Punchlines Dr de Mondenard

Par défaut
[publié le 16 janvier 2017]

N° 81 

D’abord le physique …

 Aujourd’hui, c’est sur le physique que la hiérarchie et la sélection des sportifs s’opèrent. Dans le tennis, le foot et le rugby, les musculairement denses, les bien taillés, les gabarits prennent le pouvoir. Or, le dopage agit en priorité sur la force, la puissance, la vitesse, la détente verticale, le démarrage, les accélérations, l’endurance et la résistance. Donc, il n’y a aucune raison valable pour que dopage, tennis, foot et rugby ne s’entendent pas comme larrons en foire.

 N° 82

Pas même une aspirine …

Souvent, devant toute suspicion de dopage, le sportif – pour sa défense – affirme que lorsqu’il est patraque il ne prend même pas un comprimé d’aspirine. Mis à part le trio, idiot – imbécile – débile – qui va croire une telle fable ?

N° 83

C’est tout le temps l’AUTRE !

Alors que le dopage sévit plein pot en Union Soviétique depuis des lustres, que dit Serguei Bubka – perchiste exceptionnel mais aussi candidat malheureux à la présidence du Comité international olympique en septembre 2013 – « A l’Ouest les athlètes se dopent. PAS NOUS. C’est la propagande occidentale qui répand ce bruit contre nous ». Cette perle a été publiée dans L’Equipe du 05 mars 1985.

sergey-bubka-records-mundo-salto-con-pertiga-atletismo

                                       Serguei Bubka, 6,15 m (indoor le 21 mars 1993)             

bubka

Membre du Comité exécutif du CIO depuis 2013

 

Punchlines en série du Dr de Mondenard

Par défaut
[publié le 14.12.2016]

Mise à jour

N° 63  

Plus fort que la douleur…

Dire que l’on est ‘’plus fort que la douleur’’ (d’une blessure), pour nous c’est l’expression de quelqu’un qui n’a pas compris que son corps était son partenaire n° 1 et que de le maltraiter en faisant fi de son message (la douleur) ne pourra que le conduire à une usure accélérée à court et moyen terme.

edito_le_combat_sans_fin_contre_la_douleur

 N° 64  

L’éthique journalistique, un frein à la qualité de l’information

 Tout le monde connaît le jeu du ‘’message télégraphique’’ dit ‘’Le téléphone’’ où les enfants sont assis en cercle, l’un d’eux choisit un message de quelques mots (ou davantage selon le niveau du groupe) qu’il chuchote dans l’oreille de son voisin qui, lui-même, fait de même avec le sien et ainsi de suite en faisant le tour du cercle. La dernière personne qui le reçoit doit le divulguer à haute voix. Très souvent, les mots sont modifiés et le message final n’a plus rien à voir avec l’original quand il n’est pas complètement farfelu. C’est ce que je vérifie régulièrement lorsque je suis interviewé sur le dopage par la presse sportive papier : le texte publié n’a rien à voir, ou si peu, avec mes réponses argumentées. Le bon sens suggère qu’il serait si simple de me faire relire le texte avant parution. Eh bien non ! Nombreux sont ceux qui mettent en avant ‘’l’éthique journalistique’’ pour ne pas souscrire à cette relecture de l’expert. Vous avez dit information ! Comme c’est bizarre.

presse                  micros

 N° 65 

Tennis : des produits dopants autorisés par l’AMA

 Selon les tennismen eux-mêmes, notamment les Français, ils ne se dopent jamais. Et pourtant, ils consomment pour jouer en compétition, en tout cas certains, des mégadoses de stimulants qui figurent sur le programme de surveillance de l’Agence mondiale antidopage. Par exemple, le Guronsan® dont la composition contient de la caféine est largement utilisée sur les courts.

guronsan-2

 N° 66 

Les bilans annuels des contrôles antidopage c’est de la poudre aux yeux

 Tous les médias qui analysent et commentent les chiffres des bilans des contrôles antidopage de fin d’années donnés par l’AMA, les Fédérations internationales et le MPCC accréditent des résultats complètement bidons puisque, depuis plus de cinquante ans, un contrôle négatif est la preuve de rien du tout. Tous les cadors du dopage, depuis des lustres, pour se défendre de la suspicion ont mis en avant le nombre conséquent de leurs tests, tous négatifs ! Aujourd’hui, malheureusement pour l’éclairage des faits, notre société est remplie d’informateurs incultes.

