Mise à jour des datas sur l’ascension de l’Alpe d’Huez
Article publié le 24 octobre 2026 après la présentation du Tour le 23 octobre 2025
En fichiers joints (PDF) : Dossiers Alpe d’Huez + l’Alpe d’Huez en dates et chiffres
Mise à jour des datas sur l’ascension de l’Alpe d’Huez
Article publié le 24 octobre 2026 après la présentation du Tour le 23 octobre 2025
En fichiers joints (PDF) : Dossiers Alpe d’Huez + l’Alpe d’Huez en dates et chiffres
POINT de VUE
Laurent Heurtois
Spécialiste datas et optimisation de la performance (ergonomie, biomécanique), a travaillé chez Wattbike France, un importateur d’ergomètres
QUESTION DU Dr JPDM :
Yoann Offredo, ancien coursier aujourd’hui consultant sur France Télévisions, évoque, suspicieux, l’ascension du Tourmalet dans laquelle Tadej Pogacar a maintenu une puissance de 6,7 watts par kilo de poids corporel [La Dépêche, 09.06.]
Alors peut-on se fier aux chiffres des watts pour évaluer la puissance développée et le niveau de performance du Slovène ?
Pas sûr ! En tout cas, le point de vue de Laurent Heurtois émet un gros doute.







En fichier joint (PDF) – Le texte de Laurent Heurtois
Comprendre ce qu’il faut faire pour ne pas cramer
Une image, des infos
Echanges de chaleur entre le corps humain et l’ambiance environnante. Décryptage de l’adaptation de la clime corporelle face aux coups de chaud
Les échanges de chaleur entre le corps humain et le milieu extérieur se font selon quatre mécanismes principaux :
1 – CONDUCTION (*)
Les échanges de chaleur s’établissent entre la peau et les matériaux avec lesquels elle est en contact (vêtements, chaussures, objets tenus : guidon, bidon, éponge, glaçons). Ils se font toujours de la surface la plus chaude vers la surface la plus froide. Une fois les températures égalisées, ce mécanisme cesse d’agir.
2 – CONVECTION (*)
Les échanges thermiques s’établissent entre la surface cutanée et les molécules d’air ambiant qui viennent à son contact. Ainsi, les courants d’air, si faibles soient-ils, en « léchant » l’épiderme entraînent avec eux une partie de la chaleur corporelle. En roulant à 45 km/h, les molécules chaudes se volatilisent.
3 – RADIATION OU RAYONNEMENT (*)
Le corps humain irradie de la chaleur sous forme de rayons infrarouges. Lorsque le sportif se trouve dans une ambiance dont la température est inférieure à la sienne, ce qui est généralement le cas en hiver, il y a perte de chaleur par rayonnement de l’organisme vers l’extérieur. Cependant, pour éviter l’hémorragie calorique inévitable sous nos climats tempérés où il est rare que le thermomètre atteigne 37° C – sauf en ce moment sur la 113e édition de la Grande Boucle – le corps possède un recours efficace : le refroidissement de la peau. Lorsque la température ambiante s’abaisse, l’irrigation sanguine de la peau diminue considérablement notamment au niveau des pieds et des mains. Ainsi, notre enveloppe cutanée se refroidit et diffuse moins de chaleur dans le milieu ambiant. Par conséquent, quand on dit que notre température corporelle tourne autour de 37° C, cela concerne uniquement la température centrale et non celle de la peau (température cutanée au niveau des mains : 30,7° pour les femmes ; 32,2° pour les hommes).
A l’inverse, si la température de l’air dépasse celle du corps, ce dernier emmagasine de la chaleur sous forme de rayonnement. C’est le cas depuis plusieurs jours su la route du Tour.
4 – ÉVAPORATION (***)
Pour éviter la surchauffe lorsque le soleil « tape » ou lors d’un effort intense, le corps fait appel principalement à l’évaporation. Ce mécanisme de dissipation de chaleur ne devient particulièrement efficace que si les gouttes de sueur s’évaporent. L’air sec est plus favorable que l’air humide.
(***) Degré d’efficacité lorsqu’il fait chaud, voire très chaud. D’où l’intérêt d’associer à l’hydratation du corps par voie orale, les aspersions d’eau à travers le casque, la nuque, les extrémités et les cuisses.
Pour la 113e édition de la Grande Boucle, le Français Paul Seixas, n° 51, au plan de la renommée prendra-t-il la roue des quatre ‘’ 51’’, tous cadors dorés de la Randonnée de juillet ?


