Tour de France 1910 – Octave Lapize, 7e rang de la « liste glorieuse » d’Henri Desgrange, au coeur d’un duel d’anthologie

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La 8e édition du Tour de France, en 1910, reste l’une des plus marquantes de l’histoire.

Elle est dominée par un affrontement spectaculaire entre le tenant du titre François Faber, le « Géant de Colombes », et Octave Lapize, surnommé « l’As des As ». Coéquipiers au sein de la formation Alcyon dirigée par Alphonse Baugé, les deux hommes se livrent une bataille sans merci.

Après 4 734 kilomètres et 15 étapes, le verdict est infime : Lapize s’impose avec 63 points, contre 67 pour Faber.

Mais cette édition entre surtout dans la légende pour une innovation majeure. Sous l’impulsion d’Alphonse Steines, le peloton découvre pour la première fois les Pyrénées. Entre Luchon et Bayonne, une étape hors norme de 326 kilomètres enchaîne cinq cols — Peyresourde, Aspin, Tourmalet, Soulor et Aubisque — et forge le mythe des « forçats de la route ». Un tournant décisif dans l’histoire de la Grande Boucle.

Figure dominante de son époque, Octave Lapize ne brille pas seulement sur le Tour. Il impose sa loi sur les grandes classiques, avec trois victoires consécutives sur Paris-Roubaix (1909, 1910,1911), Paris-Bruxelles (1911, 1912,1913) et au championnat de France (1911, 1912, 1913). Un palmarès qui fait de lui l’un des premiers cadors des pionniers de la Belle Epoque du cyclisme.