 sans-titre N° 67 

Le public ne s’en fout pas du dopage…

 Depuis 1950, cela fait soixante six ans – régulièrement – que les organisateurs et leurs médias satellites, nous ‘’vendent’’ un engouement massif des Français pour la Grande Boucle. Soit ! Mais comment expliquer que depuis la victoire de Ferdi Kubler à l’entame des années 50, on nous donne toujours les mêmes chiffre de « douze à quinze millions » de supporteurs massés sur le bord des routes de l’Hexagone alors que la population française dans le même temps a fait un bond de 36 % ? (42,6 millions en 1950 pour 66,6 millions en 2016). En clair, sans avoir fait Maths sup, cela signifie que le nombre de fans des géants de la route a nettement chuté.

 

tdf

Public attendant le passage du Tour de France

 

 N° 68 

Les sportifs oui…

Souvent, j’entends tel ou tel spécialiste des arcanes du sport affirmer de façon péremptoire que le public s’en fout du dopage. Pourtant les chiffres s’inscrivent en faux contre cette assertion. Mais, en fait ceux qui s’en foutent le plus, ce sont les sportifs eux-mêmes. Il est rare qu’ils mettent en cause dans leur défaite les drogues  de la performance consommées par leur vainqueur. De même, ils sont rarissimes les sportifs qui militent à la fois pour l’antidopage et qui sont prêts à verser une partie de leurs gains pour éradiquer le fléau.

imagesj45o35hx

 N° 69 

Le physique, l’atout n° 1 des podiums

Depuis longtemps, mis à part quelques exceptions rarissimes, la classe, le toucher de balle, le dribble ne suffisent plus pour atteindre le sommet de la hiérarchie. Le physique est devenu l’atout n° 1 de toute performance. Or, le dopage dans toutes les disciplines, booste efficacement les capacités physiques. Quand un médecin, un dirigeant, un entraîneur vous affirme « dans mon sport, le dopage ne sert à rien », vous avez affaire soit à un incompétent ou plus vraisemblablement à un menteur.

 N° 70 

La violence meurtrière des gros bras

 Régulièrement, dans les procès d’assises défrayant la chronique, on constate que l’assassin ou le meurtrier est un homme bien bâti pratiquant la musculation à haute dose plusieurs fois par semaine pendant deux à trois heures à chaque séance. La plupart d’entre eux sont atteints de bigorexie et consomment régulièrement des stéroïdes anabolisants (engrais musculaires) qui exposent les adeptes de ces drogues à la rage des stéroïdes. Cette dernière se manifeste par un comportement violent pouvant pousser au meurtre, à une hypersexualité (échangisme) et à une paranoïa excessive.

imagesAlors que pendant les procès aux assises, la personnalité de l’accusé, en particulier sur sa consommation éventuelle de cannabis ou d’alcool,  est l’une des cibles de l’accusation  ou de la défense, jamais, à propos de ces crimes impliquant des adeptes de l’hypertrophie musculaire, je n’entends les juges, les avocats, les journalistes s’intéresser à cette catégorie de substances agissant sur le système nerveux central. Quand les garants de la justice et les chroniqueurs des affaires criminelles seront-ils vraiment formés et spécialisés pour rendre justice et informer correctement ? D’autant que ces pratiques déviantes explosent dans les salles de sport et ne sont plus le fait que de quelques ‘’fous furieux’’ de la musculation à outrance. Il ne faut pas excuser mais comprendre que la consommation de substances dopantes peut entraîner cette folie meurtrière. Différentes études bien documentées l’ont démontré.

imagesf4dtjed1

 N° 71 

Le laboratoire est un cador s’il ne trouve aucun positif, dans le cas contraire, c’est une chèvre

 Un sportif connu, contrôlé positif, se répandra dans les médias en martelant qu’il n’a jamais rien pris, même pas un cacher d’aspirine (on va le croire !) que le laboratoire d’expertises est dirigé par un incapable et que la lutte antidopage est entre les mains d’amateurs de bas niveau. En revanche, s’il est contrôlé négatif, il ne cessera d’affirmer que le laboratoire est une référence dans le monde de l’antidopage et que les acteurs de la lutte sont tous des professionnels de grand talent. N’en jetez plus !