Sauf qu’en 2019, Thibaut Pinot avec le 51 était en passe de remporter l’épreuve mais, victime d’un claquage à la cuisse à deux jours de l’arrivée, il dut abandonner et a vu s’évanouir son rêve de s’adjuger la Colossale épreuve.


Pourquoi le maillot noir de Visma en 2026, de Sky de 2010 à 2018 et de Tudor depuis 2023, n’est pas pénalisant face à la surchauffe de l’été ?
Depuis 1906, les scientifiques à juste raison en l’état actuel des connaissances, expliquent que les couleurs claires, notamment le blanc, sont plus adaptées face à l’intensité du rayonnement solaire.
2010 – Décryptage de la bascule vers le noir
L’Equipe.fr du 02 juillet, fait tout un article pour expliquer la justification par la cellule performance de l’équipe batave du choix de la couleur noire :
« Nous avons mené, nous dit Mathieu Heijboer, le directeur de la performance chez Visma/Lease a bike, de nombreux tests dans des chambres thermiques où le rayonnement solaire est simulé. Ces tests nous ont permis d’observer la vitesse à laquelle la température monte sous une chemise. Nous avons également effectué des tests avec des mannequins capables de transpirer. Tous les résultats indiquent que le choix du tissu-est plus important que sa couleur. »
Valentin Lachaux, le rédacteur de L’Equipe.fr, résume : « Les fans peuvent être rassurés, Jonas Vingegaard ne devrait normalement pas être pénalisé par sa tenue. Et le maillot jaune pâle, lui, n’est en tout cas pas tombé aux oubliettes puisqu’il sera utilisé lors des jours de repos. »
Sauf que dès 2010, le team Sky (Bradely Wiggins et Chris Froome) ont déjà couru avec des maillots noirs réfléchissant à la fois les radiations thermiques (IR) tout en bloquant les radiations UV. Ce double effet est obtenu grâce à Coldblack® technologie.
Donc déjà connu depuis 2010 (16 ans) laissant supposer que le journaliste de L’Equipe.fr a zappé l’équipe Sky pendant sa période faste (6 victoires finales au TDF) qui était vêtue d’un maillot de couleur noire de 2010 à 2018

Pour en savoir plus sur la révolution Coldblack® maillot noir antisurchauffe, je propose une fiche technique qui faisait le point sur cette avancée, publiée par mes soins dans Cyclosport magazine d’août-septembre 2014.

Cyclosport magazine, 2014, n° 99, août-septembre


Que ce soit en 1924 et de 1946 à 1951 sur le Giro, de 1930 à 1947 sur le Tour de France, les maillots noirs en laine et/ou en coton étaient une entrave sérieuse à la performance. D’où la disparition de cette couleur jusqu’en 2010 et la révolution Coldblack® Technologie.
POUR EN SAVOIR PLUS – BLOG JPDM – Autres liens sur surchauffe de l’air et effort physique prolongé
Sur l’ensemble de l’histoire du Tour, seules 58 nations ont vu au moins un de leurs coureurs participer à la Grande Boucle depuis 1903. Autrement dit, à peine un quart des pays affiliés à l’Union cycliste internationale (UCI) ont déjà accédé à ce niveau.
Cette stagnation contraste avec l’image globale du Tour.
À partir de ce samedi 4 juillet, la 113e édition s’élance de Barcelone et sera diffusée dans 190 pays. Pourtant, malgré cette exposition mondiale, le cyclisme professionnel peine à s’étendre. Depuis six ans, aucune nouvelle nation parmi les 203 fédérations membres de l’UCI n’a envoyé un coureur au départ de la Ronde de Juillet.
Un chiffre résume parfaitement cette inertie : 27 nations au départ chaque année depuis 2021, sans la moindre variation. La mondialisation du cyclisme, elle, semble rester dans les roues.



