Fausto Coppi domine haut la main les 36e et 39e éditions du Tour de France, malgré la présence de son adversaire intime, Gino Bartali, mais aussi de plusieurs autres cadors de l’époque : Jean Robic, Ferdi Kübler, Hugo Koblet et Louison Bobet.
À 20 ans, il remporte déjà son premier Grand Tour
À la manière de Tadej Pogačar, numéro 1 mondial des années 2020, Fausto Coppi révèle très tôt des aptitudes hors normes. Dès l’âge de 20 ans, il remporte le Tour d’Italie 1940 alors qu’il n’est encore que simple équipier de Gino Bartali au sein de l’équipe Legnano.
L’Homme de Fer, surnom de Bartali, déjà vainqueur du Giro en 1936 et 1937 et deuxième en 1939, terminera cette édition 1940 à la 9e place, à 46 min 09 s de son gregario Coppi.
Deux ans plus tard, en pleine Seconde Guerre mondiale et sans entraînement spécifique, Coppi porte, le 7 novembre 1942, sur la piste du Vigorelli à Milan, le record de l’heure à 45,848 km/h. Une performance que les meilleurs spécialistes de son époque considèrent alors comme quasiment imbattable.
Il faudra attendre treize ans avant qu’un autre champion ose s’attaquer à ce record. Jacques Anquetil échoue une première fois, le 23 octobre 1955, avec 45,175 km/h, puis une deuxième fois le 25 juin 1956, avec 41,260 km/h. Trois jours plus tard, le 29 juin, il parvient finalement à dépasser Coppi en portant le record à 46,159 km/h.
Spécialiste des échappées solitaires : jamais rattrapé de 1946 à 1954
Comme Tadej Pogacar, le Campionissimo aimait s’extraire du peloton pour s’installer seul en tête et maintenir son effort pendant de nombreux kilomètres jusqu’à l’arrivée.
Selon Pierre Chany, journaliste de référence du cyclisme, cette capacité à aller au bout de ses échappées solitaires constitue même une caractéristique exceptionnelle de Coppi : « Il est rigoureusement vrai que Fausto Coppi, une fois évadé de la meute, ne fut jamais rejoint par ses poursuivants dans la période comprise entre 1946 et 1954, aussi vrai que le mètre-étalon déposé au Pavillon de Breteuil mesure cent centimètres. » [Arriva Coppi, éd. La Table Ronde, 1960, 259 p., p. 15]
Fort de l’expérience accumulée au cours d’une carrière professionnelle commencée en 1940, Coppi, dix-sept ans plus tard, à l’automne de son parcours, reconnaissait d’ailleurs sans détour ce qu’il considérait comme sa principale erreur de jeunesse : « Je ne me lancerais plus dans ces interminables échappées qui ont marqué le début de mon activité pro. J’éviterai de gagner des courses avec plusieurs minutes d’avance. C’est un effort insensé qui ne rime à rien. L’essentiel est de figurer au palmarès. » [Le Miroir des Sports, 1957, n° 648, 26 août, p. 17]
Un novateur dans l’entraînement, la nutrition… et le dopage chimique !
Dès 1942, Fausto Coppi évolue dans un cyclisme professionnel marqué par l’usage des amphétamines, alors largement répandues dans le contexte de la guerre et des opérations militaires. Il a recours à ces psychotoniques, réputés favoriser la performance physique, et en consomme notamment sept comprimés lors de son record de l’heure.
Lors d’une interview accordée à la RAI en 1952, il reconnaît consommer ce type de produits chaque fois qu’il court.
Parallèlement, Coppi porte une attention particulière à l’entraînement et à la nutrition. Après sa mort, notamment dans les années 1960 puis encore dans les années 1990, certains journalistes français le présenteront comme l’un des grands précurseurs de la modernisation du cyclisme : travail derrière derny, nutrition, position sur la machine, qualité du matériel – notamment les boyaux – ou encore importance accordée au sommeil.
Cette lecture a parfois conduit à attribuer l’explosion des vitesses de course à ces seules innovations, en laissant au second plan une autre dimension de sa pratique : le recours aux produits dopants, notamment aux amphétamines. Il convient de rappeler que, durant la carrière de Coppi, le dopage n’était pas encore interdit par la réglementation sportive comme il le sera par la suite.
En 2026, cette dimension apparaît désormais explicitement dans la biographie de Coppi sur Wikipédia. L’encyclopédie en ligne consacre un intertitre aux « Apports de Coppi dans le sport cycliste : diététique, technique, entraînement, dopage », ce qui témoigne de l’intégration de cette dimension dans la présentation contemporaine du champion [consulté le 18 septembre 2026].
Chiffres remarquables concernant sa pratique solitaire en compétition
Signalons les chiffres de sa pleine activité ayant impacté les dernières années de compétition du crack italien qui ne participait qu’à des critériums ne dépassant pas… 45 km.
À l’acmé de sa carrière, entre 1946 et 1954, on relève ainsi :
- 50 victoires en solitaire ;
- 3 000 kilomètres parcourus seul en tête ;
- 192 kilomètres : sa plus longue échappée solitaire ;
- 14 minutes : son plus large écart à l’arrivée sur son suivant immédiat.
Pour les fans de la Grande Boucle, nous proposons un document biographique unique sur Fausto Coppi, le Campionissimo (III)
Sans langue de bois, avec l’exigence de rendre compte des faits, différents aspects sont abordés :
- Check-up (état-civil, morpho-physiologique, staff médico-technique, parcours sportif, professions d’origine)
- Rayon palmarès (épreuves datées de 1939 à 1959)
- Rayon incidents de parcours (blessures, problèmes de santé et ‘’sorties’’ de route)
- Rayon hygiène, entraînement, alimentation
- Rayon soins et dopage
- Rayon idée reçue de la presse, notamment française, sur le novateur de l’entraînement, de la nutrition, de l’organisation d’une équipe performante (un seul leader et des équipiers à son service exclusif) ce qui était vrai mais occultant de A à Z son apport majeur aux amplificateurs artificiels de performance alors que Coppi ne s’en cachait pas.
- Rayon triche autre que dopage
- Rayon énigme sur la transmission d’un bidon entre Bartali et Coppi (Tour de France 1952)
- Rayon mémoire : courses ‘’naming’’, stèles et plaques commémoratives
- Rayon lectures : pour tout savoir sur Fausto Coppi dit Le Héron
- Livres, documents, hors-séries (46 références)
- Articles de presse : textes et interviews (69 références)
En fichier joint (PDF) – Fausto Coppi – Document complet

