L’organisateur, au mépris des limites physiologiques du corps, a fait sien le slogan olympique « Citius, Altius, Fortius » (plus vite, plus haut, plus fort), une injonction perverse qui, sous couvert d’excellence, légitime la course au podium à tout prix — et donc au dopage. Même si l’on sait d’expérience que c’est la lutte entre les acteurs qui potentialise la difficulté du parcours. Mais la compétition encadrée par les spectateurs pousse au dépassement…
Le parcours du Tour de France 2026, dévoilé le 23 octobre dernier, confirme une tendance forte : la multiplication des ascensions difficiles, parfois répétées sur une même étape ou sur deux étapes consécutives. Les coureurs devront ainsi affronter deux arrivées à l’Alpe d’Huez — même si seule la célèbre montée des 21 virages sera au programme, la seconde étant précédée par l’exigeant col de Sarenne (1 999 m). Autre défi : le Ballon d’Alsace, gravi à deux reprises, et une dernière étape avec trois passages par la Butte Montmartre.
Cette pratique, qui consiste à faire grimper les coureurs plusieurs fois le même col, n’est pas nouvelle. Dès 1913, lors de la 11e édition du Tour, le Ballon d’Alsace était déjà au menu deux fois de suite : d’abord en fin de 12e étape (Genève-Belfort), puis au début de la 13e (Belfort-Longwy). Une particularité peu connue – ignorée même par les historiens et sites dédiés au cyclisme mais aussi par les organisateurs actuels – alors que la double ascension de 1914, elle, est bien répertoriée dans les archives. Il faudra ensuite attendre 1964 pour voir réapparaître ce procédé, avec une ascension d’envergure le Port d’Envalira (2 407 m) lors des 13e et 14e étapes.
Le Port d’Envalira, déjà 2 ascensions en 1964
Depuis, tous les grands cols ont eu droit à leur « double dose » :
- Tourmalet (1974, 2010)
- Alpe d’Huez (1979, 2013, 2026)
- Glandon (1983)
- Aubisque (1985)
- Envalira (1964, 1997)
- Croix de Fer (2015)
- Ventoux (2021)
- Galibier (2011, 2022)
- Ballon d’Alsace (1913, 1914, 2026)
Cette accumulation de difficultés, qui ne concerne pas que le Tour mais aussi le Giro et la Vuelta, interroge certains acteurs de la Grande Boucle. Pourtant, l’histoire montre que l’innovation — ou la répétition — font partie de l’ADN de la course.

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EN FICHIER JOINT – Tour de France : cols et côtes passés 2 fois lors d’étapes consécutives ou lors de la même étape)


Con los cambios que actualmente llevan las bicis no hay puertos duros ni blandos: hay « desnivel » y « desnivel acumulado » .
Yo mismo, un cicloturista de tercera fila, subo paredes con mi bici de gravel (36-26; 11-36), paredes que con mi Colnago de carretera (52-39; 12-26) no soy capaz de hacerlo.
La présentation du Tour 2026 confirme la tendance : surenchère dans les ascensions et les pourcentages. En France, on double l’Alpe d’Huez et le Ballon d’Alsace, on traque les pentes à +10 %. Une dérive qui boostée par la compétition interpelle sur les risques de dopage.
Ce lecteur, cyclotouriste « de 3e zone » selon ses mots, estime qu’avec les cassettes de vitesses modernes, il n’existe plus de montées faciles ou dures : « Il n’y a que des pentes et du dénivelé. Aujourd’hui, je grimpe des murs », dit-il. Un coureur professionnel qui parcourt 35 à 40 000 km par an peut enchaîner plusieurs cols, même hors catégorie. La vraie difficulté n’est pas la pente, mais de suivre un adversaire plus fort, capable de rouler 1 à 2 km/h plus vite.
Dans les années 1990, avec 15 à 17 000 km/an, je pouvais enchaîner plusieurs cols dans les Alpes (Bonette, Cayolle, Valberg) sans problème. Ce n’est pas la pente qui rend la course dure, mais la concurrence. Les adversaires de Pogačar ou Vingegaard le savent bien.