Tour de France ton histoire – En 1989, le final LeMond-Fignon sur les Champs-Elysées, à l’avantage de l’Américain pour 8 secondes, était soi-disant dû à un problème médical

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En tout cas c’est la version du camp Fignon-Guimard, récemment enrichie par le Petit Napoléon (*). En réalité, c’est le guidon de triathlon qui a fait la différence.

Et pourtant, c’est bien Super-Laurent qui a réalisé ce jour-là une performance exceptionnelle malgré trois handicaps au départ de l’étape.

Complément d’information du Dr JPDM

En 1993, dans un ouvrage signé Noël Truyers, journaliste belge spécialiste du cyclisme, Laurent Fignon révélait que sur le 3e contre la montre du Tour 1989, il n’avait jamais roulé aussi vite confirmant ainsi qu’il n’avait pas été battu par un problème de périnée mais plus sûrement par son guidon cornes de vache moins aérodynamique que le  »volant » de triathlon utilisé par Greg LeMond, mais aussi de rouler tête nue, sans casque profilé : « En fait, dans l’étape contre la montre finale du Tour de France 1989, je n’ai pas échoué. J’ai parcouru la distance en roulant à 53 kilomètres à l’heure. Jamais je n’ai roulé aussi vite. Je n’ai jamais repoussé mes limites aussi loin qu’à ce moment-là. » [in « Princes du vélo » par Noël Truyers. – Anvers (Bel), éd. Coda, 1993. – 253 p (p 108)]

(*)  Surnoms des protagonistes :

Laurent Fignon : Super-Laurent, l’Intellectuel du peloton, Le Blondin

Cyrille Guimard : Le Petit Napoléon, Le Druide, 

Greg LeMond : le Kid de Sacramento

TDF – Greg LeMond – pour rabaisser Lance Armstrong au niveau d’un coureur de rang inférieur – s’appuie sur la physiologie qu’il a apprise dans L’Equipe. Quelle imposture !

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L’entretien de L’Equipe du 18 juillet signé Philippe Brunel était consacré à Greg LeMond redevenu, par la grâce de l’UCI, le seul américain lauréat du Tour.

 

entretien

L’Equipe, 18 juillet 2016

 

 

  •  Le VO2 max : on écrit bien le pour le volume maximal d’oxygène
  • A notre connaissance, Ed Coyle n’a jamais été sanctionné par l’UCI

Une grande partie de l’interview est consacrée au suivi physiologique d’Armstrong par Ed Coyle (directeur du laboratoire de performance humaine de l’université du Texas à Austin).

 

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Greg Lemond

 

La Pintade (surnom du triple vainqueur du Tour) s’appuie sur les chiffres du VO2 max d’Armstrong fournis par Ed Coyle pour affirmer qu’avec ce faible niveau, le Texan ne pouvait atteindre 475 à 500 watts en montagne pendant trente minutes même avec de l’EPO ou une transfusion sanguine.

 

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Lance Armstrong lors d’un test d’effort

 

Sauf que les tests effectués par Coyle l’étaient en période de faible activité cycliste [janvier, novembre, août 1997 (époque à laquelle Armstrong était convalescent de son cancer des testicules)]. Il faut savoir que pendant cette période, les chiffres du VO2 max peuvent chuter de 30%.

Donc, toute la démonstration du Kid de Sacramento, physiologiste autoproclamé, tombe à l’eau !

 

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Greg Lemond lors d’un test d’effort

 

Un coureur expérimenté comme LeMond devrait savoir qu’à l’intersaison, les chiffres d’un bilan d’aptitude physiologique sont ‘’mauvais’’. Par exemple, en dehors du VO2 max, le pourcentage de graisse double : de 5-6% pendant la saison, il passe à 10-11%, voire plus, l’hiver. Pour être à la fois plus précis et plus clair, je renvoie les lecteurs à un article que j’avais rédigé pour le n° 100 de la revue bimestrielle Sport et Vie de janvier-février 2007.

Ce texte analysait l’ouvrage « LA Officiel » paru en juin 2006. Il est probable que LeMond s’est inspiré des commentaires de Michaël Ashenden, un hématologue orienté vers les manipulations sanguines, qui, visiblement, n’a jamais assuré un suivi de VO2 max tout au long de la saison d’un cycliste de compétition ! ..

POST-IT

Dans cet article, mon but n’est pas de faire passer Lance Armstrong pour un ‘’mec bien’’, respectueux de l’éthique mais de montrer que l’on peut faire dire n’importe quoi avec les chiffres, notamment ceux du VO2 max des champions. Des résultats peuvent être biaisés par le manque de rigueur des hommes de laboratoire pratiquant les tests mais aussi par l’interprétation erronée des chiffres comme c’est le cas ici par Greg LeMond et Michael Ashenden ; celui-ci a pourtant un cursus de physiologiste mais probablement pas celui d’un spécialiste assurant le suivi médical d’un cycliste de compétition tout au long de la saison.

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Hinault se met à jour avec l’histoire du Tour 1986 ! On attend qu’il fasse de même avec le dopage …

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Dans L’Equipe du 19 juillet, on apprend enfin que Bernard Hinault n’a pas favorisé la victoire de Greg LeMond en 1986 mais qu’il l’a combattu pour tenter une 6e victoire sur le Tour.

Le signataire de l’article, Philippe Brunel, révèle que sur lequipe.fr, L’Equipe Explore audio le Breton « confesse qu’il avait effectivement cherché à évaluer LeMond afin de savoir s’il était digne ou pas de gagner le Tour. ‘’Oui, c’est vrai, je ne lui ai pas donné le Tour’’ admet le Breton qui, sur le tard, se met à jour avec l’histoire. »

 

hinault et lemond

Greg Lemond dans la roue de Bernard Hinault dans le Tour 1986

 

 Par la même occasion, on aurait aimé que le reporter de L’Equipe soit un peu plus journaliste en aidant Hinault à se mettre à jour sur les drogues de la performance qu’il aurait consommé durant sa carrière.

On espère qu’il ne lui faudra pas autant de temps pour avouer, qu’à Raymond Poulidor qui, alors qu’il a rangé son vélo de compétition depuis fin 1977, a concédé seulement quatre décennies plus tard lors de l’émission de France 2 « Cash Investigation » du 27 juin dernier, qu’il avait pris du Maxiton (une amphétamine, substance prohibée depuis 1966)

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Raymond Poulidor