 N° 72 

100 pour 100 transparent, c’est beaucoup mieux que tolérance zéro

 Tolérance zéro et chartre antidopage de bonne conduite éthique ne sont que des expressions creuses n’engageant que ceux qui croient à ce genre de fadaises véhiculé par les tricheurs et les instances sportives. En revanche, transparence maximale avec fouilles par des huissiers assermentés des chambres, valises, voitures, bus, disques durs, cartes mémoire des portables provoqueraient un changement radical des performances de la lutte antidopage.

 

 

Tennis – Comme pour le foot, le physique fait de plus en plus pencher la balance pour enquiller les perfs…

Par défaut

Et le dopage peut parfaitement booster les breaks décisifs.

 Dans L’Equipe du 21 novembre 2016, Patrick Mouratoglou, l’entraîneur de Serena Williams, décrypte l’évolution du tennis en prenant l’exemple d’Andy Murray le nouveau n° 1.

« Andy numéro 1 mondial, c’est le triomphe du tennis d’aujourd’hui. Novak a le même tennis que lui, Rafa est plus typé terre battue, mais tous les trois ont les mêmes qualités : ultraphysiques, très durs à déborder, très intenses, faisant très peu de fautes. Ils cherchent à être agressifs ou plus exactement à dominer l’échange mais toujours en jouant un tennis pourcentage. »

 

murray

Andy Murray

 

Face à de telles caractéristiques, qui peut encore soutenir que le dopage serait inopérant sur les courts. Rappelons que les drogues de la performance font sauter plus haut, taper plus fort et plus longtemps, démarrer et courir plus vite, maintenir son niveau physique plus longtemps, booster sa vigilance et sa concentration pour lire plus vite le jeu…

Ajoutons que dans tous les sports comme dans le tennis, le physique prend le pouvoir et le dopage avec. Les contrôles antidopage négatifs ne sont pas la preuve que le coup de pouce biologique est refoulé en dehors des courts.

Compte tenu de cette carence des analyses biologiques et bien que le Britannique, ces derniers temps, demande plus de contrôles, rien ne modifiera la suspicion que l’on peut avoir sur son évolution physique.

 POST-IT –  Murray veut plus de contrôles

 « Cette année, j’ai été contrôlé plus que jamais, entre 20 et 30 fois. Je suis pour plus de contrôles. Plus il y a en a, mieux c’estLe prize money dans le tennis est extrêmement élevé, on doit regarder combien on dépense dans les tests antidopage. Ce qui est arrivé en Russie est vraiment mauvais, mais je ne pense pas que le problème soit seulement la Russie ou l’athlétisme. C’est aux instances dirigeantes de savoir à quel point elles veulent lutter contre le dopage. » Andy Murray (ECO), tennisman professionnel depuis 2005, n° 1 mondial fin 2016 [Orangesports, 13.11.2015]

 Commentaires JPDM – Déjà, de ne pas savoir de façon précise combien il a passé de contrôles antidopage dans l’année paraît suspect. L’écart de 33 % (‘’entre 20 et 30 fois’’) dans le nombre des tests effectués nécessite une explication. C’est comme de se glorifier en annonçant que l’on a remporté 30 tournois alors qu’en réalité, 20 est le bon chiffre.

Par ailleurs, s’il a subi 30 contrôles, tous négatifs, deux diagnostics sont possibles :

  • Soit il ne dope pas ; c’est possible mais la preuve manque (voir le 2e diagnostic)
  • Soit les contrôles c’est du vent ; on penche pour cette seconde hypothèse.

 PUNCHLINE Dr de Mondenard

 Les maîtres des courts et autres consultants nous serinent à longueur d’année que le dopage au tennis n’est pas déterminant car il n’améliore pas le toucher, la précision, la concentration, etc. Alors que, parallèlement, on nous dit que le jeu de la petite balle jaune est de plus en plus physique. Or, les drogues de la performance permettent de courir plus vite, plus longtemps, démarrer sur les chapeaux de roues, sauter plus haut (détente verticale), taper au fil des sets de plus en plus fort sur la balle afin de dézinguer la résistance de l’adversaire. D’affirmer que la dope ne sert à rien pour grimper dans la hiérarchie, c’est enfumer le public en voulant lui faire croire que le tennis n’est pas plus physique que de jouer au babyfoot.

