Cyclisme – Rayon lecture – Michel Gros, l’ex-directeur sportif de Festina, livre ses vérités

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sur quelques personnages ayant été éclaboussés par l’affaire du Tour de France 1998

Sur Daniel BAAL –

  • Président de la Fédération française de cyclisme (FFC) de 1993 à 2001;
  • Vice-président de l’Union cycliste internationale (UCI) de 1997 à 2001,
  • Dans l’organisation du Tour de France en tant que directeur

Un président de la FFC aux connaissances sur le dopage très approximatives

MICHEL GROS – La passion du cyclisme et quelques vérités…St-Martin-la-Plaine (42), éd Phénicie, 2024. – 509 pages

Michel Gros, directeur sportif de Festina de 1995 à 1999, témoigne d’un rendez-vous pris avec Daniel Baal dans les suites du tsunami Festina du Tour de France 1998 :

« Richard Virenque me dit vouloir rencontrer Daniel Baal, le vice-président de l’UCI. Monsieur Verbruggen est, lui, en vacances aux Maldives, pendant cette crise sans précédent. Le 28 juillet, nous nous retrouvons à Lausanne avec Richard Virenque. Daniel Baal me reçoit en premier et je lui exprime mon inquiétude pour le cyclisme. Il est, pour moi urgent de faire une table ronde avec toutes les parties du cyclisme. Je lui dis carrément que sur 189 coureurs au départ du Tour, il y en a au moins 180 qui fonctionnent à l’EPO, que ce soit par un dopage organisé par leur équipe ou non. Il me répond, esquissant même un sourire, qu’il ne me croit pas du tout. Que le dopage, c’est seulement Festina et peut-être TVM. Si je n’étais pas assis, j’en tomberais sur le cul !

J’ai l’impression qu’il croit vraiment à ce qu’il me raconte. Et c’est bien là le pire, de la part du vice-président de l’UCI ! La discussion est close et je laisse la place à Richard. » [pp 317-319]





Personnellement, en 2000, dans les pages ‘’Débats et opinions’’ du Figaro, j’avais publié un article sur les trois boss du cyclisme exerçant au moment de l’affaire Festina : « Dopage – Les dirigeants du cyclisme sont-ils de faux naïfs ? les forçats de la langue de bois ». J’avais résumé les ‘’états de service’’ de Jean-Marie Leblanc, ancien cycliste pro, ancien journaliste et directeur du Tour de France depuis 1989 et du deuxième homme fort de l’époque, Hein Verbruggen, actif dans les instances internationales du cyclisme depuis 1984 et président de l’UCI de 1991 à 2005. Pour le troisième personnage, Daniel Baal, dans les instances fédérales françaises (comité directeur de la FFC depuis 1981), que Michel Gros vient d’épingler dans ses discours, montrait qu’il n’avait pas une connaissance pointue sur le dopage en général et le cyclisme professionnel en particulier.

Dans Le Figaro du 07 novembre, je stigmatisais son ignorance : « Quant à, Daniel Baal, le président de la FFC, en exercice depuis le 20 février 1993, présent au comité directeur depuis 1981 et ancien coureur cycliste de première catégorie, il ne nous paraît pas être l’homme vraiment providentiel pour éradiquer le fléau. De même, lui aussi n’a découvert que tardivement l’arrivée de l’EPO qu’il situe en 1993. Ces trois dernières années, à chaque fois qu’émergeait un problème ou une situation anormale (dopage organisé sur le Tour de France 1998, premier bilan alarmant du suivi médical longitudinal, charges d’entraînement des féminines), Daniel Baal faisait part de son étonnement : « Je n’imaginais pas … ». On a du mal à comprendre l’ampleur de cette ignorance, d’autant plus qu’il affirme dans son livre témoignage ‘’Droit dans le mur’’ publié en 1999 : « Je continuerai à faire bénéficier l’UCI de mes connaissances, de mon expérience du terrain que je fréquente assidûment depuis plus de vingt-cinq ans » !  [Dr JPDM, Le Figaro, 07.11.2000]

Daniel Baal, un juge pour le moins partial à la solde d’ASO

Page 357 de son ouvrage, Michel Gros raconte un autre évènement dans lequel intervient Baal.

Les faits : l’équipe cycliste Jean Delatour créée au début de l’année 2000 avec, à sa tête, Jean-Pierre Frety, le patron, et Michel Gros le directeur sportif, postule pour une place dans la sélection pour le Tour de France. Delatour est recalée au prétexte que ses résultats sont moins bons que ceux de l’équipe Bonjour, elle aussi nouvelle dans le peloton. Michel Gros s’interroge sur la légitimité de Baal comme ‘’juge’’ de cette décision :

Dans ce même ouvrage, M. Gros taille aussi un costard à Roger Legeay (directeur sportif de l’équipe Crédit Agricole), à Vincent Lavenu (directeur sportif de l’équipe Casino-AG2R Prévoyance), au Dr Claire Condemine-Piron (médecin de l’équipe Festina une seule saison, en 1999).

Sur ces trois acteurs du cyclisme, tous proches de l’affaire Festina, nous publierons dans un prochain article, les commentaires de Michel Gros croisés avec les miens.

POST-IT – On a du mal à comprendre comment un homme aux importantes responsabilités dans une fédération sportive mais ignorant – dit-il – autant le phénomène dopage dans le cyclisme,  peut être performant à la tête d’une autre structure majeure, une banque neuvième groupe bancaire de la zone euro ! Surtout quand on lit son hagiographie rédigée par le service de communication du Crédit Mutuel Alliance Fédérale

POST-IT – On a du mal à comprendre comment un homme aux importantes responsabilités dans une fédération sportive mais ignorant – dit-il – autant le phénomène dopage dans le cyclisme,  peut être performant à la tête d’une autre structure majeure, une banque neuvième groupe bancaire de la zone euro ! Surtout quand on lit son hagiographie rédigée par le service de communication du Crédit Mutuel Alliance Fédérale

SERVICE PRESS du Crédit Mutuel Alliance Fédérale : Daniel Baal : Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale

« Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Daniel Baal a un parcours professionnel singulier. Dirigeant du neuvième groupe bancaire de la zone euro, Daniel Baal est un homme de terrain qui a fait de sa culture sportive un moteur de performance pour son entreprise où l’exigence et la bienveillance guident ses prises de décision. Reconnu pour son leadership et sa vision stratégique, Daniel Baal a ainsi gravi les échelons au sein du groupe et a contribué à faire de Crédit Mutuel Alliance Fédérale l’une des banques les plus performantes en France (…) En parallèle de ses fonctions au sein du groupe mutualiste, Daniel Baal, passionné de sport et notamment de cyclisme, devient à 36 ans le plus jeune président bénévole de la Fédération Française de Cyclisme (FFC) et le premier dirigeant alsacien élu à la tête d’une discipline olympique française. Durant ses deux mandats (1993-2001), le cyclisme français connaît un grand développement, dépassant les 100 000 licenciés ; il s’est particulièrement engagé dans la lutte contre le dopage et les dérives par rapport à l’éthique. Fin 2001, Daniel Baal met entre parenthèse sa carrière bancaire pour se consacrer pleinement au monde du sport. Ainsi, il occupe les postes de numéro 2 du Tour de France et directeur du cyclisme chez Amaury Sports Organisation. »

Commentaires JPDM – Baal occupera le poste de directeur du cyclisme pendant deux années (2002-2003). N’ayant pas convaincu le patron d’ASO, il sera remercié.

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