Tour de France ton histoire – La Grande Boucle sous canicule n’a rien d’inédit

Par défaut

La Grande Boucle sous canicule n’a rien d’un phénomène nouveau. Si certains pointent le dérèglement climatique pour expliquer la multiplication récente des épisodes de surchauffe, la chaleur écrase le Tour depuis des décennies. Les éditions 2019, 2023 ou 2026 ont rappelé que la fournaise fait désormais partie du décor estival, mais l’histoire du Tour regorge déjà de journées brûlantes où les coureurs ont dû composer avec des températures extrêmes.

Les clichés des Tours anciens rappellent ces journées écrasantes où l’ingéniosité valait autant que les jambes. On y voit des coureurs cherchant l’ombre, s’aspergeant à chaque fontaine, ou bricolant des systèmes de refroidissement maison pour tenir jusqu’à l’arrivée. La canicule n’a jamais épargné la Grande Boucle. Elle s’est simplement invitée plus souvent ces dernières années.

En fichier PDF – Des archives qui témoignent d’une lutte permanente contre la chaleur

POUR EN SAVOIR PLUSBLOG JPDM – Autre lien sur surchauffe de l’air et effort physique prolongé

Tour de France ton histoire – Canicule : attention à la surchauffe boostée par la compétition. Aspersions et ablutions, deux techniques efficaces limitant la montée des degrés corporels – publié le 29 juin 2019

Jeux olympiques de Paris – La surchauffe va perturber les épreuves et les entraînements programmés dans Paris et sa région. Alerte aux méfaits des médicaments associés à de fortes contraintes thermiques. L’été, en plus des athlètes olympiques, il y a de très nombreuses personnes qui continuent à se maintenir en forme en courant, pédalant ou en jouant au tennis – publié le 31 juillet 2024.

Tour de France 2026 – Antisurchauffe : l’équipe Visma porte un maillot noir malgré les fortes chaleurs annoncées. Pourquoi le maillot noir de Visma en 2026, de Sky de 2010 à 2018 et de Tudor depuis 2023, n’est pas pénalisant face à la surchauffe de l’été ? Depuis 1906, les scientifiques à juste raison en l’état actuel des connaissances, expliquent que les couleurs claires, notamment le blanc, sont plus adaptées face à l’intensité du rayonnement solaire – publié le 05 juillet 2026

Tour de France / Physiologie – La surchauffe s’invite sur la Grande Boucle. Comprendre ce qu’il faut faire pour ne pas cramer. Une image, des infos – publié le 10 juillet 2026

Tour de France/Physiologie – La surchauffe s’invite sur la Grande Boucle

Par défaut

Comprendre ce qu’il faut faire pour ne pas cramer

Les échanges de chaleur entre le corps humain et le milieu extérieur se font selon quatre mécanismes principaux :

1 –  CONDUCTION (*)

Les échanges de chaleur s’établissent entre la peau et les matériaux avec lesquels elle est en contact (vêtements, chaussures, objets tenus : guidon, bidon, éponge, glaçons). Ils se font toujours de la surface la plus chaude vers la surface la plus froide. Une fois les températures égalisées, ce mécanisme cesse d’agir.

2 –  CONVECTION (*)

Les échanges thermiques s’établissent entre la surface cutanée et les molécules d’air ambiant qui viennent à son contact. Ainsi, les courants d’air, si faibles soient-ils, en « léchant » l’épiderme entraînent avec eux une partie de la chaleur corporelle. En roulant à 45 km/h, les molécules chaudes se volatilisent.

3 –  RADIATION OU RAYONNEMENT (*)

Le corps humain irradie de la chaleur sous forme de rayons infrarouges. Lorsque le sportif se trouve dans une ambiance dont la température est inférieure à la sienne, ce qui est généralement le cas en hiver, il y a perte de chaleur par rayonnement de l’organisme vers l’extérieur. Cependant, pour éviter l’hémorragie calorique inévitable sous nos climats tempérés où il est rare que le thermomètre atteigne 37° C – sauf en ce moment sur la 113e édition de la Grande Boucle – le corps possède un recours efficace : le refroidissement de la peau. Lorsque la température ambiante s’abaisse, l’irrigation sanguine de la peau diminue considérablement notamment au niveau des pieds et des mains. Ainsi, notre enveloppe cutanée se refroidit et diffuse moins de chaleur dans le milieu ambiant. Par conséquent, quand on dit que notre température corporelle tourne autour de 37° C, cela concerne uniquement la température centrale et non celle de la peau (température cutanée au niveau des mains : 30,7° pour les femmes ; 32,2° pour les hommes).

