JO Natation – Des doudounes et des moufles…

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Pour stopper le refroidissement du corps avant la mise en action

Entre l’échauffement préalable à la compétition et le plongeon au sifflet, les nageurs sortent des vestiaires en passant par la chambre d’appel jusqu’aux plots de départ en portant des vêtements antidéperdition de chaleur : doudounes et pour certains même des moufles.

Des doudounes débarquent dans l’enceinte de la piscine Paris-La Défense Arena

Alors que les compétitions de natation ont débuté le 27 juillet, ce n’est que quatre jours plus tard que les médias français ont découvert la présence des doudounes portées par de nombreux nageurs et retirées juste avant leur mise en action (Ouest-France, France Info, Midi Libre, Le Figaro, L’Equipe, etc.).

JO de Los Angeles juillet 1984 : des tenues hivernales pour affronter une piscine estivale

Déjà, il y a 40 ans aux Jeux de Los Angeles (28 huillet-12 août 1984), se déroulant dans la piscine en extérieur du McDonald Stadium, seule la délégation américaine dans sa tenue innovante s’était présentée vêtue de bonnets de ski, de moufles et d’écharpes autour du cou alors que la température oscillait entre 31 et 37 degrés.

A l’époque, je couvrais les Jeux depuis mon domicile en banlieue parisienne via la télévision et, à la demande de Jean-Pierre Delacroix, le responsable des sports du quotidien Libération, j’intervenais tous les jours sur un thème lié à la physiologie de l’effort ou sur le décryptage des drogues de la performance. Ainsi, le 04 août 1984, j’ai publié dans Libé un article titré : « Chaud et froid » dans lequel j’expliquais la raison de la tenue vestimentaire hivernale des nageurs dont le but, bien sûr, était de conserver la température corporelle à 38,5° acquise avec l’échauffement. Cette tactique vestimentaire initiée par les nageurs représentants la bannière étoilée en 1984, est toujours bien présente en 2024 au sein de nombreuses nations dont la France.

L’échauffement, ça sert à quoi ?

Chaque fois que la température cellulaire s’élève de 1° C l’intensité des processus métaboliques croît de 13%. Cette élévation de la température favorise également les échanges d’oxygène entre le sang et les tissus. Ainsi, l’échauffement augmente la capacité de travail physique. La durée et l’intensité de l’échauffement doivent tenir compte des conditions climatiques. Plus la température ambiante est élevée et plus le sportif est vêtu, plus rapidement sera atteinte la température du corps favorable à l’exercice (proche de 38,5°C, ce qui correspond à une température musculaire de 39° C).

L’échauffement élève la température au plus profond du muscle afin d’étirer les ligaments et autres fibres collagènes afin de permettre une plus grande flexibilité du muscle. La plupart des chercheurs sont d’accord pour dire qu’une température musculaire plus élevée que la normale augmente légèrement le rendement musculaire.

Mais aussi, à l’inverse, je décryptais les avancées techniques des tenues antisurchauffe des athlètes américains pour les compétitions d’athlétisme et du marathon où, bien sûr, le problème c’est la surchauffe liée à l’effort prolongé associé à des conditions thermiques élevées (température et degré hygrométrique).

Pour un fonctionnement optimal du muscle lors d’un effort maximal, l’idéal pour la mise en train est pour nager à point est de s’échauffer afin de gagner 1 à 1,5 degré de température centrale, soit 38° à 38°5 ce qui correspond à une température musculaire de 39°.

Le décryptage des arguments physiologiques de la tenue vestimentaire des nageurs américains avant de plonger dans la piscine du McDonald Stadium en juillet 1984

Mon analyse a été publiée dans le quotidien Libération le 04.08.1984

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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