Dopage – Le quotidien Sud-Ouest piégé par ses propres outrances sur les Jeux  »améliorés »

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Pour décrédibiliser les Enhanced Games (Jeux « améliorés »), Sud-Ouest assure que tous les cyclistes dopés finiront avec un cancer des testicules à 40 ans. Sous-entendu : le dopage encadré mènerait à une véritable hécatombe sanitaire. Mais cette envolée démontre surtout une chose : entre le cyclisme et la presse, c’est bien cette dernière qui semble la plus malade.

Une illustration critique de l'article de _Sud-Ouest_ sur le dopage des cyclistes, avec le texte 'Fake news' en haut et une citation accusant tous les cyclistes dopés de souffrir de cancer des testicules, d'infertilité et d'enfants retardés.

Le 26 novembre, un article de Sud-Ouest signé Patrick Favier rapporte l’interview de Margot Chevrier. Perchiste de haut niveau et étudiante en 5ᵉ année de médecine à Bordeaux, sa vindicte envers ces Jeux améliorés la pousse au dérapage volontaire en s’en prenant aux seuls… cyclistes ! suivant la tendance de nombreux « experts » autoproclamés du dopage, qui se réfèrent presque exclusivement au vélo, ignorant l’athlétisme, le football, le tennis ou le rugby.

Article de Sud-Ouest rapportant des déclarations controversées sur le dopage dans le cyclisme, avec des accusations de santé non prouvées.

Dans son interview, Margot Chevrier affirme que « tous les cyclistes dopés souffrent de cancer des testicules à 40 ans, sont infertiles et que leurs enfants présentent des retards de développement. » Ces accusations, faites sans aucune preuve scientifique, sont alarmantes et diffamatoires.

Pour rappel, depuis 1903, 5 393 coureurs ont participé au moins une fois au Tour de France. Parmi eux, seuls six cas de cancer des testicules ont été recensés, soit environ 0,1 %. Aucun décès ni cas d’enfant « retardé » n’a été enregistré. Ces cancers ont été diagnostiqués à 27 ans et 2 mois, bien avant l’âge évoqué par Mme Chevrier.

La méconnaissance du cyclisme par Margot Chevrier est flagrante, mais cela ne l’empêche pas de formuler des accusations graves. Sur quelles sources scientifiques fiables s’appuie-t-elle ? Stigmatiser un sport entier sans preuves est non seulement inexact, mais relève de la diffamation.

Des questions se posent : les instances officielles – UCI, ministère des Sports, Conseil de l’Ordre des médecins, faculté de médecine de Bordeaux, Fédération française d’athlétisme – réagiront-elles face à ces propos stigmatisants ?

Face à ces élucubrations, le lecteur pourrait croire à un poisson d’avril ou à une fake news. Mais non : c’est bien paru dans Sud-Ouest. La responsabilité journalistique est ici engagée : un journaliste peu informé sur le dopage sélectionne une « experte » improvisée, encore moins qualifiée, pour relayer des informations scientifiquement infondées.

Le résultat : une désinformation qui nuit à la réputation des cyclistes et à la perception du public. Pour le lecteur lambda, quelles impressions tirer de ces affirmations ? Encouragerait-il ses enfants à pratiquer le cyclisme, un sport pourtant bénéfique pour la santé ?

Margot Chevrier, futur médecin, démontre son ignorance sur plusieurs points :

  • le cancer des testicules,
  • la relation entre cette pathologie et le dopage,
  • le dopage dans l’athlétisme, son propre sport, pourtant historiquement touché par ce fléau.

Le dopage est un sujet complexe, méritant une analyse rigoureuse et des sources fiables. Les élucubrations médiatisées par Sud-Ouest n’apportent qu’une distorsion regrettable et injuste de la réalité sportive.

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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Dopage – HCG – Le contrôle antidopage ne fait pas qu’épingler les tricheurs

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Il permet aussi d’alerter plus rapidement ceux qui développeraient un cancer asymptomatique des testicules

Le cycliste norvégien Torstein Traeen, grâce à un test antidopage inopiné positif à l’HCG, a été alerté dès le début qu’il développait un cancer du testicule

En effet l’hormone gonadotrophine chorionique fait partie depuis 1988 des substances prohibées par la lutte antidopage pour son action stimulante sur la sécrétion testiculaire de l’hormone mâle (testostérone). Elle est aussi sécrétée en abondance chez les sujets porteurs d’un cancer du testicule.

A la suite de cas positifs à l’HCG sanctionnés à tort pour dopage, depuis 2015 l’Agence mondiale antidopage (AMA) a décidé pour cette substance de supprimer la suspension préventive jusqu’à ce que l’athlète passe des examens spécialisés permettant de démontrer qu’il n’a pas fauté ou, au contraire, qu’il a pris de l’HCG.

Un cycliste en vêtement rouge levant un trophée sur un podium avec des logos de sponsors en arrière-plan.

