Tour de France – Le nombre de néophytes chute au profit des gains marginaux !

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La médiatisation tous azimuts de la Grande Boucle accroît la professionnalisation des équipes (staff) et des coureurs sélectionnés pour le Tour.

 Dans un précédent billet, j’avais révélé que depuis 1985 et un nombre de partants supérieur à 180, c’est en 2016 – la 2e fois avec 2012 – qu’il y a seulement 33 néophytes au départ alors que depuis 2000 la moyenne est de 46 (13 de plus). Les deux principales formations engagées sur la 103e édition pour ramener le maillot jaune ont, parmi les neuf coureurs, zéro nouveau pour la Movistar et deux pour la Sky. Lors de la 8e étape Pau-Bagnères-de-Luchon, le Danois Michael Morkov est le tout premier abandon de l’épreuve.

 

MORKOV

Le Danois Michael Morkov est le premier des 198 partants à mettre la flèche seulement au cours du 8e jour de course : un record

 

Depuis 1903, il n’a jamais fallu attendre la 8e cession pour enregistrer un tel évènement. Il faut rappeler que les tout premiers pelotons des Tours de France pionniers étaient composés en grande partie d’isolés catalogués de ‘’bizuts de la route’’ tout juste capables de piloter une bicyclette. Ainsi, dès les premiers coups de pédale lors de l’étape inaugurale, un gros wagon, à chaque édition, de cyclistes abandonnait. En 1927 – l’année record – dès le 1er round, on enregistrait 35 déserteurs. A partir des années 2000 où le professionnalisme s’intensifie, les abandons tardifs des concurrents de la Grande Boucle ne dépasseront pas la 5e étape (2002 et 2005).

Donc le retrait de Morkov au cours du 8e épisode de la Grande Randonnée 2016 est bien le record depuis 1903 témoignant là aussi que les géants de la route sont de mieux en mieux sélectionnés et préparés. Pour une équipe du World Tour, bien se comporter sur le Tour procure de tels avantages médiatiques que plus rien n’est laissé au hasard. On est entré de plain-pied dans l’ère des détails qui font la différence et comme le dit David Brailsford, le patron de la Sky – l’équipe de Chris Froome – tout pour la victoire grâce aux ‘’gains marginaux’’.

DAVE BRAILSFORD

David Brailsford, manageur de l’équipe Sky depuis 2010 et adepte des gains marginaux

 

 

Cyclisme (et autres sports) – Causes du dopage : la hiérarchie

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  1. Compétitions (gagner contre des adversaires ou améliorer ses propres performances)
  2. Médiatisation (presse écrite, parlée, audiovisuelle, spectateurs)
  3. Encadrement (entraîneurs, directeurs sportifs, ex-athlètes de haut niveau – tous ayant plus ou moins étaient personnellement confrontés à la dope -, médecins, soigneurs, clubs, parents)
  4. Dopage et lutte antidopage : facile de passer à travers (substances indécelables, non recherchées, borderlines)
  5. Cadences infernales, efforts surhumains
  6. Potentialisateurs :
  • Argent
  • Dirigeants (CIO, FFC, FIFA, TDF, UCI, IAAF…)
  • Message ‘’mou’’ ou minimaliste des instances (dirigeants, organisateurs, sponsors…). Exemple : la triche est peu répandue
  • Milieu (loft)
  • Nationalisme
  • Organisateurs
  • Reconnaissance officielle: médailles olympiques, athlète de l’année, proche d’un homme politique emblématique
  • Légion d’honneur
  • Pression des employeurs et des sponsors (obligation de résultats)

POUR CAUSER et ÉCRIRE correctement sur le cyclisme, il faut avoir :

  1. Des archives pointues et mises à jour en continu
  2. Fait des études de médecine et exercé la profession de médecin
  3. Pratiqué le cyclisme à haute dose, notamment en montagne
  4. Suivi des compétitions d’amateurs et de professionnels

Dans le cas contraire, il faut se contenter d’être un simple passionné et de discuter sur la légende cycliste des forçats de la route au café du commerce, au bar des sports ou avec des amis.