Football – Le sport le plus populaire étant de plus en plus physique et alors que le dopage est hyperefficace sur le rendement de l’homme à l’effort, on comprend mieux pourquoi les manipulations biologiques sont omniprésentes dans les vestiaires.

Par défaut

Pour être un bon, voire un grand footballeur, il faut accroître ses performances athlétiques. Or, le dopage est particulièrement efficace pour booster le rendement énergétique du joueur quel que soit son niveau et aujourd’hui c’est cet aspect qui fait la différence.

Le consensus des experts en témoigne.

Récemment, Benoît Pedretti, l’ancien international toujours en activité à l’AS Nancy, expliquait dans l’Equipe que la principale évolution du jeu au cours de sa carrière (15 ans) concernait le physique : « On nous demande avant tout de courir, d’aller au duel ».

Cette évolution du jeu n’a pas quinze ans mais pratiquement… un SIÈCLE !

Démonstration par les avis successifs des spécialiste du ballon rond depuis 1922. Compte tenu des exigences de plus en plus physiques du foot, on comprend mieux pourquoi il est difficile de ne pas céder à la tentation du coup de pouce pharmacologique.

 Le discours de la méthode FIFA

 

carton-rouge

Carton rouge à la FIFA

Dès que des enquêtes sur le dopage dans le football apparaissent, les joueurs nous parlent d’absorption de vitamines appelées aussi le dopage du pauvre depuis quarante ans – prises sous forme de piqûres juste avant le début de la rencontre, et même à la mi-temps. Il est pourtant admis dans tous les autres sports que les « injections » de vitamines prises dans l’environnement immédiat du match ne servent à rien et que, en réalité, les sportifs se dopent à de multiples produits. Et ce serait exactement le contraire dans le football ?

Face à la suspicion de dopage, le milieu du ballon rond ‘’dégage en touche’’ en affirmant que la triche biologique serait inopérante sur le sens collectif et tactique. De plus, la technique du joueur s’affaiblirait en cours du match. Or, depuis au moins cinquante ans, les experts du rectangle vert affirment que les qualités athlétiques prédominent dans le jeu des meilleurs. C’est par exemple Just Fontaine, l’emblématique attaquant du Stade de Reims et des Bleus, de la fin des années 1950, qui explique les déconvenues des Français dans le concert internationale : « Tant que nos joueurs ne seront pas des athlètes, nous connaîtrons de douloureuses désillusions » Beaucoup plus récemment, c’est Dominique Rocheteau qui, dans son ‘’Guide du football’’ dresse le portrait-robot du « joueur de très, très haut niveau ». Tout de suite après leur influence sur le jeu et leur efficacité au plan collectif, l’Ange vert estime que les meilleurs footballeurs doivent disposer d’énormes qualités athlétiques (vitesse explosive et endurance-puissance).

Sur les dix atouts sélectionnés par Dominique Rocheteau et Denis Chaumier, les qualités athlétiques arrivent en troisième position. Elles font partie du podium.

1 – Des joueurs de haut niveau qui ont une influence sur le jeu, au même titre que des entraîneurs de haut niveau ;

2 – Des joueurs complets et efficaces sur le plan collectif ;

3 – Des joueurs disposant d’énormes qualités athlétiques (vitesse explosive et endurance-puissance) ;

4 – Des joueurs à forte personnalité qui ne craignent pas l’échec et qui ont une mentalité de gagneur ;

5 – Un effectif de grande qualité, avec des remplaçants capables de gagner un match ;

6 – Une grande maturité tactique et la capacité de s’adapter aux circonstances du jeu ;

7 – Une philosophie de jeu bien définie ;

8 – Des éléments créatifs qui peuvent être déterminants pour le succès

9 – De la discipline, de la rigueur et une grande notion de l’effort collectif ;

10 – Une aptitude à dicter le rythme d’un match.

