Alpe d’Huez – Gap – Lors de la 19e étape, les coureurs affronteront la célèbre ascension le 24 juillet. Le lendemain, la 20e étape partira de Bourg-d’Oisans et se terminera de nouveau à l’Alpe, mais cette fois “par le haut”, après avoir gravi le col de Sarenne (1 999 m). Ce tracé rappelle celui du versant sud du Galibier, où, après avoir franchi le Géant des Alpes, le peloton en descente ‘’escalade’’ le col du Lautaret.
Lors de la 113e édition du Tour de France les coureurs s’affronteront sur un parcours musclé avec plusieurs géants montagneux au menu : Tourmalet, Galibier, Croix de Fer, Salève, Alpe d’Huez deux fois mais une seule ascension des 21 virages… Pour les 3 333 km des 21 étapes, cette édition 2026 avec un total de 54 450 mètres de dénivelé positif – soit au moins 2 000 m de plus qu’en 2025 – sera probablement indigeste pour les sprinteurs.
L’Alpe d’Huez culmine à 1 850 mètres, constituant une des ascensions les plus célèbres du Tour de France masculin. Un retour marquant pour un obstacle alpin qui a souvent pesé lourd dans le classement général de la plus grande course cycliste du monde.
33e montée au sommet
Depuis sa première apparition en 1952, l’Alpe d’Huez s’apprête à accueillir le peloton pour la 33e fois. D’abord classée en première catégorie jusqu’en 1978, elle a été surclassée hors catégorie en 1979, rejoignant le panthéon des géants de même niveau de difficulté tels que le Tourmalet, le Galibier, l’Izoard, l’Iseran, le Ventoux, ou encore le col de la Loze.
Un sommet, des légendes
Sur les 32 ascensions précédentes entre 1952 et 2022, seuls 26 coureurs ont levé les bras au sommet après avoir dompté les 21 virages emblématiques. Parmi eux, six récidivistes, même si l’un a vu ses deux victoires annulées pour dopage.
Le rendez-vous est donc pris : en 2026, l’Alpe d’Huez pourrait une nouvelle fois jouer un rôle décisif dans la quête du Maillot Jaune.
La montée de l’Alpe d’Huez. – A.S.O/Géoatlas
Retour sur la première ascension de l’Alpe en 1952
Pour cette 39e édition du Tour de France, l’organisateur renforce le parcours montagneux, en augmentant sensiblement le nombre d’obstacles, qui passe de vingt et un cols à franchir, contre dix-sept l’année précédente. Fait nouveau, trois étapes ont pour point terminal le sommet d’un col ou d’une montagne : l’Alpe d’Huez, Sestrières et le Puy de Dôme.
L’Alpe d’Huez (1 780 m), 1re catégorie
On est le vendredi 4 juillet 1952 sur 266 km, la 10e étape conduit les géants de la route de Lausanne à l’Alpe d’Huez, avec une arrivée inédite en altitude. Selon l’histoire de cette ascension, Georges Rajon, un hôtelier de la station iséroise, serait l’homme qui a mis cet obstacle sur le parcours de la Grande Boucle. En réalité, l’idée de faire grimper le peloton à l’Alpe n’est pas de lui : « C’est un artisan-peintre de Bourg-d’Oisans, Jean Barbaglia, qui est venu nous voir, un jour de 1951, André Quintin (un autre hôtelier de l’Alpe) et moi et nous a dit « Pourquoi on ne ferait pas venir le Tour de France à l’ Alpe ? » Tout est parti de là. (1) Mais au final, Rajon a joué un grand rôle dans la réalisation de cette toute première arrivée en altitude. On lui doit aussi, en 1964, la numérotation à rebours des virages, du n° 21, en bas, au n° 1, peu avant le sommet. Au final, c’est l’Italien Fausto Coppi qui en sera le grand vainqueur, en devançant de 1 min 20 s le Tricolore Jean Robic.
Selon Patrick Chêne, l’ancien responsable du service des sports de France 2 de 1998 à 2000, avec cette victoire du Campionissimo, « la station de l’Oisans entrait dans la légende avec d’autant plus de force que, cette même année, la télé couvrait le Tour pour la première fois. Pourtant, il faudra attendre vingt-quatre ans, jusqu’en 1976, pour que les coureurs renouvellent .. l’exploit. Personne ne pensait alors que l’étape deviendrait le rendez-vous de l’été des gens venus du Nord et serait même baptisée la montagne des .. Hollandais. De 1976, en effet, avec Joop Zoetemelk à 1989, avec Gert-Jan Theunisse, les Hollandais accumulent les victoires.» (2)
Autre caractéristique remarquable de cette « côte» de 14,500 km avec une pente moyenne de 7,9%, ce qui la classe un peu en avant du mont Ventoux côté Bédoin (7,5 %), dans plus de 70 % des cas, elle livre le nom du vainqueur final du Tour. En effet, si on liste, dans le palmarès depuis 1952, l’homme revêtu du paletot doré au sommet de l ‘Alpe, on constate que 24 fois sur 32 (75%), il a remporté l’épreuve quelques jours plus tard (même en supprimant le double lauréat déclassé pour dopage, le pourcentage est toujours très proche : 73%)
- Programme officiel du Tour 2004, HS n° 12, p 44
- Télé7 Jours, 20.07.2001
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Même très exigeant dans mes recherches, je ne suis pas exempt moi non plus de faire des erreurs. C’est pourquoi, je demande aux lecteurs avertis – sur la base de documents d’époque – de me communiquer les éventuels manques. Merci d’avance.
EN FICHIER JOINT – Dossier L’Alpe d’Huez

