Les massifs montagneux au programme, un menu pour le moins corsé en raison de l’état des routes
Lors de la 20e édition du Tour de France, l’organisateur réunit sur le parcours la plupart des cols les plus emblématiques : l’Aubisque, le Tourmalet, l’Aspin, le Peyresourde, le Puymorens dans les Pyrénées, puis les cols d’Allos, du Galibier, de l’Izoard et de Vars dans les Alpes.
En 1926, aucun Grand Prix de la Montagne
En 1926, le Grand Prix de la Montagne n’existe pas encore — il ne sera instauré qu’en 1933. À l’époque, aucun point n’est attribué aux coureurs franchissant les cols en tête, mais un prix en argent leur est tout de même accordé. Dans cet exercice, c’est Lucien Buysse, futur vainqueur de l’épreuve, qui se distingue. Malgré son gabarit (1,68 m pour 68 kg), il s’impose comme le meilleur grimpeur de ce Tour exigeant, avec 12 sommets passés en tête, dont l’Aubisque, l’Aspin et le Peyresourde. À Luchon, le Belge s’empare du maillot jaune et relègue son dauphin à 36 minutes et 14 secondes.
Trois ans plus tard, en 1929, il franchira à nouveau l’Aubisque en tête, ce qui lui vaudra le surnom de « L’Homme de l’Aubisque ». À sa retraite, il ouvrira un bistrot à Petegem-aan-de-Leie en Flandre Orientale qu’il nommera naturellement « Café Aubisque »

Le café Aubisque de Lucien Buysse à Petegem-aan-de-Leie [commune rattachée depuis 1971 à la ville de Deinze]
Les coureurs deviennent des Forçats ou Martyrs de la Route
À cette époque, les routes de montagne ne sont ni goudronnées ni bitumées, mais simplement stabilisées. En cas de fortes pluies, elles se transforment en bourbiers, contraignant les coureurs à porter leurs vélos ou à les pousser à pied, comme en cyclo-cross. Entre l’avant et l’après-Première Guerre mondiale, ces chemins ressemblent davantage à des sentiers muletiers qu’à des routes, causant de nombreux dégâts : roues et fourches cassées, pneus crevés, blessures diverses (furoncles, chutes, poignets meurtris, etc.). C’est durant cette période que les participants du Tour seront surnommés les « Forçats » ou « Martyrs de la Route ».
Dans ce quatrième volet, nous examinons en détail les 36 cols et côtes figurant au programme du Tour de 1926 : le nom de chaque col, son versant emprunté, son altitude d’après les données cartographiques de l’époque, sa localisation (étape et département), ainsi que le nom du premier coureur à l’avoir franchi.
Un travail inédit, car la majorité des sources actuelles — comme le Dico du Tour, Wikipédia ou même le site officiel du Tour de France — ignorent largement les cols franchis avant 1947.