[Didier Chaumier et Dominique Rocheteau .- Le Guide du football 2002. – Paris, éd. de La Lucarne, 2001. – 1231 p (p 1170)]

Or, c’est justement sur le physique que le dopage est efficace. Il va permettre de courir plus vite, donc de déborder plus facilement un adversaire. Il augmente la force physique, donc la puissance de tir (pied et tête) mais aussi la détente verticale (tête). Et cerise sur le gâteau, il permet de courir sans baisse de régime pendant quatre-vingt dix minutes et même au-delà dans le temps additionnel, comme si on lui avait greffé un troisième poumon. Mis à part Sepp Blatter, le président, et les deux médecins FIFA Dvorak et D’Hooghe, qui peut croire une seconde que le dopage ne sert à rien dans le foot….

Au final, le discours FIFA ne tient pas la route et prouve l’hypocrisie de ce milieu. Dans son livre ‘’La Face cachée du foot business’’, Patrick Mendelewitsch, agent agréé FIFA/FFF depuis 2001, parle de la règle des trois S : secret, silence et solidarité. Si on comprend ça, on a tout compris.

Afin d’enfoncer le clou démontrant clairement que le football faisant appel à des aptitudes physiques élevées – donc très réceptives aux substances dopantes – nous proposons onze témoignages d’experts du ballon rond accréditant la thèse que le physique joue un rôle prépondérant dans le jeu de la balle au pied.

 La preuve par onze que le physique (sensible au dopage) n’est pas anecdotique

 1 – 1922 – Lucien Gamblin (FRA) : « Grandes qualités techniques et manque de souffle égal mauvais match »

Avis de l’ancien international (17 sélections) devenu journaliste expert des choses du football : « Le joueur qui arrive sur le terrain, sans posséder un bon souffle ne fera jamais qu’un mauvais match. Combien ai-je vu de joueurs possédant de grandes qualités et ne faisant jamais de parties transcendantes, uniquement parce que leur souffle était insuffisant ! » [Lucien Gamblin .- La « forme » en football association. – Très Sport, 1922, n° 6, 1er octobre, pp 13-14 (p 14)]

tres-sport

très Sport, 1924, n° 25, 1er mai, hors texte

  2 – 1934 – Percy Smith (GBR) : la vitesse présuppose la force physique

« C’est aussi à Percy Smith, manager de Tottenham Hotspur, que nous devons la révélation du secret de la vitesse de jeu – la plus grande en Angleterre – de l’équipe de Tottenham. « La vitesse est le grand atout que nous possédons maintenant. La vitesse présuppose avant tout la force physique et le bien-être corporel, en un mot : la jeunesse. Nous l’avons. Mais ce n’est pas tout. Il ne suffit pas d’avoir la vitesse : il faut la garder. Le ballon doit être utilisé le plus complètement possible, c’est-à-dire que le « laisser-courir » du ballon représente le principe essentiel de cette vitesse constamment soutenue. Pour obtenir ce résultat, nous avons institué un entraînement spécial, qui consiste principalement en un travail de sprinters avec souliers à pointe. Les joueurs prennent départs sur départs. Nous insistons sur le style du coureur de vitesse, afin d’en arriver au point où la plus grande rapidité est obtenue avec un minimum de dépense d’énergie. La préparation physique préalable est obtenue par une gymnastique rigoureuse. A cela s’ajoute l’entraînement habituel pour le maintien en forme : travail du ballon ; boxe, travail de l’appareil à ramer, massage et repos. Une de mes innovations : le jeu de la tête, qui est une des difficultés pour mes joueurs de petite taille, est particulièrement étudié, à l’aide d’un ballon fixé par une corde, à près de 8 pieds (2 m 10 environ) du sol, ce qui oblige le joueur à sauter haut et à frapper du front le ballon. » [Le Speaker. – Au jour le jour en marge des grandes épreuves sportives. –  Le Miroir des Sports, 1934, n° 758, 10 avril, p 238]

3 – 1961 – Just Fontaine (FRA) (international et entraîneur) : « On a besoin de joueurs-athlètes »

Témoignage du meilleur buteur de la Coupe du monde 1958 (13 réalisations, record toujours en cours) : « Tant que nos joueurs ne seront pas aussi des athlètes, nous connaîtrons de douloureuses désillusions ». [Le Miroir des Sports, 1961, n° 868, 07 août, p 3

fontaine

Joueur, sélectionneur de l’équipe de France, entraîneur

 4 – 1965 – Pierre Lagoutte (FRA) : la vitesse ‘’arme absolue’’