L’organisateur, au mépris des limites physiologiques du corps, a fait sien le slogan olympique « Citius, Altius, Fortius » (plus vite, plus haut, plus fort), une injonction perverse qui, sous couvert d’excellence, légitime la course au podium à tout prix — et donc au dopage. Même si l’on sait d’expérience que c’est la lutte entre les acteurs qui potentialise la difficulté du parcours. Mais la compétition encadrée par les spectateurs pousse au dépassement…
Le parcours du Tour de France 2026, dévoilé le 23 octobre dernier, confirme une tendance forte : la multiplication des ascensions difficiles, parfois répétées sur une même étape ou sur deux étapes consécutives. Les coureurs devront ainsi affronter deux arrivées à l’Alpe d’Huez — même si seule la célèbre montée des 21 virages sera au programme, la seconde étant précédée par l’exigeant col de Sarenne (1 999 m). Autre défi : le Ballon d’Alsace, gravi à deux reprises, et une dernière étape avec trois passages par la Butte Montmartre.
Cette pratique, qui consiste à faire grimper les coureurs plusieurs fois le même col, n’est pas nouvelle. Dès 1913, lors de la 11e édition du Tour, le Ballon d’Alsace était déjà au menu deux fois de suite : d’abord en fin de 12e étape (Genève-Belfort), puis au début de la 13e (Belfort-Longwy). Une particularité peu connue – ignorée même par les historiens et sites dédiés au cyclisme mais aussi par les organisateurs actuels – alors que la double ascension de 1914, elle, est bien répertoriée dans les archives. Il faudra ensuite attendre 1964 pour voir réapparaître ce procédé, avec une ascension d’envergure le Port d’Envalira (2 407 m) lors des 13e et 14e étapes.
Le Port d’Envalira, déjà 2 ascensions en 1964
Depuis, tous les grands cols ont eu droit à leur « double dose » :
Cette accumulation de difficultés, qui ne concerne pas que le Tour mais aussi le Giro et la Vuelta, interroge certains acteurs de la Grande Boucle. Pourtant, l’histoire montre que l’innovation — ou la répétition — font partie de l’ADN de la course.

Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD – Facebook : Jean Pierre Demondenard
EN FICHIER JOINT – Tour de France : cols et côtes passés 2 fois lors d’étapes consécutives ou lors de la même étape)
Alpe d’Huez – Gap – Lors de la 19e étape, les coureurs affronteront la célèbre ascension le 24 juillet. Le lendemain, la 20e étape partira de Bourg-d’Oisans et se terminera de nouveau à l’Alpe, mais cette fois “par le haut”, après avoir gravi le col de Sarenne (1 999 m). Ce tracé rappelle celui du versant sud du Galibier, où, après avoir franchi le Géant des Alpes, le peloton en descente ‘’escalade’’ le col du Lautaret.
Lors de la 113e édition du Tour de France les coureurs s’affronteront sur un parcours musclé avec plusieurs géants montagneux au menu : Tourmalet, Galibier, Croix de Fer, Salève, Alpe d’Huez deux fois mais une seule ascension des 21 virages… Pour les 3 333 km des 21 étapes, cette édition 2026 avec un total de 54 450 mètres de dénivelé positif – soit au moins 2 000 m de plus qu’en 2025 – sera probablement indigeste pour les sprinteurs.
L’Alpe d’Huez culmine à 1 850 mètres, constituant une des ascensions les plus célèbres du Tour de France masculin. Un retour marquant pour un obstacle alpin qui a souvent pesé lourd dans le classement général de la plus grande course cycliste du monde.
33e montée au sommet
Depuis sa première apparition en 1952, l’Alpe d’Huez s’apprête à accueillir le peloton pour la 33e fois. D’abord classée en première catégorie jusqu’en 1978, elle a été surclassée hors catégorie en 1979, rejoignant le panthéon des géants de même niveau de difficulté tels que le Tourmalet, le Galibier, l’Izoard, l’Iseran, le Ventoux, ou encore le col de la Loze.
Un sommet, des légendes
Sur les 32 ascensions précédentes entre 1952 et 2022, seuls 26 coureurs ont levé les bras au sommet après avoir dompté les 21 virages emblématiques. Parmi eux, six récidivistes, même si l’un a vu ses deux victoires annulées pour dopage.
Le rendez-vous est donc pris : en 2026, l’Alpe d’Huez pourrait une nouvelle fois jouer un rôle décisif dans la quête du Maillot Jaune.
La montée de l’Alpe d’Huez. – A.S.O/Géoatlas
Retour sur la première ascension de l’Alpe en 1952
Pour cette 39e édition du Tour de France, l’organisateur renforce le parcours montagneux, en augmentant sensiblement le nombre d’obstacles, qui passe de vingt et un cols à franchir, contre dix-sept l’année précédente. Fait nouveau, trois étapes ont pour point terminal le sommet d’un col ou d’une montagne : l’Alpe d’Huez, Sestrières et le Puy de Dôme.
L’Alpe d’Huez (1 780 m), 1re catégorie
On est le vendredi 4 juillet 1952 sur 266 km, la 10e étape conduit les géants de la route de Lausanne à l’Alpe d’Huez, avec une arrivée inédite en altitude. Selon l’histoire de cette ascension, Georges Rajon, un hôtelier de la station iséroise, serait l’homme qui a mis cet obstacle sur le parcours de la Grande Boucle. En réalité, l’idée de faire grimper le peloton à l’Alpe n’est pas de lui : « C’est un artisan-peintre de Bourg-d’Oisans, Jean Barbaglia, qui est venu nous voir, un jour de 1951, André Quintin (un autre hôtelier de l’Alpe) et moi et nous a dit « Pourquoi on ne ferait pas venir le Tour de France à l’ Alpe ? » Tout est parti de là. (1) Mais au final, Rajon a joué un grand rôle dans la réalisation de cette toute première arrivée en altitude. On lui doit aussi, en 1964, la numérotation à rebours des virages, du n° 21, en bas, au n° 1, peu avant le sommet. Au final, c’est l’Italien Fausto Coppi qui en sera le grand vainqueur, en devançant de 1 min 20 s le Tricolore Jean Robic.
Selon Patrick Chêne, l’ancien responsable du service des sports de France 2 de 1998 à 2000, avec cette victoire du Campionissimo, « la station de l’Oisans entrait dans la légende avec d’autant plus de force que, cette même année, la télé couvrait le Tour pour la première fois. Pourtant, il faudra attendre vingt-quatre ans, jusqu’en 1976, pour que les coureurs renouvellent .. l’exploit. Personne ne pensait alors que l’étape deviendrait le rendez-vous de l’été des gens venus du Nord et serait même baptisée la montagne des .. Hollandais. De 1976, en effet, avec Joop Zoetemelk à 1989, avec Gert-Jan Theunisse, les Hollandais accumulent les victoires.» (2)
Autre caractéristique remarquable de cette « côte» de 14,500 km avec une pente moyenne de 7,9%, ce qui la classe un peu en avant du mont Ventoux côté Bédoin (7,5 %), dans plus de 70 % des cas, elle livre le nom du vainqueur final du Tour. En effet, si on liste, dans le palmarès depuis 1952, l’homme revêtu du paletot doré au sommet de l ‘Alpe, on constate que 24 fois sur 32 (75%), il a remporté l’épreuve quelques jours plus tard (même en supprimant le double lauréat déclassé pour dopage, le pourcentage est toujours très proche : 73%)
Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD – Facebook : Jean Pierre Demondenard
Même très exigeant dans mes recherches, je ne suis pas exempt moi non plus de faire des erreurs. C’est pourquoi, je demande aux lecteurs avertis – sur la base de documents d’époque – de me communiquer les éventuels manques. Merci d’avance.
EN FICHIER JOINT – Dossier L’Alpe d’Huez