Dans le dernier numéro de la revue annuelle Pédale !, un article de 5 pages est consacré aux histoires de fringale.
Dès le chapeau, l’auteur qui, visiblement, ne fait pas de vélo car il saurait ce qu’est réellement une fringale, nous explique qu’elle est imprévisible. Or, dans le déroulé du texte signalant des acteurs victimes de coup de pompe, notamment Cyrille Guimard, il signale qu’il existe un signe d’alerte : « Dans les minutes qui précèdent la fringale, vous avez un temps d’euphorie ».
Mais à cause de l’ignorance de l’auteur de l’article, on va rester sur notre faim sans rien savoir sur le mécanisme de cette euphorie de courte durée précédant la panne de jambes.

Mécanisme de l’euphorie précédant la ‘’descente’’
La fringale est due à une chute de glucose sanguin au-dessous d’un certain chiffre, variable selon les individus, mais tel, que les cellules du système nerveux central (cerveau) ne sont plus suffisamment approvisionnées. Le taux de sucre sanguin, normalement, à jeun, oscille suivant les techniques entre 0,60 à 1,10 g/L de sang. Cependant, les manifestations de l’hypoglycémie, ne sont habituellement apparentes que pour une glycémie inférieure à 0,60 g/L et tendent à se reproduire, à niveau glycémique égal, de façon identique chez un même sujet. Dans ce cas, le cerveau ne reçoit plus suffisamment son seul carburant.
De la même manière que l’automobiliste qui s’endort, n’appuie plus sur l’accélérateur, le cycliste victime d’une fringale ne pousse plus sur les pédales et diminue sa fréquence de pédalage, son cerveau arrêtant de transmettre les informations nécessaires pour que les muscles des cuisses se contractent.
Cependant, dans un organisme en parfaite santé comme celui d’un adepte des deux-roues à moteur musculaire, lorsque se produit une baisse soudaine de la glycémie, un système d’urgence extrêmement efficace se déclenche.
La baisse de la glycémie déclenche immédiatement un système d’urgence
Lorsque la baisse de la glycémie est rapide (sommation d’efforts, apport énergétique insuffisant avec cerise sur le gâteau l’ascension d’un col ou vent de face sur des km…), elle provoque une libération de différentes hormones, en particulier d’adrénaline provenant d’une glande située sur le rein (la surrénale). Cette hormone provoque les effets suivants : un rétrécissement des petites artères de la peau et des extrémités (sensation de froid, sudation) qui a pour principal effet de dériver le courant sanguin en direction de certains organes et, notamment, vers le cerveau. Ainsi, le débit sanguin cérébral passe de 0,9 à 1,1 voire 1,2 ou même 1,4 litre par minute. Cette augmentation de l’irrigation du cerveau compense donc momentanément la baisse du glucose sanguin. Ce mécanisme d’adaptation peut avoir une amplitude suffisante pour que le cerveau « se sente en forme » pour commander aux cuisses et aux mollets d’augmenter leur poussée sur les pédales.
Cette euphorie musculaire est de courte durée et le « coup de pompe » survient quelques minutes après, si l’apport en sucres n’a pas été réalisé dans l’environnement immédiat de cette embellie mentale.

De la fringale au coup de pompe
- Simple sensation de faim, le plus souvent c’est la fringale qui s’annonce,
- Faiblesse des jambes et / ou scotché à la route définissent le coup de pompe
Il existe d’autres signes en rapport avec la baisse du glucose sanguin :
- sensation de « malaise » avec parfois : sueurs abondantes, pâleur, « mal de tête », impression de cerveau vide, vertiges.
- Si l’effort est poursuivi sans compensation énergétique (boissons et barres enrichies en sucres simples), l’hypoglycémie s’accentue et provoque des troubles qui s’apparentent à ceux que l’on constate chez un sportif dopé ;
- « démarche » ébrieuse ou trajectoire en « zig-zag »
- troubles du comportement, tels une indifférence ou une excitation insolite, du mutisme, de la mauvaise humeur, une colère subite, etc. ou encore un comportement « automatique », le sujet accomplissant des actes apparemment logiques mais avec « l’air absent ».
- au maximum, tendance à la somnolence, pouvant aboutir à une perte de connaissance.
Ainsi on s’aperçoit, lorsqu’on maîtrise correctement la régulation énergétique du glucose à l’effort, que la fringale et le coup de pompe sont deux symptômes d’une même cause, la baisse de glucose sanguin.