« Aujourd’hui, dans tous les sorts on cherche à aller plus vite. A technique égale, à moyens physiques égaux c’est toujours le plus rapide dans ses gestes ou dans ses actions qui finit par triompher. Tout le monde sait qu’il est beaucoup plus difficile d’être un excellent conducteur à 120 km/heure qu’à 35. Il est bien évident aussi que les erreurs commises à grande vitesse sont sans appel. Il en est ainsi en football. » [Pierre Lagoutte (FRA), journaliste spécialiste du football. – Le Miroir des Sports, 1965, n° 1076, 24 mai, p 13]

 5 – 1972 – 1987 – Dominique Rocheteau (FRA) : « Il faut se soumettre à  un entraînement impitoyable »

 Témoignage de l’attaquant international de l’AS Saint-Etienne (1972-1980) et du PSG (1980-1987) :

  1. « ‘’L’Athlé’’ me servira beaucoup sur les terrains de foot, quand il s’agira de déborder l’adversaire et de lui prendre quelques secondes décisives. » [in « On m’appelait l’Ange vert… ». – Paris, éd. Le Cherche Midi, 2005. – 292 p (p 25)]

2- « A Saint-Etienne, on ne plaisante pas avec la préparation physique. Aux yeux de Robert Herbin, l’entraîneur des Verts, elle constitue l’une des conditions essentielles à une performance de qualité le jour du match. Depuis qu’il a remplacé Albert Batteux au poste d’entraîneur, au début de la saison, il a toujours insisté sur la résistance et l’endurance. Si un joueur rentre aux vestiaires sans se sentir fatigué, c’est qu’il ne s’est pas donné à fond. » (pp 49-50) [in « On m’appelait l’Ange vert… ». – Paris, éd. Le Cherche Midi, 2005. – 292 p (pp 49-50)]

rocheteau

49 sélections internationales entre 1975 et 1986

3 – « La vie d’un footballeur professionnel ne consiste pas seulement à dribbler, tirer au but et s’amuser avec un ballon. Pour se donner à fond sur un terrain, pour exprimer pleinement ses possibilités, il est indispensable de se soumettre à un entraînement impitoyable. Ça, Robby l’a parfaitement compris. La réussite du club, notamment en Coupe d’Europe, est à ce prix. Les footballeurs français ont toujours souffert d’une infériorité physique par rapport à leurs adversaires européens. La saison dernière, les Verts ont montré que ce handicap traditionnel n’a rien d’une fatalité. » [in « On m’appelait l’Ange vert… ». – Paris, éd. Le Cherche Midi, 2005. – 292 p (p 75)]

4 – « Je ne peux pas donner le meilleur de moi-même si je suis à la traîne physiquement. » [in « On m’appelait l’Ange vert… ». – Paris, éd. Le Cherche Midi, 2005. – 292 p (p 185)]

6 – 1978 – Michel Hidalgo (FRA) : seuls ceux qui ont une « grosse cylindrée » pourront tenir le coup

 Témoignage du sélectionneur de l’équipe de France qui conduit cette dernière à la phase finale de la Coupe du monde en Argentine en 1978 : « Seconde notion nouvelle et capitale : celle du travail. On ne surmonte pas une faiblesse en l’esquivant, ni un défaut en le masquant. Aujourd’hui les dons ne suffisent plus. Les meilleurs joueurs sont évidemment les plus doués, mais ce sont aussi et surtout ceux qui ont travaillé et qui continuent à travailler le plus sérieusement et le plus intensément. L’entraînement actuel est né d’un mariage entre l’empirisme et la science. On s’entraîne mieux qu’il y a vingt ans, c’est certain. On s’entraîne surtout avec plus de fréquence et d’intensité, parce qu’on possède des données scientifiques qui n’existaient pas à l’époque. Le plus gros progrès a été réalisé dans le travail d’endurance et dans le travail de résistance. L’endurance étant la qualité qui permet de produire un effort moyen le plus longtemps possible et la résistance donnant les moyens de répéter des efforts brefs et violents le plus souvent possible. (…)