Torstein Traeen, actuel maillot rouge de La Vuelta

Pour éclairage, six tweets (sur X) JPDM du 31 août 2025 :

  1. Cyclisme – Torstein Traeen, actuel leader du Tour d’Espagne, a en 2022 été contrôlé positif à l’hormone HCG révélant un cancer (K) du testicule. L’HCG qui fait partie des substances illicites en et hors compétition car elle stimule la production de testostérone endogène, peut aussi témoigner d’un K du testicule.
  2. Cyclisme – Dès 1988, l’HCG est référencée sur la liste des illicites du CIO. Avec cette possibilité de détection, plusieurs sportifs ont été avertis à l’occasion d’un test antidopage positif qu’ils étaient porteurs d’un K du testicule. L’antidopage devenant ainsi un facteur efficace de prévention.
  3. Cyclisme – Exemple : T. Van der Plaetse, décathlonien belge testé positif en sept 2014, finira 14e aux Mondiaux de Pékin en 2015. Dans le sport, notamment cycliste, il est souvent fait l’amalgame entre K testicule et dopage. Or, depuis 1903, on note 6 cas sur 5 393  coureurs différents ayant pris le départ du Tour de France.
  4. Cyclisme – En 112 éditions, avec  Lance Armstrong, seuls 5 cas ont été diagnostiqués, soit 0,10%. Peu probable d’un rapport avec le dopage ! De même, signaler dans Eurosport.fr que Traeen aurait tôt ou tard subi une prise de sang « qui l’aurait averti ». Sauf que le passeport biologique ne teste pas l’HCG.
  5. Cyclisme – Rappelons que depuis des décennies – milieu des années 1970 – le traitement bien conduit du K du testicule est particulièrement efficace et fait de cette tumeur une pathologie à part où le pronostic vital est exceptionnellement engagé par rapport aux autres K.
  6. Dopage – L’AMA à la suite du cas du décathlonien belge a modifié la gestion des cas positif à l’HCG. Pour qu’un sportif ne soit pas accusé à tort de dopage, la suspension préventive est supprimée jusqu’à ce que l’athlète puisse passer des examens médicaux spécialisés afin de confirmer ou non le K..

Définition et réglementation de l’HCG

GONADOTROPHINES – chorioniques (hCG), ménopausiques (hMG), hypophysaires (LH, FSH), hypothalamiques (sécrétagogues) et analogues  

Hormone sécrétée en abondance par le chorion et le placenta (annexes du fœtus) pendant les trois premiers mois de la grossesse. Jusqu’alors impossible à synthétiser, la forme commercialisée depuis 1948 provient exclusivement de l’urine de femmes enceintes. Elle est utilisée en thérapeutique par voie intramusculaire comme stimulant de l’ovaire et du testicule. Chez l’homme, elle stimule la production d’androgènes et plus spécialement de testostérone. Trois raisons ‘’non contrôlées’’ poussent les sportifs à consommer de l’hCG :

1. Stimuler la production de testostérone par le testicule.

2. Augmenter la sécrétion d’épitestostérone parallèlement à celle de testostérone. Cela a pour avantage de ne pas modifier le rapport testostérone/épistestostérone et donc de passer à travers le contrôle antidopage.

3. Lutter contre l’effet dépressogène de l’arrêt des stéroïdes anabolisants. A la fin d’un cycle de dopage, l’administration de gonadotrophine chorionique relance la production endogène de testostérone freinée pendant la cure de stéroïdes hormonaux. En revanche, en favorisant aussi la production endogène d’œstrogènes, une utilisation prolongée de gondaotrophine chorionique risque de provoquer chez l’homme une modification de la répartition des graisses et une gynécomastie inopportune, notamment chez les culturistes expos, aux regards des juges.

Document d'information sur la réglementation des gonadotrophines chorioniques dans le sport, incluant des détails sur leur utilisation, les cas de dopage, et les implications médicales pour les athlètes.

Les six cyclistes professionnels ayant participé au Tour de France et qui, pendant leur carrière, ont dû soigner un cancer du testicule. (PDF)

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Tour de France ton histoire – Lance Armstrong un cador parmi les géants du maillot jaune mais aussi un supermenteur top niveau

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C’est peut-être son plus gros mensonge : « En 1999, je suis un meilleur coureur qu’avant ma maladie (1996-1997) et surtout une meilleure personne« .

[L’Equipe, 04.07.1999]

 

Tous ses adversaires directs de son septennat victorieux (1999-2005) sont d’accord pour dire sans langue de bois qu’il était à la fois le boss mais aussi le meilleur du peloton des années 2000. En revanche, ses aveux en deux temps – une première fois au début de l’année 2013 dans une émission TV animée par Oprah Winfrey et, tout récemment, dans un documentaire diffusé sur la chaîne américaine ESPN les 24 et 31 mai 2020 – après plus de sept ans de réflexion, déconstruisent tous les bobards assénés dans la presse avec la complicité de nombreux journalistes peu soucieux d’informer sur les dessous de sa domination pendant sa période faste de 1999 à 2009.

Lance Armstrong face à Oprah Winfrey lors de ses premiers aveux en janvier 2013