A l’inverse, si la température de l’air dépasse celle du corps, ce dernier emmagasine de la chaleur sous forme de rayonnement. C’est le cas depuis plusieurs jours su la route du Tour.

4 –  ÉVAPORATION  (***)

Pour éviter la surchauffe lorsque le soleil « tape » ou lors d’un effort intense, le corps fait appel principalement à l’évaporation. Ce mécanisme de dissipation de chaleur ne devient particulièrement efficace que si les gouttes de sueur s’évaporent. L’air sec est plus favorable que l’air humide.

(***)  Degré d’efficacité lorsqu’il fait chaud, voire très chaud. D’où l’intérêt d’associer à l’hydratation du corps par voie orale, les aspersions d’eau à travers le casque, la nuque, les extrémités et les cuisses.

Actualité médico-sportive – Tennis versus natation : chaud et froid…

Par défaut

ou comment refroidir les extrémités des membres supérieurs des tennismen au changement de côté ou garder l’échauffement des mains avant de nager en compétition

Dernièrement, lors du ¼ de finale S. Korda contre N. Djokovic le 27 mars 2025, les spectateurs ont pu constater avec étonnement que Novak, aux changements de côté, portait de grands gants bleus.

Novak Djokovic, entre les échanges à l’Open de Miami, enfilait ses gants ‘’de glace’’ lui permettant rapidement de limiter la surchauffe de l’effort par le refroidissement des extrémités des membres supérieurs

Martina Navratilova, la joueuse 59 fois titrée en Grands Chelems (18 en simple, 31 en double dame et 10 en double mixte), dans une interview donnée à Sky Sports, a expliqué pourquoi le Serbe portait ces gants : « Les tennismen pros disposent de cette technologie depuis des années. Les gants peuvent abaisser la température du corps en 30 secondes. Ils refroidissent ainsi la circulation sanguine. Je ne sais pas pourquoi les autres joueurs ne les utilisent pas. Mais, bien sûr, Novak a une longueur d’avance sur tout le monde an matière de technologie. C’est magique et je ne sais pas pourquoi les tournois n’en disposent pas. »

Sur ce même thème de la lutte contre la surchauffe depuis quelques années lors des mêmes tournois où le soleil frappe très fort les corps, sont apparus les colliers de glace. Autre innovation anti-cou-de-surchauffe inventée – cela va surprendre – il y a plus d’un siècle en 1910 !

C’est Tommy Murphy, un champion de boxe américain actif de 1905 à 1914, qui va utiliser pour la première fois un collier de caoutchouc contenant de la glace que son homme de coin lui plaçait derrière le cou entre les rounds. A l’époque, il prétendait que « cela suffisait pour rendre un boxeur frais et dispos » [source : La Vie au Grand Air, 1910, n° 593, 29 janvier, p 73]

Jeux olympiques de Los Angeles en juillet 1984 : des tenues hivernales en chambre d’appel pour affronter une compétition de natation estivale

Cette information sur le refroidissement du corps par gants interposés me ramène en 1984 aux Jeux de Los Angeles que je suivais à la télévision pour le compte du quotidien Libération. Tous les jours, je publiais une chronique sur « le corps et son environnement ». Le 04 août 1984, mon texte était consacré à une innovation : les gants portés par les nageurs américains. C’était il y a… 41 ans !

D’ailleurs, aux Jeux de Paris en 2024, les nageurs de la plupart des nations se présentaient en chambre d’appel avec des vêtements chauds style doudoune plus ou moins longue. Certains portaient également des gants. « Mieux on connaît son corps, mieux on sait s’en servir ». Cette maxime en sport de compétition est toujours d’actualité.

JO de Paris 2024 – Léon Marchand emmitouflé dans sa doudoune à la sortie de la chambre d’appel