Et si l’équipe rémoise domina à l’époque ses rivales et le football français, si elle obtint les résultats que l’on connaît, c’est parce qu’elle pratiqua certes un jeu brillant parce qu’elle alignait des individualités de talent, mais c’est aussi parce que sa valeur athlétique était également supérieure. Des joueurs comme Robert Jonquet, Raymond Kopa, Jean Templin, Robert Siatka, Jean Vincent, Raymond Cicci, Armand Penverne, René Bliard, tous bons techniciens, étaient aussi pourvus de grosses qualités physiques et fort bien préparés. (…)

 

hidalgo

Entraîneur-sélectionneur de  l’équipe de France de 1976 à 1984

Aujourd’hui, on peut savoir très vite et très tôt si le garçon de seize-dix-sept ans, enrôlé dans un centre de formation est taillé pour faire un footballeur pro, s’il possède la mentalité nécessaire, l’ambition et la volonté de réussir, l’organisme susceptible de résister à un travail intensif. Seuls ceux qui ont ce que j’appellerais une « grosse cylindrée » pourront tenir le coup ! (…). Les progrès dans le domaine athlétique (c’est-à-dire en vitesse, en puissance et en détente) ont été considérables. Les balles sont disputées avec plus d’acharnement parce que le marquage est plus sévère et les luttes pour la possession du ballon plus intenses. Les duels sont plus nombreux. La vitesse est de plus en plus prédominante. Elle est une qualité primordiale, la qualité de base. Le rythme, ou plutôt le changement de rythme, est plus constant qu’avant. » [Michel Hidalgo .- Football en liberté (collaboration de Jean-Philippe Rethacker). – Paris, éd. Ramsay, 1978. – 251 p (pp 58, 59, 63 et 80)]

 7 – 1981- 1989 – Diego Maradona (ARG) : « J’ai pris du coffre »

 Témoignage de Diego Maradona, quatre-vingt onze sélectons internationales entre 1977 et 1994, vainqueur de la Coupe du monde 1986 :

1 – « J’arrivais à Barcelone. Barcelone ! Un sacré club, le meilleur du monde, plus encore que la Juventus Turin. Seulement, je ne connaissais pas la mentalité catalane (…) je passais d’un football au cours normal à quelque chose de totalement différent. Je ne parvenais pas à saisir le truc ; lors des entraînements, je prenais même des coups de pied à hauteur de la bouche ! Ce n’était plus du foot. Les meilleurs joueurs espagnols jouaient au Barça. Je ne veux pas me mettre à dos mes équipiers d’alors, mais j’ai mal vécu ce changement brutal qui me faisait passer d’un football technique à un autre terriblement physique : ils ne faisaient que courir et courir, et moi, je ne pouvais pas suivre. Ainsi, selon le test de Cooper, je culminais à 2 700 tandis que les autres montaient à 5 000, voire 6 000. Avant même de jouer au ballon, ils étaient coureurs de fond, comme Victor et Periko Alonso (…). Le problème était simple : soit je prenais leur foulée, soit j’abandonnais. Alors, j’ai pris du coffre, privilégiant mon développement physique tout en délaissant quelque peu mes qualités gestuelles. A partir de ce moment, mes partenaires m’ont écouté : c’est moi qui imprimais le rythme. Je leur transmettais ma technique mais sans les départir de leur puissance de feu. » [in « Moi, Diego ». – Paris, éd. Calmann-Lévy, 2001. – 321 p (p 73)]

diego

77 sélections internationales entre 1977 et 1994

2 – 9 sur 10 pour le démarrage

Texte du journaliste indépendant Michel Di Tria : « Il est amusant de considérer poste par poste la valeur technique de Maradona. Sur un total de 10, Pelé lui a un jour attribué la note finale de 9 ». Par exemple pour le démarrage, le Brésilien notre 9. Di Tria commente : « C’est surtout dans ses phases de méforme que le démarrage de l’Argentin laisse le plus à désirer. Et quand ce défaut apparaît, c’est tout l’édifice qui s’écroule. Maradona est alors forcé de s’appuyer uniquement sur son expérience, sur l’abus du dribble pour réussir avec peine ce qu’il parvient à faire beaucoup plus aisément quand son démarrage est efficace. » [Michel Di Tria .- Maradona. – Lausanne (SUI), éd. Favre, 1990. – 191 p (p 78)]

maradona-2

Contrôlé positif à deux reprises : cocaïne (1991) et éphédrine (1994). A chaque fois, a pris 15 mois de suspension

