouverture de plusieurs centimètres

Cas emblématique du passé : Just Fontaine, footballeur international de 1953 à 1960 (21 sélections), meilleur buteur de la Coupe du monde 1958 et recordman des retours rapides après arthrotomie du ménisque interne : « Just Fontaine, qui est sans doute pour l’époque, le recordman des retours rapides sur le terrain puisqu’il reprit son activité quarante jours seulement après avoir été opéré du ménisque interne du genou droit le 03 décembre 1957 (reprise le 12 février 1958 en Coupe de France) et fut la même année le meilleur buteur de la Coupe du monde en Suède. » [Le Miroir des Sports, 1958, n° 722, 29 décembre, p 19]

Tennis – Novak Djokovic, l’enfumeur des courts, adepte des gains ésotériques

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basés sur des méthodes marginales et dont les preuves scientifiques sont loin d’être certifiées

Enumération, analyses et commentaires des méthodes Djoko adjuvantes à la performance et sa gestion  »miraculeuse » de blessures a priori invalidantes – mais pas pour le Serbe – (lire : les étapes)

Tennis – Roland-Garros – Un piqouzé du naviculaire élimine un non-vacciné à la Covid-19

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La Xylocaïne va-t-elle remporter son 14e Roland-Garros ?