8 – 1998 – Arsène Wenger (FRA) : « Seules les équipes physiques sont capables de bien jouer au football »

Témoignage du « professeur » d’Arsenal en place depuis 20 ans : « Seules les équipes physiques sont capables de bien jouer au football : il faut courir vite, sauter haut et se donner à fond. Les équipes qui nous affrontent, nous ou Manchester United, sont toutes comme cela, ce qui signifie que nous sommes exposés à des adversaires très combatifs. Nous devons résoudre les problèmes qu’ils nous posent. Il faut se battre tout en respectant les règles. Je pense que c’est ce que nous faisons. » [Tom Oldfield. – Arsène Wenger, un pur génie. – Enghien-les-Bains (95), éd. Premium, 2011. – 335 p (p 76)]

wenger

Coach de l’équipe d’Arsenal depuis 1996

 9 – 2002 – Dr Jean-Marcel Ferret (FRA) : des champions hors normes

Témoignage du médecin des Bleus, en exercice de 1993 à 2004 :

Depuis 25 ans, la physionomie des joueurs a-t-elle évolué ?  « Au niveau biométrique, c’est-à-dire le rapport taille/poids c’est le jour et la nuit. En 1976, lorsque j’ai commencé à Lyon, la moyenne était de 1,77 m pour 72 kg. Vingt-deux ans plus tard, le groupe des champions du monde était à 1 m 83 pour 81 kilos. Et je ne vous parle pas du rapport poids/puissance ! Les Djibril Cissé, Thierry Henry ou Nicolas Anelka sont grands mais, surtout, ils vont vite. »

Côté physiologie, y-a-t-il eu aussi transformation ?  « Oui. Un joueur aujourd’hui est capable de fournir 20% d’effort en plus. Dans les années 80, un athlète moyen avait une capacité respiratoire de 52 ml d’oxygène par minute et par kilo. Elle est de 62 aujourd’hui. Les gars sont capables de beaucoup plus d’efforts et, surtout, de manière beaucoup plus répétée. » [Télé 7 Jours, 14.09.2002]

 10 – 2002 – ­Dominique Rocheteau et Denis Chaumier : caractéristiques des joueurs de très, très haut niveau

Dans la dernière livraison de leur guide du football paru en 2002, l’ancien attaquant international des Verts et du PSG et le rédacteur en chef de France Football, en s’appuyant sur l’avis de techniciens confirmés – tous d’anciens entraîneurs nationaux – ont dressé la liste des caractéristiques des joueurs de très, très haut niveau. Sur les dix atouts qu’ils ont sélectionnés, les qualités athlétiques arrivent en troisième position. Elles font partie du podium.

1 – Des joueurs de haut niveau qui ont une influence sur le jeu, au même titre que des entraîneursde haut niveau ;

2 – Des joueurs complets et efficaces sur le plan collectif ;

3 – Des joueurs disposant d’énormes qualités athlétiques (vitesse explosive et endurance-puissance) ;

4 – Des joueurs à forte personnalité qui ne craignent pas l’échec et qui ont une mentalité de gagneur ;

5 – Un effectif de grande qualité, avec des remplaçants capables de gagner un match ;

6 – Une grande maturité tactique et la capacité de s’adapter aux circonstances du jeu ;

7 – Une philosophie de jeu bien définie ;

8 – Des éléments créatifs qui peuvent être déterminants pour le succès

9 – De la discipline, de la rigueur et une grande notion de l’effort collectif ;

10 – Une aptitude à dicter le rythme d’un match.

[Didier Chaumier et Dominique Rocheteau .- Le Guide du football 2002. – Paris, éd. de La Lucarne, 2001. – 1231 p (p 1170)]

guide-football

 11 – 2004 – Lilian Thuram (FRA) : « Une importance croissante de la dimension physique »

Commentaire du plus capé des internationaux français : « On accorde une importance croissante à la dimension physique dans le football moderne. » [in « 8 juillet 1998 ». – Paris, éd. Anne Carrière, 2004. – 205 p (p 177)] 

thuram

142 sélections internationales entre 1994 et 2008